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Publié par Bob Woodward

Le Maréchal al Sissi, soutien de Bachar al Assad ?

L'Egypte a lancé des appels d'offre pour son approvisionnement en pétrole après la suspension surprise par le géant pétrolier saoudien Aramco de la livraison de 700.000 tonnes de produits pétroliers. Ryad ne décolère pas contre le vote de l'Egypte à l'ONU en faveur d'une résolution russe sur la Syrie.

Le dossier syrien a mis à mal les relations privilégiées entre Ryad et Le Caire. Objet du litige: le vote de l’Egypte, samedi 8 octobre 2016, en faveur d'une résolution de la Russie sur la Syrie mettant son veto sur un autre texte présenté par la France avec le soutien saoudien. Ryad soutient des groupes d'opposition à Bachar al-Assad, alors que Le Caire croit en une solution politique qui inclut le président syrien. Première mesure de rétorsion: la décision surprise de Ryad de suspendre ce mois-ci la livraison de produits pétroliers au Caire, pourtant vitale. Une décision qui a obligé l'Egypte à lancer des appels d'offre pour son approvisionnement en pétrole pour le mois d’octobre.

Les tensions s'accroissent entre l'Egypte et l'Arabie Saoudite, alliés et poids-lourds du Moyen-Orient, qui n'hésitent plus à afficher publiquement leurs désaccords sur plusieurs dossiers régionaux comme la Syrie. En fermant le robinet du pétrole, officiellement pour le mois d'octobre seulement, Ryad veut rappeler au Caire sa dépendance: l’Egypte importe chaque mois 1,75 million de tonnes de produits pétroliers, dont 40% en provenance d'Arabie Saoudite. Pourtant, en avril 2016, Ryad avait passé un accord de plus de 20 milliards de dollars avec l'Egypte pour la fourniture, sur cinq ans, de 700.000 tonnes de produits pétroliers par mois.

Les deux capitales ne partagent pas la même analyse sur la stratégie pour mettre fin aux conflits en Syrie et au Yémen. «On parle toujours d'alliance stratégique entre Le Caire et Ryad. Ce n'est pas la réalité. Une alliance stratégique, ça signifie une entente en ce qui concerne les dossiers régionaux. Ce n'est pas le cas pour la Syrie et le Yémen», tranche le commentateur politique égyptien Abdallah al-Sinawi.

L'armée égyptienne participe officiellement depuis 2015 à la coalition lancée par l'Arabie Saoudite pour lutter contre les Houthis au Yémen. Elle s'est même engagée à mettre des troupes à disposition pour une intervention au sol si nécessaire. Sur le terrain, elle est de plus en plus réticente. «L'Egyte évite de s'impliquer, en raison de son expérience difficile dans les années soixante», rappelle Abdallah al-Sinawi, en référence à l'intervention militaire au Yémen ordonnée par Gamal Abdel Nasser, considérée comme un «Vietnam égyptien». Derrière les Houthis chiites, l’Arabie Saoudite voit la main de Téhéran. «Le Caire ne voit pas la menace posée par les Iraniens», se désole le journaliste et analyste saoudien Jamal Khashoggi.

Les armées égyptienne et russe ont mené pour la première fois des exercices militaires conjoints sur le sol égyptien du 15 au 26 octobre. Ces manœuvres renforcent le rapprochement entre Moscou et Le Caire. En se rangeant symboliquement dans le camp des partisans du président syrien Bachar al-Assad, l'Egypte a pris ses distances avec l'Arabie Saoudite, qui a tenu financièrement à bout de bras le gouvernement d'Abdel Fattah al-Sissi depuis que celui-ci a renversé il y a trois ans le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans. 

L'Egypte tente de convaincre la Russie de reprendre les vols commerciaux entre les deux pays, suspendus depuis l'attentat qui a détruit en 2015 un avion de ligne russe au-dessus du Sinaï, tuant les 224 personnes à bord. Le tourisme est vital pour l'économie égyptienne, au plus mal depuis le soulèvement contre le président Hosni Moubarak en 2011. Les Russes faisaient partie des rares vacanciers à se rendre en Egypte ces dernières années.Le journal libanais «Assafir» a indiqué que des pilotes d'hélicoptères égyptiens avaient été dépêchés à Damas pour se battre aux côtés de l'armée syrienne régulière. Selon le journal, deux généraux égyptiens les avaient précédés. Des informations démenties par des sources militaires égyptiennes.La visite surprise au Caire du plus haut responsable des services de sécurité syriens, le général Ali Mamlouk, et sa rencontre avec Khaled Faouzi, directeur adjoint des services de renseignement égyptiens, sont un point décisif de la coopération stratégique entre la Syrie et l’Égypte, rapporte l’agence Tasnim.

De ce fait, Le Caire met fin à une relation secrète et imprécise qui a duré des années, en raison de la monopolisation régionale et des pressions exercées par l’Arabie saoudite au sujet du dossier syrien, peut-on lire sur le site d’Al-Mayadeen.

Ce tournant dans les relations syro-égyptiennes est le fruit de cinq années de réflexion profonde de Damas avec un des principaux pôles du monde arabe. C’est pourquoi Damas a préféré sauvegarder les canaux de conversation, secrets ou non, avec Le Caire, même lorsque les pays arabes du golfe Persique tentaient d’imposer leur diktat à la Syrie via la Ligue arabe, l’enfonçant ainsi dans un isolement encore plus grand.  

 

Le Maréchal al Sissi, soutien de Bachar al Assad ?

Conseiller en sécurité, le général Ali Mamlouk avait une mainmise sur des dossiers importants afin de réanimer les relations de son pays avec les grands pays de la région. A la tête d’une délégation composée de responsables de la sécurité, il avait voyagé au Caire il y a un an. Le général Mamlouk est aussi une personnalité politique et tous les sujets abordés lors de ses rencontres ne touchaient pas que la coopération dans le domaine sécuritaire et la lutte antiterrorisme, mais concernaient aussi les modalités d’une coordination politique avec la plus grande capitale du monde arabe. Or, Le Caire et Damas se sont rapprochés malgré tous les efforts destinés à les éloigner l’un de l’autre.

Par ailleurs, le rôle du Caire dans le règlement des questions régionales s’estompant, il a choisi de camper sur les positions de la Syrie qui croit que seule une solution politique peut remédier au conflit actuel. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi l’a répété à maintes reprises: la survie du gouvernement d’Assad garantit la sécurité nationale de l’Égypte.   

La visite du conseiller en sécurité syrien n’est pas la première en son genre à l'étranger depuis le début de la guerre en Syrie.

Les deux parties entretiennent de nombreux points de vue communs en matière de sécurité régionale. A cela s’ajoute le rapprochement de l’Égypte avec la Russie. Et pour cause : Moscou avait demandé la présence du Caire à la réunion sur la Syrie à Lausanne. Et l’Égypte a voté pour le projet de résolution de la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU. 

Les informations du journal libanais Assafir et leur démenti font suite à une déclaration du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Il affirmait que la manière la plus efficace de combattre le terrorisme du groupe Etat islamique était de soutenir les forces armées régulières en Libye, en Irak et surtout en Syrie.

Cette déclaration avait provoqué de nombreuses réactions sur les médias arabes et sociaux. Cela a été l'occasion de revenir sur l'union entre l'Egypte et la Syrie du temps de Nasser entre 1958 et 1961, mais aussi sur les divergences entre Le Caire et Riyad sur la question syrienne.

Si Le Caire affirme soutenir l'armée régulière sans pour autant soutenir Bachar el-Assad, l'Arabie saoudite est farouchement opposée au président syrien et soutient des factions de la rébellion. Ce désaccord entre Le Caire et Riyad s'est traduit par une suspension des livraisons saoudiennes de pétrole à l'Egypte depuis deux mois.

Le Maréchal al Sissi, soutien de Bachar al Assad ?

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