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Publié par Bob Woodward

Ruée vers l'or à Niamey ?
Au Niger, des centaines de personnes, parfois des familles entières, se sont précipitées durant la 2e quinzaine du mois d’avril 2017 vers un site à ciel ouvert près de Niamey, pour tenter de trouver de l'or. La rumeur s'était répandue comme une traînée de poudre, sur la présence du métal jaune dans cette zone de la capitale.
 
Difficile de savoir d’où la rumeur est partie, mais la fièvre de l’or s’est emparée d’une partie de la ville de Niamey en cette fin du mois d’avril… Des centaines de personnes se sont ruées vers les bas-fonds de Kafa-Koira, près de l’aéroport de la capitale nigérienne, à la recherche de l’or. Et une mission de la direction des Mines de la région de Niamey et du ministère des Mines s’est rendue sur place. « A notre arrivée, nous avons trouvé des centaines, voire même des milliers de personnes », explique Saleh Massaoudou, directeur régional.des Mines.
 
Certaines personnes se sont rendues sur le site plusieurs fois, comme en témoigne cette jeune femme. « Nous avons eu un peu d’or hier et nous sommes revenus pour tenter à nouveau notre chance. »
 
L’administration du secteur minier n’a confirmé aucune présence de l’or à Kafa-Koira, selon Saleh Massaoudou. « On a préféré prendre des échantillons dans trois endroits où la concentration de l’extraction est marquée. On les a fait analyser et aucune présence de traces d’or n’a été révélée. Par conséquent, on doit mettre fin à ce phénomène-là. »
 
Certains essayent de trouver des pépites ou des poussières du métal jaune sur place et d’autres procèdent autrement, comme ce jeune homme. « Voici du sable que j’ai ramassé au fond d’un trou. Je vais rentrer chez moi et je vais le tamiser à fond, dans l’espoir qu’il contienne un peu d’or. »
 
Le directeur régional des Mines à Niamey explique que ce n’est pas la première fois qu’une rumeur de présence d’or se répand au Niger. « Hier c’était Zinder, aujourd’hui c’est Niamey. Il y a encore des rumeurs qui disent qu’il y a de l’or à Dosso. Mais personne ne nous a encore présenté l’or qu’il a trouvé. »
 
Au-delà de ce phénomène de prospection artisanale et non encadrée d’or, le Niger produit le métal jaune de manière industrielle, mais largement moins que ses deux voisins de l’Ouest, le Burkina Faso et le Mali. 2007 est pour l’instant son année record, avec une production de 3 427 kg d’or. Il n’avait produit que 25 kg seulement en 2000.
 
Nul ne sait d’où est partie, il y a trois semaines, la rumeur ! Des centaines de Nigériens ont déboulé dans le lit d’une rivière asséchée, au sud de la capitale Niamey. Gagnés par la fièvre de l’or, ils creusent pour faire fortune. Sans la moindre preuve qu’un filon existe réellement…
 
Ils sont arrivés à pied, à moto, à dos d’ânes ou en voiture. Des centaines de Nigériens, parfois des familles entières, ont soudainement envahi le cours d’eau desséché, protégé par des arbustes épineux, et seulement atteignable par une piste défoncée. C’était il y trois semaines, à Kafa-Koira, à une dizaine de kilomètres au sud de la capitale Niamey.
 
Habituellement désert, le site s’est transformé en deux jours en une mine à ciel ouvert, avec tous les services qui vont avec : vendeuses de nourriture, d’eau fraîche, de vieux sacs, de cordes, de seaux et d’outils à creuser… « Je me suis réveillé un matin, c’était noir de monde autour de ma maison », raconte Issaka Abdou.
 
« Il y a de l’or à Kafa-Koira ! » De bouche à oreille, la rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre. Sans qu’il y ait pour l’instant la moindre confirmation de la présence de métal précieux ! Comme toutes les rumeurs, celle de Kafa-Koira s’appuie au départ sur une vérité. Le sous-sol du Niger est riche en minerais. On y exploite depuis longtemps l’uranium. Et, depuis 2004, on extrait de l’or industriellement dans l’ouest du pays, près du Burkina Faso.
 
« Je viens tenter ma chance », explique Kadri Issia, pioche à l’épaule. Un travail de damné, sous un soleil de plomb, par une température qui oscille entre 28 °C au petit matin et 42 °C dans la journée.
Ruée vers l'or à Niamey ?
Malgré les risques d’éboulements, plus d’un millier d’hommes et de femmes, majoritairement jeunes, armés de pioches, de barres à mine, de pelles, s’acharnent sur les flancs de la crevasse longue d’une centaine de mètres, dans l’espoir de tomber sur un filon. On en voit même creuser à mains nues.
 
Parfois, cela marche, ou plutôt cela donne l’impression de marcher. « J’ai trouvé ! », jubile, soudain, un mineur qui s’empresse de dissimuler un minuscule métal jaunâtre dans la poche de son pantalon. C’est « peut-être de l’or », mais cela peut aussi « être de la pyrite de fer », relativisent les géologues. Les mineurs improvisés confondent souvent les deux métaux. Sauf que la pyrite ne vaut strictement rien.
 
Mais, croyant en leur chance, ils sont toujours plus nombreux à acheminer vers Niamey des dizaines de sacs de gravats à bord de camionnettes. Ali, un adolescent, veille sur les réserves d’eau et surtout de petits sacs remplis de sable que son père a fait remonter d’un trou fraîchement creusé. « Ces sacs contiennent peut-être de l’or. Nous les transporterons à la maison pour un minutieux tamisage », explique le père d’Ali, plein d’espoir.
 
La mine sauvage s’est étendue à des collines voisines, toujours à cause de rumeurs qui font état de découvertes miraculeuses. Un détachement de policiers a pourtant été envoyé sur place. L’article 2 du Code minier du Niger interdit toute « appropriation privée […] de gîtes naturels de substances minérales ou fossiles contenues dans le sous-sol ou en surface » qui sont « la propriété de l’État ».
 
Dans un pays classé au 187e rang sur 188 à l’indice 2015 de développement humain de l’Onu, il apparaît impossible pour le gouvernement de chasser les mineurs. Encore moins de briser la rumeur.
Ruée vers l'or à Niamey ?
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