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Publié par Bob Woodward

Soudan du Sud: une guerre civile enrichissante...

George Clooney dénonce l’enrichissement illégal des dirigeants sud-soudanais, sur le dos de populations martyrisées. L’intérêt du comédien américain pour les Soudans n’est pas une passade…

Une certaine opinion américaine n’a aucun doute : le président américain sortant fut si glamour et les deux prétendants au prochain mandat le sont si peu que seul un comédien élégant aux tempes grisonnantes pourrait faire rêver les électeurs après l’actuelle campagne électorale aux airs d’anomalie.

George Clooney sera-t-il sur les rangs en 2020 ? Après tout, un ancien acteur de western, Ronald Reagan, occupa le bureau ovale. Après tout, Clooney réalisa lui-même des films engagés comme Good Night and Good Luck. Après tout, l’ancien héros de la série médicale Urgences a toujours eu à cœur de soigner les afflictions géopolitiques, notamment africaines.


En la matière, plus qu’une Angelina Jolie adepte du saupoudrage caritatif, George Clooney s’est spécialisé sur le Soudan. Ou plutôt « les » Soudans. Et ça vire à la marotte. Le 12 septembre dernier, la star américaine accusait l’élite sud-soudanaise de profiter pécuniairement de la crise qui secoue le plus jeune pays du monde.

Pour ne jamais être taxé d’artiste qui parle sans savoir, il fut cofondateur du groupe d’investigation The Sentry qui enquête sur le financement des conflits en Afrique. C’est sur la base d’un nouveau rapport de cette organisation qu’il accuse le président Salva Kiir et le chef de la rébellion, Riek Machar, de s’être enrichis grâce à la crise qui perdure depuis trois ans, profitant d’un chaos de «famines», de «viols» et de «pillage» : «Les dirigeants politiques, en fin de compte responsables des atrocités au Soudan du Sud, ont en même temps réussi à accumuler des fortunes, en dépit de leurs modestes salaires de membres du gouvernement».

Selon lui, «la compétition pour (…) le contrôle des abondantes ressources naturelles du pays» serait davantage le catalyseur du conflit que la rivalité idéologique. The Sentry justifie l’engagement de la société civile par le fait que les dirigeants du Soudan du Sud ne prennent «plus au sérieux les menaces des Nations unies, des États-Unis et d’autres pays de punir leurs actes».

Bien avant les derniers soubresauts politiques au Soudan du Sud, Clooney jetait déjà un œil sur le désormais voisin Khartoum ; « un œil » au sens aussi propre que figuré. En 2013, via le projet Satellite Sentine Project, le comédien américain finançait un satellite avec les sommes perçues pour ses prestations dans les publicités de la marque Nespresso.

Objectif dudit satellite ? Surveiller le président Omar El-Béchir, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI), présumé responsable de ce que Clooney appelle « le premier génocide du XXIe siècle ».

Bien avant, l’acteur s’était rendu au Darfour et avait été plusieurs fois reçu, à ce sujet, par le président américain. En 2014, George Clooney lançait une sorte d’appel d’offres en vue de déterminer quelle illustre inconnue pendrait à son bras sur le tapis rouge de la première du film The Monuments Men, juste avant de participer à l’enregistrement de l’émission « Late Show with David Letterman ».

En fait, l’heureuse élue fut l’heureuse tirée au sort parmi les fans ayant versé 10 dollars sur le site Omaze.com qui héberge Satellite Sentine Project. Au président soudanais qui se serait plaint d’être espionné, le comédien, habitué au harcèlement des paparazzis, aurait rétorqué « Bienvenue dans mon monde, monsieur le criminel de guerre ». C’est peut-être un bon secrétaire d’État que ferait George Clooney…Les États-Unis ont menacé mercredi de s'efforcer d'obtenir un embargo international sur les armes contre le Soudan du Sud si le gouvernement sud-soudanais n'accepte pas une force africaine de protection et continue de restreindre les activités de l'ONU sur place.

Le président Salva Kiir doit tenir rapidement son engagement de laisser se déployer à Juba cette nouvelle force de 4.000 hommes, a affirmé l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies Samantha Power. "Si le gouvernement n'autorise pas la force régionale de protection à se déployer ou ne laisse pas l'ONU circuler comme elle le souhaite pour protéger les civils, les États-Unis soutiendront certainement un embargo sur les armes", a-t-elle déclaré à des journalistes à son entrée au Conseil de sécurité où se tenaient des consultations à huis clos sur le Soudan du Sud.

Un feu vert… de principe seulement. Le Conseil a autorisé en août le déploiement de la nouvelle force qui sera composée de soldats africains mais sous le commandement de la mission de l'ONU sur place (Minuss). Le président Kiir a donné son feu vert de principe à l'occasion d'une visite à Juba des ambassadeurs du Conseil. "Nous sommes conscients de ce que les engagements qui ont été pris ne peuvent pas se réaliser du jour ou lendemain mais nous ne pouvons pas attendre pendant des jours et des jours", a affirmé Samantha Power. Elle a réclamé "des progrès tangibles dans le déploiement de la force et la liberté de mouvement des Casques bleus, de façon que les civils qui ont désespérément besoin de protection puissent être protégés par l'ONU", a-t-elle ajouté.

Soudan du Sud: une guerre civile enrichissante...

Dès fin septembre ? Dans un rapport adressé la semaine dernière au Conseil de sécurité, le secrétaire général Ban Ki-moon estimait que les premiers éléments de cette "force de protection régionale" pourraient arriver au mieux à Juba fin septembre. Ban Ki-moon doit rendre compte en octobre du degré de coopération de Juba dans ce dossier. Si le gouvernement sud-soudanais se montre réticent, le Conseil pourrait alors voter sur un embargo sur les armes.
Le gouvernement sud-soudanais a ordonné la fermeture du principal journal en langue anglaise du pays après que le quotidien eut consacré sa première page à un rapport américain accusant l'élite politique et militaire du pays de s'être enrichie en profitant de la guerre civile, a annoncé mercredi le rédacteur en chef du journal.

"Nous avons été convoqués par les services de la Sécurité nationale, et (...) ils nous ont donné un document officiel nous ordonnant de fermer", a déclaré à l'AFP le rédacteur en chef du Nation Mirror, Simon Aurelious, précisant que l'ordre de fermeture avait été émis mardi.

Selon M. Aurelious, les responsables de la Sécurité nationale ont indiqué au Nation Mirror que "le journal s'est livré à des activités incompatibles avec son statut", sans pour autant fournir d'explication plus précise.

Mardi et mercredi matin, le quotidien avait consacré sa première page à un rapport de la fondation américaine The Sentry, co-fondée par l'acteur George Clooney, accusant l'élite politique et militaire du Soudan du Sud de s'être enrichie en profitant de la guerre civile qui ravage le pays depuis décembre 2013.

Le rapport, dont la présentation à Washington avait été couverte par de très nombreux médias à travers le monde, épingle en premier lieu le président Salva Kiir et son ancien vice-président devenu son ennemi à la tête de la rébellion, Riek Machar.

Le gouvernement a quant à lui qualifié le rapport de "foutaise absolue".

M. Aurelious a souligné que les autorités avaient menacé deux semaines plus tôt de fermer le journal après que ce dernier eut refusé de révéler le nom de l'auteur d'un article très critique envers le gouvernement. Le Nation Mirror avait par ailleurs été fermé pendant neuf mois à partir de février 2015 à la suite d'un article sur les activités de rebelles liés à Riek Machar.

"C'est une nouvelle choquante", a de son côté réagi Alfred Taban, président de l'Association pour le développement des médias au Soudan du Sud. Journaliste respecté, M. Taban avait lui-même été détenu au secret pendant 13 jours en juillet après la publication d'un éditorial au vitriol dénonçant l'échec complet des deux têtes de l'exécutif sud-soudanais, MM. Kiir et Machar.

Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, est le théâtre depuis décembre 2013 d'une guerre ayant fait des dizaines de milliers de morts et marquée par des atrocités, dont des massacres à caractère ethnique.

Quelques jours avant l'annonce de la fermeture de journal, l'ONU s'était inquiétée de menaces ciblant des représentants de la société civile ayant rencontré les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à Juba le 3 septembre.

Soudan du Sud: une guerre civile enrichissante...

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