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Publié par Bob Woodward

L’Arabie Saoudite élue à la commission des droits de la femme à l’ONU ?
Mais quels pays ont voté pour l'adhésion de l'Arabie saoudite à la Commission de la condition de la femme à l'ONU? Après les indignations exprimées à l'issue de ce scrutin à bulletin secret, s'ensuit une chasse aux informateurs sur les réseaux sociaux.
 
Le site Wikileaks, dirigé par Julian Assange, propose une récompense de 10.000 dollars (soit environ 9200 euros) à qui acceptera de dévoiler le vote de la Suède. Stockholm pourrait payer cher une fuite de cet ordre. Et Julian Assange n'a aucune raison de lâcher, étant donné les griefs qui l'opposent à son pays d'origine.
 
"La Suède cache des informations au sujet de son vote pour l'adhésion de l'Arabie saoudite dans la commission des droits de la femme à l'ONU. Nous offrons une récompense de 10.000 dollars."
 
L'opposition demande des éclaircissements à la majorité au pouvoir. Qui a répondu mercredi 26 avril en ces termes: "La Suède ne dira pas si elle a voté pour l'Arabie saoudite en tant que membre du groupe pour l'égalité. L'opposition veut forcer le gouvernement à dévoiler son jeu."
 
L'adhésion de l'Arabie saoudite à la Commission de la condition de la femme suscite de nombreuses réactions outrées, parce que la dictature octroie peu de droits aux femmes. Celles-ci ont interdiction de conduire, elles doivent se référer à un tuteur de sexe masculin, leur père, mari ou fils, si elles veulent partir à l'étranger, travailler, se marier, bénéficier de soins, sortir de prison, etc.
 
L'arrivée de ce pays dans cette commission a choqué de nombreuses personnes, à l'instar de l'eurodéputé belge Marc Tarabella qui a partagé ses craintes en séance du Parlement européen (voir vidéo ci-dessous). Cette imposture est d'autant plus mal vécue qu'elle a été validée par plusieurs pays européens, reconnus comme défenseurs de l'égalité homme-femme.
 
D'après les calculs du directeur de l'ONG UN Watch, transmis au HuffPost, au minimum 6 membres de l'Europe ont voté en faveur de l'Arabie saoudite.
 
Il est arrivé à ce chiffre de la manière suivante: parmi les 54 membres du Conseil économique et social de l'ONU, 13 pays sont européens (Andorre, Belgique, République tchèque, Estonie, France, Allemagne, Irlande, Italie, Bosnie-Herzégovine, Espagne, Norvège, Suède et Grande-Bretagne). 41 ne le sont pas. Or, ils ont été 47 à voter pour. Donc, 47 - 41 = 6 pays européens au minimum à avoir donné leur aval.
 
De son côté, le gouvernement belge s'embourbe dans des excuses et des explications qui ne convainquent pas. Devant la pression de l'opposition, le premier ministre Charles Michel a déclaré "regretter" cette décision. La veille, son ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, n'avait pas voulu clairement indiquer la nature du vote.
 
Ce dernier est depuis sur la sellette et a proposé jeudi 27 que soit "modifiée la procédure" afin que ce type de vote soit porté à la connaissance du gouvernement avant qu'il n'ait lieu. Une manière habile de s'exonérer de toute implication.
 
"L'argent saoudien nous a-t-il aussi corrompus?", demandent les Irlandais
 
En Irlande, plusieurs citoyens tancent le gouvernement pour qu'il s'explique. "L'Irlande a-t-elle voté pour installer l'Arabie saoudite au conseil des droits des femmes? Retweetez cela, s'il vous plaît. L'argent saoudien nous a-t-il corrompus nous aussi?", demande cet internaute.
 
"Y a-t-il un média irlandais ou un journaliste qui ait envie de savoir si l'Irlande a voté pour que l'Arabie saoudite devienne un membre de la commission droits des femmes de l'ONU?", suggère un autre.
 
Même son de cloche en Norvège. "L'opposition norvégienne demande des réponses au sujet du vote pour l'Arabie saoudite, grâce à l'intervention de UN Watch", écrit Hillel Neuer, en tweetant un article du journal The local.
 
Pour se défendre, l'ambassadeur saoudien en Norvège s'est fendu d'une tribune pour le moins étonnante, niant l'oppression que subiraient les femmes dans son pays ("elles sont gâtées", "elles ont toujours un chauffeur pour s'occuper d'elles", etc.), préférant rappeler les discriminations qui courent en Norvège, comme les inégalités de salaire.
 
Les regards se tournent également du côté de la France. Au ministère des Affaires étrangères, on assure au HuffPost que "la nature de ce vote ne sera jamais dévoilée puisqu'il s'est déroulé à bulletins secrets". S'agit-il d'un aveu? "La France vote toujours en fonction de ses principes", nous rétorque-t-on.
 
Reste à savoir quels principes, même si l'on suppute qu'il s'agit là d'une tournure pour laisser penser que notre pays s'est opposé à cette adhésion.
 
Une question se pose alors: pourquoi conserver le secret sur ce vote? "Je ne connais aucune règle aux Nations Unies qui empêche les gouvernements de divulguer à leurs citoyens comment leurs représentants ont voté", déclare au HuffPost Hillel Heuer, de UN Watch.
 
Afin de donner un peu de sens à ce vote très controversé, un politique français -qui ne veut pas apparaître publiquement sur ces questions- a expliqué au HuffPost, qu'inclure le pays le plus rétrograde en matière de droits des femmes dans cette commission avait pour objectif de le tirer vers le haut en la matière, dans l'espoir que sa participation à ces débats finissent par imprégner sa politique en faveur de l'égalité réelle.
 
"C'est un mensonge, réplique Hillel Neuer. Les diplomates des Nations unies et les ministres des Affaires étrangères ont trouvé cette ligne de défense parce qu'ils sont embarrassés par les 'deals' cyniques qu'ils passent en secret. Ils essaient de justifier l'injustifiable."
 
"La Russie était au Conseil des Nations unies ces dix dernières années, continue le lanceur d'alerte. L'ours est-il devenu un agneau? C'est plutôt le contraire: Poutine n'a jamais été aussi agressif. Le Vénézuela était aussi un membre régulier du Conseil des droits de l'Homme ces dernières années -maintenant, ses leaders démocrates sont en prison, son peuple meurt de faim et son gouvernement est plus brutal que jamais."
 
"Bachar el-Assad figurait parmi les membres de ce conseil voilà quinze ans, s'énerve celui qui connaît les rouages de l'institution comme sa poche. Cela a-t-il amélioré les choses? Rien ne prouve qu'intégrer le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU n'améliore le comportement des pays agresseurs. C'est plutôt l'inverse: ils utilisent leur statut de membre comme une légitimité donnée à l'international pour asseoir un peu plus leur régime et leur oppression sur les citoyens."
 
En attendant, seule la Belgique a osé lever le voile. Les autres sont très attendus.
 
L'affaire devrait-elle faire grand bruit en Europe ? Elle est connue à peine depuis quelques jours et on n'en parle déjà presque plus..... Mais Assange et Wikileaks n'offriraient-ils pas 10.000 $ à qui dévoilera le vote de la Suède sur cette décision polémique de l'ONU ? Seule, (jusqu'à présent) la Belgique a avoué avoir "fauté" et voté "pour" ..... et a "regretté" ! Mais Didier Reynders, Ministre belge des Affaires Etrangères, compétent (?), prétend néanmoins que ses services diplomatiques à New York n'ont fait que suivre les procédures en l'occurrence : "Clean slate" ! (Sic) Cela coupe les ailes à tous les canards. Il ne s'agit donc que d'un "couac" !
 
L’Arabie Saoudite élue à la commission des droits de la femme à l’ONU ?
Sans préjuger des réponses qui viendront de Suède (et des autres qui ont "voté pour") ne pourrait-il pas, en Belgique, se poser des questions ? En 2012, le même Ministre dont question ci-dessus, assistait à une réception donnée en son honneur chez le prince saoudien Nayef Al-Shaalan. Celui-ci a été condamné en 2007, en France, à 10 ans de prison pour son implication dans un trafic de cocaïne par avion diplomatique. Le prince figure également sur la liste des personnes recherchées par Interpol. A l'époque on parlait déjà d'un "couac". En 2015 lors de la mort du Roi Abdallah d'Arabie Saoudite, le gouvernement belge a "autorisé" le Roi Philippe à assister aux funérailles d'Abdallah, provoquant, de la part de l'opposition, une critique sévère vis à vis du cabinet du (toujours) même Ministre qui doit couvrir constitutionnellement tous les "actes" du Roi. Recouac ?
 
En 2O12, le même Ministre a déclaré que la Belgique s'était abstenue dans le vote à l'ONU pour la candidature du Rwanda comme membre non permanent du Conseil de Sécurité. Pourquoi déclare-t-il "s'être abstenu" dans un vote à caractère secret, puisque cette abstention ne peut être prouvée ? Le nombre de candidats était égale au nombre de siège à pourvoir ?.... Donc procédure "clean slate" ? Ne pouvait-il pas faire comme la Suède actuellement : silence assourdissant ? Qu'avait-il réellement promis au dictateur rwandais et donner à son ambassadeur comme consigne de vote ? Il n'y a pas l'ombre d'un "couac"..... En plus, lors de l'Assemblée Générale de l'ONU de 2012, le dictateur Kagamé a prétexté d'un rendez-vous important pour quitter la salle lorsque l'allocution du Ministre (toujours le même) a aborder le soutien du Rwanda au M23. L'affaire n'a pas été considérée comme un incident, et a donc été classée sans suite. Peut-on encore parler de couac ?
 
Mais les couacs semblent de tradition dans la diplomatie belge. En 1976 déjà, il y a eu l'affaire Eurosystem Hospitalier. Le consortium belge (Tractebel, Besix, SBBM, Générale de Banque et tout leur saint tremblement) avait été désigné comme adjudicataire de la construction de deux hôpitaux militaires Saoudiens pour un montant de 35 milliards BEF de l'époque (+/- 1 milliard d'€ actuel). "Malheureusement" 30% de ce montant "a été détourné" pour des réseaux de call-girls devant assurer les repos des guerriers du golfe et leur faire accepter une certaine tolérance sur la qualité de la fourniture (génie civil, évidemment !) Et, malheureusement, Eurosystem Hospitalier est tombé en faillite (sic) ! Il a fallut que la prince Albert, futur Roi Albert II, alors prince de Liège et Président de l'Agence du commerce extérieur belge (et père de l'actuel Roi Philippe), aille faire pénitence à Canossa-Riyad pour demander pardon, rembourser (si on peut oser ce jeu de mot Strauss Kahnien) les pertes subies par ses amis les Emirs (sur le compte de l'Office belge du Ducroire)... Là encore un "couac" coûteux. Mais cela ramène à une autre histoire qui mêle, la diplomatie belge, l'Arabie Saoudite, le Rwanda et les entreprises du Consortium Tractebel, Besix, Eurosystem Hospitalier, Sobemap et consorts....Il d'agit de l'affaire de la construction du nouvel Hôpital de référence à Kigali, vers la fin des années 80. A propos de ce projet, il avait été mis en évidence que, s'il était réalisé, le seul coût de son fonctionnement mobiliserait les 3/4 du budget total du Ministère de la santé publique du pays. Donc projet irréaliste ? Certainement non banquable "normalement" !...Mais il y avait derrière l'Arabie Saoudite, comme Bailleur de Fonds. Et figurez-vous que l'entreprise désignée comme adjudicataire provisoire suite à l'appel à la concurrence pour la réalisation des travaux était : "Bésix, Sbbm, Auxeltra Béton & Co" Quelle joie pour le consortium et l'Ambassade de Belgique à Kigali, on a même sablé le champagne, sur le champ ! Mais suivant les procédures il fallait avoir l'accord du Bailleur de Fonds pour adjuger définitivement. Celui-ci (l'Arabie Saoudite, comme dit plus haut) s'est souvenu de l'affaire Eurosystem Hospitalier....Et patatras, badaboum, patapouf !!!... Le marché est attribué, in fine, à la SNCTPBPC (Société Nationale Chinoise de Travaux Publics, Bâtiments, Ponts et Chaussées), second moins disant de la procédure de mise en concurrence...... D'où l'Ambassade de Belgique au Rwanda, emboîtant docilement, le pas au soumissionnaire évincé a fait des pieds et des mains pour remettre en cause l'attribution du marché, attribution qui ne dépendait en rien du Rwanda. Et d'un couac deux coups : le Ministre des Travaux Publics de l'époque, Nzirorera Joseph, a, bien entendu, été considéré comme "vendu" au Chinois....ce qui n'a cessé de le poursuivre jusqu'à son procès pour génocide à Arusha...où il n'a pas pu faire valoir sa défense sur cet aspect des "choses", puisqu'il est passé (ou il a été passé) de vie à trépas avant la fin du procès ..... en quelque sorte un couac final.

En tout état de cause, dorénavant, la diplomatie belge s'engagera fermement à tout mettre en oeuvre pour qu'en Arabie Saoudite, la pratique de l'étourdissement préalable soit toujours mise en stricte application, lors de la lapidation des femmes adultères ("Oh lapidée, When Didier clean slate" : Gospel bien connu : Edwin Hawkin). Ainsi sera évité un nouveau couac (au moment du couic en cas de décapitation).....

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