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Publié par Bob Woodward

Mossoul, une bataille perdue d'avance ?

 

La coalition internationale se prépare à la bataille de Mossoul, le fief de Daech en Irak. La France a positionné le porte-avions Charles-de-Gaulle et des avions Rafale devraient participer à cette bataille. Mossoul constitue un objectif symbolique pour la coalition, mais la ville sera difficile à libérér.
Mossoul est la capitale de Daech en Irak. C'est la ville où Al-Baghdadi avait proclamé la naissance de Daech. C'est un lieu vraiment symbolique puisque c'est le centre du pouvoir de Daech. Mossoul est une ville sunnite. Al-Baghdadi a utilisé l'opposition entre chiites et sunnites à Mossoul et il a réussi à mettre la main sur la deuxième grande ville irakienne. La population de Mossoul n'est pas majoritairement ralliée à Daech. Mais au départ, il y avait un lien entre ceux qui s'opposaient aux chiites, ceux qui s'opposaient à Nouri al-Maliki, qui était à l'époque le chef du gouvernement irakien. Mossoul représentait la résistance à la présence chiite, à la mainmise des chiites sur l'Irak. Mossoul est donc une ville symbolique qui représente cette résistance et la fierté des sunnites irakiens.

Mossoul ne sera libérée que s'il y a un engagement terrestre. A Syrte, en Libye, la bataille se déroule au sol, c'est une guerre urbaine. Quand on mène une guerre dans une ville où il y a entre deux et trois millions d'habitants, il est très difficile d'avancer. Il faut progresser rue par rue, il y a beaucoup de pertes humaines. La victoire dans une ville est difficile, malgré les frappes aériennes. C'est bien l'engagement terrestre qui pourra libérer la ville.

La chute de Mossoul signifierait que Daech a perdu le centre de son pouvoir. Mais Daech, c'est comme Al-Qaïda à l'époque : les membres vont s'éparpiller. Ils commettent déjà des attentats en plein centre de Bagdad. Ils vont s'organiser comme l'a fait Al-Qaïda. Et la fin du territoire de Daech, ce n'est pas la fin de l'idéologie, ce n’est pas la fin de ces organisations qui vont devenir clandestines qui vont tenter de commettre des attentats un peu partout dans le monde. Et puis il y a aussi Daech en Syrie, il y a Raqqa, qui est la capitale de Daech en Syrie. Ce sont les deux grandes villes qui sont symboliques pour Daech.L'opération reconquête de Mossoul, aux mains de l'Etat islamique (EI) depuis août 2014, s'est accélérée vendredi 30 septembre avec l'envoi par la France de huit avions de chasse Rafale en Irak. Cette manœuvre militaire intervient quelques jours après la décision de Barack Obama d'envoyer 615 soldats américains supplémentaires spécialisés dans le renseignement, qui aideront les Irakiens.

Fin août, la ville clé de Qayyarah et sa base aérienne, dernier rempart avant Mossoul à 60 kilomètres au nord, est tombée. Elle sert désormais de base arrière pour l'offensive finale. Mossoul est encerclée. Les raids aériens se sont intensifiés, les forces de sécurité irakienne (FSI), les forces kurdes (peshmergas) et les milices locales qui combattent au sol ont reçu récemment, de la part des Occidentaux, des armes et des pièces d'artillerie pour combattre les djihadistes.

La dernière bataille semble imminente. Le président américain a estimé, la semaine dernière, que l'offensive pourrait être lancée "assez rapidement". Plusieurs responsables occidentaux ont évoqué le mois d'octobre. On prête à Barack Obama le désir d'accomplir cette mission avant la fin de son mandat en janvier 2017.

Depuis janvier, la coalition internationale a concentré ses efforts militaires sur les "centres de pouvoir" de l'EI : Raqqa en Syrie et Mossoul en Irak, capitales auto-proclamées du groupe djihadiste. En Irak, reprendre Mossoul, la plus grande ville sunnite du pays, a toujours été considéré comme une priorité. L'offensive déstabiliserait durablement le groupe djihadiste. Plusieurs fois programmée, elle a été jusqu'à présent sans cesse repoussée.   

Mais cette bataille finale risque de durer plusieurs mois. Pour plusieurs raisons. D'abord, Mossoul est une grande ville, avec un nombre important d'habitants (2 millions). Ensuite, l'EI y tient particulièrement : c'est en Irak que le groupe est né et il y a investi beaucoup de moyens. C'est là encore qu'Abou Bakr al-Baghdadi a fait sa première apparition dans une mosquée en tant que "calife".

Les djihadistes de Mossoul, entre 3.000 et 4.500 d'après les estimations du Pentagone, n'abandonneront pas facilement. Les combats risquent d'être féroces et destructeurs. Le défi est d'autant plus difficile à relever que les Occidentaux n'enverront pas de troupes au sol, se contentant d'appuyer les forces locales. Interrogé il y a quelques mois, Vincent Desportes, professeur à Sciences-Po, ancien directeur de l'Ecole de guerre, expliquait :

"En ville nous ne pouvons pas frapper partout. L'ennemi a appris à contourner la menace de la puissance aérienne, en se fondant dans la population, et c'est pour cela que le rendement est relativement limité. On ne peut pas écraser les populations sous les bombes pour les aider. Il est clair que nous ne pouvons libérer une ville que par des combats au sol."

Les enjeux sont énormes. Libérer Mossoul, c'est avant tout libérer les civils qui vivent sous le drapeau noir de l'EI depuis deux ans. C'est aussi détruire l'EI en tant que territoire. La prise de Mossoul marquerait le démantèlement des structures "étatiques" mises en place : collecte de l'impôt, application de la charia, administration, tribunaux, vente du pétrole et des ressources naturelles... L'embryon d'Etat sera brisé. Tout comme cette image d'invincibilité et de résistance que véhicule la propagande. Sa capacité d'attraction s'en trouverait par conséquent réduite.

Mais cela ne signifierait pas pour autant la fin de l'insurrection de l'EI, qui devrait rester actif loin des grandes villes ou en perpétrant des attentats. La libération de Mossoul ne signifierait pas non plus la fin de l'idéologie djihadiste, en Irak et ailleurs.

Pour espérer l'emporter, la force militaire devra se coupler d'un indispensable règlement politique et diplomatique. En juillet dernier, le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l'Irak, Jab Kubis, a appelé la communauté internationale à anticiper politiquement la libération de Mossoul. Il a souligné l'urgence de mettre l'accent sur la réconciliation "pour que la période de l'après-Daech de l'histoire irakienne soit plus stable, plus sûre et plus prospère que par le passé."

Mossoul, une bataille perdue d'avance ?

L'EI a pris sa greffe dans la révolte des sunnites contre l'oppression des chiites au pouvoir. Il s'agit donc, à Mossoul, de savoir qui contrôlera la ville demain. Quelle sera l'autorité légitime ? Quelle reconstruction ? Quelle gouvernance ? Logiquement, il faudra redonner le pouvoir aux responsables locaux sunnites, pour ne pas voir revenir les violences. Le gouvernement irakien a pour l'instant du mal à répondre à ces interrogations.

Gérer le jour d'après, c'est aussi éviter les règlements de compte au lendemain de la libération. Human Right Watch a accusé les milices chiites d'exactions envers les civils à majorité sunnite à Fallouja après sa libération. La répétition d'un tel scénario contribuerait à exacerber les tensions confessionnelles sur lesquelles l'EI avait grandi.

Les populations arabes ne voient pas non plus forcément d'un bon œil l'arrivée des Kurdes, qui composent une partie essentielle et indispensable des troupes qui combattent. Si ces derniers ont assuré qu'ils ne resteront pas à Mossoul, la méfiance reste de mise. En janvier, Amnesty International alertait sur les exactions commises par les peshmergas et les milices kurdes dans des villages arabes du nord du pays, libérés et contrôlés par les combattants des unités du gouvernement du Kurdistan. L'organisation internationale avait alors dénoncé des "destructions de masse délibérées". Ils "ont passé au bulldozer, fait exploser et réduit en cendres des milliers de logements dans le but semble-t-il de déraciner les populations arabes, en représailles contre leur soutien supposé", à l'EI, selon l'enquête d'Amnesty qui a insisté : "Cela s'inscrit dans une volonté de rectifier les abus du passé commis par le régime de Saddam Hussein qui avait déplacé de force des Kurdes, puis installé des Arabes dans la région."

Pour éviter les abus, il est question que les forces kurdes et chiites n'entrent pas dans la ville. Reste que l'armée irakienne est elle aussi perçue par les sunnites comme une armée chiite. Les populations sunnites qui peuplent Mossoul redoutent que les Kurdes tirent profit de la situation pour étendre leur territoire dans la zone disputée entre le pouvoir irakien et les Kurdes. En visite à Paris, notamment pour évoquer la bataille de Mossoul avec le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, le président du gouvernement régional du Kurdistan irakien (GRK), Massoud Barzani, a indiqué que sans accord avec Bagdad, il ne pouvait y avoir de bataille de Mossoul. Dans une interview au "Monde", Massoud Barzani a prévenu à propos des zones disputées et libérées par les Kurdes : "Il nous faut un accord sur ce point. Les peshmergas sont présents pour protéger les populations, donc il n'y a pas besoin que les forces irakiennes se déploient."

Il propose un référendum dans les zones contestées pour que les populations se prononcent sur leur rattachement au Kurdistan irakien. Par ailleurs, les Kurdes sont partie prenante des négociations sur l'administration de la ville de Mossoul et de sa province. Difficile de faire sans eux. Un accord est, dans tous les cas, indispensable, à une victoire totale à Mossoul. 

L'enjeu humanitaire est immense. Il faudra accueillir des centaines de milliers de réfugiés dans des centres autour de Mossoul. A Fallouja, rien ou presque n'était prêt. 90.000 personnes ont fui les combats et ont pris de court les autorités et les ONG. Auront-ils cette fois anticipé ? "Plus d'un million de personnes pourraient être déplacées lors de la prochaine offensive et nous prévoyons qu'au moins 700.000 auront besoin d'aide, d'abris, de nourriture, d'eau", a dit jeudi le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Irak, Bruno Geddo.

Le HCR a déjà construit des camps en prévision de ce déplacement massif, mais il manque de terrains, de fonds et de temps pour en construire d'autres. Le HCR a prévenu que l'offensive sur Mossoul pourrait provoquer "l'un des pires désastres humains depuis de nombreuses années" si rien n'est fait.

Mossoul, une bataille perdue d'avance ?

Commenter cet article

Anonymia 25/10/2016 23:42

La tolérance est bien plus bénéfique aux humains pour apprendre à vivre ensemble et non sur le seul dogme religieux

Anonymia 25/10/2016 23:38

La religion est la science des annes

mehdi mountather 17/10/2016 16:41

Ces crimes en Syrie en Yémen en Irak en Palestine pour satisfaire satan l'ouragan Matthew la mort de satan l'ennemi n°1 de l'humanité le patron de la franc maçonnerie et leurs marionnettes les dictateurs arabes et Daech c'est la fin du monde si la fin du monde 21.10.2016 aux non musulmans de se convertir a l'islam et aux musulmans d'appliquer le Coran a 100% pour éviter l'enfer.