Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Bob Woodward

Education: la pédagogie du divertissement ?
D’une certaine gauche à la droite de l’échiquier politique en passant par les rapports PISA, tout le monde s’accorde pour le dire : l’école française est en crise. Mais à ce constat, la réponse donnée par l’actuel gouvernement est le nivellement par le bas. Pour des raisons qui semblent plus idéologiques que réfléchies.
 
Car il s’agit bien d’idéologie du renoncement et de la facilité lorsque l’Etat donne la priorité à l’animation d’une classe plutôt qu’à son instruction. Quel exemple que celui de la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, qui s’affichait en tenue d’apprentie sorcière en compagnie de collégiens, le 17 mars dernier. Objet de l’activité : s’imaginer en Harry Potter dans la cour de l’école pour une partie de « quidditch », le fameux sport inventé par J.K. Rowling dans la saga. Il s’agissait pour la ministre de vanter les mérites de son nouveau gadget, les Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), et d’étaler devant les caméras la satisfaction des élèves à l’idée de bénéficier de cette nouvelle trouvaille – mise en place par la réforme du collège de 2016 – qui réduit encore davantage la place réservée aux matières fondamentales que sont l’histoire, le français ou les mathématiques. Ce vendredi 17 mars, Najat Vallaud-Belkacem est en visite au collège Argote d'Orthez, dans les Pyrénées-Orientales. Elle vient célébrer, sur le terrain, l'une des principales innovations de sa réforme du collège, en vigueur depuis le début de cette année scolaire : les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI). llusion d'une réforme des collèges dont les enseignants ne veulent pas, parce qu'elle empiète sur des enseignements fondamentaux...
 
Illusion des EPI ou enseignements pratiques interdisciplinaires censés mobiliser les professeurs de plusieurs disciplines sur un thème commun...
Illusion derrière laquelle se cache encore et toujours la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem qui refuse de voir les réalités du terrain, et les difficultés rencontrées par les enseignants pour la mise en oeuvre de ces EPI...Ce vendredi 17 mars, Najat Vallaud-Belkacem, en visite au collège Argote d'Orthez, dans les Pyrénées-Orientales a parfaitement illustré la vacuité et l'illusion de sa réforme.
On ne pouvait mieux mettre en évidence les "chimères" des enseignements pratiques interdisciplinaires !
On ne pouvait mieux démontrer l'imposture de ces nouveaux enseignements.
 
Un enseignement pratique interdisciplinaire autour de Harry Potter : voilà ce que venait célébrer la ministre... elle a d'ailleurs pris part au jeu : elle a revêtu une cape noire bordée de rouge, afin de se livrer avec quelques élèves à une partie de quidditch, le sport national des sorciers. Quand l'enseignement devient un jeu de sorciers et de magiciens...
 
C'est bien là l'illusion à laquelle se livre le ministère. Il s'agit donc de distraire les élèves, car c'est bien connu : les élèves s'ennuient à l'école... ils perdent leur temps. Il faut donc transfomer le collège en un club Méditerranée où l'on passe du bon temps...
Et pour ce faire, on n'hésite pas à sacrifier des heures de français, de mathématiques, de langues.
La société du divertissement s'impose même dans les collèges. Comme si les élèves n'étaient pas assez abreuvés de jeux et d'écrans de toutes sortes.
Comme si de nombreux élèves n'avaient pas de difficultés de lecture, comme si on pouvait se passer d'enseignements fondamentaux tels que la grammaire et l'orthographe...
Comme s'il était bon de gommer les difficultés qui sont formatrices...Aller à l'école, c'est bien. Aller dans une école où l'on peut pratiquer du quidditch comme dans la saga "Harry Potter", c'est encore mieux. Et ce n'est certainement pas la ministre de l'Education Nationale, Najat Vallaud-Belkacem qui dira le contraire.
 
En visite ce vendredi 17 mars au collège Argote, dans les Pyrénées-Atlantique, la ministre a pu expérimenter la proposition de deux enseignantes Marie Soulié et Aurore Coustalat, rencontrées lors du Forum des Enseignants de novembre 2016. Elles avaient alors présenté un programme d'enseignement pratique interdisciplinaire (EPI, une mesure portée par la réforme du collège de 2016) construit autour de l'univers du plus célèbre des sorciers.
 
A l'époque, Najat Vallaud-Belkacem, immédiatement séduite, avait déjà fait part de sa volonté de découvrir le projet sur le terrain. Et c'est très exactement ce qu'elle a fait ce vendredi, en participant à une partie de quidditch, le sport très populaire pratiqué sur des balais (volants bien évidemment) dans l'univers créé par J.K. Rowling.
 
Le tout vêtue d'une cape, histoire de garder le sens du détail. Au-delà de cet épisode amusant, la visite de la ministre devait surtout promouvoir l'innovation pédagogique et numérique, avec notamment le système des classes inversées, mis en pratique par plusieurs enseignants de l'établissement. "La classe inversée est de l'ordre de l'expérimentation. Je suis toujours favorable à cela. Il faut tester et accompagner avec bienveillance ces innovations issues du terrain", avait-elle déclaré en amont de son déplacement à Sud-Ouest.
 
Cette nouvelle méthode éducative, pratiquée depuis 2010 dans l'Hexagone, consiste à inverser ce qui se fait en cours et à la maison. En d'autres termes, au lieu de recevoir un cours en classe et de se consacrer aux exercices chez eux, les élèves découvrent les cours chez eux, grâce à des vidéos des enseignants par exemple, et pratiquent ou débattent pendant les cours, où ils reçoivent un soutien qui se veut plus adapté. La méthode, encore au stade de l'expérimentation en France, aurait déjà fait ses preuves dans plusieurs pays du monde.

Dans sa logique de rigueur budgétaire et de recherche absolue de rentabilité, le politique a abandonné sa mission : diffuser un savoir rigoureux au niveau national. Faire d’un enfant « un citoyen éclairé », c’est secondaire. Et surtout ça coûte trop cher. D’autant plus quand l’enfant en question est en difficulté ou, pire, redoublant. Une enquête de la Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP) révèle qu’un enfant coûte, en moyenne, 8840 euros par an à l’Etat. C’est dans la moyenne des pays développés mais l’on crée de fantastiques mises en scène pour éviter qu’un élève redouble, peu importe son véritable niveau. Ce n’est même plus au professeur de décider du redoublement mais prioritairement à la famille, ce qui sous-entend au passage que le professeur est le premier responsable de l’échec de l’élève. Au collège ou au lycée, les équipes pédagogiques reçoivent d’ailleurs régulièrement des consignes afin de proscrire, dès que possible, le redoublement…

Education: la pédagogie du divertissement ?
Et puis un élève qu’on amuse, c’est un futur électeur potentiel : heureux de sa scolarité, sans avis critique sur le monde qui l’entoure. Le savoir qui le permet, on le laisse aux quelques familles qui peuvent offrir à leurs bambins des cours particuliers. Le mécanisme prend racine dès l’école primaire. Le gouvernement Hollande a changé les rythmes scolaires et créé les temps d’activité périscolaires (TAP). Ces TAP, de plusieurs heures l’après-midi, sont en fin de compte des temps de loisirs pour les enfants, dont l’organisation est laissée à la charge des communes. En clair, l’Etat prend soin d’organiser une réforme mais se garde bien de la financer. Les petites communes, qui subissent par ailleurs de plein fouet la baisse des dotations accordées aux collectivités (baisse évidemment conseillée par le pacte budgétaire européen), sont sommées de trouver des solutions pour financer animateurs, activités et lieux sécurisés pour s’occuper des enfants. Un surplus de charges répercuté sur leurs administrés. Communes, élèves, familles sont donc laissés à l’abandon… Et au nom de quoi ? De l’école de l’amusement. Peu importe, les enfants de Paris – d’où sont décidées ces manœuvres politiques – n’ont pas cette inquiétude. Bonjour la politique de gauche. Rendre obligatoire le changement de rythmes scolaires et l’attribution des TAP était une ineptie. Leur rapide abrogation est nécessaire pour ne pas voir nos campagnes déchiquetées. Car non, la France et la République ne peuvent accepter de telles inégalités territoriales. Si c’est populiste de le dire, tant pis.
 
Mais n’y a-t-il pas, derrière tout cela, une volonté de l’Etat, socialiste ou « républicain », de satisfaire la Commission européenne ? Ah, la belle création de super-régions, où les villes sont l’épicentre du bassin de vie… En janvier 2016, les parlementaires réfléchissaient à la conception d’un nouveau monstre : la « commune nouvelle », sorte d’agrégation massive de différents villages. Où est l’identité dans tout cela ? Peu importe. Que les communes s’appauvrissent, fusionnent et deviennent la nouvelle banlieue de la grande ville la plus proche. Ainsi moins de services publics, moins d’écoles, moins d’élus locaux et plus de marges économiques… bonne idée, non ?
Education: la pédagogie du divertissement ?

Commenter cet article