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Publié par Bob Woodward

Gambie : retour aux fondamentaux pour Yahya Jammeh ?

Le président gambien sortant Yahya Jammeh a annoncé vendredi soir 9 décembre qu'il ne reconnaissait pas les résultats de l'élection du 1er décembre, une semaine après avoir reconnu sa défaite face à l'opposant Adama Barrow, dans une déclaration télévisée...À peine la présidentielle gambienne terminée que la chasse aux sorcières pourrait démarrer pour les nouvelles autorités. Lors d’une interview, le président Adama Barrow a évoqué un avenir judiciaire pour son prédécesseur, Yahya Jammeh. Il entend également réintégrer son pays à la CPI de laquelle l’ancien homme fort de Banjul l’avait retiré.

À la surprise générale, Adama Barrow a remporté l’élection présidentielle face à Yahya Jammeh après 22 ans de pouvoir. Et depuis, le nouvel élu entend changer son pays, comme par un tour de bâton magique. En effet, le nouveau chef d’État gambien se sent investi de la divine mission de redresser son pays : « Je pense que Dieu m’a investi pour sauver la Gambie et initier un changement. » Il compte donc accomplir cette mission en 3 ans et rendre le tablier aux véritables politiciens, car, dit-il :  « Je ne me considère pas comme un politicien. Après ce changement, les politiciens prendront la relève. Mon parti continuera, mais je ne serai pas de la partie. Je suis businessman, je continuerai mes affaires. »

Sous l’ère du président Jammeh, la Gambie était quelque peu isolée du reste du monde. Les anciennes autorités s’étaient recroquevillées sur elles-mêmes et n’avaient pas d’énormes rapports avec l’international. En outre, Yahya Jammeh avait engagé le processus de retrait de son pays du Statut de Rome. Mais son successeur entend disposer autrement. À en croire le nouveau président gambien, son pays honorera tous ses engagements internationaux : « La Gambie fera tout pour reprendre sa place dans les institutions internationales, la CPI comprise. »

Quant au cas de l’ancien homme fort, le président Barrow est formel : « Je n’ai jamais dit que Jammeh ne sera pas traduit devant la justice, c’est la presse qui a déformé mes propos. » Puis, il ajoute : « Mon action ne vise pas les personnes en tant que telles, mais que justice sera rendue au peuple gambien. » Si Yahya Jammeh est effectivement traduit devant la CPI, il fera face à Fatou Bensouda, son ancienne ministre de la justice et actuelle procureure de la cour.

L’allocution de Yahya Jammeh a été diffusée à la télévision et la radio nationale vendredi soir 9 décembre. Il déclare que l’élection a été truquée, notamment par la commission électorale. Voilà ce que dit celui qui a dirigé le pays durant 22 ans : « Autant j’ai accepté les résultats car j’ai cru que la commission était indépendante et honnête, désormais je rejette les résultats en totalité. Laissez-moi répéter : je n’accepterai pas les résultats ».

Yahya Jammeh s’appuie sur un communiqué de la commission électorale, communiqué diffusé mardi matin dans lequel il est indiqué qu’il y a eu des erreurs dans la compilation des résultats mais que ces erreurs ne changent rien aux résultats définitifs. L’écart entre Adama Barrow et Yahya Jammeh qui était de 60 000 voix est revu à la baisse et passe à 20 000 voix.

Yahya Jammeh vise directement le président de la commission Alieu Momar Njie, il l’accuse d’avoir truqué la compilation des résultats. L’ex-président ne souhaite visiblement pas un nouveau recomptage des voix (les candidats ont jusqu’au 12 décembre pour déposer leurs recours) puisqu’il a appelé à de nouvelles élections présidées « par des gens craignant dieu ». Jammeh a pointé une erreur de comptabilisation reconnue par la Commission électorale indépendante (IEC), accordant toujours la victoire à Barrow, mais ramenant l'écart à quelque 19 000 voix seulement. Le président sortant fait aussi état d'"enquêtes" sur l'abstention révélant, selon lui, que de nombreux électeurs n'ont pas pu voter ou en ont été dissuadés par des informations erronées.

La communauté internationale, à commencer par le Sénégal, unique pays limitrophe de la Gambie, et les États-Unis, ont aussitôt condamné ce revirement, exigeant que  Jammeh conduise une "transition pacifique" avec le président élu Adama Barrow et assure sa sécurité.

Dans un communiqué, le département d'État a qualifié le revirement de Jammeh d'"acte répréhensible" et de "violation inacceptable de la confiance" des Gambiens.

Gambie : retour aux fondamentaux pour Yahya Jammeh ?

Ce revirement de Yahya Jammeh, cette allocution, a été diffusé quelques heures après la première déclaration d’Adama Barrow à la nation, le président élu a appelé la réconciliation et au respect des droits de l’homme.

Après cette annonce télévisée de Yahya Jammeh, Adama Barrow a tweeté, affirmant que « l'annonce du président Jammeh ternit à notre démocratie. Le peuple gambien a pris sa décision ». Il a déclaré que la coalition de l' opposition se réunira ce samedi et fera une conférence presse après cette rencontre.

Le président de Gambie, Yahya Jammeh, a annoncé vendredi qu'il rejetait finalement le résultat de l'élection du 1er décembre remportée par le chef de file de l'opposition, Adama Barrow. Jammeh réclame désormais la tenue d'un nouveau scrutin.

Il avait reconnu sa défaite et félicité son adversaire Adama Barrow. Une semaine après avoir admis qu'il avait perdu face au candidat de l'opposition, le président sortant gambien Yahya Jammeh a de nouveau créé la surprise en rejetant les résultats du scrutin.

"Tout comme j'ai loyalement accepté les résultats, en croyant que la Commission électorale était indépendante, honnête et fiable, je les rejette dans leur totalité", a affirmé Jammeh au cours d'une déclaration télévisée dans la soirée du vendredi 9 décembre.

"Laissez-moi répéter : je n'accepterai pas les résultats sur la base de ce qui est arrivé", a-t-il insisté en dénonçant des "erreurs inacceptables" de la part des autorités électorales et appelant à la tenue d'un nouveau scrutin.

Jammeh a pointé une erreur de comptabilisation reconnue par la Commission électorale indépendante (IEC), accordant toujours la victoire à Barrow, mais ramenant l'écart à quelque 19 000 voix seulement. Le président sortant fait aussi état d'"enquêtes" sur l'abstention révélant, selon lui, que de nombreux électeurs n'ont pas pu voter ou en ont été dissuadés par des informations erronées.

La communauté internationale, à commencer par le Sénégal, unique pays limitrophe de la Gambie, et les États-Unis, ont aussitôt condamné ce revirement, exigeant que  Jammeh conduise une "transition pacifique" avec le président élu Adama Barrow et assure sa sécurité.

Dans un communiqué, le département d'État a qualifié le revirement de Jammeh d'"acte répréhensible" et de "violation inacceptable de la confiance" des Gambiens. Le Sénégal a également pressé la Commission économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), l'Union africaine et l'ONU de "prendre toutes les mesures qu'imposent la sauvegarde des résultats du scrutin présidentiel en Gambie et le respect de la souveraineté du peuple gambien".

Une dirigeante de l'opposition, Isatou Touray, a dénoncé sur les réseaux sociaux "un viol de la démocratie", appelant les opposants à "rester calmes, lucides, vigilants, et à ne pas reculer". Dans les heures précédant la déclaration du président sortant, l'ambiance s'était tendue à Banjul, la capitale de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest enclavé dans le territoire sénégalais hormis sa façade atlantique, avec le déploiement de troupes et l'installation de sacs de sable sur les axes stratégiques, faisant craindre un nouveau coup de théâtre.

Jammeh déclare qu'il ne tolérera aucune manifestation dans les rues..."Nous retournerons aux urnes parce je veux m'assurer que chaque Gambien vote sous l'autorité d'une commission électorale impartiale, indépendante, neutre, et libre de toute influence étrangère", a insisté Jammeh lors de son intervention vendredi soir.

Gambie : retour aux fondamentaux pour Yahya Jammeh ?

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