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Publié par Bob Woodward

Doit-on prendre Pyongyang au sérieux ?

Les autorités sud-coréennes estiment que Pyongyang, qui veut lancer un missile nucléaire sur les États-Unis, a accumulé 50 kilogrammes de plutonium.
Obnubilée par le développement de ses armes nucléaires, la Corée du Nord n'a pas fini d'inquiéter ses voisins asiatiques, mais aussi les États-Unis, sa principale cible. Alors que le régime de type stalinien a prévenu il y a 10 jours de l'imminence d'un test de missile intercontinental, il est désormais en possession de suffisamment de plutonium de qualité militaire pour fabriquer dix bombes nucléaires, a insisté mercredi le ministère sud-coréen de la Défense.
Selon Séoul, Pyongyang a vraisemblablement accumulé 50 kilogrammes de cet élément à la fin 2016, contre 40 kilogrammes il y a huit ans. Les autorités sud-coréennes estiment aussi que leur voisin du Nord a une capacité «considérable» de productions d'armes utilisant de l'uranium enrichi. En juin, l'institut pour la science et la sécurité internationale, basé à Washington, avait jugé que la Corée du Nord disposait potentiellement de 21 bombes nucléaires, en totalisant celles à base d'uranium et de plutonium.
Même s'il est difficile de juger du niveau d'avancement des recherches scientifiques, la menace doit être d'autant plus prise au sérieux que le pays a progressé à marche forcée dans le domaine nucléaire ces dernières années, sous l'impulsion de Kim Jong-un, l'héritier de la dynastie communiste. Et il ne compte pas s'arrêter là. Après avoir effectué deux essais nucléaires et des dizaines de tirs de missiles l'an dernier, le jeune dictateur devrait mettre les bouchées doubles cette année pour être en mesure de réaliser son rêve: envoyer une bombe nucléaire sur le territoire américain.
Le régime nord-coréen a menacé de « rayer Manhattan de la carte » en lançant une bombe à hydrogène sur New York.

« Notre bombe à hydrogène est beaucoup plus grosse que celle développée par l’Union soviétique », a affirmé le média d’Etat en ligne DPRK Today. « Si cette bombe était fixée sur un missile balistique intercontinental et tombait sur Manhattan à New York, toute la population serait immédiatement tuée et la ville serait réduite en cendres », annonce encore le site, qui d’ordinaire accueille plutôt des communiqués sur le tourisme ou l’agriculture.
Des experts mettent en doute les capacités technologiques de la Corée du Nord. Ces déclarations font suite à l’annonce en janvier par la Corée du Nord d’un quatrième essai nucléaire, tandis que son président, Kim Jong-un, avait évoqué pour la première fois la bombe H en décembre. Début mars enfin, le dictateur a été pris en photo à côté de ce que les médias officiels nord-coréens ont présenté comme une tête nucléaire miniaturisée.

Séoul affirme que Pyongyang est parvenu à accélérer sa production de plutonium en relançant le réacteur de cinq mégawatts de Yongbyon, qui avait été fermé en 2007, dans le cadre d'un accord international qui prévoyait de l'aide humanitaire en échange d'un désarmement. Mais la Corée du Nord avait commencé la rénovation du site en 2013, après son troisième essai nucléaire.Les spécialistes divergent sur le niveau d’avancement des programmes scientifiques nord-coréens, mais ils s’accordent à dire que Pyongyang a fait de très grands progrès depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un après le décès de son père Kim Jong-Il en décembre 2011.

Doit-on prendre Pyongyang au sérieux ?

Dans un rapport bisannuel, le ministère estime que la Corée du Nord a aussi une capacité « considérable » de production d’armes utilisant l’uranium enrichi. En juin, l’Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS), basé à Washington, avait estimé que la Corée du Nord avait potentiellement alors jusqu’à 21 bombes nucléaires, en totalisant celles à base d’uranium et de plutonium. Son estimation fin 2014 était de 10 à 16.
Les États-Unis se préparent d'ores et déjà à réagir à l'envoi du missile test promis par Pyongyang. Il n'est cependant pas certain qu'ils cherchent à l'abattre. «Si le missile est menaçant, nous l'intercepterons. S'il n'est pas menaçant, nous ne chercherons pas forcément à le faire», a expliqué mardi le secrétaire à la Défense Ashton Carter, dans une conférence de presse d'au revoir. Washington peut avoir intérêt à laisser le missile suivre son vol «pour économiser le stock d'intercepteurs», mais aussi «pour tirer des informations de sa trajectoire», a-t-il précisé.
Reste à savoir quelle stratégie adoptera Donald Trump, qui prendra ses fonctions à partir du 20 janvier, face à un dossier nord-coréen qui risque de constituer un de ses premiers défis de politique étrangère. Le milliardaire a déjà affirmé la semaine dernière sur Twitter que les États-Unis empêcheraient la Corée du Nord de se doter d'un missile capable de toucher l'Amérique. Sans préciser toutefois comment il comptait s'y prendre…

Doit-on prendre Pyongyang au sérieux ?

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