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Publié par Bob Woodward

Les Philippines, nouveau bastion de Daech ?
Des coups de feu ont éclaté dans un hôtel-casino de Manille, la capitale des Philippines.
 
Des coups de feu ont éclaté vendredi dans un hôtel-casino de Manille, selon son exploitant, tandis que l'organisation Etat islamique revendiquait un attentat, selon le centre américain de surveillance des sites djihadistes SITE.
 
Personne n'a été touché et il n'y a pas eu de prise d'otages, a annoncé vendredi le chef de la police nationale. «Resorts World Manila est bouclé à la suite d'informations selon lesquelles des hommes non identifiés ont tiré des coups de feu», avait indiqué un peu plus tôt l'exploitant de cet hôtel-casino sur son compte Twitter.
 
L'EI a affirmé que des «loups solitaires» lui ayant fait allégeance étaient les auteurs de l'attaque, selon SITE. La police a confirmé des informations faisant état de coups de feu à Resorts World, qui se trouve en face de l'un des principaux terminaux de l'aéroport international de Manille. Pour l'instant, aucune victime n'a été signalée.
 
Le président des Philippines Rodrigo Duterte a décrété la semaine dernière la loi martiale dans la région méridionale de Mindanao, pour faire face aux attaques de combattants ayant prêté allégeance à l'organisation djihadiste Etat islamique (EI). Dans cette région, qui s'étend sur un tiers du territoire philippin, vivent 20% des plus de cent millions d'habitants de l'archipel. Le président avait menacé d'étendre ce régime d'exception à tout le pays si la menace terroriste s'amplifiait.
 
Le groupe terroriste Abou Sayyaf, qui a prêté allégeance à Daech, chercherait à kidnapper des ressortissants occidentaux présents aux Philippines.
 
Plusieurs gouvernements occidentaux sont en alerte: aux Philippines, les touristes étrangers sont dans le viseur de groupes terroristes. Ces derniers seraient en train de planifier des enlèvements de ressortissants occidentaux dans des sites touristiques, tels que l'archipel des Visayas ou l'île de Palawan. 
 
"L'ambassade des Etats-Unis a reçu des informations crédibles selon lesquelles des groupes terroristes pourraient être en train de planifier des opérations visant les étrangers dans des zones de Palawan", a-t-elle écrit sur son site internet.

Tout comme le ministère des Affaires étrangères, qui, "suite à des menaces d'enlèvements émanant de groupes terroristes", conseille aux "ressortissants français, résidents et de passage aux Philippines" de "redoubler de prudence dans leurs déplacements terrestres et maritimes, de rester attentifs aux consignes de sécurité données par les autorités locales et de s'abstenir de se rendre dans les zones déconseillées". Les ambassades du Canada et de Grande-Bretagne ont également émis des alertes pour Palawan, ainsi que pour des sites du centre de l'archipel proches de Bohol, comme Dumaguete, Siquijor et Cebu. 

Les Philippines, nouveau bastion de Daech ?
Le président philippin Rodrigo Duterte a déclaré que la sécurité avait été renforcée sur Palawan, l'une des destinations les plus touristiques de l'archipel, alors que l'ambassade américaine désigne deux endroits potentiels: la capitale Puerto Princesa et le Parc national de la rivière souterraine de Puerto Princesa, qui figure sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. 
 
Cette ville se trouve à 400 kilomètres au nord-ouest des îles du sud de l'archipel qui sont les bastions du groupe Abou Sayyaf, une organisation spécialisée dans les enlèvements crapuleux et qui a prêté allégeance au groupe djihadiste Etat islamique. Il y a un mois, des combattants d'Abou Sayyaf avaient tenté un raid sur l'île touristique de Bohol, dans le centre de l'archipel. 
 
Les islamistes étaient arrivés sur les lieux à bord de vedettes rapides, mais l'opération avait été déjouée par les forces de sécurité. Selon les autorités, dix activistes, trois soldats et un policier avaient été tués dans des combats. Ce raid avorté avait eu lieu quelques jours après un avertissement de l'ambassade des Etats-Unis sur un risque d'enlèvements à Bohol, et sur l'île voisine de Cebu, également un haut lieu du tourisme.
 
Depuis sa fondation dans les années 1990, Abou Sayyaf a kidnappé des dizaines d'étrangers et encore bien plus de Philippins. Le groupe a décapité deux Canadiens en 2016 et un Allemand en février, faute d'avoir obtenu des rançons. En 2001, Abou Sayyaf avait mené un raid à Honda Bay, à Puerto Princesa, au cours duquel 17 Philippins et trois Américains avaient été enlevés. L'un d'eux avait été décapité, un autre avait été libéré dans un raid militaire un an plus tard tandis que le troisième avait trouvé la mort dans ce même raid.
 
En 2016, le président, qui a de nouveau annoncé vouloir la mort des suspects, avait ordonné une offensive militaire majeure pour éradiquer Abou Sayyaf dans ses bastions du sud mais la menace continue de croître. "J'ai donné l'ordre aux forces de sécurité de tirer à vue. Tuez les", a déclaré en 2016 Rodrigo Duterte, connu pour sa lutte extrêmement violente contre le trafic de drogue. 
Les Philippines, nouveau bastion de Daech ?

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