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Publié par Bob Woodward

Russie: une cible de choix pour Daech ?

Une explosion s’est produite dans une rame de métro, lundi 3 avril en milieu de journée, à Saint-Pétersbourg, faisant onze morts et une vingtaine de blessés, selon la Commission nationale antiterroriste.
L’explosion s’est produite dans une rame qui arrivait à la station Institut-Technologique, en provenance de Place-Sennaïa.
M. Poutine, qui se trouvait à Saint-Pétersbourg pour participer à une rencontre avec des journalistes russes, a présenté dans l’après-midi ses condoléances aux victimes dans une courte intervention télévisée peu avant une rencontre avec son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko. Puis, il s’est rendu dans la soirée sur les lieux de l’attentat.

En fin de journée, la Commission nationale antiterroriste a annoncé avoir ouvert une enquête pour acte de terrorisme. Dans un premier temps, le président russe avait affirmé que toutes les hypothèses, y compris la piste terroriste, seraient examinées. M. Poutine s’exprimait après s’être entretenu avec les chefs des services de sécurité.

« Le président est informé quasiment en temps réel par les services spéciaux et d’enquête », a assuré son porte-parole Dmitri Peskov, cité par les agences russes. Il a ajouté que le drame présentait « tous les signes d’un attentat ».

Selon des sources des services de secours cités par des médias russes, l’explosion s’est produite dans un seul wagon, entre les stations Place-Sennaïa et Institut-Technologique. Par ailleurs, une bombe artisanale a été découverte dans une autre station de métro, Place-Vosstania, ajoute le Comité national antiterroriste, qui précise que l’engin a été désamorcé.
Des enquêteurs se sont rendus sur place pour déterminer les premiers éléments, a annoncé le parquet de Saint-Pétersbourg dans un communiqué. Toutes les stations du métro ont été fermées à la suite de la déflagration, précise l’agence de presse TASS.
Le président François Hollande a exprimé « sa solidarité avec le peuple russe » et fait savoir que la France était « prête à répondre à toute demande d’assistance », selon un communiqué de l’Elysée. « Solidarité avec la Russie et les familles des victimes après le drame de Saint-Pétersbourg », a pour sa part tweeté Jean-Marc Ayrault, le ministre des affaires étrangères français. Le consulat général de France à Saint-Pétersbourg a par ailleurs mis en place un numéro d’urgence pour les ressortissants français (+7-92-19-39-70-42).
Les services russes sont depuis plusieurs mois en état d’alerte renforcée. A Moscou, des mesures de sécurité supplémentaires ont été prises pour protéger le réseau de transport souterrain.

La Russie, qui soutient diplomatiquement et militairement le régime de Bachar Al-Assad, a été spécifiquement visée par des menaces de l’organisation Etat islamique (EI) et les autorités redoutent le retour de combattants tchétchènes partis faire le djihad en Syrie.
Au cours des dernières années, la Russie a été la cible d’attaques menées par des militants tchétchènes. En mars 2010, le métro de Moscou avait été frappé par deux femmes kamikazes, qui avaient tué au moins 38 personnes en déclenchant leurs ceintures d’explosifs au milieu des passagers de deux rames.
En septembre 2004, l’assaut donné contre un commando islamiste retenant des otages dont des enfants dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord, avait fait plus de 330 morts. Deux ans plus tôt, en octobre 2002, une précédente prise d’otages dans le théâtre moscovite de la Doubrovka s’était soldée par la mort de 120 otages.

Russie: une cible de choix pour Daech ?

Le métro de Saint-Pétersbourg, où une explosion a fait lundi des morts et des blessés, a donc été la cible d’une attaque terroriste, selon un expert de la sécurité interrogé par Sputnik.

L'explosion qui a fait au moins onze morts et des dizaines de blessés dans le métro de Saint-Pétersbourg «serait un attentat», a déclaré lundi à Sputnik Dmitri Efimov, membre du conseil d'expert de l'assemblée municipale de Moscou pour la sécurité.

« Ce serait un attentat, puisqu'on a découvert un grand nombre de shrapnels qui ont causé la plupart des blessures mortelles », a indiqué M. Efimov.

Selon lui, cette attaque aurait été commise par le groupe terroriste État islamique (Daech).
« Je considère que les enquêteurs vont privilégier l'hypothèse de l'implication du groupe terroriste Daech », a-t-il estimé.

L'expert a en outre supposé que l'attentat visant le métro de Saint-Pétersbourg était lié à la venue du Président russe Vladimir Poutine dans cette ville.

« Ce n'est pas fortuit. Je crois que l'organisation d'un attentat juste à ce moment-là est un défi lancé personnellement au Président », a conclu M. Efimov.

Indépendantistes, tchétchènes ou caucasiens, ou mouvements islamistes radicaux internationaux: la Russie a régulièrement été l'objet d'attaques de type terroriste ces dernières années. Avec des bilans particulièrement lourds en pertes civiles. Voici quelques-unes des dates les plus marquantes de ces 15 dernières années:

23 au 26 octobre 2002: prise d'otages au théâtre de Moscou. Au moins 128 morts civils

Une cinquantaine de terroristes tchétchènes, équipé de ceintures d'explosifs, prennent en otage 850 spectateurs au théâtre Doubrovka de Moscou. Au matin du quatrième jour de la prise d’otages, les forces spéciales russes donnent l'assaut et tuent les terroristes. On dénombre au moins 128 morts civiles.


1er au 3 septembre 2004: prise d'otages de Beslan. 334 civils tués, dont 186 enfants

La prise d'otages de Beslan commence le 1er septembre 2004 lorsque des terroristes séparatistes tchétchènes armés prennent en otage environ un millier d'enfants et d'adultes dans l'école numéro 1 de Beslan en Ossétie du Nord dans le cadre de la Seconde guerre de Tchétchénie. Le 3 septembre 2004 après trois jours de siège, une explosion dans l'école — dont l'origine reste encore non élucidée — provoque un mouvement de panique des enfants, sur lesquels les preneurs d'otage tirent, et les forces spéciales interviennent. Selon le bilan officiel, il y a eu 334 civils tués, dont 186 enfants.

29 mars 2010: attentats-suicide dans le métro de Moscou. 39 morts et 102 blessés.

Deux explosions, survenues à 7 h 52 et à 8 h 36 (heure locale), sont provoquées par des femmes portant des ceintures d'explosifs dans deux stations de la même ligne du métro moscovite. portées en ceinture par des femmes. Revendiqués par Dokou Oumarov, le fondateur de l'Émirat du Caucase, ils provoquent 39 morts et 102 blessés.

24 janvier 2011: attentat à l'aéroport international Domodedovo de Moscou. 35 morts et 180 blessés

Un attentat à l'aéroport Domodedovo le 24 janvier 2011 est commis dans la zone de livraison des bagages du terminal des arrivées des vols internationaux de l'aéroport international Domodedovo à Moscou. La piste islamique du Caucase est privilégiée par les enquêteurs. Il a fait au moins 35 morts et plus de 180 blessés.


31 octobre 2015: le vol 9268 vers Saint-Petersbourg s'écrase dans le Sinai. 224 morts

Le vol 9268 a décollé samedi 30 octobre 2015 de la station balnéaire de Charm el-Cheikh à destination de Saint-Pétersbourg. Le contact avait été perdu après 23 minutes de vol, et l'avion s'est écrasé le 31 octobre 2015 dans la péninsule égyptienne du Sinaï. Bilan: tous les occupants sont morts, aussi bien les 217 passagers, presque tous russes, que les sept membres d'équipage. Le jour même du crash, l'État islamique revendique la responsabilité de la catastrophe par la voix de Wilayat Sinaï. D'abord écartée par certains pays, la thèse de l'attentat est ensuite unanimement admise.

Russie: une cible de choix pour Daech ?

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