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Publié par Bob Woodward

La Libye au bord du krach économique ?

Les forces du gouvernement non reconnu de Libye, basé à Toubrouk à l’Est, se sont emparées du Croissant pétrolier.

Commandées par le général Hafter, elles n’ont mis que trois jours pour s’emparer des terminaux pétroliers qui étaient sous contrôle du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale. La zone du Croissant pétrolier se trouve au nord-est de la Libye, lieu hautement stratégique pour le contrôle des infrastructures économiques de la Libye. Le pétrole constitue la principale richesse de la Libye.

Le GNA a condamné l’offensive lancée par l’armée du général Haftar, en la qualifiant d’agression flagrante contre les acquis du peuple libyen.

En s’emparant des installations pétrolières, le général Hafter défie les autorités reconnues par la communauté internationale, ce qui risque d’accentuer la division du pays et de plonger la Libye dans la guerre civile. Le plan de paix de l’ONU est plus que jamais menacé et les jours du GNA semblent comptés. Car, c’est la première fois que l’armée nationale libyenne que commande le général Hafter affronte directement et frontalement les forces loyales au GNA, basé à Tripoli, à l’Ouest de la Libye. Jusque-là, les forces de Hafter se contentaient de combattre les brigades révolutionnaires et islamistes basées dans la région de Benghazi. Alors que celles du GNA tentaient et tentent toujours de libérer la ville de Syrte des mains de Daech.

L’attaque contre le croissant pétrolier intervient après le refus le 22 août du parlement réfugié à Tobrouk d’accorder sa confiance au gouvernement d’union nationale. Ce refus a mis en danger l’accord signé à Skhirat (Maroc) avec l’aide de l’ONU pour réconcilier les deux forces rivales. L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Martin Kobler, a condamné les attaques contre les terminaux pétroliers et a appelé les Libyens à reconnaître le GNA comme seul gouvernement du pays. Les États-Unis, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Espagne ont demandé lundi 12 septembre le « retrait immédiat et sans conditions de toutes les forces armées qui se trouvent dans le Croissant pétrolier », selon Le point.

Le gouvernement libyen subit une pression de plus en plus forte pour dévaluer sa monnaie, dans un contexte de crise économique et politique, rapporte Bloomberg. “La dévaluation est un impératif”, selon Ali Jihani, officiel basé à al-Bayda, cité par la même source. “Nous pourrions proposer deux taux de change : l’un pour les importateurs nationaux, et un autre, plus élevé, pour les importateurs commerciaux [privés] et les transferts personnels”.

Selon Ahmed Sanussi, cité par le même journal, si le gouvernement de Serraj attend pour dévaluer, cela pourrait faire courir le risque d’une dévaluation encore plus grande à l’avenir, une situation qui pourrait en définitive être favorable au général Haftar, rival de Serraj.

La Libye a été contrainte de puiser dans ses réserves de change pour maintenir le pays à flots, et a limité l’accès aux devises fortes avec la baisse des revenus du pays, rapporte le journal. Cela a permis au marché noir de prospérer, et le taux de change informel a grimpé. Pour stabiliser sa monnaie, la Libye devrait augmenter sa production de pétrole – dans un contexte où l’Opep, dont est membre la Libye, espère atteindre un accord en vue de réduire sa production.

La Banque mondiale estime que l’inflation atteindra une moyenne d’environ 20% cette année en Libye, le Conseil présidentiel a attribué, lundi, 300 millions de dinars pour l’importation des aliments et leur distribution à des prix plus équitables.

La production libyenne a doublé pour atteindre 600.000 bpj depuis le mois de septembre, où le général Haftar s’est emparé d’importants ports du « Croissant pétrolier ». La production pourrait atteindre 900.000 bpj, mais cela resterait insuffisant et une solution politique reste indispensable à une remise à flot durable de l’économie du pays.

La Libye au bord du krach économique ?

La Libye fait partie avec l’Algérie des cinq pays les plus vulnérables de l’Opep dont les recettes pétrolières ont fortement baissé et qui sont exposés à un risque accru de troubles politiques. Ces pays sont l’Algérie, l’Irak, la Libye, le Nigéria et le Venezuela, un groupe surnommé « les cinq fragiles » par la banque d’affaires et d’investissement internationale, RBC Marchés des capitaux.

L’Algérie a décidé d’augmenter plusieurs taxes en 2017 et réduit de 30% son budget d’équipement tout en gelant les projets d’infrastructures pour faire face à la crise.

Au Nigéria, un marché noir de devises a explosé depuis que l’effondrement des prix du pétrole a diminué les entrées en dollars. La Banque centrale a fait plusieurs tentatives pour défendre le Naira, la monnaie nationale après sa dévaluation record en 2014. Elle a notamment durci les contrôles de capitaux, imposé une restriction aux banques concernant le change des devises étrangères, et effectué un arrimage du Naira au Dollars qui a dissuadé l’investissement étranger et aggravé la pénurie des dollars dont les entreprises ont besoin pour les importations.

La Libye au bord du krach économique ?

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