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Publié par Bob Woodward

Libye: le dernier assaut des islamistes ?
En Libye, de violents combats ont éclaté, ce dimanche, à Garabolli, dans la banlieue de Tripoli. Une fois de plus, des forces rivales au gouvernement d'union nationale tentent de revenir dans la capitale libyenne sans y parvenir.
 
Il y a quelques jours, Fayez al-Sarraj, le Premier ministre libyen, a dit craindre une contre-offensive de la part des forces dirigées par Khalifa Ghweil. Déjà, en mai dernier, ces milices avaient tiré sur le convoi du Premier ministre entrainant des combats contre les forces fidèles au gouvernement. Les islamistes avaient finalement été chassés de Tripoli.
 
De violents affrontements armés ont éclaté dimanche soir à Garabolli (50 km) à l’Est de Tripoli, opposant des groupes armés fidèles au Conseil présidentiel du gouvernement d’Entente nationale, aux troupes du gouvernement de Salut national, un cabinet parallèle non reconnu par la communauté internationale.
 
Selon un bilan  provisoire, plusieurs personnes ont été tuées ainsi que d’autres blessées lors des affrontements qui annoncent le signe de la bataille pour le contrôle de la capitale libyenne , Tripoli.
 
Mais au lieu que se soit les unités des forces armées libyennes dirigées par le maréchal Khalifa Haftar auquel on prête des velléités de prendre le contrôle de Tripoli, c’est Khalifa Goueil , chef de gouvernement de Salut soutenu par les islamistes qui ont entrepris de lancer l’assaut contre Tripoli.
 
Chassés le mois dernier, les troupes de Khalifa Goueil se sont repliées à Misrata 220 km à l’Est de Tripoli mais ont entrepris de faire mouvement sur Tripoli pour reprendre les positions perdues.
 
Encouragée par la victoire des forces armées de Haftar à Benghazi et sachant les ambitions que nourrit ce dernier pour la capitale, Goueil a décidé de prendre les devant  et de lancer une offensive sur Tripoli.
 
Ayant eu vent des préparatifs pour cette attaques et des récits faisant état de la convergence d’un convoi de 350 véhicules équipes de canons anti-aériens et d’armes lourdes, les brigades armés de Tripoli soutenant le gouvernement d’Entente nationale ont entrepris de leur barrer la route de Tripoli en allant les accueillir à la localité de Garboulli à 50 km est de la capitale.
 
C’est là que les affrontements ont eu lieu et les assaillants ont été confinés et repoussés, selon des sources de sécurité citées par des médias locaux.
 
Khalifa Ghweil a dirigé le gouvernement « de salut national » jusqu'au 31 mars 2016, date de l'arrivée à Tripoli du gouvernement d'union nationale soutenu par la communauté internationale. Placé au pouvoir par les milices islamistes de Fajr Libya (L'Aube de la Libye), qui ont envahi la capitale en 2014, Ghweil n'a jamais voulu vraiment renoncer au pouvoir et n'a jamais reconnu le gouvernement de Sarraj.
 
Les forces qui lui sont fidèles ont fait durant les derniers mois plusieurs opérations spectaculaires dans la capitale, comme l'occupation de plusieurs ministères. Elles menacent systématiquement de faire partir l’actuel gouvernement par voie de mer, exactement comme il est arrivé.
 
Ce dimanche, une nouvelle fois, ces milices ont donc tenté de revenir à Tripoli. Mais les forces fidèles au gouvernement d'union ont fermé la route côtière à l'entrée de la capitale érigeant un barrage avec des sacs de sable.
 
Ces nouveaux combats exaspèrent les Tripolitains qui n'ont droit qu'à deux heures d'électricité par jour alors que la température atteint 40 degrés. Face à cette nouvelle recrudescence de violence, la Mission de l'ONU en Libye a exprimé sa forte préoccupation. « Il n'est pas acceptable de toucher à la sécurité de la capitale », a twitté la mission onusienne.
 
La prise de contrôle de Benghazi, capitale économique du pays, par l'Armée nationale libyenne (ANL) dirigée par Khalifa Haftar, ouvre un nouvel épisode dans le processus politique qui nécessite plus que jamais une révision de l'accord de 2015 pour une sortie de crise. En proie au chaos depuis la chute de Mouammar Al Kadhafi il y a plus de six ans, la Libye se prépare à organiser un nouveau dialogue national qui devrait regrouper tous les libyens, surtout ceux exclus de l'accord en vigueur, en particulier, les chefs tribaux, les sympathisants de l'ancien régime et le camp Haftar. En attendant, chacun essaie de tirer son épingle du jeu avec un maximum de profits.
 
Les combats de dimanche 10 juillet à Tripoli témoignent de la volonté de chaque camp de gagner le maximum de terrain pour être pris en compte dans la nouvelle équation libyenne qui émerge.
 
Ces combats ont opposé, dans la capitale, les forces fidèles au gouvernement d'union et les milices extrémistes dirigées par Khalifa Al Gweil appuyé par les islamistes de Misrata. Ce sont ces mêmes milices qui avaient mené l'opération Fajr Libya, l'aube de la Libye, en 2014. Elles avaient alors occupé la capitale, détruit l'aéroport et imposé leur loi, jusqu'en mai dernier, quand elles ont finalement quitté de Tripoli.
Libye: le dernier assaut des islamistes ?
En essayant de reprendre la capitale dimanche, ces milices semblent avoir tenté un dernier coup de force pour rester présentes dans le paysage libyen, en vain. Déjà rejetées par les populations dès leur arrivée à Tripoli, elles sont aujourd'hui d'autant plus faibles qu'elles sont désormais privées des ressources qataries.
 
Aujourd'hui, la prise de Benghazi par l'armée libyenne rebat les cartes. Jusque-là, la communauté internationale soutenait Fayez al-Sarraj, en fermant les yeux sur l'appui que lui apportaient ces milices. Désormais, le nouveau rapport de force à Tripoli devrait l'amener à reconsidérer ses relations avec les différents acteurs libyens, lutte anti-terroriste oblige.
Libye: le dernier assaut des islamistes ?

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