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Publié par Bob Woodward

Une seconde vie pour Boko Haram ?

Timbuktu Institute prédit un changement de leadership à la tête de Boko Haram et une menace plus orientée vers l'Afrique centrale.
Selon les chercheurs de l'Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA), instrument de recherche et de prospective de Timbuktu Institute-African, Center for Peace Studies, l'offensive de laMultinational Joint Task Force (MNJTF) n'a pas eu l'effet recherchée. Pour le directeur de l'Institut, Dr. Bakary Sambe, « cette stratégie, dans le cadre de l'opération « Arrow », n'a pas payé car elle a négligé le changement de stratégie que Boko Haram est en train d'opérer mais aussi les nouvelles filières d'approvisionnement en armes du mouvement ».
« En se concentrant sur les régions du Bassin Lac Tchad, notamment, les zones frontalières entre le Cameroun et le Nigeria, la force multinationale n'a pas pris en compte le redéploiement de Boko Haram à l'intérieur de ces deux pays avec de nouvelles cellules qui ont, récemment, vu le jour », souligne le chercheur.
De même, pour les chercheurs de Timbuktu Institute, Abubakar Shekau serait « en voie de remplacement par le chargé de la logistique de Boko Haram, un ressortissant camerounais du nom de Bana Blachera ».
« La nouvelle stratégie de Boko Haram consisterait à multiplier et à intensifier les attaques suicides au Cameroun et au Nigéria en plus d'enlèvements d'étrangers, au moment où le mouvement Ansaru se redéploie, malgré l'arrestation début avril de son chef Khaled Al-Barnawi », souligne Sambe.
Selon lui, «Bana Blachera, pressenti pour remplacer Abubakar Shekau aurait un profil plus lisse pour accélérer le processus de l'allégeance à Daech ».
D'ailleurs, ce nouveau leader montant a été mis en avant dans les derniers enregistrements du mouvement terroriste a développé récemment de nouvelles filières d'armement depuis la Libye avec des couloirs en Centrafrique, au Tchad et au Soudan.
La Force multinationale mixte de lutte contre Boko Haram (FMM) a accusé, lundi à Niamey, les différents partenaires dans la lutte contre le groupe terroriste, dont l’Union africaine (UA), d’avoir brillé par leur «manque d’engagement».
Son Commandant, le général de division nigérian, Lamidi Oyebayo Adeosun a regretté particulièrement le désengagement de l’Union Africaine qui était censée apporter un «soutien additionnel» à la FMM.
Au sortir d’un entretien avec l’Etat-major des Forces armées nigériennes, Adeosun a rappelé, devant la presse que «la FMM attend toujours le respect des engagements pris par les partenaires stratégiques dans le cadre de la lutte contre Boko Haram». «Tout ce que nous avons eu pour la Force, ce sont les moyens de communication et 11 véhicules», a-t-il précisé.
La FMM a été mise en place en juin dernier par les Etats membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad (Cameroun, Nigeria, Niger, Tchad et le Benin), pour lutter contre Boko Haram et d’autres groupes terroristes.
Forte de 8700 soldats, elle est entrée en phase opérationnelle en novembre 2015 et a déjà affaibli, selon plusieurs observateurs, la force de frappe de la secte terroriste Boko Haram, qui continue tout de même à multiplier ses incursions dans cette zone du Lac Tchad.
Adeosun s’est rendu à Niamey, pour faire le point avec les autorités du Niger, sur les opérations sur le terrain, les défis et les actions futures à mener.
Selon les chercheurs de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA), instrument de recherche de Timbuktu Institute-African, la faiblesse de la FMM réside dans le fait qu’elle aurait négligé le changement de stratégie que Boko Haram serait en train d’opérer.
Le directeur de l’Institut, Bakary Sambe estime qu’en se «concentrant sur les régions du Bassin Lac Tchad, notamment, les zones frontalières entre le Cameroun et le Nigeria, la force multinationale n’a pas pris en compte le redéploiement de Boko Haram à l’intérieur de ces deux pays avec de nouvelles cellules qui ont, récemment, vu le jour».
Timbuktu Institute a par ailleurs, révélé que l’actuel chef de Boko Haram, Abubakar Shekau serait en phase d’être remplacé par Bana Blachera, le chargé de la logistique de la secte djihadiste.
Le raid éclair, massif et meurtrier mené vendredi 3 juin par Boko Haram sur la localité de Bosso, au sud-est du Niger, porte bien l’empreinte de Bana Blachera, le nouveau chef de la secte islamiste nigériane.
De nationalité camerounaise, Blachera n’a pas l’épaisseur idéologique et religieuse de Mohamed Yusuf, le charismatique fondateur de Boko Haram. Il n’a pas non plus « la grande gueule » de son prédécesseur Abubakar Shekau, adepte des shows télévisés et de déclarations fracassantes.
Blachera, c’est plutôt un homme de l’ombre, plus à l’aise dans les opérations de terrain que dans les prêches religieux enflammés ou les joutes oratoires.
Avant de monter en grade, Bana Blachera s’est surtout illustré comme un redoutable logisticien, chargé notamment de l’organisation des filières d’approvisionnement du mouvement extrémiste en armes et en carburant. Après avoir assis son leadership sur Boko Haram, profitant de l’effacement de Shekau, miné depuis plusieurs mois par la maladie, Blachera a doté son mouvement d’une puissance de feu qui semble avoir fait la différence, vendredi, à Bosso face à l’armée nigérienne. En effet, outre le nombre important de combattants engagé dans la bataille, la secte islamiste avait aligné à Bosso des moyens militaires dignes d’une armée nationale, obligeant les militaires nigériens à battre en retraite pour se réorganiser.
Selon Bakary Sambe, spécialiste des mouvements radicaux en Afrique de l’Ouest, Boko Haram dispose désormais d’une nouvelle filière d’approvisionnement en armes à partir du Soudan. Il pourrait, ajoute-t-il, s’agir d’armes libyennes éparpillées dans toute la sous-région après la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Une seconde vie pour Boko Haram ?

Selon une source gouvernementale libyenne, 20 millions d’armes ont été sorties des stocks constitués pendant les quarante et une années de pouvoir de l’ancien « Guide » libyen.
Bana Blachera, qui déteste, à la différence de Shekau, l’exposition aux caméras et aux flashes, fait partie de 2 000 à 3 000 ressortissants camerounais ayant rejoint Boko Haram depuis sa création en 2002 à Maiduguri, capitale de l’Etat du Borno.
Il est l’un des dirigeants de la secte qui s’est le plus investi dans la décision de faire allégeance en mars 2015 à l’organisation Etat islamique pour devenir Province ouest-africaine de l’Etat islamique. On prête au nouveau chef du mouvement djihadiste l’intention d’assurer sa progression en Afrique centrale, notamment en Centrafrique puis en Ouganda.
Pour la nouvelle direction de Boko Haram, la Centrafrique, où l’Etat central a été affaibli par la guerre entre anti-balaka et Seleka, représente une cible idéale tant en matière de recrutement que pour servir de base de repli. La secte islamiste compte également sur la montée en puissance trop lente de la Force mixte multinationale (FMM) pour s’implanter dans de nouveaux territoires.
Sur les 8 700 militaires et policiers de la FMM annoncés par le Cameroun, le Niger, le Nigeria, le Tchad et le Bénin, seulement 1 500 sont effectivement opérationnels.
Si l’état-major de la force a effectivement été installé à N’Djamena (tout comme celui de la force française « Barkhane »), les éléments de la FMM sont cantonnés, pour l’heure, dans leurs pays respectifs : les Camerounais au Cameroun, les Nigériens sur la partie nigérienne du lac Tchad, les Tchadiens sur la partie tchadienne, les Nigérians sur la partie nigériane. La seule grande avancée reste le droit automatique de poursuite qui permet désormais aux armées nationales de traverser les frontières sans accord préalable. Mais il n’est pas du tout sûr que cela suffise à en finir avec Boko Haram.
L’attaque massive de Bosso, qui a tué au moins trente-deux militaires, laisse même à penser que la secte a entamé une seconde vie avec l’arrivée de Bana Blachera à sa tête.

Une seconde vie pour Boko Haram ?

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