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Publié par Bob Woodward

Le Soudan est-il toujours un Etat terroriste ?

Ce 7 septembre, le chargé d'affaires américain au Soudan a prévenu que les conditions n'étaient pas encore réunies pour discuter du retrait de Khartoum de la liste noire de Washington des « États soutenant le terrorisme ».

Les propos du chargé d’affaires américain au Soudan, Steven Koutsis, interviennent au lendemain de l’annonce par Washington de la levée de l’embargo économique américain imposé au Soudan depuis vingt ans. Dans un communiqué, le ministère soudanais des affaires étrangères a salué cette annonce. « Les dirigeants du Soudan, le gouvernement du Soudan et le peuple du Soudan saluent la décision positive prise par le président américain Donald Trump de lever complètement les sanctions économiques. »

En janvier, Barack Obama avait levé une partie des sanctions américaines contre le Soudan pour une période probatoire de six mois. En retour, Khartoum s’était engagé sur une feuille de route en « cinq points », parmi lesquels la fin du soutien aux groupes rebelles au Soudan du Sud, la fin des hostilités dans les provinces du Darfour, du Nil Bleu et du Kordofan du Sud, et une coopération avec le renseignement américain contre le terrorisme.

Les sanctions avaient restreint les transactions bancaires internationales mais aussi les échanges de technologie ou le commerce de pièces détachées, affectant sérieusement la croissance. Outre les sanctions, le Soudan a également subi un revers de taille avec la sécession du Soudan du Sud, en 2011, qui l’a amputé de la plus grande partie de ses revenus pétroliers.

Pour de nombreux experts, la levée des sanctions américaines aidera à revitaliser l’économie locale, même si elle n’est pas suffisante en elle-même. « [Elle] va aider le Soudan à accéder aux nouvelles technologies et au marché financier international, ce qui lui permettra de mieux gérer ses importations et exportations », explique Mohamed El Nair, professeur d’économie à l’université El Mughtaribeen de Khartoum.

Le secteur du transport aérien devrait directement bénéficier de cette évolution, Airbus et Boeing par exemple ayant toujours refusé de vendre de nouveaux appareils aux compagnies soudanaises, ou de leur fournir des pièces de rechange pour les appareils que celles-ci possédaient déjà.

Mais à elle seule cette levée des sanctions ne suffira pas à revivifier l’économie du pays, insiste M. El Nair, en précisant que Khartoum devra aussi prendre des mesures : le gouvernement « doit réduire ses dépenses, combattre la corruption et améliorer l’environnement général des affaires dans le pays ».

Les Etats-Unis ont imposé des sanctions au Soudan en 1997 pour son soutien présumé à des groupes islamistes. Le fondateur d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, a vécu à Khartoum entre 1992 et 1996.

Le Soudan demeure toutefois sur la liste américaine des « sponsors du terrorisme », et la décision de Washington a été critiquée, notamment par les ONG de défense des droits de l’homme. « Lever les sanctions de manière permanente envoie le mauvais message, alors que le Soudan a fait très peu de progrès en matière de droits humains (…) Un tel gouvernement ne devrait pas être récompensé », a ainsi estimé Andrea Prasow de l’organisation Human Rights Watch.

Khartoum demeure toutefois sur la liste noire américaine des États soutenant le terrorisme malgré les demandes répétées du Soudan de retrait de la liste au nom de sa coopération avec les renseignements américains dans la lutte contre le terrorisme.

Le Soudan est-il toujours un Etat terroriste ?

« C’est un sujet que nous sommes tous deux vivement disposés à aborder mais nous devons être sûrs que les conditions sont réunies pour des discussions en vue d’un retrait de la liste, a déclaré Steven Koutsis. Le gouvernement du Soudan sait parfaitement bien ce qu’il a à faire pour être retiré de la liste et nous espérons que ces conditions seront bientôt remplies ».

Khartoum a salué l’annonce de la levée de l’embargo américain, y voyant une décision positive, tout en exprimant sa déception de figurer toujours sur la liste noire. Pour le Soudan, il n’y a aucune raison que son nom apparaisse sur la liste américaine des pays soutenant le terrorisme, notamment en raison de sa coopération avec les services de renseignements américains.

Les États-Unis ont imposé des sanctions au Soudan en 1997 pour son soutien présumé à des groupes islamistes. Le fondateur d’Al-Qaïda Oussama Ben Laden a vécu à Khartoum entre 1992 et 1996.

Quelques jours avant de quitter la Maison Blanche en janvier, le président Barack Obama avait levé une partie des sanctions contre le Soudan pour une période probatoire de six mois. Son successeur à la Maison Blanche Donald Trump avait décidé en juillet d’étendre cette période de trois mois. Le 6 octobre, son administration a décidé de la levée définitive de l’embargo.

Le Soudan est-il toujours un Etat terroriste ?
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