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Publié par Bob Woodward

Extension russe du domaine de la lutte

Des bombardiers russes ont frappé plusieurs cibles en Syrie, mardi 16 août, après avoir décollé, pour la première fois, d’une base aérienne située en Iran, ont annoncé les agences de presse russes, citant le ministère de la défense. Moscou a déclaré avoir ciblé des positions de « l’Etat islamique et du Front Al-Nosra dans les régions d’Alep, de Deir Ezzor et d’Idleb. »
Ces frappes ont permis, selon le ministère, la destruction de « cinq grands dépôts d’armes et de munitions » et de camps d’entraînement à Deir Ezzor, à Saraqeb, dans la région d’Idleb, et à Al-Bab, une ville tenue par l’organisation Etat islamique dans la région d’Alep. Les avions russes ont également frappé trois centres de commandement dans les régions de Jafra et Deir Ezzor, éliminant « un grand nombre de combattants », selon un communiqué.

L’utilisation de bases iraniennes pourrait permettre à la Russie d’abaisser le coût de ses opérations en Syrie, selon Vladimir Komoyedov, ancien commandant de la flotte de la mer Noire et député de la Douma, cité par l’agence de presse Interfax mardi. Ces vols nécessitent « moins de carburant » qu’un départ de Russie, et évite de survoler certaines zones de combat, comme cela peut être le cas s’agissant de positions russes en Syrie.
La Russie et l’Iran sont les deux grands alliés de Bachar Al-Assad, qu’ils soutiennent politiquement, financièrement et militairement contre les rebelles et les djihadistes. Moscou a annoncé lundi que son vice-ministre des affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, s’était rendu à Téhéran, où il a été reçu par le chef de la diplomatie iranienne, Mohammand Javad Zarif, pour évoquer notamment le conflit syrien.
Le ministre de la défense russe, Sergueï Choïgou, a par ailleurs dit lundi que Moscou et Washington étaient proches d’un accord sur une coopération militaire à Alep, ville-clé du conflit syrien où s’affrontent âprement les forces de Damas et les rebelles. Cette information n’a pas été confirmée par les Etats-Unis. En août 2015, Moscou et Damas trouvaient un accord autorisant les forces russes à déployer en Syrie tous les moyens utiles pour appuyer les troupes gouvernementales syriennes contre la rébellion. Et cela pendant une période illimitée, ce qui suggérait alors que cette présence militaire allait être permanente.
Un mois après la signature de cet accord, les forces russes lançaient leurs premiers raids aériens depuis l’aérodrome de Hmeimim, situé dans la province de Lattaquié. Or, Moscou a l’intention de faire de ce dernier une base permanente.
« Une fois son statut légal défini, Hmeimim deviendra une base militaire russe. Des infrastructures appropriées y seront construites et nos militaires y vivront dans des conditions dignes », a en effet affirmé Franz Klintsevitch, le vice-président du comité pour la Défense au sein du Conseil de la Fédération, lors d’un entretien donné au quotidien Izvestia.
Le sénateur russe a en outre assuré que « ni armes nucléaires ni chasseurs lourds n’y seraient déployés à titre permanent ». Ce qui peut vouloir dire que de tels moyens seraient susceptibles d’y être envoyés temporairement… En attendant, les forces russes ont installé sur la base de Hmeimim de puissants systèmes de défense aérienne, comme le S-400 Triumph (code Otan SA-21 Growler), qui, d’une portée de 400 km, est capable de suivre simultanément jusqu’à 36 cibles et de détruire des missiles ainsi que toute autre menace aérienne. Une infrastructure appropriée sera construite sur la base de Hmeimim, mais il n'y aura ni armes nucléaires ni bombardiers lourds.

La Russie se propose de transformer Hmeimim en une base militaire à part entière en Syrie et d'y déployer en permanence un contingent des forces aérospatiales, a annoncé le vice-président de la commission de la défense du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) Franz Klintsevitch dans un entretien au quotidien russe Izvestia.

"Son statut juridique une fois défini, Hmeimim sera une base des forces armées russes, une infrastructure appropriée y sera construite et nos militaire pourront y vivre dans des conditions décentes", a dit le sénateur.

Il a ajouté qu'en vertu des accords bilatéraux le groupe aérien russe pourrait être renforcé, bien que pour l'heure les forces déployées à Hmeimim étaient suffisantes vu les tâches qui leur étaient assignées.

Le sénateur a précisé qu'au moment où le contingent russe était déployé en Syrie l'armée syrienne était fortement démoralisée et l'aide russe avait permis de rehausser son moral.

"La Russie comprend que rester dans l'inaction signifie s'exposer à une grave menace terroriste. Il faut faire quelque chose et, sans parvenir à un accord avec l'Occident sur des actions conjointes, la Russie opte pour le renforcement des rapports avec des acteurs régionaux tels que la Syrie, l'Iran et l'Irak", a déclaré le parlementaire.

Il a précisé que la Russie n'allait pas déployer en Syrie d'armes nucléaires ni de bombardiers lourds en permanence car cela était contraire aux accords internationaux et suscitait une très vive irritation.
Pour rappel, la Russie dispose déjà, depuis 1971, d’une base navale à Tartous (nord-ouest de la Syrie). D’après des documents transmis par des déserteurs de l’État islamique (EI ou Daesh) à la chaîne de télévision britannique SkyNews, le régime de Bachar el-Assad et l’organisation jihadiste auraient passé des accords de « coopération » ainsi que des échanges commerciaux au cours de ces dernières années.
Et l’un de ces accords concerne Palmyre, où il aurait été convenu d’un retrait des armes de l’EI de cette ville avant l’offensive des troupes gouvernementales syriennes, appuyées par le Hezbollah libanais et les forces russes. Vrai ou faux?
Pour la chaîne britannique, la véracité de ces documents « est impossible à vérifier » mais les précédents obtenus par sa source se sont révélés authentiques. L’argument est sans doute un peut court mais il n’en reste pas moins que les relations entre le régime d’Assad et la mouvance jihadiste ont été ambigües par le passé, notamment lors de l’intervention militaire en Irak entre 2003 et 2011. « Il peut prendre 20 ans avant que nous sachions exactement ce qui se passe » en Syrie, a résumé le Dr Afzal Ashraf, du Royal United Services Institute (RUSI), un centre de réflexion londonien.
Quoi qu’il en soit, l’EI n’occupe plus Palmyre et il a même été possible d’organiser, la semaine passée, au milieu des vestiges de la cité antique, un concert de musique classique dirigé par le chef d’orchestre russe Valéri Guerguiev. Et cela devant une centaine de journalistes transportés sur les lieux sous bonne escorte. Au niveau du symbole (la civilisation qui chasse la barbarie), il aurait été difficile de faire mieux.

Extension russe du domaine de la lutte

Cela étant, la présence russe à Palmyre ne s’est pas limitée à des musiciens. Car, depuis que l’EI en a perdu le contrôle, les forces russes y ont établi une base opérationnelle avancée, laquelle se situerait entre le château « Fakhr-al-Din al-Ma’ani » et le site antique. Du moins, c’est que suggère une vidéo diffusée le 7 mai par l’AFP.
Sur les images, l’on peut en effet remarquer des tentes, des bâtiments préfabriqués et des conteneurs ainsi que des antennes pour les communications par satellite.
A priori, cette base est protégée par un système de défense aérienne de courte à moyenne portée Pantsir S-1, capable de suivre simultanément jusqu’à 20 cibles. Pourquoi cet équipement a-t-il été déployé, sachant que les jihadistes ne présentent aucune menace aérienne?
En outre, l’on peut voir, toujours sur cette vidéo de l’AFP, plusieurs véhicules blindés de transport de troupes de type BTR-80. Appartiennent-ils à l’unité du génie russe qui a été chargée de déminer le secteur de Palmyre après le départ des jihadistes? Peut-être…
A priori, cette base opérationnelle avancée n’a pas dissuadé l’EI de lancer une offensive dans le secteur. Selon l’Observateur syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un réseau d’observateur dans le pays (et c’est pour cette raison que ses informations sont reprises), les jihadistes ont été « capables de couper la route entre Homs et Palmyre près de l’aéroport militaire de Tayfur suite à une attaque lancée à partir de l’est de Homs. »
« Il y a de violents combats entre les forces du régime et Daesh » et les jihadistes « encerclent Palmyre de tous les côtés sauf au sud-ouest » a-t-il ajouté, avant de préciser que l’EI n’était qu’à 10 km de la ville.
Pour rappel, les forces russes occupent plusieurs bases en Syrie. Outre celles de Tartous et de Hmeimim, où sont déployés leurs avions de combat, l’on compte aussi celles d’Al-Shayrat et de Tiyas, à partir desquelles opèrent leurs hélicoptères d’attaques Mi-28, Ka-52 et Mi-35. Sans faire grand bruit, la Russie tisse sa toile en Syrie. Avant la guerre imposée à la Syrie en 2011, la présence russe se résumait à Tartous, la ville côtière syrienne, abritant le second port du pays après celui de Lattaquié…Avec l’entrée en guerre contre le terrorisme de la Russie, il y a eu Hmeymim, la base aérienne , située au sud de la ville de Lattaquié.
Après avoir aidé à la libération de la ville ancienne Palmyre, située dans le désert syrien, la Russie y installe une base militaire. De cette cité, elle permettra à l’armée arabe syrienne de mieux contrôler la frontière avec l’Irak, sans oublier de lutter plus efficacement contre le terrorisme qui sévit à Raqqa et Deir-Ezzor.
Selon de nombreux géopolitologues, cette installation à Palmyre de l’armée russe, indique clairement que la Russie va lancer une opération d’envergure vers Raqqa. Ce qui sonnera probablement le glas du groupe terroriste Daech.
La Russie n’a pas lésiné sur les moyens en déployant son système antiaérien sophistiqué, le Pantsir-S1. Pantsir-S1 est un système antiaérien de missiles sol-air et courte à moyenne portée, capable de détruire n’importe quel avion ou des chars.

Extension russe du domaine de la lutte

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