Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Bob Woodward

Bassora, nouvelle pépite financière du Moyen-Orient ?

 

La région de Bassora présente une situation géopolitique particulière qui ne se résume pas au seul fait qu’il s’agit d’une région très majoritairement chiite. Son histoire, sa situation géographique et les gisements pétroliers qui s’y trouvent en font une région à l’identité marquée. La chute du régime de Saddam Hussein ya entraîné de fortes rivalités entre les différents groupes sociaux et religieux mais aussi et surtout entre les différentes forces politiques chiites. Certaines comme l’ASRII, (la force politique chiite la plus importante et proche des dirigeants chiites iraniens) et Fadhilayont leur base militante, d’autres comme le parti de Muqtada Sadr, bien implanté à Bagdad, essaient de s’y implanter pour en prendre le contrôle, les richesses pétrolières étant très convoitées. Chaque parti a mis en place une milice armée pour assurer sa domination sur certains territoires, ce qui alimente les affrontements meurtriers entre eux. Voilà de quoi retrouver un peu d'optimisme sur l'avenir du Moyen-Orient. Alors que l'organisation Etat Islamique contrôle le nord-ouest de l'Irak, le sud du pays se reconstruit et se développe à grande vitesse. En témoigne cet immense projet immobilier commandé par la ville de Bassorah. La seconde ville d'Irak (2,3 millions d'habitants) a demandé à AMBS, un cabinet international d'architecture, de concevoir un immense quartier ultra-moderne dont le "phare" sera une incroyable tour.
De quoi changer radicalement l'image de cette métropole qui, en 2008, faisait la une des journaux en raison des tirs croisés entre l'armée irakienne et des milices chiites qui se la disputaient. Bassorah veut tirer un trait définitif sur cette époque et rivaliser avec Dubaï et les autres grandes villes du Golfe.
Riche en pétrole et en terres fertiles, cette cité portuaire est depuis redevenue poumon économique de l'Irak. Elle vient notamment d'inaugurer un grand complexe sportif que devrait prochainement jouxter plusieurs hôtels 5 étoiles. On a peine à imaginer que Daesh fait régner la terreur à 600 km de là.
En tout cas, l'Etat irakien entend souligner le développement de Bassorah avec un projet architectural pour le moins spectaculaire. Il s'agit d'un ensemble de quatre tours qui offriront pas moins de 1,5 million de m² de surface dédiés aux habitations haut de gamme, bureaux et centres commerciaux. Un super quartier d'affaires dont le joyau de la couronne devrait être une immense tour de 1.152 m de haut. Baptisée The Bride (la Mariée) en référence au surnom de la ville de Bassorah (la "Mariée du Golfe") considérée comme l'une des plus belles villes du Moyen-Orient. Les Britanniques disaient jadis d'elle qu'elle était la Venise de l'Orient. La contrebande pétrolière représente une source immense de profits, ce qui explique la rivalité entre groups chiites afin d’en accaparer le maximum. Seulement pour les deux derniers semestres de 2010, un rapport de KMPG International montre que la différence entre le chiffre de production et celui des ventes officielles est de presque 70 millions de dollars. On estimait, en 2011, que plus de 2 millions de litres de pétrole étaient détournés par jour à travers les frontières du Sud et du Nord et que par an la quantité perdue était de 60 millions de barils. La perte financière totale de l’État a été évaluée de 2,5 à 4 milliards de dollars pour 2011. En avril 2012, Assim Jihad, le porte-parole du ministère du Pétrole, reconnaissait que 100 000 des 1,6 million de barils pour l’export, soit 5 millions de dollars, étaient perdus chaque jour dans la province de Bassora en raison de la contrebande. Certes, toute la contrebande pétrolière ne passe pas par les régions du Sud, une partie très importante est détournée par les milices et les partis kurdes au nord du pays. Néanmoins, la province de Bassora présente de nombreux avantages. Outre le fait que c’est la principale région pétrolière, il y a aussi sa proximité avec la frontière de l’Iran qui est très perméable à cause du trafic intense sur le canal du Chatt-al-Arab et de la corruption de la police de frontière tant iranienne qu’irakienne, son ouverture sur la mer, les zones portuaires étant un espace propice au détournement de quantités considérables de pétrole provenant des réservoirs pétroliers, et enfin le milieu politique et les forces de sécurité de la province qui s’impliquent dans le trafic d’où ils tirent des fonds indispensables à l’entretien de leur réseaux de clientèle et de leurs milices. C’est pourquoi chaque groupe chiite semble être lié à une infrastructure de type mafieux, constituée de contrebandiers, d’intermédiaires, de complices au ministère du Pétrole et dans les forces de police douanières. Contrôlant des forces de sécurité chargées de la protection des objectifs pétroliers, Fadhila détient les plus grandes opportunités de récupérer de grosses quantités de pétrole, souvent à même la source. Selon l’International Crisis Group, les milices de Fadhila, afin de placer leurs membres aux postes de direction des institutions pétrolières de Bassora, auraient tué plusieurs de leurs dirigeants. Les contrebandiers venant des tribus qui peuplent la zone traversée par les pipe-lines vers le nord du pays percent des trous et installent un robinet. Enfin chaque groupe qui contrôle un port y développe son propre réseau de contrebande. L’argent coule donc à flots en Irak…et les projets les plus pharaoniques se développent.

Bassora, nouvelle pépite financière du Moyen-Orient ?

Avec ses 230 étages, ce gratte-ciel qui aura la superficie d'une petite ville battrait de loin l'actuel record du monde détenu par la tour Burj Khalifa de Dubaï (828 mètres). Son plus haut étage culminerait à 964 mètres. Mais avec son immense antenne de 188 mètres, elle ferait mieux que les projets concurrents. A Djeddah, en Arabie Saoudite, le groupe saoudien de BTP Ben Laden a commencé cette année à ériger une tour commandée par le Prince Al-Walid. Quand elle sera terminée (normalement en 2019) cette Kingdom Tower sera la première à dépasser le kilomètre.
La hauteur n'est pas le plus important pour les commanditaires de The Bride. Ces derniers insistent surtout sur le fait que leur projet comprenant quatre tours accolées constituera une véritable ville dans la ville. L'ensemble devrait disposer de son propre système de transport, d'écoles, de cliniques et de grands magasins. Le cabinet d'architectes a imaginé un centre commercial recouvert d'un immense "voile" de verre au pied des tours.
Pour l'heure, le projet reste à l'état d'esquisse. Le terrain n'a pas encore été choisi. L'Etat n'a pas encore budgeté la constrctcion ni même donné de date de réalisation. Mais le simple fait d'exprimer la volonté de construire un tel ensemble est déjà une petite révolution en soi.Le concours de qui aura la plus grande continue entre les pays du Golfe, et un nouveau participant vient d'entrer en jeu : l'Irak. L'agence AMBS Architects vient en effet de révéler que la ville de Bassora, dans le sud du pays, lui a fait une gigantesque commande de tout un quartier (1 550 908 m2 à construire, tout de même), dont une tour culminant à 1 152 mètres.
La Kingdom Tower de Djeddah, deuxième ville d'Arabie Saoudite, devant aller toucher les nuages à 1001 mètres du sol, n'a pas encore fini d'être construite que son successeur est déjà sur les rails. Et en attendant, c'est encore la Burj Khalifa, à Dubaï qui domine le classement, mais depuis 2008 à peine, avec ses 828 mètres. Se sachant en voie d'être dépassés, les Dubaïotes ont d'ailleurs prévu entre-temps de prendre la tête d'un autre classement, celui des tours jumelles les plus hautes...
Bref, cette nouvelle super-tour irakienne devrait s'appeler « The Bride » (« La Mariée »), en l'honneur de la région de Bassora, surnommée « La Mariée du Golfe ». Pourquoi cette construction ici ? Parce que c'est une région économiquement très dynamique, en pleine expansion, riche en pétrole et aux terres fertiles. Et sa capitale, Bassora, est aussi le premier port du pays. La mairie, qui semble donc avoir un peu d'ambition, a fait appel à AMBS Architects, une agence très active en Irak, basée à Londres et à Bagdad, dont elle construit d'ailleurs en ce moment la grande bibliothèque.
La structure devrait en fait regrouper quatre bâtiments de différentes tailles, dont le plus grand, haut de 964 mètres, serait surmonté d'une antenne de 188 mètres. L'ensemble devrait former une véritable « ville verticale » selon ses concepteurs, et devrait être auto-sufisant en énergie. On entend déjà quelques sceptiques. Aucune date n'est pour l'instant annoncée pour le début de la construction...

Bassora, nouvelle pépite financière du Moyen-Orient ?

Commenter cet article