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Publié par Bob Woodward

Deir Ez-Zor : une victoire russe ?

Ils ont le doigt sur la détente et le regard fixé sur l'immensité du désert. À tout moment, les djihadistes peuvent ouvrir le feu sur leur passage. C'est un voyage sous haute tension, les hélicoptères de l'armée russe volent à plus de 200 km/h.

Direction le nord-est de la Syrie, la ville de Deir Ez-Zor sort tout juste d'un véritable enfer. "On a cru mourir 100 fois par jour, mais grâce à Dieu, grâce à l'armée russe qui est venue à notre secours et grâce à Bachar al-Assad, nous sommes toujours vivants", lance un habitant.

Trois années de siège et de privation. C'est par la voie des airs que la ville était ravitaillée. À l'hôpital, avec les moyens du bord et sans électricité, les équipes font ce qu'elles peuvent pour soigner les blessés. Il en arrive une vingtaine par jour.

Inlassablement, l'armée russe poursuit son pilonnage de l'opposition djihadiste. La libération de la ville de Deir Ez-Zor est un tournant dans la guerre. Bientôt, ce sont les combattants de l'État islamique qui vont, à leur tour, se retrouver encerclés dans les dernières poches qu'ils contrôlent encore.

Les combattants de l'Etat islamique sont pris entre deux feux dans la vallée de l'Euphrate. L'armée syrienne et ses alliés se sont emparés dimanche d'Al Djafra, une banlieue de la ville de Deir Ezzor dans l'est de la Syrie, apprend-on de source militaire. Damas resserre ainsi l'étau autour du groupe Etat islamique.

L'armée syrienne, appuyée par les bombardements russes et des milices soutenues par l'Iran, a lancé ce mois-ci une offensive sur la ville de Deir Ezzor, où ses forces sont assiégées depuis trois ans par l'EI. La province pétrolière de Deir Ezzor, frontalière de l'Irak, est le dernier grand bastion de l'EI en Syrie, alors que sa «capitale», Raqqa, est en voie d'être reprise.

Après la prise de contrôle d'Al Djafra, l'armée syrienne a réussi à couper la principale ligne d'approvisionnement de l'EI dans la ville, selon l'agence de presse russe RIA. Djafra est situé sur la rive ouest de l'Euphrate. Les combattants de l'Etat islamique ne peuvent s'échapper qu'en traversant le fleuve vers l'est et en fuyant soit vers le désert ou vers Al Boukamal et Al Mayadin, souligne-t-on.

Al Mayadin et Al Boukamal se situent au sud-est de Deir Ezzor en aval de l'Euphrate, en direction de l'Irak. Al Boukamal, situé à la frontière irakienne, fait face à al Kaïm en Irak, elle aussi tenue par l'EI. Des offensives sont en cours pour chasser l'Etat islamique des villes de la vallée de l'Euphrate qui restent sous le contrôle de l'EI.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) précise que l'armée syrienne et ses alliés ont pris al Djafra mais aussi d'autres villages près de la base aérienne de la ville dans la nuit de samedi à dimanche.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de combattants arabes et kurdes soutenue par les Etats-Unis, mènent elle aussi une offensive contre l'EI dans le nord de la province de Deir Ezzor. Elles affirment avoir pris 14 villages et fermes, deux villes et plusieurs usines de la rive est de l'Euphrate depuis le lancement de leur assaut ces huit derniers jours.

Deir Ez-Zor : une victoire russe ?

Les djihadistes de l'EI tiennent encore près d'un tiers de Deir Ezzor, selon l'OSDH, qui publie un point quotidien sur la guerre en Syrie grâce à un réseau d'informateurs sur le terrain. De nombreux civils, dont les familles des djihadistes, ont tenté de fuir par le fleuve ces derniers jours, souligne l'ONG.

En outre, indique cet organisme proche de l'opposition syrienne, des frappes aériennes menées par la Russie d'une part et par la coalition internationale contre l'EI dirigée par les Etats-Unis d'autre part ont tué au total plus de 30 personnes dans toute la province de Deir Ezzor ces dernières 24 heures. Les FDS se sont plaintes samedi dans ce contexte d'avoir été la cible de l'aviation russe et des forces armées syriennes. Moscou nie.

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a téléphoné samedi à son homologue russe Sergueï Lavrov pour discuter de la situation en Syrie. Mais le communiqué du ministère russe des Affaires étrangères qui relate l'entretien ne dit pas si les deux hommes ont discuté de l'accusation des FDS. Ni ce que Moscou a éventuellement répondu.

Les FDS ont exhorté le même jour les forces du régime syrien à ne pas franchir l'Euphrate, considéré comme "une ligne rouge". A Damas, une conseillère du président Bachar al-Assad a affirmé de son côté que l'armée syrienne s'en prendrait à tous ceux qui s'opposent à la reconquête du territoire national.

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