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Publié par Bob Woodward

Le drone armé, nouveau mode d'action de Daech ?

C'est un mode d’action jusqu’alors inédit et qui inquiète les autorités quant à son recours sur le territoire national.

Dans une note confidentielle, rédigée début novembre, émanant du préfet de la zone de défense du sud-est, que nous avons pu consulter, le haut fonctionnaire sensibilise les services d’intervention et de secours, et notamment la police, sur l’utilisation possible de drones piégés au cours d’actions terroristes sur le sol français.

Dans cette note, il est fait référence à une attaque perpétrée le 2 octobre à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, au cours de laquelle un drone piégé a été envoyé par un groupe terroriste lié à Daech en direction de combattants peshmergas et des forces spéciales françaises.

Intercepté, ce drone a fini par exploser au sol entraînant la mort de deux combattants kurdes et occasionnant de graves blessures à deux soldats français.

« Suite à l'emploi d'un drone piégé en Irak, cette menace est désormais à prendre en compte sur le territoire national au titre d’un mode d’action ennemi exportable », prévient d’emblée cette même note. La procédure d’intervention à la suite de la découverte d’un tel engin sera la même que pour celle d’« un colis suspect », poursuit le rédacteur de cette note d’alerte, avant d’en rappeler les conditions.

L’État islamique continue d’utiliser des drones piégés comme « arme psychologique » en Irak, selon Le Monde. Le 2 octobre dernier, dans la région de Mossoul en Irak, un drone apparemment victime d’une panne avait atterri et avait été récupéré par des soldats kurdes et français, qui comptaient l’observer. Le drone, piégé, avait explosé, tuant deux soldats kurdes et blessant gravement deux soldats français, selon le même journal.

Peu après, en France, le préfet de la zone de défense du sud-est avait émis une note où il écrivait : « Suite à l’emploi d’un drone piégé récemment observé en Irak, cette menace est désormais à prendre en compte sur le territoire national au titre d’un mode d’action ennemi exportable », selon Le Parisien.

Selon Le Monde, l’État islamique utilise des drones de faible coût (150 euros carcasse nue à 1500 euros pour un drone équipé d’une caméra et d’un système de navigation), et leur ferait porter de faibles charges explosives.

Les attaques peuvent être faites par les airs, les drones étant utilisés comme des « micro-bombardier » armés, par exemple, de grenades placées dans des bocaux de verre. Le pilote peut alors dégoupiller ces grenades à distance avant de la lancer sur la cible.

Ces drones piégés feraient en général peu de victimes, mais seraient selon Le Monde surtout utilisés pour leur impact psychologique : petits et pilotés à distance, les drones peuvent permettre de toucher des cibles difficiles à atteindre, et un photographe du Monde, Laurent Van der Stockt, explique qu’en Irak le champ de bataille est « envahi par les drones », ce qui rend difficile une distinction entre les drones ennemis et les drones alliés.

En juillet dernier, le Pentagone avait déclaré vouloir combattre la prolifération de drones de l’État islamique porteurs d’engins explosifs improvisés et de caméras espions, considérés comme « posant une menace directe aux forces des États-Unis et de la coalition », selon The Telegraph. Des craintes s’étaient aussi fait sentir que l’EI puisse obtenir des drones plus gros et les équiper d’armes chimiques.

Les autorités françaises craignent un probable recours des terroristes de Daech aux drones-kamikazes pour perpétrer des attentats sur leur sol, selon une note nationale envoyée à tous les préfets de zones de défense et relayée à la police, rapporte BFMTV.

Le drone armé, nouveau mode d'action de Daech ?

Désormais, tout drone trouvé au sol fera l’objet de la même procédure qu’un colis suspect, à savoir boucler la zone via un périmètre de sécurité et faire appel aux équipes spécialisées pour lever le doute, ajoute la chaîne d’information. En France, l’utilisation des drones est très répandue. L’on estime leur nombre à 400.000 dont 4.000 à vocation professionnelle, toujours selon la même source.

Daech utilise les drones piégés dans la bataille de Mossoul pour freiner l’avancée des troupes irakiennes.

La technique consiste à provoquer un mini-bombardement en plaçant une grenade sur l’appareil, puis la libérer à distance, ou bien à piéger le drone. Au début du mois d’octobre, deux combattants kurdes ont péri et deux autres français blessés après l’explosion d’un drone piégé à Erbil, dans le nord de l’Irak.

Plusieurs sites nucléaires et militaires français avaient été survolés par des drones entre la fin 2014 et début 2015. À l’époque, les autorités françaises avaient estimé que ces survols « ne représentaient pas une menace significative ».

Le drone armé, nouveau mode d'action de Daech ?
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