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Publié par Bob Woodward

Affaire des infirmières bulgares: un complot libyen ?

Accusés à tort. En février 1998, Tripoli annonce la détention de cinq infirmières bulgares et d’un médecin palestinien employés à l’hôpital de Bengazi, soupçonnés d’avoir injecté le virus du sida à 438 enfants, dont 56 sont décédés. Après neuf ans de procès, et des multiples interventions de la France pour leur empêcher la peine de morts, celles-ci sont finalement acquittées. "L’affaire des infirmières bulgares" refait surface grâce aux révélations de Mediapart, qui qualifie le dossier de "crime d’Etat".

En se basant sur des notes de l’ancien premier ministre de Libye Choukri Ghanem, le pure-player révèle que deux hauts responsables du renseignement libyen, Abdalah Senoussi et Moussa Koussa, auraient eux-mêmes inoculé le VIH aux enfants hospitalisés. Cette "opération spéciale d’empoisonnement" aurait été avouée par le chef du renseignement militaire Abdalah Senoussi en 2007, dès la libération des infirmières et du médecin.

Le carnet de Choukri Ghanem révèle "le complot judiciaire" qui a mis derrière les barreaux les six médecins entre 1999 et 2007, et les nouveaux liens troubles avec le gouvernement français de l’époque. Quelques semaines après la libération des infirmières bulgares, la France et la Lybie avaient conclu un mémorandum d’accord nucléaire civil, avant que des contrats d’armement ne soient également signés entre le gouvernement de Kadhafi et le groupe EADS. Des accords pointés du doigt, au même titre que les relations privilégiées entretenues par le gouvernement Sarkozy avec les deux dignitaires libyens directement impliqués.

Pour Médiapart, "l’opération d’empoisonnement de Benghazi pourrait s’inscrire dans une stratégie globale du régime Kadhafi face aux affaires embarrassantes qui lui étaient opposées par l’Occident". Les révélations du carnet de Choukri Ghanem pourraient ouvrir de nouvelles investigations. Deux responsables des services de sécurité de Kadhafi auraient sciemment inoculé le virus du sida à quelque 200 enfants pour pouvoir ensuite accuser, via la Bulgarie, l’Occident de ce crime.

Dans le pays de Kristina, Nassia, Valentina, Valia et Snejana ce dernier rebondissement d’une saga vieille de dix ans ne pouvait pas passer inaperçu.  “Des proches de Khadafi responsables de l’inoculation du virus du sida aux enfants”, titrait ainsi, samedi 5 novembre le journal en ligne Mediapool, relatant les révélations de la presse française de la veille. Les cinq infirmières bulgares, injustement accusées dans cette affaire, ont passé plus de huit ans dans les geôles libyennes avant leur libération en 2007, grâce notamment à l’intervention de dernière minute de la France en la figure de Cécilia Sarkozy.

Or, selon le site Mediapart, deux anciens dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi auraient sciemment infecté quelque 200 enfants de ce virus pour pouvoir ensuite accuser, via la Bulgarie, l’Occident de ce crime. Ces faits auraient été relatés par l’ancien chef de gouvernement de Tripoli, Choukri Ghanem, décédé en 2012, dans son carnet de bord qui est aujourd’hui entre les mains de la justice française dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

“Dans ce carnet de bord, Choukri Ghanem raconte avoir reçu en 2007 la visite de Mohamed El Khaddar, membre de la commission d’enquête mise en place en Libye sur cette affaire”, poursuit le quotidien Dnevnik de Sofia. Selon cet homme, Abdallah Senoussi, chef du renseignement militaire, aurait raconté qu’il s’était procuré avec Moussa Koussa, patron des services spéciaux libyens, des “fioles de virus contagieux”: quatre pour Senoussi et vingt-sept pour Koussa. “Tous deux avaient injecté le virus aux enfants - les 232 enfants n’étaient pas de Benghazi mais ont été amenés de l’hôpital de Tajourah”, poursuit le témoignage.

Affaire des infirmières bulgares: un complot libyen ?

Interrogées samedi par l’AFP, les cinq femmes se félicitaient de ces révélations qui, selon elles, n’ont fait que confirmer leur innocence. “La vérité triomphe, près de dix ans après notre libération par Cécilia !”, s’est exclamé Valia Tcherveniachka. “C’est inimaginable, absurde, comme dans un film d’horreurs !”, a enchéri Valentina Siropoulo. Fortes de ces nouveaux éléments, elles comptent désormais redoubler d’efforts pour obtenir des dédommagements de la part de l’Etat libyen dans cette affaire.

Elles ont passé plus de huit ans en prison libyenne sous le régime de Muammar Kadhafi, avant d'être libérées en 2007. Les infirmières bulgares se félicitaient samedi des révélations à Paris confirmant leur innocence. « Cette nouvelle me fait pousser des ailes ! La vérité triomphe près de 10 après notre libération par Cécilia », l'ex-épouse de l'ancien président français Nicolas Sarkozy, se réjouissait Valia Tcherveniachka, l'une des cinq infirmières bulgares qui, avec un médecin palestinien, étaient accusées en Libye d'avoir inoculé le virus du sida à 232 enfants à l'hôpital de Benghazi (est).

Selon un témoignage rapporté par le site français Mediapart, ce sont les chefs libyens du renseignement militaire et des services spéciaux qui auraient injecté le virus du sida à des enfants libyens. Ce témoignage figurait dans un carnet aux mains de la justice française, ayant appartenu à Choukri Ghanem, chef du gouvernement de Kadhafi de 2003 à 2006. L'affaire aurait pu constituer une vengeance envers Benghazi, ville rebelle au régime de Khadafi.

« C'est inimaginable, absurde comme dans un film d'horreur ! » s'est exclamée une autre infirmière, Valentina Siropoulo, interrogée comme ses collègues au téléphone par l'Agence France-Presse. « Voyez-vous aux mains de quels monstres nous avons passé huit ans et demi. C'est un miracle que nous ayons pu nous en sortir. » Plus sobres, les infirmières Kristiana Valtcheva et Snejana Dimitrova ont estimé que ces révélations pourraient les aider à obtenir des dédommagements pour le compte de la Libye.

« Il faut que la culpabilité des responsables libyens soit prouvée. L'État libyen a des avoirs à l'étranger dont nous pouvons être dédommagées », déclarait Mme Valtcheva. Snejana Dimitrova a évoqué une enquête ouverte en Bulgarie il y a 5 ans, quand Muammar Kadhafi était encore au pouvoir, laquelle n'a jamais abouti. Or « la justice bulgare doit s'être prononcée pour que nous puissions nous adresser à la Cour européenne aux droits de l'homme » à Strasbourg, a-t-elle expliqué.

Les infirmières bulgares qui avaient été ramenées en Bulgarie en juillet 2007 à bord de l'avion présidentiel français, après une campagne de la France et d'autres pays européens, déclarent toutes « avoir retrouvé leur équilibre ». « Nous n'y pensons plus, nous avons surmonté nos souffrances et sommes retournées à notre vie d'avant », résume Kristiana Valtcheva. Le médecin palestinien Ashraf al-Hajouj habite aux Pays-Bas, où il s'est marié.

Affaire des infirmières bulgares: un complot libyen ?

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