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Publié par Bob Woodward

Le Mossad agit-il en Tunisie ?

Abattu à bout portant dans sa voiture, atteint de 6 balles, dont 3 à la tête. Le scientifique tunisien Mohamed Zouari (Alzoari) a été tué, jeudi 15 décembre, dans la ville de Sfax, selon la presse tunisienne et israélienne. Une première en Tunisie depuis de longues années. Aucune réaction israélienne n’a été communiquée, précise la chaîne I24 news, proche d’Israël.

L’ingénieur en aviation et ancien pilote aurait développé des drones armés pour les combattants palestiniens du mouvement Hamas. Plusieurs sources pointent la responsabilité du Mossad, les services secrets israéliens. Ces derniers surveillaient Zouari et lui ont attribué le nom de code « L’Ingénieur », selon la presse israélienne.

Les hommes responsables de l’assassinat sont « des éléments extérieurs », indiquent des médias tunisiens. Les auteurs seraient des membres des services secrets israéliens, affirme un journaliste local. Les forces de sécurités tunisiennes ont interpellé cinq suspects dans les heures ayant suivi l’événement, selon des médias israéliens et tunisiens. Leur identité n’a pas été divulguée.

Cet événement soulève de nouvelles interrogations autour de la démission surprise du chef de la Sécurité nationale tunisien. Des médias locaux ont rapidement fait le lien entre ce départ précipité et l’assassinant de l’ingénieur.

En visite de quelques jours dans son pays natal, pour rendre visite à sa famille, Mohamed Alzoari est connu pour ses travaux dans l’aviation, notamment sur les drones. Il est soupçonné d’avoir conçu de tels appareils pour le mouvement Hamas en Palestine. Plusieurs médias indiquent qu’il a reçu des menaces de mort ces dernières années, pour avoir ouvertement soutenu la cause palestinienne. S’il n’avait pas été assassiné vendredi de trois balles dans le thorax alors qu’il se trouvait dans une ruelle de Sfax (Tunisie), au volant de sa petite voiture noire, personne n’aurait sans doute jamais entendu parler de de Mohamad Al Zoari. Pourtant, cet ancien pilote de la Tunisair était aussi un membre des Frères musulmans et un ingénieur en aéronautique spécialisé dans la conception de drones. Selon ses proches, lorsqu’il résidait en Syrie et au Liban, il s’est rendu à plusieurs reprises et clandestinement dans la bande de Gaza pour y avoir des contacts avec la branche armée du Hamas. En outre, il entretenait des contacts avec le Hezbollah et des envoyés iraniens.

Tout cela en faisait donc une cible de choix pour les services de renseignements israéliens qui le surveillaient de longue date. En Tunisie comme dans l’ensemble du monde arabe, les média accusent d’ailleurs le Mossad d’avoir «liquidé» Al Zoari parce qu’il aurait aidé le Hezbollah et le Hamas a acquérir les technologies leur permettant de fabriquer leurs propres drones. Des engins peu sophistiqués comparés à ceux dont dispose l’armée israélienne mais qui ont, ces dernières années, réussi à violer a plusieurs reprises l’espace aérien de l’Etat hébreu.

A Jérusalem, on ne trouve évidemment personne pour commencer l’assassinat de Sfax. De toute façon personne de dira rien dans l’immédiat. En revanche, les chroniqueurs militaires, une petite caste d’une trentaine de journalistes «de confiance» ayant accès à des informations classifiées, ont les yeux qui pétillent et le sourire en coin. En privé, plusieurs d’entre eux laissent entendre que les services de leurs pays ne seraient pas étranger à l’opération.
 

Le Mossad agit-il en Tunisie ?

La «liquidation» d’Al Zoari a en tout cas été menée de manière professionnelle par un tueur de type européen qui n’a laissé aucune trace. La veille de sa mort, le Tunisien, qui ne cachait pas son engagement pro-palestinien, avait également rencontré une mystérieuse «journaliste» européenne qui s’est également envolée sans laisser d’adresse.

Quant à la police tunisienne, elle affirme avoir retrouvé quatre voitures liées à l’assassinat ainsi que deux pistolets munis de silencieux.

Le Mossad dispose d’une unité spéciale de quelques dizaines de personnes spécialisée dans les dézinguages et autres coups tordus. Baptisée Kidon, celle-ci n’opère qu’en dernière extrémité, lorsque les dirigeants de l’Etat hébreu estiment qu’il y va de la sécurité nationale de leur pays.

En 1990, Gérald Bull, un ingénieur balisticien canadien qui élaborait un supercanon pour l’Irak a ainsi été abattu à Bruxelles de deux balles de 7,65 dans la nuque. En 1995, c'est le leader du Jihad islamique Fathi Shkaki qui avait été assassiné par deux tueurs à moto qui le pistaient à Malte.

Plus récemment, Mahmoud Al Mahbouh, le principal fournisseur d’armes iraniennes au Hamas de Gaza, a été étranglé dans une chambre d’hôtel de Dubaï. Enfin, en 2013, Hassan Lakis, le responsable du développement de l’armement du Hezbollah, a été tué à Beyrouth.

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