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Publié par Bob Woodward

Le retour des Américains en Somalie ?
C'est une démonstration de la puissance de feu des Etats-Unis. Les premières frappes aériennes américaines ont fait des centaines de morts dans les rangs des Shebab. Elles s’inscrivent dans le cadre du premier déploiement de soldats américains en Somalie depuis 1994.  Lors d'une opération américaine en octobre 1993, des miliciens somaliens abattent deux hélicoptères, 18 GI's sont tués. Leurs cadavres mutilés sont traînés démonstrativement dans les rues de la capitale somalienne Mogadiscio. Quelques jours plus tard le Pentagone à Washington ordonne le retrait des troupes américaines en Somalie. Thomas Cargill analyste politique de la « Chatham House » à Londres: « Cela a été une expérience très traumatisante pour les Américains. Cela leur a carrément coupé l'envie de refaire l'expérience de telles opérations à l'étranger et cela pour des années. Ce n'est qu'après le 11 Septembre 2001 que cela a changé de nouveau. Mais jusque là , en Afrique, les USA se sont concentrés sur un engagement humanitaire. ».
 
Au plus tard en 2007, les choses ont de nouveau changé: les Etats-Unis créent alors l'« Africom », l'état-major américain pour l'Afrique, qui a son siège à Stuttgart dans le sud de l'Allemagne. C'est de cette base que sont coordonnées toutes les activités militaires américaines en Afrique, surtout des missions de formation. Depuis 2011par exemple, des militaires américains soutiennent l'Ouganda à rechercher le criminel de guerre, Joseph Kony en Afrique centrale.
 
Les Américains sont même de nouveau actifs - quoique indirectement - en Somalie Ils y soutiennent en effet l'actuelle mission de l'Union Africaine – l'AMISOM.
A la demande du gouvernement somalien, Washington a déployé un contingent de soldats dans le pays. Washington a noué une alliance avec Mogadiscio dans la lutte contre les terroristes Shebab somaliens affiliés à Al Qaïda.Une quarantaine de soldats américains de la 101e division aéroportée a été envoyée à Mogadiscio dans le cadre d'un effort de Washington pour renforcer les capacités militaires des forces locales dans leur combat contre les jihadistes shebabs.
 
Dans un courriel adressé à CNN, le porte-parole du commandement américain en Afrique (Africom), Charles Chuck Prichard, précise que ces troupes ont été déployées à la demande et en étroite coordination avec le gouvernement somalien. Elles doivent fournir formation et soutien à l'armée nationale et aux forces de l'Union africaine se trouvant sur le terrain. Leur mission est différente de celle de la poignée de conseillers américains déjà en Somalie qui se consacrent au contre-terrorisme et ne participent pas aux combats.
 
Il est possible néanmoins que parfois les deux missions se chevauchent. Les Américains n'avaient plus eu de présence militaire en Somalie depuis la mort de 18 des leurs en 1994, après que l'un de leurs hélicoptères eut été abattu à Mogadiscio.
 
Pourquoi ce retour ? Le général Thomas Waldhauser, commandant de l'Africom, avait dit le mois dernier au Pentagone qu'avec le nouveau gouvernement du président Farmajo en place, il y avait une occasion de progresser.
 
Fin mars, Donald Trump en avait jeté les bases en actant l'extension des pouvoirs donnés aux militaires américains de mener des frappes en Somalie contre les shebab. Cette fois-ci, à la demande du fraîchement élu président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, l'administration américaine a noué les bases d'une alliance sécuritaire contre les shebabs.
Alliance nouvelle contre le terrorisme
 
C'est dans ce cadre que l'administration Trump a déployé une quarantaine de soldats américains de la 101e division aéroportée à Mogadiscio. Un déploiement qui se justifie par la volonté de Washington d'« améliorer la capacité logistique de l'armée nationale somalienne, ce qui permettra aux forces somaliennes de mieux combattre les shebab».
 
C'est le premier déploiement militaire de forces régulières américaines depuis 1994. Quelques mois avant de plier bagages dans ce pays miné par la guerre et lieu d'essaimage des groupes terroristes, les Etats-Unis avaient perdu dix-huit de leurs soldats dans l'abattage en vol de leurs hélicoptères en 1993. En 2016, les militaires américains ont mené une quinzaine de frappes de drones en Somalie contre les shebab, selon les statistiques du Bureau of investigative journalism, une ONG britannique qui compile les données sur les frappes de drones américaines. Elles ont tué de 223 à 311 personnes, essentiellement des shebab, selon ces statistiques.
Le retour des Américains en Somalie ?
Les shebab ont juré la perte du gouvernement central, soutenu à bout de bras par la communauté internationale et par les 22 000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom), déployée en 2007.
 
La nouvelle alliance entre Washington et Mogadiscio prévoit aussi la formation et le renfort des effectifs de l'armée somalienne et des soldats de l'Union africaine sur le territoire somalien. La présence militaire dans le cadre de cette alliance est bien distincte de la mission américaine de conseillers américains déjà présents en Somalie et spécialisés dans le contre-terrorisme.
 
Il faut souligner que la restauration de l'autorité de l'Etat et la lutte contre le terrorisme est un des plus grands défis du nouveau président somalien. Il y a deux semaines, son tout nouveau chef de l'armée a échappé à un attentat des Shebab alors qu'il visitait une base de l'armée somalienne.
 
Le président somalien -qui a fait ses études aux Etats-Unis- place d'ailleurs la problématique sécuritaire au centre de son nouveau mandat d'où l'alliance avec Washington qui a multiplié en 2016, ses frappes de drones contre les Shebab qui ont juré de renverser l'Etat somalien
 
Par ailleurs, avec ce déploiement militaire, Washington signe son grand retour dans ce pays stratégique pour ses services de renseignements. Un déploiement, signale-t-on du côté de Washington, qui avait été décidé avant l'arrivée de Trump à la Maison Blanche. Avec la puissance de feu des Etats-Unis et la ligne « tolérance zéro » contre le terrorisme, il faut s'attendre à une intensification des frappes contre les rebelles Shebab.
Le retour des Américains en Somalie ?

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