Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Bob Woodward

La Russie teste-t-elle ses nouvelles bombes en Syrie ?

Les militaires russes ont notamment employé des bombes guidées au laser KAB-500, capables de percer d'épais murs de béton.

Depuis le début de son intervention militaire en Syrie, en septembre 2015, Moscou y a testé «en situation réelle» ses armements les plus modernes. L'armée russe n'est pas la seule, loin de là, à profiter des opérations pour mettre ses capacités au banc d'essai, à des fins tant technologiques et tactiques que commerciales. Le brevet du «combat proven» - ayant subi l'épreuve du feu - constitue pour tout matériel de guerre un atout déterminant à l'exportation.

La Russie représente 25% des exportations mondiales d'armement, notamment en Inde, au Vietnam et en Chine

S'agissant de la Russie, les enjeux sont considérables lorsque l'on sait que ce pays, qui reconstitue à marche forcée sa défense depuis une décennie, représente 25 % des exportations mondiales d'armement, notamment en Inde, au Vietnam et en Chine. Les russes ont commencé à développer des bombes guidées dès la fin des années 1930. Aujourd’hui, les chasseurs bombardiers russes peuvent compter sur une panoplie complète de bombes guidées (laser, TV ou satellite) dont les derniers modèles ont été ou seront mis en service bientôt aussi bien au sein des forces aériennes russes qu’à l’exportation et notamment en Inde et en Chine. Toutes les bombes guidées russes ont été développées par la firme d’Etat "Region" près de Moscou. Les bombes guidées russes sont regroupées sous l’abréviation KAB (pour "Korrektiruyemaya Aviabomba" ou bombe aérienne à trajectoire corrigée) suivie du poids de la bombe en kilogrammes.

La toute première KAB fit son apparition en 1973 (bien que mise en service en 1979 seulement) avec la KAB-500L à guidage laser suivie de la KAB-1500L, toutes deux destinées aux Su-24M, Mig-27K et Tu-22M3. La précision atteint les 6 à 8m d’écrat circulaire probable pour la KAB-500L. D’autres versions que les KAB-500L et KAB-1500L de base virent ensuite le jour. Notamment la KAB-500L-K à fragmentation dont la charge militaire est dérivée de la bombe à chute libre RBK-500, la KAB-1500L-F à charge hautement explosive et la KAB-1500L-PR à tête pénétrante. Dernière en date et d’ailleurs encore en développement pour une mise en service probable en 2006 au sein des forces aériennes russes : la plus petite KAB-250L. Cette bombe au design plus proche de son équivalente américaine GBU-12 Paveway II, adopte des ailettes plus importantes que les KAB à guidage laser précédentes pour allonger sa portée en planant légèrement.

Hormis les armes à guidage laser, des variantes à guidage TV furent aussi développées à partir de la KAB-500 initiale. Il s’agit des KAB-500KR et KAB-1500KR qui entrèrent en service respectivement dans les années 1980 et 1990. Une version amméliorée et dénommée KAB-1500TK-PR inclut une liaison radio qui permet à l’officier système d’arme de rester en contact avec l’arme une fois larguée et d’apporter des corrections de trajectoire en vol. Cette série de bombes guidées TV verra encore une nouvelle version entrer en service prochainement avec l’UPAB-1500KR, véritable bombe planante d’un rayon d’action bien supérieur et qui pourrait atteindre les 50 à 70 km.

Enfin, la KAB-500S à guidage satellite utilise les systèmes de positionnement américain GPS ou russe Glonass (avec la possibilité de passer de l’un à l’autre, ce qui en fait une arme unique). Elle est entrée en service dans les forces aériennes russes notamment sur les Tu-160, Su-34 et Su-27SM. Les russes ont développé dans les années 1950 et 1960 plusieurs séries de bombes non guidées qui sont toujours utilisées aujourd’hui, des plus classiques comme les bombes d’emploi général FAB aux plus spécifiques comme les bombes incendiaires ou à fragmentation.

Les bombes d’emploi général russes ("Fugasnaya Aviatsionnaya Bomba" en russe), sont désignées selon l’abréviation FAB suivie du poids de la bombe en kilogrammes. Les bombes russes sont aisément reconnaissables à leur anneau arrière circulaire en lieu et place des ailettes comme sur les bombes occidentales équivalentes. Les plus utilisées sont les FAB-100, FAB-250, FAB-500, FAB-750, FAB-1000, FAB-1500 ou encore FAB-3000. La plus puissante de la série des FAB est la FAB-9000 mais elle est plus rarement utilisée. Il existe une version à fragmentation désignée OFAB et comportant deux variantes : les OFAB-100 et OFAB-250. Une variante freinée par parachute de la FAB-500 a également été produite sous la désignation FAB-500ShN.

Parmi les bombes plus spécifiques, on retrouve la série ODAB constituée de bombes à fort pouvoir détonant (ODAB-500, ODAB-1000, ODAB-1100 et ODAB-1500). Les bombes incendiaires sont quant à elles désignées ZAB ( ZAB-100, ZAB-250, ZAB-350 et ZAB-500). Les principales bombes à fragmentation russes sont les RBK-250 et RBK-500 auxquelles il faut ajouter faut ajouter le conteneur KMGU pouvant contenir et larguer plusieurs bombes à fragmentation. Pour détruire des cibles renforcées, les russes ont développé les bombes pénétrantes BetAB, en quelque sorte l’équivalent des Durandal françaises. Deux modèles constituent la panoplie de bombes pénétrantes anti pistes ou anti bunker russes : les BetAB-250 et BetAB-500 auxquelles on peut ajouter la GB-100 moins connue. Les BetAb sont freinées par parachute avant d’attaquer leur cible. Les bombes à retardement PB-250 complètent la gamme des bombes russes. Plusieurs bombes chimiques contenant des agents chimiques comme le gaz sarin, le gaz moutarde ou autres ont aussi été développées et notamment les KhB-250 et KhB-2000.

 

La Russie teste-t-elle ses nouvelles bombes en Syrie ?

Enfin, la Russie a testé en septembre 2007 une nouvelle bombe thermobarique de forte puissance surnomée "le père de toutes les bombes" en référence à la "mother of all bombs" (MOAB) américaine. Elle serait comparable en terme d’efficacité à une charge nucléaire et quatre fois plus puissante que la MOAB. Elle n’a pas encore d’appellation officielle mais on sait qu’elle utiliserait un explosif équivalent à 40 tonnes de TNT. Sa conception aurait été rendue possible par de nouvelles nanotechnologies. La Russie frappe les positions de Daesh en Syrie avec des armes de haute précision, ce qui permet de limiter les pertes civiles. Les bombes et les missiles sont équipés d’un système de guidage des plus récents.

Le correspondant de RT Mourad Gazdiev a visité la base militaire aérienne russe de Lattaquié et a pu voir de près les missiles guidés modernes utilisés par l’aviation russe pour détruire les cibles de l’Etat islamique en Syrie.
Ces bombes russes utilisent le système de navigation GLONASS, et son manipulées en général par le copilote, pour frapper des cibles avec une très grande précision.

La bombe guidée KAB, et ses variantes KAB-250 et KAB-500,figurent parmi les armes utilisées par l’aviation russe pour procéder à des frappes chirurgicales en Syrie.
La bombe KAB-250 a été développée dans les années 2000, tout spécialement pour le chasseur 5G PAK-FA, sur lequel elle est montée à l’intérieur des baies, ce qui explique sa forme ovoïde.

Cette bombe peut être utilisée par des chasseurs russes modernes comme le Sukhoi Su-34 qui peut la larguer jusqu’à 5 000 mètres d’altitude.
L’armée de l’air russe utilise également d’autres bombes à système de guidage laser en Syrie, il s’agit des bombes KH-25L et KH-29L qui se distinguent uniquement par leur puissance.

Les chasseurs Sukhoi Su-24 and Su-25 utilisent les bombes conventionnelles. Un système de ciblage sophistiqué permet néanmoins aux pilotes de les larguer avec une grande précision.

Les centres de commandement de Daesh sont constitués de bunkers souterrains à plusieurs niveaux. Ils sont en béton armé, d’où l’utilité de la bombe spéciale BETAB-500 qui sert justement à détruire les bunkers. Lorsqu’elle est utilisée, elle perce d’abord le blindage avant d’exploser et de détruire complètement l’installation souterraine.

La Russie teste-t-elle ses nouvelles bombes en Syrie ?

Commenter cet article