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Publié par Bob Woodward

Tora Bora: après Al Qaeda, Daech ?
Les grottes de Tora Bora, dernier refuge d'Oussama Ben Laden en Afghanistan, sont tombées aux mains de l'État islamique. Les hommes du Califat viennent d'y déloger les talibans, confirmant leur montée en puissance dans le pays.
 
Une nouvelle prise militaire et symbolique des soldats de l'EI renforce leur présence en Afghanistan, datant de janvier 2015. Des sources de la province de Nangarhar, dans l'est du pays, ont confirmé que les soldats de Daech ont pris le contrôle de la zone de Tora Bora à la frontière pakistanaise, en chassant les talibans de la région. Les djihadistes de l'EI sont de plus en plus actifs dans le pays depuis quelques mois. Ils ont encore revendiqué un attentat-suicide jeudi soir dans une mosquée chiite de Kaboul, qui a fait 4 morts et au moins 8 blessés. Dernier refuge en Afghanistan du leader historique d'al Qaida, Oussama Ben Laden, le réseau de grottes de Tora Bora est une prise de guerre hautement symbolique pour Daech.
 
C'est dans ces montagnes que le numéro un d'Al Qaida avait réussi à échapper aux forces spéciales américaines après les attentats du 11 septembre. Les troupes américaines, malgré leurs bombardements intensifs, s'étaient heurtées à cette forteresse dans leur traque du célèbre djihadiste. La topographie de ce territoire, fait de grottes à flanc de falaise, rend toutes opérations militaires difficiles, et en fait un nouveau repère idéal pour les soldats du Califat. En conflit, al-Qaida et Daech se sont longtemps disputés la figure tutélaire de Ben Laden. Les djihadistes de l'EI peuvent maintenant se targuer d'avoir récupéré le fief de celui qui défia pendant plus de 10 ans les puissances occidentales.
 
Au-delà de son aspect symbolique, Daech s'assure une base de repli en Afghanistan. Ses combattants ont déjà commencé à recruter dans la région, et un député de Kaboul les accuse même d'avoir «transféré le centre de (leur) activités à Tora Bora». Cette zone est régulièrement frappée par l'aviation américaine. «La mère de toutes les bombes» de l'US Air Force avait détruit, en avril dernier, un autre réseau de grottes utilisé par les djihadistes dans la zone voisine d'Achin, située aussi dans la province de Nangarhar. Le district d'Achin visé par les frappes américaines depuis 2016 est considéré comme la principale base de l'Etat islamique en Afghanistan. À l'époque, l'opération avait tué 96 soldats de l'EI mais ne les a pas empêchés de rebondir vers Tora Bora.
 
Depuis plusieurs mois, les talibans et Daech se combattaient dans cette zone stratégique à la frontière pakistanaise, sur laquelle «il n'y a aucun contrôle gouvernemental», rapportait récemment à l'Afp un habitant de Tora Bora. Les talibans ont confirmé par un communiqué de leur porte-parole, Zabihullah Mujahid, que la zone leur avait échappé.
 
Si certaines familles ont réussi à fuir, la majorité des habitants de la région se retrouvent livrés aux islamistes. Ils ont essayé de reprendre le réseau de grottes aux islamistes avec l'aide de la police locale et de l'armée afghane, sans succès. Reste à savoir si l'armée américaine, qui devrait recevoir d'ici les prochains mois de nouveaux renforts, repartira à nouveau à l'assaut de la forteresse islamiste de Tora Bora.

L'emprise de Daech sur l'Afghanistan est d'autant plus importante que Daech perd des territoires en Syriet en Irak. En outre l'annonce de la possible mort d'Abou Bakr al-Baghdadi intervient alors que l'étau se resserre sur les combattants de l'EI à Raqqa, leur bastion en Syrie.

Tora Bora: après Al Qaeda, Daech ?
Abou Bakr al-Baghdadi est-il toujours en vie? L'armée russe a affirmé ce vendredi avoir probablement tué le chef du groupe État islamique, lors d'une frappe menée le 28 mai par son aviation sur une réunion de hauts dirigeants de l'organisation djihadiste près de Raqqa en Syrie.
 
"Selon les informations que nous cherchons à vérifier par divers canaux, le dirigeant de l'État islamique Abou Bakr al-Baghdadi se trouvait à cette réunion et a été éliminé dans le bombardement", a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué, en précisant que les Américains avaient été prévenus de l'opération. La coalition internationale ne peut confirmer si Baghdadi est mort ou pas, indique de son côté un porte-parole. 
 
Selon le communiqué, le commandement du contingent militaire russe en Syrie a "reçu fin mai des informations sur la tenue dans la banlieue sud de Raqqa d'une réunion de dirigeants de l'organisation terroriste État islamique". "La vérification des informations a permis d'établir que le but de cette rencontre était l'organisation de convois de sortie pour les combattants de Raqqa via le 'corridor sud'", indique l'armée russe.
 
Après un vol de reconnaissance d'un drone, des avions Su-34 et Su-35 ont effectué des frappes le 28 mai entre 0h35 et 0h45 heure de Moscou (soit le 27 mai entre 21h35 et 21h45 GMT). Au total, l'armée russe affirme avoir tué plusieurs "hauts dirigeants" de Daech, une "trentaine de chefs de guerre et jusqu'à 300 combattants". Elle évoque notamment le "chef de la sécurité" d'Abou Bakr al-Baghdadi.
 
Cette annonce intervient alors que l'étau se resserre sur les combattants de l'EI à Raqqa, leur bastion en Syrie, contre lequel ont lancé une offensive les forces démocratiques syriennes, une alliance arabo-kurde anti-djihadiste soutenue par les États-Unis. Capturée par les djihadistes en 2014, Raqqa est devenue le symbole des atrocités de l'EI ainsi qu'une base pour la planification d'attentats commis à l'étranger.
 
La coalition internationale anti-djihadistes avait promis en mars, lors d'une réunion, d'éradiquer la "menace planétaire" de Daech et de son chef Abou Bakr al-Baghdadi. Le Secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson avait alors prédit la "mort" prochaine d'al-Baghdadi, assurant que ce n'était "qu'une question de temps".

Déjà donné pour mort par les Américains, le chef de Daech n'a plus donné signe de vie depuis un enregistrement audio diffusé en novembre 2016, peu après le lancement de l'offensive de l'armée irakienne sur le bastion des djihadistes de Mossoul.

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