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Publié par Bob Woodward

Le retour d'AQMI ?
L’Emir de l’AQMI, Abdelmalek Droukdel, a annoncé sur les pages de l’organisation terroriste sur les réseaux sociaux, qu’il a décidé de désigner comme nouvel Emir de la Qatiba Okba Ibn Nafaâ, Mourad Chaïeb, à la place de l’ancien Emir qui s’était fait exploser lors de la dernière opération antiterroriste à Sidi Bouzid.
 
Mourad Chaïeb est le frère de l’ancien Emir de la Qatiba, Lokmane Abou Sakhr qui avait été tué par la garde nationale dans une embuscade près de Gafsa.
 
Droukdel a demandé à ses fidèles de prêter allégeance au nouvel Emir.
 
Chaïeb avait été donné pour mort, il y a deux ans, mais il s’est avéré que c’était une stratégie de l’AQMI pour masquer ses mouvements lorsqu’il s’était déplacé à Derna en Libye.
 
Il s’agit de la branche d’Al-Qaïda (« la base », en arabe) en Afrique du Nord. Issu de l’ancien GSPC (Groupe salafiste algérien pour la prédication et le combat), Aqmi se réclame dès 2006 du réseau Al-Qaïda, fondé par Oussama Ben Laden, et dispose depuis 2007 de bases dans le Nord malien. Ses 200 à 300 membres, spécialisés dans les opérations commando, sont rejoints par des moudjahidines (combattants) étrangers, des Arabes et des Touaregs de la région, et des Bambaras du sud du Mali. Aqmi mène régulièrement des attaques et des enlèvements d’Occidentaux dans plusieurs pays du Sahel (90 % de ses ressources proviennent des rançons obtenues contre la libération d’otages). L’organisation détient toujours quatre employés du groupe Areva depuis 2010, et deux autres Français depuis 2011. Une dissidence d’Aqmi a donné naissance au Mujao.
abdelmalek-droukdel
 
Abdelmalek Droudkel, alias Abou Moussab Abdelwadoud
 
L’«émir» national du GSPC algérien version Aqmi est Abdelmalek Droudkel, alias Abou Moussab Abdelwadoud. Il choisit ce nom de guerre par admiration pour le chef d’Al Qaïda en Irak, Abou Moussab Al Zarqaoui (lui-même surnommé ainsi en référence à l’un des compagnons du Prophète Moussab ben Omar). Né en 1970 à Meftah, Droudkel dirige les commandos terroristes depuis les maquis du nord du pays, où il a répandu la stratégie de l’attentat-suicide et de la guérilla urbaine. Dès 2004, lorsqu’il prend la tête du GSPC (rallié à Al Qaïda – et donc devenu Aqmi – deux ans plus tard), Droudkel recrute des combattants dans toute la région, et entreprend de placer des hommes à lui au Sahel : il dépêche donc Abou Zeïd (voir plus bas) vers le sud afin d’y développer les enlèvements lucratifs d’étrangers. En 2007, Abdelmalek Droudkel est responsable de plusieurs attentats à Alger (11 morts le 11 avril ; 62 morts le 11 décembre) et Lakhdaria (10 morts le 11 juillet).
 
Droudkel est l’auteur d’une feuille de route de 79 pages datée du 20 juillet 2012, définissant la stratégie à adopter pour Aqmi au Mali.
 
Au Nord-Mali, Aqmi serait divisé en deux katibas (brigades combattantes) salafistes qui se seraient éloignées de la mouvance algérienne:
 
– la katiba Tareq Ibn Zeyad, dont le chef le plus connu est Abou Zeid, qui réside à Tombouctou, devenue fief de l’organisation. De son vrai nom Abid Hammadou, Abou Zeid, âgé d’environ 47 ans, est né à Toggourt, au sud-est de l’Algérie. Il aurait d’abord fréquenté le milieu de la contrebande, passant plusieurs fois par la case prison puis, au début des années 1990, rejoint le Front islamique du Salut (FIS). Il entre dans la lutte armée et la clandestinité en 1996, avant de venir grossir les rangs du GSPC qui deviendra, en 2007, Aqmi. Son premier fait d’armes au sein de l’organisation remonte à 2003, avec l’enlèvement de 32 touristes européens, pour lequel la justice algérienne le condamne par contumace, en janvier 2012, à la prison à perpétuité. Après l’arrestation de son chef spirituel, Abderazak El Para, Abou Zeid étend sa zone d’influence vers le Niger et devient le véritable bras armé de l’organisation : il est responsable de l’enlèvement d’un couple de touristes autrichiens en 2008 dans le sud de la Tunisie. Le  nom d’Abou Zeid fait le tour du monde en juillet 2009 après l’assassinat du ressortissant britannique Edwin Deyer : l’otage anglais a été décapité après des mois de négociations avec le gouvernement britannique, via des chefs de tribus maliens, et le refus  britannique des conditions d’Abou Zeid, à savoir la libération d’Abou Qotada, chef terroriste détenu dans une prison à Londres.
 
Un an plus tard, l’agent secret français Pierre Camatte est relâché par Aqmi après trois mois de négociations, suite à la pression française sur le gouvernement malien pour la relaxe de quatre détenus salafistes, réclamée par Abdelhamid Abou Zeid. Un autre ressortissant français, Michel Germaneau, et son chauffeur algérien seront à leur tour kidnappés le 19 avril 2010 dans le désert nigérien par le groupe sous les ordres d’Abou Zeid. L’otage sera égorgé par Abou Zeid en guise de réponse à une opération militaire française ratée destinée à le libérer.
Le retour d'AQMI ?

Le 1er mars 2013, le président tchadien Idriss Déby déclarait que Abou Zeid avait été «abattu» par les soldats tchadiens au cours de violents combats dans les montagnes du nord-est du Mali, près de la frontière algérienne. Cette annonce, faite pendant un hommage à des soldats tchadiens morts dans les affrontements avec les jihadistes, n’a pas été confirmée par les autorités maliennes, françaises ou algériennes.

Abou Zeid s’est toujours montré réticent aux trafics en tout genre, de crainte qu’on lui reproche des activités anti-islamiques. Il diffère en cela de l’autre chef historique d’Aqmi : Mokhtar Belmokhtar. Surnommé « le Borgne » en raison d’un œil perdu au combat en Afghanistan contre l’armée soviétique, cet Algérien âgé de 40 ans combat d’abord durant la guerre civile algérienne au sein du Groupe islamique armé (GIA) puis participe à la création du GSPC (voir plus haut). Avec ce groupe, il élargit progressivement ses opérations dans différents pays du Sahel. Ses diverses activités de contrebande – on le surnomme également « Mister Marlboro » – lui ont permis de nouer des liens étroits avec les communautés touaregs. Il a été soupçonné par le passé de liens avec les renseignements algériens, et entreprend de nombreux séjours en Libye, où il a reconnu en novembre 2011 avoir « récupéré beaucoup d’armes dans les arsenaux de Kadhafi ».
 
Selon les services secrets occidentaux, il est déjà soupçonné d’implication dans l’enlèvement des 32 touristes européens en 2003, dans les négociations en 2008 pour la libération des deux Autrichiens et dans les tractations pour la libération de deux Canadiens en 2009. Cependant écarté du groupe jihadiste d’Abou Zeid en décembre 2012, il a créé sa propre katiba : Mouwaghina Bi Damm (Les Signataires dans le sang). Certains spécialistes voient dans la prise d’otages, le 16 janvier 2013, de dizaines d’Occidentaux sur le site gazier d’In Amenas, dans le sud de l’Algérie, une tentative de surenchère entre le groupe de Mokhtar et le groupe d’Abou Zeid, qui détient la plupart des otages français.
 
Le terroriste le plus recherché du continent africain aurait vécu pendant presque une année dans une villa jaune entourée d’un muret dans le quartier de Bourgoundjé, à Gao, dans l’est du Mali. L’ex-clinique de la Croix-Rouge aurait aussi été sa seconde maison, entre juin 2012 et janvier 2013 et les jeunes de Gao auraient tout su de ses déplacements.
Le retour d'AQMI ?

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