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Publié par Bob Woodward

L'Algérie souhaite-t-elle rassurer l'Europe ?

L’Algérie, troisième fournisseur de gaz de l’UE, derrière la Russie et la Norvège, s’est toujours montrée disposée à maintenir son apport en matière d’approvisionnement énergétique, même si les importations de gaz vers l’UE suivent une tendance à la baisse depuis 2013, du fait d’une chute de la production et la hausse de la consommation algérienne.

Dans une conjoncture caractérisée par la nécessité d’aller vers une économie plus diversifiée, les autorités algériennes veulent saisir cette opportunité afin d’amener leurs partenaires européens à adopter, envers l’Algérie, une approche basée sur une coopération qui ne se limiterait pas uniquement à l’aspect strictement commercial dans le domaine énergétique, voire dans les autres domaines qui présentent une large opportunité de coopération.

Lors de l’entretien accordé mercredi dernier au chef de délégation de l’UE en Algérie, John O’Rourke, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a ainsi plaidé en faveur d’«une approche diversifiée dans la relation entre l’Algérie et l’Union européenne, qui prend en considération l’apport de notre pays pour assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’UE».

L’Union, faut-il souligner, reste fortement dépendante d’un seul pays, la Fédération de Russie, qui est le principal exportateur de pétrole (35%), de gaz (26%), de charbon (30%) et d’uranium (25%) vers l’Union européenne. La vulnérabilité du marché de l’énergie dans le contexte géopolitique fait que la politique énergétique est devenue une priorité stratégique pour les pays membres de l’UE.

Dans une proposition de résolution, le Parlement européen a appelé, il y a quelque temps, à la mise en place d’un nœud gazier méditerranéen doté de capacités renforcées en GNL, exhortant l’UE à exploiter les possibilités offertes par les importantes réserves de gaz dans les pays d’Afrique du Nord pour renforcer sa sécurité énergétique.

Il estime que ces importantes réserves de gaz dans les pays d’Afrique du Nord et les récentes découvertes dans l’est de la Méditerranée offrent à la région méditerranéenne l’occasion de se profiler comme «le centre dynamique d’un réseau de gazoducs assurant le transport du gaz naturel vers l’Europe». Pour les Européens, il est plus important que jamais de garantir un approvisionnement fiable et diversifié en énergie et de mettre fin à la dépendance excessive au gaz russe.

L'Algérie souhaite-t-elle rassurer l'Europe ?

Réagissant, en avril dernier, à une annonce faisant état du non-renouvellement du contrat d’approvisionnement algérien en gaz pour l’Italie, les autorités algériennes ont indiqué que Sonatrach était toujours capable aussi bien de répondre aux besoins énergétiques domestiques que d’assurer aussi ses engagements contractuels sur le marché international.

L’Algérie avait expliqué, alors, que les efforts d’exploration seront intensifiés «pour augmenter nos réserves» et répondre aux besoins croissants du marché national mais, également, «consolider notre position comme un acteur actif et fiable dans les marchés régionaux et internationaux».

En mars 2016, l’Agence américaine d’information en énergie (EIA) annonçait une hausse de la production gazière de l’Algérie, à partir de 2018, après des années de stagnation, grâce à l’entrée en production de plusieurs champs gaziers au sud-ouest du pays. Dans son rapport d’analyse, l’EIA anticipe une augmentation de l’offre en gaz algérien d’un trillion de pieds cubes (Tcf) ou plus à partir de 2018.

L'Algérie souhaite-t-elle rassurer l'Europe ?

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