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Publié par Bob Woodward

Paris sera-t-elle interdite à la circulation ?

Les conclusions étaient craintes par la ville de Paris. A raison !Le rapport de la commission d’enquête publique sur la piétonisation des berges de Seine rive droite, menée du 8 juin au 8 juillet, a été rendu public ce lundi. Et il n’est guère tendre avec le projet cher à Anne Hidalgo. L’exécutif parisien souhaite interdire la circulation sur les quais bas de la Seine (la voie Georges-Pompidou), entre les Tuileries et Bastille à compter d’octobre.
Un problème de périmètre
Pendant un mois, les enquêteurs ont recueilli 292 contributions sur ce projet. Sur ce total, 219 émettaient un avis négatif et 45 seulement un avis positif.
Mais la commission d’enquête en rajoute une couche encore dans son avis sur l’intérêt public de cette piétonisation. Déjà sur la forme ! Selon elle, la ville de Paris soutient que le périmètre de l’enquête doit se restreindre à la zone d’implantation des aménagements. A savoir 1er, 4e, 7e et 12e arrondissements. Or, la commission juge nécessaire d’élargir ce périmètre à toutes les portions du territoire sur lesquelles la fermeture à la circulation des berges rive droite aurait un impact direct et significatif.

Les reports de circulation « affecteront de manière significative un secteur plus large que les 1er, 4e, 7e et 12e arrondissements, auxquels a été limité le périmètre de l’enquête publique, note la commission. (…) Les 5e, 6e et 8e arrondissements subiront un report de près de trois quarts des véhicules qui ne pourront plus emprunter cet itinéraire désormais fermé. » La commission d’enquête anticipe des troubles importants pour ces arrondissements, « liés entre autres à une augmentation du trafic et à la pollution que le dit trafic accru et ralenti engendrera dans ces zones ».
La fermeture de la voie Georges-Pompidou ne sera pas sans conséquence non plus pour les banlieusards. La commission d’enquête rappelle la vocation de cette voie rapide traversant Paris d’ouest en est et permettant aux Franciliens de gagner commodément le cœur de Paris ou de s’en éloigner. Cette voie a donc un intérêt qui dépasse les limites de la capitale, ce que ne prend pas en compte l’étude d’impact réalisée par la ville de Paris, « ni les observations complémentaires faites en réponse aux demandes de la commission ».
La commission d’enquête estime alors nécessaire de mieux connaître l’importance des flux, la nature, la provenance et la destination des 43.000 véhicules qui empruntent la voie Georges-Pompidou quotidiennement.

Le rapport ne s’arrête pas là. La commission d’enquête relativise les perspectives de développement de l’activité économique offertes par le projet vanté par la ville de Paris. Notamment la création de nouveaux commerces le long des berges ou l’installation de nouveaux établissements flottants. Leurs nombres seront limités, estime la commission d’enquête. Celle-ci reprend par contre les préoccupations d’organisations professionnelles, comme le Medef, qui craignent « les heures perdues et les surcoûts liés au temps passé dans les embouteillages. « Les commerçants installés sur les quais hauts craignent aussi une fuite de leur clientèle du fait des nuisances provoquées par les embouteillages », note également le rapport.
La commission d’impact est tout aussi perplexe sur l’impact de la fermeture des quais rive droite sur la réduction de la pollution de l’air, argument fort des élus favorables au projet. « Les effets du projet sur la qualité de l’air ont été étudiés en prenant comme hypothèse la vitesse maximale autorisée et ce sur une bande incluant le seul quai haut et les voies adjacentes. » La commission remet alors en cause la pertinence de ces calculs.

Au final, la commission d’enquête ne donne qu’un bon point à la mairie de Paris et il est sur la thématique de la sécurité. Plusieurs élus et habitants se sont interrogés sur ce point pendant l’enquête, s’inquiétant notamment de la circulation des véhicules de secours en cas d’événements graves.
Pour la commission, la mairie a prévu le coup dès lors qu’elle assure, dans son projet, que la chaussée soit conservée et que le retour de la circulation sur une voie à tout moment est admis. Anne Hidalgo ne faiblira pas. Plus que jamais décidée à faire de la capitale une ville durable et respirable, la maire de Paris veut aller jusqu’au bout de son projet de piétonnisation des voies sur berge rive droite, passant outre l’avis défavorable – consultatif – rendu par la commission d’enquête publique. « Les motivations invoquées par la commission d’enquête résonnent comme un déni complet de l’urgence climatique, pourtant actée à Paris par tous les Etats du monde il y a moins d’un an. Elles ne tiennent pas non plus compte des motifs environnementaux, sanitaires, urbains et culturels qui sont pourtant à l’origine de ce projet de piétonnisation », a-t-elle fermement indiqué dans un communiqué publié lundi 22 août.
Dans son rapport, transmis à la Ville le 8 août, mais diffusé discrètement sur son site vendredi 19 août, la commission d’enquête critique le périmètre de l’enquête publique menée en juin dans les 1er, 4e, 7e et 12e arrondissements. Ce périmètre correspond au strict cadre du projet de la ville qui prévoit de bannir l’accès des voitures à la voie Georges-Pompidou sur un tronçon de 3,3 kilomètres, à partir de l’entrée du tunnel des Tuileries jusqu’au port de l’Arsenal. Cette interdiction du trafic doit intervenir au début de septembre, une fois les parasols de Paris Plage retirés.

Paris sera-t-elle interdite à la circulation ?

Or, les reports de circulation affecteront « de manière significative » un secteur plus large, rejaillissant aussi sur les 5e, 6e et 7e arrondissements, estiment les trois membres de la commission d’enquête, désignés par le tribunal administratif de Paris, présidée par le juge administratif, François Amblard. Ces derniers arrondissements « subiront un report de près des trois quarts des véhicules qui ne pourront plus emprunter les voies sur berge ».
« Pour être sincère et permettre d’en apprécier l’intérêt public, l’enquête doit inclure dans son périmètre toutes les zones dans lesquelles ledit projet est susceptible d’entraîner des conséquences positives ou négatives notables », insiste la commission. Un périmètre qui devrait inclure la banlieue, souligne-t-elle, en rappelant qu’« à sa création, la voie George-Pompidou avait vocation à être un axe permettant de traverser Paris d’ouest en est, et, pour les habitants de la banlieue, de gagner commodément le cœur de Paris ou de s’en éloigner, ce qui lui conférait un intérêt dépassant les limites de la ville ».
La commission s’estime ne pas être en mesure, en l’état, de se prononcer « valablement » sur l’intérêt public du projet, expliquant manquer d’informations sur la nature, la provenance et la destination des 43 000 véhicules qui empruntent cette voie tous les jours. Ni l’étude d’impact réalisée et portée au dossier par la Ville ni les observations complémentaires faites en réponse à ses demandes ne lui ont apporté ces éléments.
La commission estime donc ne pas pouvoir juger de l’impact du projet en termes d’amélioration de la qualité de l’air, objectif premier pourtant de la maire. La ville, qui enregistre de nombreux jours de dépassement des seuils de particules fines et d’oxydes d’azote, paie un lourd tribut en termes de santé publique. Aussi, soulignant la « non-pertinence des hypothèses de calcul retenues et de la zone considérée », demande-t-elle à la ville d’élargir et de compléter son étude d’impact.
Se frottant les mains, l’opposition municipale se félicite de voir repris par la commission nombre de ses arguments. « Nous avons demandé en vain, à plusieurs reprises, à la maire de mettre en place des capteurs afin de mesurer la qualité de l’air sur la voie concernée avant et après fermeture, et d’obtenir des résultats précis. Rien ne montre que ce projet va améliorer la qualité de l’air, bien au contraire, il va l’aggraver avec les reports de circulation qu’il entraînera, tance Jean-François Legaret, maire du 1er arrondissement et vice-président du groupe Les Républicains au conseil de Paris. Nous n’hésiterons pas à aller devant les tribunaux pour plaider un abus de pouvoir si Mme Hidalgo persiste dans sa mauvaise foi », prévient-il.
La région Ile-de-France présidée par Valérie Pécresse (LR) appelle elle aussi la mairie de Paris à surseoir à sa décision. « Nous ne sommes pas en désaccord sur le fond du projet qui vise à réduire la pollution. Ce n’est pas la fermeture des voies sur berge qui pose problème, mais la méthode, précise toutefois Chantal Jouanno, vice-présidente du conseil régional, chargée de l’écologie et du développement durable. La région est tout à fait prête à faire avec Paris les études demandées en prenant en compte l’impact non seulement sur le centre de la capitale, mais aussi sur les arrondissements périphériques et la banlieue. »

Une préoccupation pleinement partagée par Jacques J. P. Martin, maire (LR) de Nogent-sur-Marne, qui se dit déçu de la position de résistance dans laquelle s’enferre la maire de Paris : « Limiter la place de la voiture va dans le bon sens. Mais la maire de Paris ne peut considérer que ce projet n’est qu’une affaire parisienne. Mettons en place un comité de pilotage Paris Banlieue et étudions ensemble des solutions alternatives (parking relais, bus propres, Autolib', etc.). Et celui-ci d’assurer : Si nous nous mettons d’accord sur un plan d’alternatives à développer, nous serions d’accord pour qu’elle commence à engager sa piétonnisation à titre expérimental. »
La maire de Paris entendra-t-elle ces appels ? Pour l’heure, bien décidée, « dans le respect du droit », à ne pas suivre l’avis de la commission d’enquête, Anne Hidalgo présentera au prochain conseil de Paris, le 25 septembre, la délibération visant à valider définitivement le projet. Il reviendra ensuite au préfet de police de Paris de prendre la décision de fermer le tronçon de la voie George-Pompidou concerné.
« A court terme, la mesure va provoquer des embouteillages et augmenter la pollution, reconnaît Franck Laval, président de l’association Ecologie sans frontière. Mais cette décision, volontariste va dans le bon sens. Les gens finiront par s’adapter. Nous n’avons plus le temps de tergiverser face à l’enjeu de santé publique. »

Paris sera-t-elle interdite à la circulation ?

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Coutelet Maurice 22/12/2016 15:25

Nous les parisiens, nous en avons marre, ras le bol, de toutes ces interdictions et restrictions. Si vous ne voulez plus de voitures, vous n'avez qu'à fermer les usines et les commerces. Déjà le stationnement est hors de prix, c'est du rackette!... De plus vous pénalisez les 2 roues et mettez des PV....impossible de stationner, encore du vol!...alors que les 2 roues polluent moins que les voitures et évitent les bouchons. Quant-à vos transports en communs, Madame Hidalgo!......bonjour, entre la saleté , le vol, les agressions, l'aumône à répétitions avec agressivité des migrants si nous ne donnons rien, les insultes qui vont bien des fois jusqu'au agressions physiques...je suis curieux de savoir si vous et votre entourage prenez ces si jolis transports en communs à toutes les heures...
Laissez nous le Paris de nos grands-parents, que nous aimerions retrouver...laisser vivre les gens, nous payons assez d'impôts, de charges, etc...etc....ou va l'argent???
A vos gay pride, techno parade, paris plage, fête du ramadan à l'hôtel de ville avec nos impôts, ça c'est le bouquet, j'en passe et des meilleurs.Nous parisiens nous sommes à saturation de vos investigations...vivement la fin de votre mandat!..