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Publié par Bob Woodward

Regain de tension entre le Maroc et la Mauritanie ?

Soutien tacite de Nouakchott au Polisario, renforcement de la présence militaire mauritanienne à Lagouira, amputation du Sahara de la carte du royaume, non renouvellement des permis de travail pour les cadres marocains… Rarement les relations entre Rabat et son voisin du sud auront été aussi tendues depuis vingt ans.

Le sujet est tellement délicat que les diplomates marocains évitent d’en parler. Car, officiellement, rien n’est à signaler dans les relations entre Rabat et Nouakchott. Pourtant le torchon brûle entre les deux voisins. Cette semaine encore, la presse mauritanienne s’insurgeait contre le « boycott » du parti au pouvoir (Union pour la république, dirigée par le président Mohamed Ould Abdelaziz) par l’ambassade marocaine lors des festivités célébrant la fête du Trône, le 30 juillet, tandis que la représentation marocaine affirme avoir adressé des invitations à tous les partis.

La veille même de la réception, les militaires mauritaniens hissaient à nouveau leur drapeau à Lagouira (ville frontalière que le Maroc considère comme partie intégrante de son territoire, mais où l’armée mauritanienne a toujours pu patrouiller), reproduisant la même « provocation » qui, en décembre dernier avait nécessité le déplacement en catastrophe d’une délégation diplomatique et sécuritaire marocaine à Nouakchott. Pis encore aux yeux de Rabat, une semaine auparavant, la Mauritanie, qui abritait le sommet de la Ligue arabe, avait choisi de mettre à l’affiche pour l’occasion une carte ou le royaume était amputé du Sahara…

Depuis quelques années, Nouakchott semble s’être départi de sa position de neutralité dans le dossier du Sahara pour un soutien plus affiché à la RASD. Au lendemain du décès du chef du Polisario, Mohamed Abdelaziz, fin mai dernier, le président mauritanien avait même décrété trois jours de deuil national. En juin, Ould Abdelaziz a également avancé des raisons d’agenda pour éviter de recevoir la délégation marocaine qui a sillonné le continent afin de remettre aux présidents africains un message de Mohammed VI, annonçant l’intention du royaume de reprendre sa place au sein de l’Union africaine. Last but not least, les autorités mauritaniennes ont rechigné à renouveler les permis de travail des étrangers en activité en Mauritanie, sachant que les Marocains constituent le plus gros de cette communauté.

Les événements des dernières semaines viennent aggraver le froid diplomatique qui règne depuis plusieurs années sur l’axe Rabat – Nouakchott. Quelques mois seulement après l’accession de Mohamed Ould Abdelaziz au pouvoir, suite au coup d’État de 2008, les escarmouches entre les deux pays s’étaient multipliées, et les contacts diplomatiques se sont limitées au strict minimum. D’ailleurs, le poste d’ambassadeur de Mauritanie au Maroc est vacant depuis plus de trois ans, alors que Nouakchott n’a de cesse de demander le remplacement d’Abderrahmane Benomar, doyen du corps diplomatique accrédité en Mauritanie.
Le secrétaire général de l'Istiqlal a commis un impair samedi en déclarant que la Mauritanie était un territoire marocain. Recadré ce lundi par le Palais, présentera-t-il ses excuses comme le souhaite le parti du président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz ?

Le communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la coopération (Maec) est sans appel. Le Maroc rejette vigoureusement « les déclarations dangereuses et irresponsables » du secrétaire général de l’Istiqlal au sujet des frontières et de l’intégrité territoriale de la République islamique de Mauritanie.

Lors d’un meeting de son parti, le samedi 24 décembre, Hamid Chabat a de fait déclaré que « la Mauritanie [était] une terre marocaine et que les enclaves du Maroc s’étend[ai]ent de Sebta [Ceuta, ndlr] au fleuve Sénégal ».

Le Maroc n’avait pas besoin de cette sortie hasardeuse, qui risque d’envenimer des relations déjà tendues avec son voisin mauritanien. « Ces déclarations portent atteinte aux relations avec un pays voisin frère et démontrent une méconnaissance profonde des orientations de la diplomatie marocaine, tracées par sa Majesté, lesquelles prônent le bon voisinage, la solidarité et la coopération avec la Mauritanie sœur », souligne le communiqué publié par le palais ce lundi 26 décembre.

L’imprudent Chabat a été rappelé à l’ordre dans des termes sévères. Le Maec espère que « la Mauritanie ne donnera aucune importance à ce type de déclarations, qui manquent de maturité et qui ne nuisent qu’à la crédibilité de la personne qui les a faites ».

Rabat a, par ailleurs, réitéré son respect total « des frontières connues et reconnues, par le droit international, de la République islamique de Mauritanie et son intégrité territoriale ».

Il faut dire que le Maroc a frôlé la crise diplomatique avec Nouakchott. Le lendemain des déclarations de Chabat, le parti au pouvoir en Mauritanie, l’Union pour la république (UPR), a vivement dénoncé ces propos estimant qu’ils constituent une « atteinte à la souveraineté et à l’indépendance de la Mauritanie, ce qui n’est pas la meilleure façon de traiter les dossiers épineux et ne mènera pas à la résolution du conflit au Sahara occidental ».

Le parti de Mohamed Ould Abdelaziz a appelé l’Istiqlal ainsi que les élites politiques marocaines à présenter des excuses au peuple mauritanien, qui se réserve le droit de répondre à ces provocations « de la manière qu’il jugera convenable ».

Réalisant l’impair commis par leur chef, les Istiqlaliens ont publié un communiqué ce lundi 26 décembre, où ils soutiennent que ses propos ont été sortis de leur contexte. Ils y assurent « avoir respecté le choix d’indépendance du peuple mauritanien et l’avoir accepté sans hésitation ». Mais l’UPR au pouvoir, selon eux, « veut utiliser ces propos pour raviver le sentiment patriotique mauritanien contre l’Istiqlal et le Maroc à la veille d’échéances décisives pour la Mauritanie ».Abdelilah Benkirane est attendu, ce mardi 27 décembre, à Nouakchott. Le Premier ministre marocain se rend en Mauritanie sur ordre du roi Mohamed VI pour tenter d’éteindre un incendie provoqué par la sortie médiatique de Hamid Chabat, secrétaire général du parti Istiqlal.

Regain de tension entre le Maroc et la Mauritanie ?

Déjà passablement tendues en raison du dossier du Sahara occidental, les relations entre la Mauritanie et le Maroc risquent de se détériorer davantage. Au lendemain d’une déclaration incendiaire de Hamid Chabat, secrétaire général du parti marocain Istiqlal, qualifiant la Mauritanie de « province marocaine », le parti au pouvoir dans la République islamique réagit vigoureusement, ce mardi 27 décembre.

L’affaire prend des tournures de crise diplomatique : la Mauritanie menace d’autoriser une ambassade la RASD à Nouakchott.

Le dirigeant du parti historique marocain s’est fendu d’une déclaration hasardeuse au sujet du voisin : « La Mauritanie est une terre marocaine et les enclaves du Maroc s’étendent de Sebta au fleuve Sénégal ».

Il n’en fallait pas plus pour provoquer une réaction outragée de la République islamique : le parti du président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, l’Union pour la république (UPR) qualifie les propos marocains « d’atteinte à la souveraineté et à l’indépendance. »

Dans un communiqué, l’UPR va plus loin : « Ceux qui sont familiers avec l’histoire savent que nous sommes le tout, et eux la partie, et que nous sommes les bâtisseurs de Marrakech et les vainqueurs de Sagrajas. »

Ce n’est pas tout. Le parti présidentiel parle de « tentative d’exporter les crises et les échecs partisans interne » et exige que « tous les leaders de l’Istiqlal et les élites du Maroc (…) présente[nt] des excuses à la population mauritanienne. »

Rapidement, les autorités marocaines ont tenté de calmer le jeu. Tour à tour, le Palais royal et le ministère marocain des Affaires étrangères (Maec) ont recadré le leader du parti Istiqlal. « Le Maroc déclare officiellement son respect total des frontières connues et reconnues, par le droit international, de la République islamique de Mauritanie et son intégrité territoriale », indique un communiqué officiel.

Surtout, le Maroc estime que « ces déclarations portent atteinte aux relations avec un pays voisin frère et démontrent une méconnaissance profonde des orientations de la diplomatie marocaine, tracées par sa Majesté, lesquelles prônent le bon voisinage, la solidarité et la coopération avec la Mauritanie sœur. »

Plus ferme encore, le département du ministre marocain Salaheddine Mezouar « rejette vigoureusement » les déclarations « dangereuses et irresponsables » du secrétaire général Hamid Chebat, dont le parti est en négociation pour entrer au gouvernement.

Qu’à cela ne tienne. Le parti répond à Mezouar : « L’Istiqlal n’a pas de leçon de patriotisme à recevoir d’un ministre des Affaires étrangères. » Le communiqué de la direction assimile l’intervention du ministre à une interférence « dans les positions exprimées par les partis politiques. » Istiqlal défend ensuite son secrétaire général, affirmant que ses propos ont été sortis de leur contexte et qu’ils se rapportaient à l’histoire « et non à la période actuelle. »

Cette passe d’arme entre un ministre et un parti en voie d’intégrer une coalition gouvernementale dénote d’une tension au sommet de l’État.

Pire, ces rétropédalages en série n’ont pas suffi à calmer les Mauritaniens. En effet, un diplomate de la République islamique indique que le pays pourrait décider « d’autoriser une ambassade de la République arabe sahraouie démocratique à Nouakchott si les médias et les politiques marocains continuent de provoquer notre pays », selon le média local Al Akhbar.

« Le drapeau sahraoui pourrait bien flotter dans le ciel mauritanien », conclut la même source. La Mauritanie se dit excédée par une série de « provocations » marocaines et pourrait ainsi décider d’autoriser l’ouverture d’une ambassade sahraouie en représailles.
Le Sahara occidental en toile de fond, le ministre marocain vise l’Algérie

L’ombre du Sahara occidental plane sur cette affaire. Et pour cause : la Mauritanie et le Maroc entretiennent déjà des relations tendues depuis plusieurs semaines. Les autorités marocaines accusent notamment les mauritaniens de soutenir le Front Polisario.

Dans sa réaction, le parti de l’UPR y fait directement référence : ce « n’est pas la meilleure façon de traiter les dossiers épineux et ne mènera pas à la résolution du conflit au Sahara occidental », tonne-t-il.

Pour sa part, le ministre marocain des Affaires étrangères évoque la question de l’intégrité territoriale de son pays. Surtout, le département de Salaheddine Mezouar vise indirectement l’Algérie : « Malheureusement, par ce genre de déclarations, qui manquent manifestement de retenue et de maturité, le secrétaire général du parti de l’Istiqlal verse dans la même logique des ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume et qui combattent son retour légitime à sa famille institutionnelle africaine."

Regain de tension entre le Maroc et la Mauritanie ?

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