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Publié par Bob Woodward

L'Etat Islamique est-il encore une menace ?
C'est peu rassurant, et les récentes attaques, notamment celles perpétrées en France contre des militaires de l'opération Sentinelle, ne laissent pas place au doute. Selon un rapport réalisé par des experts de l'ONU, les groupes jihadistes Etat islamique (Daech) et Al-Qaïda ont conservé des capacités d'action importantes. De fait, en dépit de la pression militaire internationale et des revers qu'elle subit sur le terrain en Irak et en Syrie, « la résistance de l'Etat islamique à Mossoul montre que sa structure de commandement et de contrôle n'a pas été complètement cassée et que le groupe reste une menace militaire significative ».
Outre son utilisation de drones trouvés dans le commerce, l'EI « a développé une capacité de les modifier et de construire ses propres modèles » pour diffuser sa propagande, faire de l'observation ou pour emporter de petites bombes ou explosifs, notent notamment les experts de l'ONU.
Mais surtout, l'organisation terroriste peut toujours porter son combat à l'étranger. Elle « est toujours capable d'envoyer des fonds à ses militants hors de la zone de conflit » moyen-orientale, explique encore souligne ce rapport destiné au Conseil de sécurité.
 
Pour réaliser ces transferts de fonds - souvent de petites sommes pour les rendre moins facilement détectables -, l'organisation terroriste puise toujours dans les mêmes ressources : l'exploitation du pétrole et l'imposition de taxes sur la population locale.
Mais également l'argent tiré des prises d'otages. Ce qui conduit le groupe d'experts de l'ONU à demander au Conseil de sécurité de rappeler aux Etats membres que le paiement de rançons à des preneurs d'otages est illégal au regard des sanctions imposées à Al-Qaida et à l'Etat islamique.
Selon les auteurs de ce rapport, l'EI « continue de motiver et de rendre possible des attaques » hors du Moyen-Orient. Comme en Europe qui demeure une « région prioritaire » pour des actions par des individus soutenant l'idéologie du groupe.
Mais l'organisation veut aussi s'ancrer plus profondément dans d'autres parties du monde, et pas uniquement en Europe.
C'est le cas en Asie du Sud-Est comme le montrent les récents combats dans le sud des Philippines , ajoute le rapport, relevant par ailleurs que le nombre de membres voulant gagner l'Irak et la Syrie continue de décroître. Mais on pourrait aussi ajouter à la liste des pays tels que l'Indonésie ou bien encore la Malaisie.
L'Etat Islamique est-il encore une menace ?
De plus en plus de mineurs seraient en train de quitter les zones de combats au Moyen-Orient. « Leurs expériences, incluant leur participation aux entraînements et à de la violence extrême, comme leur radicalisation [...] réclament une attention particulière et des stratégies », jugent les experts.
Pour sa part, en Afrique de l'Ouest, en Afrique de l'Est et dans la péninsule arabique - notamment au Yémen -, Al-Qaïda conserve de son côté des réseaux puissants. En dépit de la « compétition stratégique » que se livrent les deux organisations, des alliances et des coopérations permettent dans plusieurs régions des mouvements de combattants entre différents groupes, relève aussi le rapport.
 
En Libye, le nombre de combattants de l'Etat islamique est estimé à entre 400 et 700, rapportent les experts. Au Sahel, Al-Qaïda continue de représenter « une menace significative », comme en Afrique de l'Est où les membres affiliés à ce groupe et à l'EI seraient entre 6.000 et 9.000.
L'Etat Islamique est-il encore une menace ?
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