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Publié par Bob Woodward

Le Tibesti, lieu de tous les trafics provenant de Libye ?

Faisant état d’«une potentielle grave menace d’infiltration terroriste», le Tchad a décidé le 5 janvier dernier de fermer sa frontière terrestre avec la Libye. Depuis, les régions frontalières sont déclarées «zones d’opérations militaires» et des responsables politiques dénoncent cette situation.

Les mesures sécuritaires prises par le gouvernement tchadien ont de graves conséquences pour les populations, notamment dans la région désertique du Tibesti, située à l’extrême nord du Tchad. Le Tibesti est une zone désertique située dans le nord du Tchad et dominée par le massif du Tibesti. Depuis au moins sept millions d'années, le Tibesti a été soumis à des alternances climatiques arides et pluvieuses. Infiltrées lors des phases humides, les eaux se sont accumulées en d'immenses réservoirs souterrains. À travers les couches de grès poreux, ces réservoirs alimentent des nappes artésiennes jusqu'à des centaines de kilomètres.

C'est en contournant les reliefs volcaniques du Tibesti que s'accélère l'harmattan, alizé venu du nord-est. Chargé de sable abrasif, il attaque, au sud-est, les grès du plateau du Borkou et, au nord-ouest, ceux du plateau du Tchigaï. Il y creuse de profonds couloirs. Sur les pentes abritées, au sud-ouest, le vent se ralentit, déposant sa charge. Ainsi s'est formé au cours des millénaires, un immense océan de sable : le Grand erg de Bilma. Les habitants du Tibesti sont les Toubous. Ils se nomment eux-mêmes Teda. Leurs origines ne sont pas établies avec certitude. L'une des hypothèses avance qu'ils descendraient d'une très ancienne population saharienne refoulée par des invasions successives et retranchée dans la forteresse naturelle que constitue le Tibesti. Une situation géographique aussi difficile n'est pas sans présenter quelques avantages. Ainsi depuis des temps immémoriaux jusqu'à une époque récente, personne n'osait s'y aventurer. Les Teda, libres chez eux, pouvaient donc refuser ou adopter à leur rythme les changements sociaux et culturels qui leur semblaient compatibles avec leur échelle de valeurs.

C'est ce que dénonce Hassan Soukaya Youssouf, ancien secrétaire général du MDJT, (l'ex mouvement rebelle de feu Youssouf Togoimi décédé en 2002) et ancien ministre des Infrastructures du gouvernement tchadien.

« Tout le monde se ravitaille à partir de la Libye. Le carburant, le sucre… Les produits de première nécessité. Donc s’il y a une fermeture, les gens souffrent énormément de cette situation. Il y a un second problème : des check-points [sont] placés un peu partout. Des centaines de barrières militaires dans la région qui empêchent les simples citoyens de se déplacer librement. C’est des barrières militaires ».

Hassan Soukaya Youssouf pointe l'isolement à tout point de vue de cette région. « Et personne n’en parle. Il n’y a pas la presse, il n’y a rien. C’est une région quand même isolée et les gens...  n’arrivent pas à s’en sortir, ils vivent dans une situation tellement catastrophique…

La population de cette région n’a aucune relation avec les terroristes : ça c’est catégoriquement faux. Donc nous demandons au gouvernement, au chef de l’Etat, d’enlever ces militaires-là ou bien les placer à la frontière ».

Le Tibesti, lieu de tous les trafics provenant de Libye ?

Le gouverneur de la région du Tibesti a procédé à Bardaï, à l’incinération de 20 Kg de substance psychotrope. Ces produits ont été saisis lors de fouilles inopinées.

Dans la zone du Tibesti, non loin de la frontière Libyenne, des groupes ethniques effectuent des patrouilles pour intercepter de grands narco-trafiquants qui quittent le Maghreb pour acheminer leurs marchandises en Europe, en transitant par le Tibesti et la Libye. 

Ces groupes, après avoir tendu des pièges, récupèrent des rançons auprès des narco-trafiquants étrangers avant de les libérer pour continuer leur chemin. Cette activité a permis d'enrichir plusieurs groupes armés profitant de l'absence de l'autorité des deux États, dans une zone de non droit, ce qui contribue à créer des tensions entre les différents groupes armés opérant dans la zone. 

Le 9 juin dernier, les éléments de la gendarmerie ont intercepté 45 kilogrammes de cocaïnes et quelques cartons de médicaments prohibés, à Bokoro, dans le département de Dababha, situé au Nord-Est du Tchad, à quelques trois cents kilomètres de la capitale Ndjamena.

Début juillet, c'est une importante quantité d'armes dissimulée dans une résidence privée, à Guinebor, dans le secteur du premier arrondissement de la ville de N'Djamena, qui a été découverte par les forces de l'ordre. Les armes proviendraient de la Libye.

Le Tibesti, lieu de tous les trafics provenant de Libye ?

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