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Publié par Bob Woodward

La Jordanie infiltrée par Daech ?

Dix personnes, dont une touriste canadienne, ont été tuées, dimanche 18 décembre, dans une attaque perpétrée par des hommes armés près du site touristique de Karak, à 120 kilomètres au sud d’Amman. Selon les autorités jordaniennes, le commando muni d’armes automatiques a pris la police pour cible avant de se retrancher dans la citadelle, capitale des croisés du XIIe siècle, qui surplombe la ville. Ses membres ont été tués par les forces de sécurité, après plusieurs heures de confrontation. Sept policiers et deux civils jordaniens ont également perdu la vie et 27 personnes, des policiers et des civils, dont un Canadien, ont été blessées, selon la sûreté générale.

L’attaque a été revendiquée par Daech. Les attaques de groupes islamistes se sont multipliées au cours des derniers mois sur le territoire jordanien. Depuis la conquête par l’organisation Etat islamique (EI) de près d’un tiers de la Syrie et de l’Irak en 2014, la Jordanie est menacée de déstabilisation par les groupes djihadistes présents de l’autre côté de sa frontière, ainsi que sur son territoire. Les experts estiment que la Jordanie accueille près de 10 000 sympathisants djihadistes, dont 2 000 sont partis combattre en Syrie et en Irak. Sa participation à la coalition internationale contre l’EI, sous la direction des Etats-Unis, en fait une cible directe des djihadistes.

Après avoir accueilli quelque 1,3 million de réfugiés syriens, la Jordanie a décidé de fermer totalement sa frontière par crainte des infiltrations. Les services de sécurité du royaume ont mis en place un maillage étroit du territoire et multiplié les arrestations, sous couvert des lois antiterro­ristes votées en 2014. La Jordanie a toutefois connu en un an plusieurs attaques contre ses forces de sécurité et leurs formateurs étrangers. En novembre, trois militaires américains ont été tués dans une fusillade près d’une base aérienne dans le sud du pays. En juin, un attentat-suicide a été revendiqué par l’EI au poste frontière de Roukhban, à la frontière syrienne, qui a coûté la vie à sept gardes-frontières jordaniens. La Jordanie craint de revivre la vague d’attentats qui avait ensanglanté le pays au milieu des années 2000 : le 9 décembre 2005, plusieurs attaques-suicides, ordonnées par Abou Moussab Al-Zarkaoui, un Jordanien fondateur d’Al-Qaida en Irak et inspirateur de l’EI, contre trois hôtels d’Amman avaient fait 63 morts et plus de 350 blessés.

D’après la sûreté générale, la première attaque, dimanche, a eu lieu quand une patrouille de police s’est rendue dans une maison de Katraneh, dans la province de Karak, où un incendie avait été signalé. « Sur place, des hommes armés non identifiés qui étaient à l’intérieur de la maison ont ouvert le feu, blessant un policier, puis se sont enfuis en voiture », selon un communiqué cité par l’agence de presse officielle Petra. Des hommes armés ont ensuite ouvert le feu sur une autre patrouille, sans faire de victime, et des tirs visant le commissariat de Karak ont également été entendus.

« Quatre hommes armés sont descendus de voiture » à la citadelle, a déclaré un habitant à l’agence ­Associated Press. « Ils ont ouvert le feu sur les touristes canadiens », a-t-il affirmé. Les forces de sécurité ont alors lancé la traque contre les assaillants, qui se sont retranchés dans la citadelle.

Une source de sécurité a expliqué que des gens avaient eu peur de quitter un des premiers niveaux de la forteresse quand ils ont entendu des échanges de tirs entre les assaillants et les forces de sécurité, démentant des informations de presse selon lesquelles ils avaient été pris en otage. Les autorités ont fait savoir qu’elles avaient saisi de grandes quantités d’explosifs, des armes diverses et des ceintures d’explosifs dans une cache.Les autorités jordaniennes ont annoncé lundi la saisie d'explosifs et d'armes dans la maison où quatre hommes armés ont préparé les attaques au cours desquelles ils ont tué dix personnes près d'un site touristique du sud du pays.

Une attaque bien préparée. La Sûreté générale, qui enquête sur l'identité et les motivations des assaillants qui ont abattu dimanche sept policiers, deux civils jordaniens et une touriste canadienne à Karak (sud), a affirmé dans un communiqué qu'une "grande quantité d'explosifs, des ceintures explosives et des armes automatiques [avaient] été saisies" dans une maison où ils avaient préparé leur opération.

Ces attaques, au cours desquelles 34 policiers et civils, dont un Canadien, ont été blessées d'après la Sûreté générale, ont été revendiquées. Selon les autorités, elles ont été menées par quatre "terroristes" qui ont tous été abattus par les forces de sécurité.

Une nouvelle attaque terroriste. Karak est réputée pour son château croisée du XIIe siècle, l'un des plus grands de la région, à 120 km au sud d'Amman. Les attaques ont été unanimement dénoncées par les médias jordaniens. Des journaux titraient en une : "La Jordanie vaincra le terrorisme" ou "le "royaume restera une citadelle contre le terrorisme".

La Jordanie infiltrée par Daech ?

La Jordanie, membre de la coalition internationale anti-djihadistes qui bombarde le groupe État islamique (EI) en Syrie et en Irak depuis 2014, a plusieurs fois été la cible d'attentats menés par des groupes islamistes. En juin, un attentat suicide revendiqué par l'EI avait ainsi coûté la vie à sept gardes-frontières jordaniens près de la frontière avec la Syrie.

La mort d’une touriste canadienne sabote la relance du tourisme, un secteur-clé de l’économie jordanienne déjà miné par l’instabilité du Proche-Orient. Deuxième source de devises après les transferts d’argent des expatriés, le secteur représentait encore 14 % du PIB jordanien en 2015. Les touristes ont déserté les sites jordaniens du fait des troubles liés aux révoltes dans le monde arabe en 2011, puis de la conquête par l’EI de larges pans de la Syrie et de l’Irak en juin 2014. La ville nabatéenne de Petra, une merveille archéologique mondiale, ou le désert du Wadi Rum attiraient avant 2011 des centaines de milliers de touristes. Quatre incidents « terroristes » ont affecté le pays cette année, dont un attentat suicide en juin revendiqué par l'EI et qui a coûté la vie à sept gardes-frontières jordaniens près de la frontière avec la Syrie. La Jordanie est membre de la coalition internationale anti-djihadiste qui bombarde l'EI en Syrie et en Irak depuis 2014 et accueille sur son territoire des troupes de cette coalition.

Ces attaques interviennent par ailleurs dans un contexte où la Jordanie tente désespérément de relancer un tourisme déjà en crise, victime des troubles liés aux révoltes dans le monde arabe de 2011 ainsi que des conflits en Syrie et Irak, frontaliers du royaume.

Ce secteur-clé de l'économie du pays (14% de son PIB en 2015) représente aussi sa deuxième source de devises après les transferts d'argent des expatriés.

La Jordanie infiltrée par Daech ?

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