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Publié par Bob Woodward

Daech s'implante-t-il en Algérie ?

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI, Daech) a revendiqué une tentative d'attentat contre un commissariat algérien dimanche 26 février 2017. Un homme portant une ceinture explosive a été abattu alors qu'il tentait d'entrer dans un commissariat de Constantine, à plus de 390 km à l’est d’Alger.

«Une opération suicide menée par un combattant de l'Etat islamique à l'aide d'une bombe dissimulée dans un sac a visé hier un commissariat algérien dans le centre de Constantine», écrit Amaq, organe de communication de l'organisation djihadiste. Si le contexte de l'attentat reste flou, la direction générale de la sûreté nationale (DGSN), a apporté plusieurs précisions dans un communiqué cité par l'agence de presse APS. "Un policier qui était devant le siège du commissariat situé au-dessous d'un bâtiment abritant une dizaine de familles a riposté énergiquement et héroïquement, après plusieurs sommations, ciblant avec précision la ceinture explosive portée par un terroriste", explique la DGSN. 

Selon plusieurs médias locaux, deux policiers ont été blessés. Les autorités n'ont quant à elles pas précisé si l'assaillant avait été tué ou blessé par l'explosion. 
Un "acte terroriste"

Qualifiant l'acte d'"attentat terroriste", la DGSN a également indiqué que le parquet avait ouvert une enquête. 

L'Algérie reste marquée par la menace terroriste. Malgré l'adoption en 2005 d'une Charte pour la paix et la réconciliation, censée tourner la page de la guerre civile qui a fait 200.000 morts pendant la "décennie noire", dans les années 1990, des groupes armés islamistes restent actifs dans l'est et le sud du pays et visent principalement les forces de sécurité.
       
Un homme portant une ceinture explosive a donc été abattu dimanche soir (26 février) alors qu'il tentait d'entrer dans un commissariat de Constantine. Selon l’agence officielle Algérie Presse Service, l’attentat, qui a fait quelques blessés légers, a été déjoué par un membre des forces de l’ordre qui a visé la ceinture d’explosifs. «Un policier qui était devant le siège du commissariat situé au dessous d'un bâtiment abritant une dizaine de familles, a riposté énergiquement et héroïquement, après plusieurs sommations, ciblant avec précision la ceinture explosive portée par un terroriste», a indiqué la Direction générale de la Sûreté nationale. La semaine précédente, l'armée avait annoncé avoir tué 14 islamistes armés en Algérie, lors d'une vaste opération de ratissage menée dans la région de Bouira (125 km au sud-est d'Alger). Malgré l'adoption en 2005 d'une Charte pour la paix et la réconciliation, censée tourner la page de la guerre civile qui a fait 200.000 morts pendant la «décennie noire» (années 1990), des groupes armés islamistes restent actifs dans l'est et le sud du pays et visent principalement les forces de sécurité. Depuis le début de l'année, au moins 22 islamistes armés ont été tués dans ces régions. En octobre 2015, trois hommes armés soupçonnés d'appartenir à un groupuscule lié à l'EI avaient abattu un policier dans un restaurant de Constantine, rappelle l’agence Reuters.   

Que pèse Daech en Algérie ? L’unique groupe se présentant comme appartenant à l’Organisation de l’Etat islamique après son allégeance est Jund al-Khalifa qui s’est rendu tristement célèbre en enlevant et en tuant le guide de montagne français Hervé Gourdel. Le groupe a été décimé par l’Armée algérienne en mai 2015. Depuis, les tentatives de recomposition ont été avortées, comme lors des opérations militaires à Bouira, Boumerdès et Tizi Ouzou. 
L’attentat du dimanche soir, revendiqué par l’État islamique et qui a visé un poste de police à Constantine, pose la question de la « valeur » de cette organisation terroriste sur le territoire Algérien et plus précisément dans la région constantinoise.

Il n’est un secret pour personne que Daech cible l’Algérie, depuis que l’organisation s’est implantée dans le «chaos» Libyen. Il y a eu plusieurs tentatives de passage des éléments de l’EI par la frontière montagneuse ouest tunisienne, et cette région est depuis un moment une véritable «zone d’affrontement» avec les forces de l’ordre algériennes.

Djebel El Ouahch, dans les hauteurs de Constantine, a été quant à lui, souvent une zone stratégique où les terroristes ont essayé de s’installer pendant la décennie noire en Algérie. En 2008, la forêt dense du Djebel El Ouahch était le théâtre d’un attentat qui visait des militaires qui assuraient la sécurité de l’entreprise japonaise qui réalisait, à l’époque, un tronçon de l’autoroute Est-Ouest.

En septembre 2014, le groupe de «Jound Al Khilafa», sera le premier groupe terroriste autrefois sous l’AQMI, à prêter allégeance à Daech en Algérie. Ce groupe se rendra tristement célèbre lorsqu’il enlèvera puis décapitera le Français Hervé Gourdel dans les montagnes de Kabylie. Il sera anéanti par les forces de l’ordre algériennes en décembre 2014.

Daech s'implante-t-il en Algérie ?

Le 14 juillet 2015, l’organisation terroriste de Daech promettait, dans une vidéo mise en ligne, «une guerre longue et sans merci». L’orateur, un certain Abou Al Hafs el Djazaïri laissait entendre qu’il y aurait des éléments de Daech en nombre en Algérie. «Nous sommes fiers de l’allégeance de nos frères de Skikda et du Sahara.» lançait-il à l’époque.

Il désignait par «ses frères de Skikda» un groupe armé «Jound Al Khilafa fi Djibal Arrahmane», qui avait prêté allégeance à Daech en mai de la même année, et qui activait dans les monts de Tamalous dans la région de Skikda, à l’Est du Pays. Ce groupe a vu sa tentative d’attentat, qui consistait à faire exploser un pont de la région, avorter par la vigilance des services de l’ordre.

Le 25 juillet 2015, un dernier groupe armé nommé «Sariat Al Ghouraba», qui activait quant à lui, dans la région de Constantine, va diffuser une vidéo dans laquelle il déclare son allégeance à Daech et à son calife «Aboubakr Al Baghdadi». Peu de temps après, le chef de ce groupuscule, un certain «Abou Mouad Al Kasantini» va être capturé en novembre de la même année, par les forces de l’ordre à Azaba dans la Wilaya de Skikda. Ce groupe avait, entre-temps, réussi dans un attentat à la bombe en fin 2015, à faire plusieurs morts parmi des militaires dans la région de Djebel Ouahch.

En août 2016, les brigades antiterroristes algériennes identifient le remplaçant de l’Emir Abou Mouad Al Kasantini. Il s’agirait d’un individu «L.M» surnommé «Hamam», âgé de 38 ans et originaire de la ville de Constantine. Un policier sera tué par balle le 28 octobre 2016, dans un attentat terroriste commis par trois individus dans le quartier Ziadia au centre-ville de Constantine. Il s’agirait vraisemblablement de terroristes appartenant au groupe de «Sariat Al Ghoraba», puisqu'il a été revendiqué par l'EI.

L’attaque de ce dimanche qui aurait fait trois blessés légers dans les rangs de la police algérienne, serait l’œuvre de ce même groupuscule.

Durant l’année 2016, l’armée algérienne a annoncé avoir éliminé plus de 125 terroristes et arrêté 225 autres. Depuis le début de l’année 2017, au moins 22 islamistes ont été tués en Algérie.

Daech s'implante-t-il en Algérie ?

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