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Publié par Bob Woodward

L'Egypte prisonnière de l'islamisme ?
La branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI) a revendiqué l'attentat perpétré vendredi contre un barrage de l'armée dans la péninsule du Sinaï qui a fait 26 victimes.
 
Dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi sur les réseaux sociaux, le groupe "Province du Sinaï" a indiqué que des "soldats du califat" ont attaqué une position de l'armée au sud de la localité de Rafah, proche de la frontière avec la bande de Gaza.
 
L'armée avait déclaré avoir riposté à une attaque "terroriste" commise par des combattants extrémistes en tuant une quarantaine d'assaillants à plusieurs points de contrôle.
 
Elle a indiqué que 26 soldats avaient été tués ou blessés, sans fournir de bilan plus précis.
 
Depuis que l'armée a destitué en 2013 le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, des groupes extrémistes --notamment "Province du Sinaï" qui a prêté allégeance à l'EI-- ont multiplié les attentats visant les militaires et les policiers, en tuant des centaines, principalement dans la péninsule du Sinaï.
 
Par ailleurs, le groupe islamiste Hasam a revendiqué dans un communiqué le meurtre d'un officier de police vendredi.
 
Le ministère de l'Intérieur avait indiqué que deux hommes armés avaient abattu un membre des forces de police qui sortait de chez lui, au nord du Caire.
 
La police accuse l'organisation Hasam d'être affiliée aux Frères musulmans, un mouvement considéré comme "terroriste" par les autorités égyptiennes.
 
Ces derniers mois, Hasam a déjà revendiqué plusieurs assassinats et attentats au Caire et dans le delta du Nil, notamment contre la police.
 
La confrérie des Frères musulmans, un mouvement islamiste crée en 1928 par l’Egyptien Hassan Al-Banna et parvenu pour la première fois au pouvoir sous la présidence de Mohammed Morsi (2012-2013), a été désignée comme la mère de tous les maux par le nouveau pouvoir. Les responsables de la confrérie ont eu beau clamer leur attachement à une contestation pacifique lors de sit-in qui ont réuni des dizaines de milliers de sympathisants au Caire pendant l’été 2013, la série d’attaques meurtrières contre les forces de sécurité et la minorité copte, qui a suivi la destitution du président Morsi, a convaincu les autorités d’un double jeu de l’organisation.
L'Egypte prisonnière de l'islamisme ?
Les autorités égyptiennes assurent que les Frères musulmans, et leur branche palestinienne du Hamas, tirent les fils de l’insurrection armée qui embrasse la péninsule du Sinaï jusqu’à la capitale. Les djihadistes de l’Etat islamique (EI), dans le Sinaï comme dans la bande de Gaza, ne cachent pourtant pas leurs divergences idéologiques et stratégiques avec les « hérétiques » fréristes. Jouant l’amalgame, les autorités égyptiennes ont déclaré, en décembre 2013, la confrérie « organisation terroriste ». Plus de 1 400 partisans de Morsi ont été tués dans la répression des manifestations. La majorité des responsables de la confrérie ont été arrêtés et condamnés à mort lors de procès jugés inéquitables par les organisations de défense des droits de l’homme. Selon Amnesty International, en deux ans, plus de 41 000 opposants, en majorité islamistes, ont été arrêtés, placés en détention et condamnés lors de procès de masse expéditifs, à la peine de mort pour plusieurs centaines d’entre eux.
 
La direction de la confrérie, entrée en clandestinité ou poussée à l’exil par l’ampleur de la répression, s’est systématiquement désolidarisée des actes terroristes. Elle a maintenu sa ligne contestataire pacifique, misant sur le ralliement de la population face à l’amplification de la répression contre l’opposition, qu’elle soit islamiste ou révolutionnaire laïque. La confrérie a durci le ton, mercredi 1er juillet, après la mort d’un de ses hauts responsables, Nasser Al-Houfi, et de huit de ses membres dans un raid policier dans la cité du 6-Octobre, près du Caire. Dénonçant un « meurtre de sang-froid », les Frères musulmans ont appelé à la « rébellion pour défendre le pays » et « détruire les citadelles de l’oppression et de la tyrannie ».
L'Egypte prisonnière de l'islamisme ?

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