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Publié par Bob Woodward

Le Kosovo a-t-il sa place dans l'Europe ?

Sept pays sont aujourd'hui candidats à l'Union européenne : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine, Monténégro, Serbie et Turquie. Ancien pays candidat, l'Islande s'est retirée du processus d'adhésion le 12 mars 2015.
Le processus d'adhésion démarre lorsque le Conseil européen ouvre officiellement les négociations durant lesquelles la Commission européenne examine la candidature à la lumière des critères d'adhésion (critères de Copenhague).
Les négociations d'adhésion avec la Turquie ont démarré le 3 octobre 2005. L'ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) est devenue officiellement candidate en décembre 2005, mais les négociations d’adhésion n’ont pas encore commencé. Le Monténégro s'est vu accorder le statut de candidat le 17 décembre 2010, les négociations d'adhésion s'ouvrant en juin 2012. La Serbie a la qualité de pays candidat depuis mars 2012 et a entamé les négociations en janvier 2014. L'Albanie est officiellement candidate depuis juin 2014.
Les autres pays des Balkans occidentaux, à savoir la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo (en vertu de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies) ont été assurés de pouvoir adhérer à l'Union européenne lorsqu'ils seront reconnus prêts.
Les négociations en vue de l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne ont été ouvertes le 26 juillet 2010, mais le gouvernement élu en avril 2013 a suspendu les négociations, pour finalement annoncer son retrait le 12 mars 2015.
Les pays candidats:


Albanie
L'Albanie a été reconnue officiellement candidate à l'adhésion en juin 2014. Le Conseil a toutefois indiqué que le pays devait "intensifier ses efforts pour réformer l’administration publique, le système judiciaire et poursuivre la lutte contre la criminalité organisée (...) intensifier ses efforts en matière de respect des droits de l’homme, et de politiques contre la discrimination, principalement envers les minorités.
Comme d'autres pays des Balkans, l'Albanie a été reconnue candidat potentiel à l'adhésion lors du sommet européen de Thessalonique en juin 2003. Elle signe ensuite un accord de stabilisation et d'association (ASA) en juin 2006 et dépose sa demande officielle en 2009.
Le 27 mai 2010, la Commission européenne adopte une proposition, effective en décembre 2010, visant à permettre aux citoyens d'Albanie et de Bosnie-Herzégovine de se rendre dans les pays de l'espace Schengen munis d'un passeport biométrique, sans qu'ils aient besoin d'un visa.
Le 10 octobre 2010, la Commission européenne recommande d'accorder à l'Albanie le statut de pays candidat, sous réserve d'importantes réformes dans 12 domaines. Le pays adopte en 2011 un plan d'action couvrant les priorités essentielles définies dans l'avis de la Commission.
En 2012, celle-ci recommande à nouveau l'adhésion de l'Albanie, sous réserve que des mesures clefs aient été prises dans les domaines du pouvoir judiciaire et de la réforme de la l’administration publique et que les règles de procédure parlementaire aient été révisées.
Pour l'instant, aucun des 35 chapitres de négociation n'a été ouvert.


Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM)
Dans un premier temps, la Commission européenne n'a pas recommandé l'ouverture des négociations d'adhésion. Elle a considéré qu'il y avait encore des réformes importantes à accomplir, notamment concernant le système judiciaire et la décentralisation.
Après avoir signé un Accord de stabilisation et d'association (ASA) le 20 mars 2004, l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine (ARYM) s'est vue reconnaître le statut de pays candidat lors du Conseil européen du 16 décembre 2005.
Le premier bilan annuel concernant ce pays a été remis par la Commission européenne le 8 novembre 2006. L'institution y indique que l'Ancienne République yougoslave de Macédoine est "en bonne voie de respecter les critères politiques".
Les progrès économiques sont également notables et le pays devrait bientôt devenir une "économie de marché viable". Il s'agit maintenant de persévérer et d'accentuer encore les réformes surtout afin de se mettre en conformité avec l'acquis communautaire.
Le partenariat européen avec l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine est le principal instrument destiné à aider les autorités à concrétiser la perspective de l'adhésion du pays à l'UE. Il a pour objectif d'inscrire dans un cadre de référence général les domaines d'action prioritaires pour lesquels des réformes doivent être entreprises, les efforts réalisés et l'orientation pour l'assistance financière.
Mais aujourd'hui, si les négociations sont gelées, c'est en raison du litige persistant avec la Grèce sur le nom du pays. La Grèce, dont l'une des régions s'appelle aussi Macédoine, refuse de partager ce nom, estimant qu'il porte une revendication territoriale sur sa province homonyme. Officiellement, et de manière temporaire, le pays est connu sous l'acronyme "ARYM". La résolution de cette dispute, qui perdure depuis 1992, est une condition au déblocage des pourparlers, bloqués au Conseil par la Grèce.
Le 19 décembre 2009 a été marqué pour la Serbie, la Macédoine et le Monténégro par la levée de l'obligation de visas pour leurs citoyens se rendant en Europe.
Après examen du rapport de suivi de l’ancienne République yougoslave de Macédoine le 23 mai 2013, le Parlement européen s’est prononcé en faveur de l’ouverture des négociations d’adhésion.
Les négociations devaient s'ouvrir en juin 2013, mais ont été repoussées. En octobre 2013, Commission et Parlement ont réaffirmé leur soutien à l'ouverture des négociations avec l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, pressant le Conseil de se prononcer en ce sens.


Monténégro
Le 21 mai 2006, les Monténégrins ont voté en faveur de l'indépendance de l'ex-République yougoslave, jusqu'ici rattachée à la Serbie. L'indépendance du pays a été reconnue par l'Union européenne le 12 juin 2006.
La Commission européenne a remis un rapport le 8 novembre 2006 sur les progrès effectués notamment par le Monténégro dans ses négociations avec l'UE.
Le 15 mars 2007, un Accord de stabilisation et d'association (ASA) avec l'Union européenne a été paraphé à Podgorica, capitale du Monténégro par le Premier ministre et le commissaire à l'Elargissement Olli Rehn, à l'époque.
Le 15 octobre 2007, l'Accord d'association et de stabilisation avec l'UE a été signé à Luxembourg.
Le 15 décembre 2008, le Premier ministre Milo Djukanovic a remis au Conseil de l'UE sa demande officielle. Le 19 décembre 2009 a été marquée pour la Serbie, la Macédoine et le Monténégro par la levée de l'obligation de visas pour leurs citoyens se rendant en Europe.
Le 17 décembre 2010, le Conseil européen a accordé au Monténégro le statut de candidat officiel à l'adhésion, à la suite d'une recommandation de la Commission européenne. Celle-ci avait pourtant précisé que des efforts restaient nécessaires notamment en ce qui concerne les droits, comme la lutte contre les discriminations, la liberté d'expression, la situation des personnes déplacées provenant de Croatie, de Bosnie ou du Kosovo.
Le 12 octobre 2011, la Commission européenne rend un avis favorable sur le début des négociations d'adhésion. Le 29 juin 2012, après approbation du Conseil européen, les négociations pour l'adhésion du Monténégro sont officiellement ouvertes. Le 18 décembre 2012, le premier chapitre relatif à la science et la recherche a été clos.
Le 22 janvier 2013, le Parlement a adopté un rapport d'avancement sur le Monténégro, dans lequel il salue les réformes engagées et les progrès réalisés en vue de l'adhésion. Il a toutefois encouragé à plus d'action concernant la protection de la liberté des médias, des droits des femmes et de l'égalité des sexes, ainsi que l'intensification de la lutte contre la corruption et le crime organisé.
De nombreux chapitres de négociation ont ainsi été ouverts depuis 2014, ils sont aujourd'hui au nombre de 24 sur 33. Le chapitre Agriculture et développement rural devrait être ouvert en décembre 2016. Deux chapitres sont cloturés, Science et recherche, et Education et culture.


Serbie
Le 10 octobre 2005, l'Union européenne et la Serbie-et-Monténégro ont entamé des négociations en vue d'un ASA.
A la suite du rétablissement de la coopération entre la Serbie et le TPI, la Commission européenne a paraphé le 7 novembre 2007 l'Accord d'association et de stabilisation entre l'UE et la Serbie.
Le 28 janvier 2008, la signature de l'ASA a été retardée, dans l'attente d'une "pleine" coopération de Belgrade avec le TPI. Ainsi, il s'agissait pour la Serbie de coopérer davantage avec le Tribunal Pénal International de l'ex-Yougoslavie (TPIY). Mais depuis, l'arrestation et le transfert au TPIY de l'ancien dirigeant serbe bosniaque, Radovan Karadzic (en juillet 2008) ainsi que de l'ancien commandant militaire, Ratko Mladic (en mai 2011) a montré les efforts fournis par la Serbie dans ce domaine.
La proclamation d'indépendance du Kosovo le 17 février 2008 et les relations tendues avec la Serbie qui ne reconnait pas cette indépendance ont mis également en péril la signature de l'ASA. Mais fin 2010, la Serbie s'est "spectaculairement" rapprochée du nouvel Etat, ce qui a relancé son processus européen.
De ce fait, le Parlement européen a signé l'ASA en janvier 2011.
Le 19 décembre 2009 a été marquée pour la Serbie, la Macédoine et le Monténégro par la levée de l'obligation de visas pour leurs citoyens se rendant en Europe.
Le 23 décembre 2009, la Serbie a officiellement présenté sa demande pour débuter le processus d'adhésion à l'Union européenne. Cette candidature a été transmise à la Commission européenne le 26 octobre 2010.
Le 12 octobre 2011, la Commission a confirmé l'ouverture du processus d'adhésion en accordant à la Serbie sur le statut de candidat à l'entrée dans l'Union européenne.
Le 2 mars 2012, le Conseil européen confirme l'avis de la Commission et la Serbie devient officiellement candidate. Cette décision a été soutenue par des pays comme la France, l'Italie ou encore l'Autriche, notamment grâce aux accords du 24 février 2012 signés entre Belgrade et Pristina dans le cadre du dialogue entre l'Union européenne et les Balkans.
Le 19 avril 2013, les négociations multilatérales entre la Serbie et le Kosovo, encadrées par l'UE, ont abouti à la signature d'un accord de normalisation entre les deux pays. Cette décision survient après plusieurs mois de blocages de la part des deux parties, et en particulier de la Serbie. Celle-ci estimait que le gouvernement kosovar accordait une autonomie politique insuffisante aux municipalités à majorité serbe présentes au nord du Kosovo.
Cet accord permettrait l'avancée des négociations d'adhésion entre la Serbie et l'Union européenne.
Après que le Conseil européen a approuvé, le 28 juin 2013, la recommandation de la Commission d'ouvrir les négociations avec la Serbie, l'Accord de Stabilisation et d'Association est entré en vigueur en septembre 2013.
Le 17 décembre 2013, le Conseil européen a adopté le cadre de négociations avec la Serbie. Le 21 janvier 2014 s'est ainsi tenue la première conférence intergouvernementale avec la Serbie. Les négociations d'adhésion ont donc formellement débuté depuis cette date.
Quatre chapitres de négociation sont ouverts, sur 35. Deux chapitres, Droits fondamentaux et judiciaires, et Justice liberté et sécurité ont été ouverts en juillet 2016.


Turquie
Pays associé aux Communautés européennes depuis 1963, la Turquie a déposé sa candidature en 1987 mais n'a été reconnue "pays candidat" qu'en 1999 lors du Conseil européen d'Helsinki. L'UE estimait jusqu'alors que ce pays ne remplissait pas les critères politiques et institutionnels. Le 6 octobre 2004, la Commission européenne a jugé que la Turquie avait finalement fourni les efforts nécessaires pour satisfaire suffisamment aux critères de Copenhague. Le Parlement européen est parvenu à la même conclusion le 15 décembre 2004.
Ainsi, les chefs d'Etat ou de gouvernement réunis en Conseil européen les 17 et 18 décembre 2004 ont proposé d'ouvrir les négociations d'adhésion à condition que la Turquie adopte certaines réformes et signe le protocole étendant l’Union douanière aux 10 nouveaux Etats membres. 17 ans après le dépôt de sa candidature, les négociations d'adhésion ont débuté le 3 octobre 2005.

Désaccord sur Chypre
Depuis 1974, la Turquie occupe le nord de l'île et refuse de reconnaître le gouvernement de Nicosie, le seul à être reconnu par la communauté internationale. En juillet 2005, lors de la signature de l’accord étendant l'Union douanière entre la Turquie et l'UE aux dix nouveaux Etats membres, les autorités turques ont tenu à préciser qu'à travers ce texte elles ne reconnaissaient pas la République de Chypre, pourtant membre de l'UE depuis le 1er mai 2004. L'UE a indiqué, quant à elle, qu'Ankara aura l'obligation de reconnaître la partie chypriote dans le courant des négociations. Le Conseil des ministres européens des Affaires étrangères a finalement décidé en 2006 de suivre la recommandation de la Commission européenne en suspendant les discussions avec Ankara sur 8 des 35 chapitres de négociation, en raison du refus turc d'ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions en provenance de Chypre.
Une lente progression
16 des 35 chapitres ont été ouverts à ce jour

16 des 35 chapitres ont été ouverts à ce jour, le dernier en date (ouvert en juin 2016) concernant les dispositions financières et budgétaires. Parmi eux, seul le chapitre "Science et recherche" a été provisoirement clos. Opposée à l'adhésion de la Turquie comme l'Allemagne et l'Autriche, la France dirigée par Nicolas Sarkozy a, de son côté, bloqué l'ouverture de 5 chapitres qui pourraient conduire directement à l'adhésion. En revanche, c'est le gouvernement socialiste français qui s'est prononcé en faveur de la levée du blocage du chapitre n°22 sur la politique régionale.
Dans son rapport annuel publié en octobre 2012, la Commission européenne a regretté le manque d'effort fournis par Ankara pour normaliser ses relations avec l'Arménie et la République de Chypre. Elle déplore notamment qu'au cours du second semestre 2012, la Turquie n'ait assisté à aucune réunion présidée par la présidence chypriote du Conseil. Afin de normaliser ses relations bilatérales avec Chypre, la Commission presse la Turquie de mettre en œuvre l'accord d'union douanière conclu avec l'UE en 2005 (protocole d'Ankara).
La Commission a également insisté sur les progrès restant à faire concernant l'application des critères politiques, des droits de l'Homme et de la protection des minorités. Les inquiétudes de la Commission portent plus particulièrement sur les libertés de culte, d'expression et de réunion.
Après la suspension des négociations début 2013, en réaction aux répressions des manifestations par le régime de Recep Tayyip Erdogan, les Vingt-Huit ont décidé l’ouverture d’un nouveau chapitre (politique régionale) en novembre 2013. En octobre 2014, la France, soutenue par la Commission européenne, s'est dite favorable à l'ouverture de deux nouveaux chapitres.
Suite au sommet UE-Turquie du 29 novembre 2015 autour de la crise migratoire, le processus d'adhésion a été relancé. Le 14 décembre, le chapitre politique économique et monétaire a été ouvert. La Commission européenne s'est engagée à travailler en vue de l'ouverture de nouveaux chapitres au premier trimestre 2016, ce qui a été le cas avec l'ouverture du chapitre 33 en juin.
A la suite de la tentative de coup d'Etat avortée de la part d'une partie de l'armée turque en juillet 2016, l'Union européenne s'est inquiétée des représailles du gouvernement envers les putschistes, notamment d'un possible rétablissement de la peine capitale (abolie en 2004, justement dans le cadre de la candidature à l'UE).
Deux pays sont des candidats potentiels. L'un a été désigné comme tel par le Conseil européen en juin 2003 : la Bosnie-Herzégovine. Le Kosovo l'a rejoint en 2008.
Le statut de "candidat potentiel" est décerné par l'Union européenne sans que les pays en question aient obligatoirement besoin auparavant de faire acte de candidature à l'entrée dans l'UE.
Afin d'assurer la paix, la stabilité, le bon voisinage, la démocratie, le respect des droits de l'homme et des minorités, le retour des réfugiés et la prospérité économique dans la région des Balkans occidentaux, la Commission européenne a lancé en 1999 des Accords de stabilisation et d'association (ASA). La négociation et la bonne application de l'ASA représentent une préparation importante pour l'intégration future d'un pays candidat.


Bosnie-Herzégovine
Le 21 octobre 2005, le processus de négociation concernant la conclusion d'un Accord d'association et de stabilisation (ASA) a été lancé par la Commission européenne. Dans son rapport du 8 novembre 2006, la Commission européenne a précisé que "la conclusion de ces négociations est subordonnée à des progrès supplémentaires sur un certain nombre de priorités, notamment la réforme de la police".
Le 3 décembre 2007, le gouvernement bosnien a mis en place un plan de réforme qui prévoit la fusion des forces de police. Le commissaire à l’Elargissement a alors paraphé l’Accord de stabilisation et d’association dès le lendemain.
L'accord a finalement été signé le 16 juin 2008, par les ministres des Affaires étrangères des 27 Etats membres de l’UE et les représentants de la Bosnie-Herzégovine. L’Accord de stabilisation et d’association ouvre, formellement, le processus d’adhésion de ce pays à l’UE.
La Commission européenne a adopté le 27 mai 2010 une proposition visant à permettre aux citoyens d'Albanie et de Bosnie-Herzégovine de se rendre dans les pays de l'espace Schengen munis d'un passeport biométrique, sans qu'ils aient besoin d'un visa.
A la fin 2010, dans son rapport, la Commission a regretté le manque de vision partagée des dirigeants bosniens qui continuait de bloquer les réformes clés, et les progrès vers l'UE. Elle a invité le pays à aligner sa constitution avec la Convention européenne des droits de l'Homme, à améliorer le fonctionnement de ses institutions afin d'être en position d'incorporer le droit européen.
Après examen du rapport de suivi de la Bosnie-Herzégovine le 23 mai 2013, le Parlement européen a exprimé ses réserves quant au manque de réformes entreprises par le pays et attend un engagement politique plus fort de la part des autorités. Les députés appellent la Bosnie-Herzégovine à garantir l’égalité d’éligibilité entre citoyens (arrêt 2009 de la Cour européenne des droits de l’homme) et à se conformer aux règles européennes de sécurité alimentaire. Enfin, le Parlement européen invite le pays à "mieux se préparer à l'adhésion de la Croatie à l'Union européenne", qui peut poser des difficultés à la Bosnie-Herzégovine en termes de commerce et de mobilité transfrontalière.
Le premier juin 2015, l'accord ASA entre l'Union européenne et la Bosnie-Herzégovine est entré en vigueur, afin d'instaurer un partenariat entre les deux parties et de resserrer leurs liens politiques, économiques et commerciaux. L'ASA constitue le cadre principal des relations entre l'UE et la Bosnie-Herzégovine.
Le lundi 15 février 2016, la Bosnie-Herzégovine a officiellement déposé sa candidature à l'entrée dans l'Union européenne. "Le début d'un long voyage", a tenu à souligner Johannes Hahn, commissaire européen à l'Elargissement, l'adhésion n'étant pas envisageable sous quelques mois, pas même quelques années.

Le Kosovo a-t-il sa place dans l'Europe ?

Kosovo
Le Kosovo a été reconnu par la Commission européenne comme candidat potentiel depuis 2008, l'objectif de l'UE le concernant est de davantage l'associer à certains programmes de coopération économiques ou culturels. La Commission a en outre indiqué qu'il lui restait beaucoup à faire sur la route d'une économie de marché viable et le respect des normes européennes.
Au cours d'une session extraordinaire, le Parlement kosovar a proclamé le 17 février 2008 l'indépendance de la République du Kosovo, administrée depuis 1999 par l'ONU.
Jusqu'à présent le statut du Kosovo était régi par la résolution 1244 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 10 juin 1999 qui plaçait cette province sous administration internationale.
Le Conseil de sécurité avait confié à la Mission Intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), créée par la résolution 1244, la tâche d’administrer le territoire et la population du Kosovo, ainsi que les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires. La force pour le Kosovo (KFOR), force armée multinationale mise en oeuvre par l'Otan, a pour rôle d'assurer la stabilité dans la région.
Depuis juillet 2007, devant l’impasse des négociations, une troïka réduite, composée de l'Union européenne, des Etats-Unis et de la Russie, menait des pourparlers pour trouver un terrain d'entente sur l'indépendance du Kosovo.
L'indépendance du Kosovo a été reconnue par 22 pays membres de l'UE, dont la France.
La signature d'un accord de normalisation avec le voisin serbe, le 19 avril 2013, marque un réchauffement des relations bilatérales entre les deux pays.
Huit ans après la proclamation unilatérale de son indépendance, le Kosovo considère toujours Belgrade comme le seul obstacle à sa pleine indépendance, alors que, selon certains experts, les pays européens, qui ont facilement reconnu le Kosovo en 2008, y regarderaient à deux fois aujourd'hui.
L'ambiance, dans laquelle le projet américain "Kosovo indépendant" célèbre son huitième anniversaire, est très différente de celle dont les Albanais kosovars rêvaient le 17 février 2008, quand ils ont décidé de se séparer unilatéralement de la Serbie. L'euphorie a été réduite à néant depuis longtemps, alors que la scène politique kosovare n'a jamais été si désunie.
Ces dernières années, un dixième des ressortissants de cette région de deux millions d'habitants est parti pour chercher une vie meilleure dans les pays européens, en particulier en Allemagne. Selon les sondages, 75% des Kosovars sont insatisfaits de la situation économique, en qualifiant la pauvreté, la corruption et le chômage de problèmes principaux du Kosovo.
L'analyste politique Dusan Prorokovic est sûr que, si Pristina proclamait son indépendance aujourd'hui, il y aurait deux fois moins de pays prêts à reconnaître le Kosovo.
En outre, l'UE serait moins encline à reconnaître le Kosovo après ce qui s'est passé au Proche-Orient.
"Plusieurs pays de l'UE avaient une position prudente en ce qui concerne le Kosovo. Ils avaient besoin de beaucoup de temps pour prendre une décision, mais, malgré tout, ils l'ont pris sous la pression des États-Unis", a indiqué M.Prorokovic.
Selon le politologue, malgré le fait que le Kosovo ait été reconnu par 111 pays, il reste un territoire sous surveillance, l'autorité la plus influente est la mission militaire internationale de l'Otan (KFOR).
L'historien russe Modest Kolerov estime que les pays, qui ont reconnu l'indépendance de la province serbe, ne reconnaissaient pas le Kosovo, mais affichaient leur loyauté aux États-Unis, qui avait lancé le processus d'indépendance.
"Ils ne se soucient pas de reconnaître le Kosovo ou la vie sur Mars. Ainsi, la reconnaissance du Kosovo est une sorte de flash mob plutôt qu'un vrai intérêt du sort de la région", a-t-il affirmé.
Fadil Lepaja, directeur du centre d'études balkaniques, situé à Pristina, a confirmé, dans une interview accordée à Sputnik, que les Albanais considèrent toujours Belgrade comme le seul obstacle à la réalisation de ses objectifs.
"Tous les pays de l'UE, qui hésitent à reconnaitre le Kosovo, ne le font pas parce qu'ils pourraient ainsi endommager leurs relations avec la Serbie", a expliqué M.Lepaja.
Bien que les dirigeants kosovars déclarent constamment que leur objectif est l'intégration euro-atlantique, la seule réussite de la région à cet égard est la signature de l'accord de stabilisation et d'association avec l'UE.
Entre-temps, le plus grand échec du Kosovo a eu lieu l'année dernière, lorsque même les Etats qui avaient auparavant reconnu le Kosovo, ont voté contre l'admission de ce pays à l'Unesco.
À son tour, M.Prorokovic est convaincu que le succès du projet "Kosovo indépendant" dépend de la façon dont les superpuissances partageront de nouvelles zones d'influence.
"Je ne suis pas sûr que l'Union européenne veuille continuer cette expérience. Et, je ne sais pas à quel point les Etats-Unis auront, à l'avenir, des forces et des ressources pour soutenir ce projet politique", a déclaré Dusan Prorokovic.

Le Kosovo, issu de la dislocation de la Yougoslavie et majoritairement peuplé d'Albanais, a unilatéralement proclamé son indépendance par rapport à la Serbie en 2008. Il est reconnu comme Etat indépendant par une partie de la communauté internationale. La Russie et la Serbie ont, pour leur part, refusé de reconnaître l'indépendance du Kosovo, Belgrade le considérant toujours comme une de ses provinces.
La Russie quant à elle insiste sur le respect de l'intégrité et de la souveraineté des Etats et du droit international et notamment de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'Onu faisant du Kosovo une partie intégrante de la Serbie.
La petite municipalité kosovare de Kacanik à la frontière macédonienne est l'un des leaders européens pour le nombre de personnes parties combattre dans les rangs de Daech.
22 habitants de la municipalité de Kacanik, au Kosovo, combattent en Syrie et en Irak, raconte la chaîne de télévision croate HRT. A titre de comparaison, la population de cette localité s'élève à 34.000 personnes (99% sont des Albanais).

L'un d'eux, Lavdrim Muhadzeri, surnommé le Jihadi John (nom d'un bourreau de l'État islamique) des Balkans, est un combattant de Daech qui se trouve, d'après certaines informations, dans le nord de la Macédoine. Il est connu pour des massacres atroces de militaires syriens. Par exemple, une vidéo publiée en mai dernier montre Muhadzeri abattant un soldat syrien attaché à un pilier en lui tirant dessus à l'aide d'un bazooka.
Les autorités locales démentent les informations qualifiant Kacanik de "capitale du djihadisme" et accusent les médias de la diaboliser.
Selon Florim Neziraj, président de la communauté musulmane locale qui habite à Kacanik depuis trois ans, affirme qu'aucun conflit religieux n'y a été enregistré. Et peu importe le nombre de personnes parties faire la guerre à l'étranger.
Besim Iljazi, maire de la ville, prétend que rien ne dénote la présence d'éléments radicaux même si l'on se promène dans la rue pendant un mois.
Comme pour démentir ses propos, les gens ressemblant à des wahhabites se cachent de la caméra dans la rue principale de la ville et les habitants se refusent à tout commentaire.


Le chômage, la précarité et l'absence de perspectives sont les principales raisons qui poussent les jeunes gens à fuir Kacanik pour se rendre en Irak et en Syrie, où l'on leur promet 30.000 euros par an, estime HRT. Mais nombre d'entre eux se rendent vite compte qu'on les a trompés et cherchent à rentrer au plus vite.
Les psychologues qui s'occupent de ce problème peinent à dire qui est le plus dangereux: ceux qui, euphoriques, partent en Syrie et en Irak et y restent ou ceux qui en reviennent déçus.
L'Etat autoproclamé du Kosovo occupe la première place en Europe pour le nombre de combattants partis pour faire la guerre du côté de Daech.

Le Kosovo a-t-il sa place dans l'Europe ?

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