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Publié par Bob Woodward

Libye: la difficile reconquête du croissant pétrolier

En Libye, la guerre économique bat son plein. Après des victoires militaires importantes, les forces armées des deux autorités rivales sont désormais à moins de 200 km l’une de l’autre, explique Jeune Afrique. D’un côté, Fayez Al-Sarraj, 56 ans, premier ministre et dirigeant du gouvernement d’union nationale et de son Conseil présidentiel (CP) ; de l’autre, Khalifa Haftar, 73 ans, commandant en chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL). Ils font face à un troisième acteur : les djihadistes de l’organisation Etat islamique. 266 cadavres de combattants du groupe État Islamique ont été retrouvés dans les rues et bâtiments de Syrte après la reprise de la ville lundi par les forces loyales au gouvernement d'union nationale (GNA).

Selon un porte-parole du GNA, les opérations de « ratissage et de nettoyage » se poursuivaient encore jeudi. Les forces libyennes du gouvernement d’union national ont annoncé lundi avoir repris le contrôle total de la ville de Syrte, mais la libération sera officiellement proclamée « après le ‘nettoyage de la ville et le rétablissement de la sécurité », notamment dans le quartier d’al-Giza al-Bahriya, où s’étaient retranchés les derniers jihadistes, a précisé l’agence de presse libyenne LANA.

Cette victoire dans ce bastion symbolique pour l’EI intervient après six mois d’offensive. Lancée le 12 mai dernier, la campagne pour reprendre Syrte, ancien fief de Moummar Khadafi situé à 450 km à l’est de Tripoli, s’est longtemps heurtée à la résistance des jihadistes retranchés dans cette zone portuaire. Les jihadistes ont défendu leur principal fief en Afrique avec des tactiques  de guérilla urbaine (voitures piégées, engins explosifs…).

Les combats ont fait plus de 700 morts et 3 000 blessés dans les rangs des forces loyalistes du GNA. Le bilan exacte du camp jihadiste n’est pas connu, même si un responsable sécuritaire des forces pro-GNA à Misrata, une ville entre Syrte et Tripoli, revendiquait jeudi un bilan de « pas moins de 2 500 morts parmi les membres de l’EI depuis le début de l’opération »

Du côté du gouvernement de Tripoli, l’heure est à la préparation des festivités pour célébrer la victoire. Fayez al-Sarraj, le chef du GNA, a réuni mercredi les principaux commandants et chefs des opérations ayant combattu à Syrte afin de « préparer les cérémonies pour la proclamation de la libération de Syrte ».

L’EI s’était emparée de Syrte en juin 2015 en profitant du chaos ambiant après la mort de Mouammar Kadhafi en 2011. Cette défaite est un revers de taille pour l’État islamique, déjà en difficulté dans ses fiefs de Mossoul en Irak et de Raqqa en Syrie.

Après la reprise de ce bastion libyen du groupe État islamique par les forces pro-gouvernementales, plus de 260 cadavres de djihadistes ont été récupérés en deux jours dans les rues et les bâtiments de Syrte , ont annoncé les autorités jeudi. Les opérations « de ratissage et de nettoyage » se poursuivaient dans la ville portuaire du nord de la Libye trois jours après l'annonce, lundi, de la « victoire » sur les terroristes par les forces du gouvernement d'union nationale (GNA). « 266 cadavres de djihadistes » ont été récupérés mardi et mercredi « dans les rues ou dans les maisons de différents quartiers de Syrte », ont précisé ces forces dans un communiqué.

Les combattants de l'EI ont probablement été tués au cours des ultimes combats menés dans le dernier quartier où ils étaient retranchés depuis des mois face à l'offensive des forces loyales au GNA. Les djihadistes ont défendu leur principal fief en dehors de Syrie et d'Irak avec acharnement, en utilisant des tactiques de guérilla urbaine (voitures piégées, engins explosifs, etc.). « Nous avons recensé pas moins de 2 500 morts parmi les [membres] de l'EI depuis le début de l'opération » pour reconquérir Syrte lancée le 12 mai, a indiqué jeudi à l'Agnce France-Presse un responsable sécuritaire des forces pro-GNA à Misrata, une ville entre Syrte et Tripoli.

Les combats ont été également meurtriers pour les forces pro-GNA, composées en partie de miliciens de Misrata, avec près de 700 morts et 3 000 blessés. Le chef du gouvernement d'union, Fayez al-Sarraj, a réuni mercredi les principaux commandants et chefs des opérations ayant combattu à Syrte afin de « préparer les cérémonies pour la proclamation de la libération de Syrte », a indiqué jeudi l'agence de presse libyenne LANA.

Cette libération « sera proclamée officiellement » « après le nettoyage [de la ville] et le rétablissement de la sécurité », notamment dans le quartier d'al-Giza al-Bahriya, où s'étaient retranchés les derniers djihadistes, a-t-elle précisé. L'EI s'était emparée de Syrte en juin 2015 en profitant de l'absence d'État en Libye, plongée dans le chaos depuis la chute du dictateur Muammar Kadhafi en 2011.De combats ont éclaté, mercredi 7 décembre, en lisière occidentale du Croissant pétrolier, la principale plate-forme d’exportation du brut libyen. Les affrontements surviennent au lendemain de la proclamation de la « victoire » contre l’organisation Etat islamique (EI) à Syrte par les forces loyales au gouvernement d’union nationale de Faïez Sarraj.

Ces nouveaux combats n’ont pas grand-chose à voir avec l’organisation djihadiste défaite, mais s’inscrivent dans l’escalade de la tension entre les deux blocs politico-militaires qui se disputent la Libye : l’Ouest, qui reconnaît à des degrés divers l’autorité de M. Sarraj, activement soutenu par les chancelleries occidentales et les Nations unies, et l’Est dirigé par le maréchal Khalifa Haftar (récemment promu à ce grade) défiant ouvertement l’autorité de M. Sarraj.

Selon des officiels de l’Est cités par les agences de presse, une colonne formée par des combattants de la brigade de défense de Benghazi a attaqué la ville de Ben Jawad, située à 25 km à l’ouest de Sidra, le premier des ports de l’arc de terminaux où transite près de la moitié du brut libyen exporté. Les assaillants auraient tenté dans la foulée d’enlever Sidra mais auraient été repoussés par les défenses locales.

Cette zone est tenue depuis septembre par les forces loyales au maréchal Haftar, qu’elles avaient prise à une milice ayant prêté allégeance au gouvernement de M. Sarraj dès l’installation de ce dernier fin mars à Tripoli avec l’aide des Occidentaux. La conquête du Croissant pétrolier par le maréchal avait représenté le plus gros défi jusqu’alors lancé à l’autorité de M. Sarraj. Quiconque contrôle cette région pétrolière prend un avantage décisif dans l’équilibre des forces en Libye.

Libye: la difficile reconquête du croissant pétrolier

Officiellement, la brigade de défense de Benghazi n’a pas de relation formelle avec le gouvernement de M. Sarraj. Elle s’inscrit dans l’héritage des katibas « révolutionnaires », fidèles aux idéaux de la révolution anti-Kadhafi déclenchée en février 2011. Elle est issue du Conseil de la choura des révolutionnaires de Benghazi, un conglomérat de groupes hostiles à M. Haftar et au sein des groupes islamistes extrémistes, voire djihadistes, exerçaient une influence significative. Depuis le printemps, M. Haftar leur avait infligé de lourdes pertes à Benghazi, notamment grâce au soutien d’unités spéciales françaises, britanniques et américaines, qui inscrivaient cette assistance dans le cadre de la « lutte anti-EI ».

Selon plusieurs analystes, la prise du Croissant pétrolier par le maréchal Haftar en septembre a précipité une reconfiguration des groupes qui lui sont hostiles, à travers notamment des liens noués entre la Brigade de défense de Benghazi et le ministre de la défense de M. Sarraj, Mahdi Al-Barghathi. Dans un communiqué diffusé mercredi après-midi, le Conseil présidentiel, l’instance dirigeante du gouvernement d’union de M. Sarraj, a toutefois nié toute implication dans les combats à proximité du croissant pétrolier. Ce communiqué pourrait signifier l’existence de tensions entre M. Sarraj et son ministre de la défense.

Quoi qu’il en soit, le regain d’instabilité à proximité du croissant pétrolier relance l’incertitude autour de la reprise des activités pétrolières constatée depuis la conquête de la zone par le maréchal Haftar. Après avoir plongé sous la barre des 300 000 barils par jour, soit 18 % de son niveau de 2010, la production avait connu un rebond depuis octobre, doublant quasiment jusqu’à 600 000 barils par jour.

Libye: la difficile reconquête du croissant pétrolier

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