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Publié par Bob Woodward

Trump: une victoire annoncée ?

Trump vient d’écraser la concurrence républicaine, lors des primaires de cinq Etats de la côte Atlantique (Connecticut, Delaware, Maryland, Pennsylvanie, Rhode Island). Cinq victoires avec des scores allant de 55% à 64% des voix. Sa nomination est de plus en plus inéluctable. Mais ses deux derniers adversaires, Ted Cruz, le sénateur du Texas, et John Kasich, le gouverneur de l’Ohio tentent désespérément de le priver de cette nomination. Au titre qu’il serait inévitablement battu en novembre par Hillary Clinton, et que le parti se doit de présenter quelqu’un d’autre.
A croire les sondages ils disent vrais. Mais à examiner le processus électoral américain ils se trompent. Il y a bel et bien un chemin, voire plusieurs, qui mènent à une victoire de Donald Trump en novembre. Ces chemins passent parce qu’on appelle aux Etats-Unis les « swing states », les Etats susceptibles de faire basculer le scrutin.
Rappelons d’abord que l’élection présidentielle américaine est une élection indirecte. Les électeurs votent bien pour l’un ou l’autre des candidats présidentiels, mais les votes sont comptabilisés par Etat. Chaque Etat dispose d’un nombre, proportionnel à sa population, de sièges au sein du « Collège électoral ». Le nombre total de sièges au sein de ce collège est de 538. Il correspond au nombre total d’élus au Congrès – cent sénateurs et quatre cent trente-cinq représentants - plus trois sièges pour le District of Columbia, c’est-à-dire la Capitale fédérale qui n’a pas le statut d’Etat etdonc pas de représentation au Congrès. La Californie dispose par exemple de cinquante-cinq sièges, l’Alaska de trois. Le candidat arrivé en tête dans un Etat se voit attribué l’ensemble de ces sièges. Il faut en réunir 270, soit la moitié de 538 + 1, pour être élu. Cela signifie qu’il n’est pas nécessaire d’emporter une majorité du vote populaire pour devenir président. C’est arrivé plusieurs fois dans l’histoire américaine, la dernière en l’an 2000 lors de l’élection de George W. Bush. Al Gore avait rassemblé plus de suffrages - 51 millions contre 50,5- mais Bush avait obtenu 271 voix au sein du Collège électoral contre 266 pour Gore et une abstention.
Comprendre ce processus est essentiel pour évaluer correctement les chances des candidats et notamment celles de Donald Trump.
Pour l’heure les enquêtes d’opinions lui sont toutes défavorables. USA Today le donne perdant face à Clinton, 39% contre 50%.RealClearPolitics et le Huffington Post aussi, sur presque le même score 40% contre 49%. « 270-to-Win », un autre site politique, situe le rapport de force à 43% contre 46% en faveur d’Hillary. Enfin Rasmussen Reports, site plutôt favorable aux idées conservatrices, donnait, fin mars, Hillary devant avec 41% des voix contre 36% seulement pour Trump et plus de 20% d’indécis…Donald Trump est également le candidat qui rassemble le plus d’opinions négatives sur sa personne. 49% des Américains ne l’aiment pas. Mais le deuxième nom sur cette liste de personnes publiques malaimées est… Hillary Clinton ! 42% des Américains ne l’aiment pas non plus. Le magazine Salon s’étonnait d’ailleurs récemment sur la nature et la fonction d’un système politique aboutissant, pour son élection phare, à une bataille entre les deux personnalités les plus détestées du pays… (mais c’est un autre débat) !
Sondages et intentions ne font pas les élections. Seuls comptent les bulletinseffectivement exprimés dans chaque Etat. A regarder la carte électorale américaine on s’aperçoit que certains sont plus importants que d’autres. Ainsi le chemin qui peut mener Donald Trump au seuil des 270 voix et à la Maison Blanche passe en particulier par dix d’entre eux : la Caroline du Nord (15 voix au Collège électoral), le Colorado (9), la Floride (29), l’Iowa (6), le Nevada (6), le New Hampshire (4), l’Ohio (18), la Pennsylvanie(20), la Virginie (13), et le Wisconsin(10).
Ce sont les fameux « swing states », les Etats dont on ne sait pas s’ils pencheront dans un sens ou dans l’autre, parce que les sondages laissent entrevoir un vote très serré. Ce qui n’est pas le cas ailleurs.
Ainsi, Donald Trump a récemment remporté un triomphe à New York. Mais c’était une primaire réservée aux Républicains. Il perdra cet Etat en novembre. Tout comme le perdrait aussi tout autre candidat républicain. Pourquoi ? Parce que cet Etat compte deux fois plus d’électeurs démocrates que d’électeurs républicains. Sur les listes électorales 49% des inscrits se déclarent « Démocrate ». Contre seulement 22% qui se déclarent « Républicain ». Les autres sont « Indépendants ». A supposer que ces électeurs votent pour le candidat de leur affiliation le démocrate l’emportera inévitablement.
Un cas de figure comparable existe dans d’autre Etats. Comme la Californie, le Washington, le Massachusetts, l’Illinois, le New Jersey, le Maryland, l’Oregon et quelques autres. Ce sont des bastions démocrates, où le rapport de force est tel que le candidat républicain a peu, ou carrément pas, de chances de l’emporter. Qui qu’il soit ! Ainsi la dernière fois que la Californie a été remportée par le candidat présidentiel républicain, c’était en 1988 avec George Bush père. En 2012 Obama a battu Romney 61% contre 37% !
La situation inverse existe aussi. Ainsi, les électeurs républicains dominent au Texas, de même que dans les Etats du sud comme l’Alabama, le Mississippi, la Louisiane, le Tennessee. Ils sont aussi invincibles dans les Etats des montagnes rocheuses, comme le Montana, l’Utah, le Wyoming, et largement majoritaires dans certaines régions du Midwest comme au Missouri ou dans l’Indiana.
De sorte que l’on peut établir dès à présent une carte des Etats qui voteront « Démocrate » et de ceux qui voteront « Républicain » en novembre. Quel que soit le candidat. En fonction des voix dont ces Etats disposent au Collège électoral il est possible de projeter le résultat plancher des différents candidats. Hillary Clinton est quasiment assurée d’obtenir un minimum de 217 voix. Son adversaire républicain peut tabler sur 191, selon les estimations du site « 270 to win ». Il restera 130 voix à attribuer dans les dix « swing states ».
La Floride, l’Ohio, la Pennsylvanie, la Caroline du nord et la Virginie sont les plus gros enjeux de cette bataille. Ils représentent à eux cinq, 95 voix au collège électoral. Plus qu’il n’en faudrait à l’un ou l’autre des candidats pour l’emporter.
Depuis 1976, la Caroline du Nord a toujours voté républicain, sauf en 2008. En 2012 elle fut un des rares « swing states » à être emporté par Mitt Romney. Trump a largement gagné la primaire républicaine dans cet Etat. Il peut gagner en novembre, en dépit de la capacité d’Hillary Clinton à mobiliser le vote noir.
L’Ohio dispose d’un gouverneur républicain John Kasich, lui-même candidat à la Maison Blanche. S’il soutient Donald Trump en novembre (ce qui n’est pas le cas pour l’instant) Trump passera.
Les Républicains sont très présents en Floride. Cet Etata fourni deux candidats aux primaires, Marco Rubio et Jeb Bush et il compte une importante population blanche âgée sensible au message de Donald Trump. Si Trump a le soutien du parti et de ses cadres il remportera cet Etat.
Reste la Pennsylvanie. Logiquement cet Etat devrait revenir aux démocrates qui l’ont remporté au cours des six derniers scrutins présidentiels. Toutefois de par son économie et sa sociologie, la Pennsylvanie s’est montrée très réceptive au message de Donald Trump, notamment sur l’immigration, les délocalisations et les méfaits du libre échangisme dans un contexte mondialisé. Beaucoup de ces électeurs démocrates ont également souffert de la crise, et se sentent incompris par l’élite de Washington. Ils pourraient être pour Donald Trump en 2016 l’équivalent des « Reagan Democrats » de 1980.
Si Trump remporte ces quatre Etats il deviendra vraisemblablement président. Une simple addition le démontre. Floride + Pennsylvanie + Ohio + Caroline du nord = 29 + 20 + 18 + 15 = 82 !et191 + 82 = 273
Il existe d’autres façons pour Donald Trump de parvenir à 270. S’il perd en Pennsylvanie, il peut se compenser ce manque de voix par deux victoires en Virginie et dans le Colorado, par exemple.
Inversement, s’il perd plusieurs de ces Etats, notamment la Floride, la Pennsylvanie, ou l’Ohio, sa victoire sera compromise.
Ce qui est sûr est que la possibilité d’une élection de Donald Trump est parfaitement réelle. Le chemin qui le sépare de la Maison Blanche est plus court que certains le croient…L’exposition médiatique dont bénéficie Hillary Clinton à la convention démocrate à Philadelphie (Pennsylvanie) devrait lui apporter un léger gain dans les sondages à paraître ces prochains jours, conformément à la loi du genre. Par contre, il est peu probable que l’événement lui permette de creuser l’écart. Son adversaire, le républicain Donald Trump, la talonne depuis des semaines. Il fait même jeu égal dans les sondages nationaux, et ce malgré les Cassandre médiatiques qui annonçaient une convention républicaine minée par ses propres divisions.
Comment le magnat de l’immobilier de luxe parvient-il à rester dans la course alors que chaque jour, ou presque, le nombre d’électeurs se sentant rejetés par ses propos incendiaires ne cesse d’augmenter selon ces mêmes enquêtes d’opinion ?
Le peu d’attrait qu’ont les électeurs latinos et noirs pour M. Trump est un secret de polichinelle. La liste s’allonge même avec les femmes, les jeunes et les personnes les plus diplômées. Avec ses propos contre les immigrés mexicains (« marchands de drogue » et « violeurs »), le candidat républicain a braqué un électorat en plein essor (12 % des électeurs, contre 9 % en 2008) que les présidents Bush, père et fils, avaient pourtant tenté de séduire.
Lire aussi : Donald Trump modère son discours contre les musulmans
Les sondages créditent aujourd’hui M. Trump d’un taux chez les Hispaniques encore plus faible que celui du candidat Mitt Romney en 2012, qui n’a rassemblé que 27 % du vote latino. Un score largement en dessous des 40 % nécessaires, en théorie, à un candidat républicain pour espérer décrocher certains Etats-clés du sud du pays.
Pour mémoire, en 2008, les électeurs latinos ont voté à une majorité des deux tiers pour le candidat démocrate Barack Obama. On voit mal comment Mme Clinton ne pourrait pas obtenir un score au moins identique.

Trump: une victoire annoncée ?

La capacité de M. Trump à attirer une partie du vote afro-américain (13,5 % de la population) semble encore plus compromise. D’après un sondage récent NBC-The Wall Street Journal, M. Trump atteint 0 % chez les électeurs afro-américains dans l’Ohio et la Pennsylvanie.
Malgré la critique de certains mouvements de gauche ou plus radicaux, comme Black Lives Matter, qui reprochent à M. Obama son inaction en matière de violences policières et à Bill Clinton sa loi sur le crime (1994), qui a « décimé l’Amérique noire », selon eux, Mme Clinton devrait bénéficier d’un report de voix important dans les urnes.
A ce jour, M. Trump n’a donc pas élargi sa base avec les minorités dites « ethniques », qui représentent près de 30 % de l’électorat des Etats-Unis. Mais le souhaite-t-il ? A écouter ses derniers discours, il est permis d’en douter. La redoutable réserve électorale du milliardaire est ailleurs : elle se trouve parmi les électeurs blancs sans diplômes universitaires, et plus particulièrement les hommes. Cet électorat représente près de la moitié des votants, et le retard de Mme Clinton dans cette catégorie est considérable.
M. Trump est même crédité de résultats supérieurs à ceux obtenus par M. Romney lors de l’élection de 2012. « Cela est suffisant pour maintenir une course serrée, souligne Nate Cohn, du New York Times. Cela peut même être suffisant pour gagner. »
A ce jour, Donald Trump n’a pas élargi sa base avec les minorités dites « ethniques ».
Selon une demi-douzaine de sondages faits en juillet, M. Trump domine largement cette catégorie, avec 58 % des intentions de vote, contre 30 % pour son adversaire démocrate. En 2012, M. Romney a obtenu 55 %, contre 37 % pour M. Obama. Et l’avance de M. Trump semble ne pas faiblir. Au contraire : d’après un sondage CNN paru le 25 juillet, il dépasserait Mme Clinton de 3 % au niveau national et obitendrait 66 %, contre 29 %, des voix de la classe ouvrière blanche.
Certes l’électorat blanc ouvrier se réduit, laissant peu de marge aux républicains. Il n’empêche. D’après plusieurs études, il suffirait à M. Trump de pousser son avantage de 5 % dans cette catégorie pour envisager une victoire en novembre. Le pari est difficile au vu des scores déjà élevés qu’il enregistre dans cette catégorie, mais il n’est pas impossible.
La white working class représentait en 2012 44 % de l’électorat. M. Obama a d’ailleurs obtenu des scores plutôt honnêtes concernant cette catégorie dans plusieurs régions, excepté dans les Etats du Sud. Le président avait même fait mieux que ses prédécesseurs démocrates sur ce point.
M. Trump n’a eu de cesse d’axer son discours sur ces travailleurs blancs peu qualifiés. Il s’est prononcé contre les traités internationaux. Il entend favoriser le protectionnisme, interdire ou fortement limiter l’immigration. Le candidat a également pris ses libertés avec la doxa républicaine en s’opposant à une réduction de la couverture sociale des travailleurs. Encore mercredi matin, il a affirmé vouloir faire passer le salaire minimal de 7,25 dollars (6,50 euros) à 10 dollars (9 euros) de l’heure.
La règle veut que l’élection présidentielle se joue sur une dizaine de swing states.
La règle veut que l’élection présidentielle se joue sur une dizaine de swing states, ces Etats pivots ou clés qui peuvent alterner d’un scrutin à l’autre entre les deux partis et faire basculer le résultat final. Mme Clinton semble faire une percée historique en Arizona, en Géorgie et même au Texas, où ses chances de l’emporter sont faibles, mais pas totalement exclues. Surtout, au vu des changements et accélérations démographiques de ces dernières années, elle pourrait remporter assez aisément la Floride, un des Etats-clés les plus importants du pays en raison de la taille de sa population.
Toutefois, la situation est plus difficile pour l’ancienne secrétaire d’Etat dans des Etats traditionnellement ouvriers, comme dans le Midwest et la Rust Belt (région qui s’étend de Chicago à la côte atlantique en longeant les grands lacs). Certains indicateurs pointent un réel danger pour elle dans l’Iowa. En Pennsylvanie, qui vote démocrate depuis 1952, l’équipe de Mme Clinton vient de lancer des messages publicitaires, comme si la bataille s’annonçait d’ores et déjà plus difficile que prévu.
Voici 5 raisons pour lesquelles Trump va gagner :


1. Le poids électoral du Midwest, ou le Brexit de la Ceinture de rouille
Je crois que Trump va porter une attention particulière aux États "bleus" de la région des Grands Lacs, c'est-à-dire le Michigan, l'Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Ces quatre États traditionnellement démocrates ont chacun élu un gouverneur républicain depuis 2010, et seule la Pennsylvanie a opté pour un démocrate depuis ce temps. Lors de l'élection primaire du mois de mars, plus de résidents du Michigan se sont déplacés pour choisir un candidat républicain (1,32 million) qu'un candidat démocrate (1,19 million).
Dans les plus récents sondages, Trump devance Clinton en Pennsylvanie. Et comment se fait-il qu'il soit à égalité avec Clinton en Ohio, après tant d'extravagances et de déclarations à l'emporte-pièce? C'est sans doute parce qu'il a affirmé (avec raison) qu'Hillary a contribué à détruire la base industrielle de la région en appuyant l'ALÉNA. Trump ne manquera pas d'exploiter ce filon, puisque Clinton appuie également le PTP et de nombreuses autres mesures qui ont provoqué la ruine de ces quatre États.
Durant la primaire du Michigan, Trump a posé devant une usine de Ford et menacé d'imposer un tarif douanier de 35 % sur toutes les voitures fabriquées au Mexique dans le cas où Ford y déménagerait ses activités. Ce discours a plu aux électeurs de la classe ouvrière. Et lorsque Trump a menacé de contraindre Apple à fabriquer ses iPhone aux États-Unis plutôt qu'en Chine, leur cœur a basculé et Trump a remporté une victoire qui aurait dû échoir au gouverneur de l'Ohio John Kasich.
L'arc qui va de Green Bay à Pittsburgh est l'équivalent du centre de l'Angleterre. Ce paysage déprimant d'usines en décrépitude et de villes en sursis est peuplé de travailleurs et de chômeurs qui faisaient autrefois partie de la classe moyenne. Aigris et en colère, ces gens se sont fait duper par la théorie des effets de retombées de l'ère Reagan. Ils ont ensuite été abandonnés par les politiciens démocrates qui, malgré leurs beaux discours, fricotent avec des lobbyistes de Goldman Sachs prêts à leur écrire un beau gros chèque.
Voilà donc comment le scénario du Brexit est en train de se reproduire. Le charlatan Elmer Gantry se pose en Boris Johnson, faisant tout pour convaincre les masses que l'heure de la revanche a sonné. L'outsider va faire un grand ménage! Vous n'avez pas besoin de l'aimer ni d'être d'accord avec lui, car il sera le cocktail molotov que vous tirerez au beau milieu de tous ces bâtards qui vous ont escroqué! Vous devez envoyer un message clair, et Trump sera votre messager!
Passons maintenant aux calculs mathématiques. En 2012, Mitt Romney a perdu l'élection présidentielle par une marge de 64 voix du Collège électoral. Or, la personne qui remportera le scrutin populaire au Michigan, en Ohio, en Pennsylvanie et au Wisconsin récoltera exactement 64 voix. Outre les États traditionnellement républicains, qui s'étendent de l'Idaho à la Géorgie, tout ce dont Trump aura besoin pour se hisser au sommet ce sont les quatre États du Rust Belt. Oubliez la Floride, le Colorado ou la Virginie. Il n'en a même pas besoin.
"Cela dit, notre plus grand problème n'est pas Trump mais bien Hillary. Elle est très impopulaire. Près de 70 % des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable."


2. Le dernier tour de piste des Hommes blancs en colère
Nos 240 ans de domination masculine risquent de se terminer. Une femme risque de prendre le pouvoir! Comment en est-on arrivés là, sous notre propre règne? Nous avons ignoré de trop nombreux avertissements. Ce traître féministe qu'était Richard Nixon nous a imposé le Titre IX, qui interdit toute discrimination sur la base du genre dans les programmes éducatifs publics. Les filles se sont mises à pratiquer des sports. Nous les avons laissées piloter des avions de ligne et puis, sans crier gare, Beyoncé a envahi le terrain du Super Bowl avec son armée de femmes noires afin de décréter la fin de notre règne!
Cette incursion dans l'esprit des mâles blancs en danger évoque leur crainte du changement. Ce monstre, cette "féminazie" qui - comme le disait si bien Trump - "saigne des yeux et de partout où elle peut saigner" a réussi à s'imposer. Après avoir passé huit ans à nous faire donner des ordres par un homme noir, il faudrait maintenant qu'une femme nous mène par le bout du nez? Et après? Il y aura un couple gai à la Maison-Blanche pour les huit années suivantes? Des transgenres? Vous voyez bien où tout cela mène. Bientôt, les animaux auront les mêmes droits que les humains et le pays sera dirigé par un hamster. Assez, c'est assez!


3. Hillary est un problème en elle-même
Pouvons-nous parler en toute franchise? En premier lieu, je dois avouer que j'aime bien Hillary Clinton. Je crois qu'elle est la cible de critiques non méritées. Mais après son vote en faveur de la guerre en Irak, j'ai promis de ne plus jamais voter pour elle. Je suis contraint de briser cette promesse aujourd'hui pour éviter qu'un proto-fasciste ne devienne notre commandant en chef. Je crois malheureusement qu'Hillary Clinton va nous entraîner dans d'autres aventures militaires, car elle est un "faucon" perché à droite d'Obama. Mais peut-on confier le bouton de nos bombes nucléaires à Trump le psychopathe? Poser la question, c'est y répondre.
Cela dit, notre plus grand problème n'est pas Trump mais bien Hillary. Elle est très impopulaire. Près de 70 % des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable. Elle représente la vieille manière de faire de la politique, c'est-à-dire l'art de raconter n'importe quoi pour se faire élire, sans égard à quelque principe que ce soit. Elle a lutté contre le mariage gay à une certaine époque, pour maintenant célébrer elle-même de tels mariages. Ses plus farouches détractrices sont les jeunes femmes. C'est injuste, dans la mesure où Hillary et d'autres politiciennes de sa génération ont dû lutter pour que les filles d'aujourd'hui ne soient plus encouragées à se taire et rester à la maison par les Barbara Bush de ce monde. Mais que voulez-vous, les jeunes n'aiment pas Hillary.
Pas une journée ne passe sans que des milléniaux me disent qu'ils ne l'appuieront pas. Je conviens qu'aucun démocrate ou indépendant ne sera enthousiaste à l'idée de voter pour elle le 8 novembre. La vague suscitée par l'élection d'Obama et la candidature de Sanders ne reviendra pas. Mais au final, l'élection repose sur les gens qui sortent de chez eux pour aller voter, et Trump dispose d'un net avantage à cet effet.
"Les jeunes n'ont aucune tolérance pour les discours qui sonnent faux. Dans leur esprit, revenir aux années Bush-Clinton est un peu l'équivalent d'utiliser MySpace et d'avoir un téléphone cellulaire gros comme le bras."


4. Les partisans désabusés de Bernie Sanders
Ne vous inquiétez pas des partisans de Sanders qui ne voteront pas pour Hillary Clinton. Le fait est que nous serons nombreux à voter pour elle! Les sondages indiquent que les partisans de Sanders qui prévoient de voter pour Hillary sont déjà plus nombreux que les partisans d'Hillary ayant reporté leur vote sur Obama en 2008. Le problème n'est pas là. Si une alarme doit sonner, c'est à cause du "vote déprimé". En d'autres termes, le partisan moyen de Sanders qui fait l'effort d'aller voter ne fera pas l'effort de convaincre cinq autres personnes d'en faire de même. Il ne fera pas 10 heures de bénévolat chaque mois, et n'expliquera pas sur un ton enjoué pourquoi il votera pour Hillary.
Les jeunes n'ont aucune tolérance pour les discours qui sonnent faux. Dans leur esprit, revenir aux années Bush-Clinton est un peu l'équivalent d'utiliser MySpace et d'avoir un téléphone cellulaire gros comme le bras.
Les jeunes ne voteront pas davantage pour Trump. Certains voteront pour un candidat indépendant, mais la plupart choisiront tout simplement de rester à la maison. Hillary doit leur donner une bonne raison de bouger. Malheureusement, je ne crois pas que son choix de colistier soit de nature à convaincre les milléniaux. Un ticket de deux femmes aurait été beaucoup plus audacieux qu'un gars blanc, âgé, centriste et sans saveur. Mais Hillary a misé sur la prudence, et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres de sa capacité à s'aliéner les jeunes.


5. L'effet Jesse Ventura
Pour conclure, ne sous-estimez pas la capacité des gens à se conduire comme des anarchistes malicieux lorsqu'ils se retrouvent seuls dans l'isoloir. Dans notre société, l'isoloir est l'un des derniers endroits dépourvus de caméras de sécurité, de micros, d'enfants, d'épouse, de patron et de policiers! Vous pouvez y rester aussi longtemps que vous le souhaitez, et personne ne peut vous obliger à y faire quoi que ce soit.
Vous pouvez choisir un parti politique, ou écrire Mickey Mouse et Donald Duck sur votre bulletin de vote. C'est pour cette raison que des millions d'Américains en colère seront tentés de voter pour Trump. Ils ne le feront pas parce qu'ils apprécient le personnage ou adhèrent à ses idées, mais tout simplement parce qu'ils le peuvent. Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera.
Vous souvenez-vous de 1998, année où un lutteur professionnel est devenu gouverneur du Minnesota? Le Minnesota est l'un des États les plus intelligents du pays, et ses citoyens ont un sens de l'humour assez particulier. Ils n'ont pas élu Jesse Ventura parce qu'ils étaient stupides et croyaient que cet homme était un intellectuel destiné aux plus hautes fonctions politiques. Ils l'ont fait parce qu'ils le pouvaient. Élire Ventura a été leur manière de se moquer d'un système malade. La même chose risque de se produire avec Trump.

Faire bouger les choses. Le président Trump sera l'homme de la situation, et une grande partie de l'électorat souhaite être aux premières loges pour assister au spectacle.

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