Plus de 23 millions d'Algériens étaient appelés aux urnes jeudi pour renouveler les 462 députés de l'Assemblée nationale. «Le taux de participation a atteint 35,53% à 17 heures (18 heures à Paris). Aux législatives de 2012, il était de 33,97% à la même heure», a déclaré le ministre de l'Intérieur Nourredine Bedoui à la télévision d'Etat.
 
Le scrutin avait été prolongé d'une heure (jusqu'à 21 heures à Alger) dans 42 circonscriptions électorales sur 48, en raison d'une «grande affluence» des électeurs dans les bureaux de vote. Le président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections, Abdelouahab Derbal, cité par l'agence de presse APS, table sur un taux de participation «supérieur» à celui de 2012 qui s'était établi à 43,14%. Vers 21 heures (22 heures à Paris), tous les bureaux de vote étaient fermé et le dépouillement avait commencé.
 
Les électeurs ont semblé davantage se passionner pour la présidentielle française que pour leurs propres législatives, considérées par certains comme un simulacre de démocratie.
 
L'abstention constitue une «hantise» pour les autorités, d'après «El Watan», dans un pays confronté aux difficultés économiques et à l'inertie politique, d'autant que l'Assemblée nationale est souvent perçue comme une chambre d'enregistrement.
 
Elle ne dispose en effet que de pouvoirs limités, le président étant à l'origine de l'essentiel des projets de loi. Les observateurs attendent qu'elles confirment la prééminence au Parlement du parti phare depuis l'indépendance, le Front de libération nationale (FLN) du président Abdelaziz Bouteflika, et de son allié du Rassemblement national démocratique (RND).
 
Cette indifférence est liée également aux scandales révélés par la presse concernant des candidats qui ont payé pour figurer sur les listes électorales, expliquent-ils. «La corruption a gangrené la politique. Comment voter pour un candidat qui a payé pour être sélectionné par un parti?», estime Ali, un commerçant de Blida, âgé de 40 ans.