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Publié par Bob Woodward

Tunis aux ordres de Riyad ?

Le ministre tunisien des Affaires religieuses, Abdeljalil Ben Salem, a été limogé vendredi pour « atteinte aux fondamentaux de la diplomatie », moins de 24 heures après avoir dénoncé le wahhabisme saoudien comme cause principale du « terrorisme ». « Le chef du gouvernement (Youssef Chahed) a relevé de ses fonctions le ministre des Affaires religieuses Abdeljalil Ben Salem », a indiqué dans un communiqué la présidence du gouvernement. Ses déclarations « ont porté atteinte aux fondamentaux et principes de la diplomatie tunisienne », a estimé la même source, précisant que son portefeuille était confié par intérim au ministre de la Justice. Ghazi Jribi.Abdeljalil Ben Salem se targuait de parler « avec audace ». Devant les députés de la Commission des droits et des libertés, l'ancien ministre des Affaires religieuses assure avoir interpelé deux hauts responsables saoudiens sur le danger que représente, selon lui, le wahhabisme, la doctrine du royaume. « Réformez votre école, car le terrorisme historiquement vient de là », lance-t-il, avant d'ajouter : « Ce genre de pensée et cette école (...) ne peuvent qu'engendrer de l'extrémisme. »

Des déclarations rapidement reprises par les médias tunisiens. Le soir même, le ministre tente donc de calmer la polémique. Il assure alors que Tunis entretient une relation « pleinement harmonieuse » avec Riyad.

Mais cela ne suffira pas. Moins de 24 heures après ces propos, Youssef Chahed, le chef du gouvernement, annonce par communiqué avoir « relevé de ses fonctions » Abdejlalil Ben Salem pour « atteinte aux fondamentaux de la diplomatie ».

Le chef du gouvernement va devoir nommer rapidement un successeur à ce poste ministériel délicat, qui fait habituellement l'objet de nombreuses tractations entre les partis. En attendant, ce portefeuille des Affaires religieuses est confié, par intérim, au ministre de la Justice.

Abdeljalil Ben Salem avait affirmé jeudi au Parlement avoir interpellé deux hauts responsables saoudiens, dont l'ambassadeur du royaume à Tunis, sur l'influence néfaste du wahhabisme en tant que moteur du « terrorisme ». « J'ai dit aux Saoudiens, avec audace : Réformez votre école, car le terrorisme historiquement vient de là. Je vous dis cela avec amour et modestie », avait rapporté le ministre, selon un enregistrement diffusé par la radio Mosaïque FM. « Ce qu'on voit dans le monde islamique comme extrémisme et terrorisme provient de cette école (wahhabite), que ce soit de bonne ou mauvaise foi. (...) Ce genre de pensée et cette école ne peuvent qu'engendrer de l'extrémisme », avait-il avancé. Entré en fonction fin août dans le gouvernement d'union de Youssef Chahed, ce ministre était interrogé par un député du Front populaire (FP, gauche, opposition), Aymen Aloui, sur sa volonté de « combattre la propagande wahhabite en Tunisie ».

Le soir même, Abdeljalil Ben Salem avait tenté d'éteindre le début de polémique en affirmant dans un communiqué que la relation avec Riyad était « pleinement harmonieuse ». « Sa solidité est telle que rien ne peut la troubler », avait-il clamé. Plusieurs quotidiens ont toutefois fait leur une vendredi sur ces déclarations sur le wahhabisme saoudien, une des versions les plus rigoristes de l'islam. « Le ministre attaque le wahhabisme incubateur de terrorisme », a titré Ecchourouk, tandis que Al-Maghreb a avancé qu'il s'agissait du « premier ministre tunisien à dire (publiquement) : Le wahhabisme est source de terrorisme ».

La décision de limoger Abdeljalil Ben Salem a été soutenue par la présidence de la République, son chef de cabinet Slim Azzabi qualifiant la déclaration du ministre de « grave erreur ». Un responsable parlementaire du parti islamiste Ennahda (au gouvernement), Noureddine Bhiri, a argué que les relations avec Riyad relevaient de la « sécurité nationale ».

Tunis aux ordres de Riyad ?

Le wahhabisme est « un danger pour l'islam, pour l'humanité et pour la vie des gens », a pour sa part affirmé à l'Agence France-Presse le député FP Aymen Aloui. « Je comprends la logique de la diplomatie, mais il y a des choses où il faut trancher. (...) La pensée wahhabite est un virus qui s'est propagé en Tunisie », a déclaré l'écrivain Mazen Cherif, expert des questions religieuses. Le combat contre l'extrémisme religieux est l'une des priorités de la Tunisie, confrontée après sa révolution de 2011 à l'essor d'une mouvance djihadiste responsable de la mort de dizaines de soldats, de policiers mais aussi de civils et de touristes étrangers. Le pays compte des milliers de ressortissants dans les rangs d'organisations extrémistes comme le groupe État islamique (EI).
Le limogeage du ministre des Affaires religieuses Abdejlil Ben Salem par le chef du gouvernement Youssef Chahed, suite à ses propos sur l'Arabie Saoudite fait actuellement le buzz sur les réseaux sociaux. Personnalités politiques, figures de la société civile et citoyens ont donné leur avis sur ce limogeage.

Soutien au ministre limogé pour les-uns pour avoir eu le courage de dire tout haut ce que certains pensent tout bas, soutien au chef du gouvernement pour avoir pris ses responsabilités pour d'autres, ce limogeage ne laisse pas la webosphère tunisienne indifférente...Le danger islamiste est tellement banalisé qu’au point que les Tunisiens ne se rendent pas compte que de par leur passivité et leur silence ils se rendent complices des agents wahhabisme qui n’ont pourtant jamais caché leurs sombres intentions de la mise à mort de l’unité et à l’intégrité de la Tunisie qui devra être diluée dans l’Oumma islamique pilotée par les wahhabites, et aux principes des droits fondamentaux tels que la liberté et l’égalité entre les citoyens tunisiens indépendamment de leurs croyances et de leurs sexes.

Tunis aux ordres de Riyad ?

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