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Publié par Bob Woodward

La Turquie réécrit-elle son histoire ?

La Turquie entretient depuis la fondation de la République un rapport ambigu avec sa propre histoire. Atatürk a favorisé une rupture avec le passé ottoman qu’il jugeait à l’opposé de ses projets d’une Nouvelle Turquie modernisée . En usant de ce passé comme outil politique, l’AKP a rompu de fait avec l’héritage kémaliste. L’année 2015 constituait une formidable occasion pour le président de modeler le passé à son grès avec notamment le centenaire de deux événements majeurs : le début de la bataille des Dardanelles et le génocide arménien. Associées à d’autres commémorations historiques, toutes ces célébrations ont permis au régime en place d’imposer une vision résolument révisionniste de l’histoire de la Turquie et de l’Empire Ottoman.

Pour mener à bien son projet idéologique, Erdoğan n’hésite pas à tordre la réalité historique pour délivrer un message avant tout politique. Ainsi, en novembre 2014, entouré d’universitaires spécialisés sur l’Amérique Latine, il avait affirmé que les marins musulmans avaient découvert l’Amérique près de trois siècles avant Christophe Colomb. Comme le montre bien Cengiz Aktar, Erdoğan aime à démonter les récits historiques communément admis pour en proposer une version alternative servant son propre projet politique. Interrogé sur cette provocation, Erdoğan a plusieurs fois maintenu ses propos en raillant les critiques et attaquant le peu de confiance en soi des journalistes ne croyant pas qu’un « musulman ait pu accomplir un tel acte ». Il a indiqué vouloir modifier les programmes scolaires en ce sens. Ces derniers mois, il a par ailleurs présenté l’occupation byzantine et chrétienne de la ville d’Istanbul comme un « chapitre sombre » de l’histoire là où la conquête musulmane aurait instauré un « âge d’or d’illuminisme ». Ainsi, Erdoğan réécrit l’histoire en fonction de ses propres croyances idéologiques, peu importe si cela soulève des controverses majeures dans son pays où à l’étranger. Pour cela, il dispose du soutien de nombreux relais dans les médias à l’image du journal Aksam. Enfin, son révisionnisme se teinte désormais d’un certain dirigisme. En effet Erdoğan insiste aujourd’hui sur la nécessité d’inculquer à la jeunesse sa propre vision de l’histoire visant à glorifier le passé ottoman et plus généralement musulman : « An objective writing of history will show the contribution of the East, the Middle East and Islam to the sciences and arts. As the president of my country, I cannot accept that our civilization is inferior to other civilizations ». Erdoğan reprend ici des caractéristiques kémalistes en réécrivant une histoire politique dans le but de fonder une « Nouvelle Turquie ». Atatürk dans son rejet de l’héritage ottoman avait tenté de valoriser une civilisation pré-ottomane qui, en se dispersant depuis l’Asie Centrale, avait permis un rayonnement intellectuel et scientifique inédit.
Le cas du génocide arménien, toujours nié par les autorités turques, apparaît comme résolument plus problématique et continue de diviser la population. Cette année, la commémoration mondiale du centenaire du génocide arménien a confirmé le durcissement de la politique négationiste entreprise par l’AKP depuis 2002, là où la communauté internationale attendait un assouplissement de la position d’Ankara. Début janvier, Erdoğan dénonce le terme de « révisionniste » dont il est fréquemment accusé en affirmant qu’il se soumettrait à l’avis d’un « groupe d’historiens impartiaux » et non par injonction de parlementaires étrangers. Il déclare ainsi avoir favorisé l’ouverture des archives administratives turques tout en appelant son homologue arménien à en faire autant. Là encore, l’objectif semble avant tout politique et électoraliste. Une posture négationiste intransigeante vise à s’attirer les faveurs des partisans du parti ultranationaliste MHP. Ainsi, Y. Halaçoglu, figure du MHP, a longtemps été le président de la Société Turque d’Histoire militant ardemment contre la reconnaissance du génocide. Ankara a ainsi fermement condamné les reconnaissances du génocide dans de nombreux pays occidentaux promettant à chaque fois des représailles économiques et un gel des relations diplomatiques. Malgré les menaces, Erdoğan enregistre de nombreux revers, aujourd’hui plus de 25 pays reconnaissent officiellement le génocide arménien de 1915. Très récemment, Erdoğan a ainsi dénoncé la décision d’un parti politique belge d’exclure une députée de ses rangs après que celle-ci, d’origine turque, avait refusé de reconnaître officiellement l’existence du génocide arménien. Cette ingérence d’ Erdoğan vise d’abord à afficher la détermination du gouvernement dans son refus du terme de « génocide » tout en flattant à bas coût un électorat conservateur.
Erdoğan souhaite s’inscrire dans la lignée des grands hommes qui ont marqué l’histoire turque en développant peu à peu un véritable culte de la personnalité. Ce dernier scénarise de plus en plus ses apparitions pour se poser en leader de la vie politique turque, voir de nouveau calife pour certains. Erdoğan s’autorise aujourd’hui des gestes que d’aucuns qualifient déjà de mégalomaniaques. Ainsi, lors des dernières commémorations de la prise de Constantinople par Mehmet II, l’AKP a fait réaliser une affiche de 4709 m2 d’ Erdoğan et de Davutoğlu réunis, soit la plus grande affiche jamais conçue selon le Guinness Book des records. Au delà de l’anecdote, la présence d’un tel portrait lors d’une commémoration historique interroge. Il vise d’abord à signaler directement le soutien du président à son premier ministre dans la bataille électorale. Le rassemblement massif mêlant meeting politique déguisé et commémoration officielle, organisé à Yenikapi à l’ouest de la vieille ville d’Istanbul a aussi été rapidement décrit comme la « plus grande commémoration dans l’Histoire de la Turquie moderne ».
Tout cela traduit la volonté du gouvernement AKP de placer l’événement dans une perspective historique en affichant l’image d’une nation rassemblée autour de son chef. Les discours officiels des autorités turques tendent aujourd’hui à récréer un lien direct entre la splendeur ottomane et le gouvernement actuel de l’AKP. Ainsi, sur plusieurs posters affichés pour les célébrations de la prise de Constantinople, il était écrit « Yeniden Dirilis, Yeniden Yukselis » (« Resurrection again, Rising again »). Ce slogan, très fort indique là encore la filiation revendiquée entre un passé glorieux et l’annonce d’un futur radieux en cas de victoire nette de l’AKP. Le parti islamiste revendique en effet la création d’une Nouvelle Turquie fière de ses racines musulmanes et ottomanes. L’emploi de termes comme « dirilis » (“résurrection”) et « yukselis » (“renaissance”) vient en quelque sorte dénoncer les précédents gouvernements, incapables selon la rhétorique de l’AKP de restaurer la fierté de la nation turque. Ainsi, lors des commémorations de la prise de Constantinople, Erdoğan a parlé à plusieurs reprises de « nouvelle conquête », traçant de fait un parallèle entre le jeune sultan Mehmet II et Erdoğan. L’immense affiche d’ Erdoğan et de Davutoğlu faisant face à celle de Mehmet II conduisant ses troupes marque aussi, par le mécanisme de l’association d’images, cette continuité historique revendiquée. Récemment, Erdoğan et Davutoğlu ont aussi largement vanté les vertus de figures historiques non turques à l’image de Tariq Ziad Bin le conquérant musulman de l’Espagne ou de Saladin, qui avait définitivement repris Jérusalem aux Croisés après sa victoire à Hattin en 1187. Cette tentative d’établir un lien direct entre le passé ottoman et le gouvernement actuel a été moquée par les opposants politiques d’Erdoğan. S. Demirtas du parti HDP a récemment dénoncé ces allusions historiques en comparant Erdoğan à « Ibrahim le fou », surnom donné à Ibrahim 1er, sultan du XVIIème siècle. La fascination affichée d’ Erdoğan pour les glorieux sultans ottomans trahit néanmoins une pratique de plus en plus personnelle et autoritaire du pouvoir en Turquie.
Enfin, Erdoğan semble éprouver un sentiment d’admiration/répulsion à l’égard de la figure d’Atatürk. En effet, si Erdoğan combat aujourd’hui politiquement l’héritage laïc du fondateur de la Turquie moderne, il n’en reste pas moins fasciné par l’aura acquise par ce personnage. Erdoğan semble ainsi vouloir lui aussi marquer durablement l’histoire de son peuple. Comme le résume parfaitement le politologue Ahmet Inse, « Erdoğan veut être le second fondateur de la République après Atatürk et marquer le pays de son empreinte pour les décennies à venir ».
De plus, Erdoğan utilise les événements populaires que constituent les commémorations historiques pour y délivrer de véritables messages partisans en les combinant à des meetings politiques. Cette année, Erdoğan avait décidé de décaler d’un jour les célébrations du 29 mai pour les faire coïncider le 30 mai avec l’immense meeting de l’AKP où le Président devait se rendre accompagné de son Premier ministre.

La Turquie réécrit-elle son histoire ?

Ainsi, la modification des dates des commémorations historiques apparaît désormais comme une véritable caractéristique du régime Erdoğan. Cela traduit la volonté de relativiser l’importance de la période républicaine pour se réapproprier le passé de l’époque impériale. Pour Erdoğan, le passé semble donc représenter une opportunité originale lui permettant de délivrer son message politique. Les commémorations de la prise de Constantinople, le 29 mai 1453, ont été remises au goût du jour par Erdoğan lorsqu’il était maire d’Istanbul, alors que les kémalistes avaient délaissé cet évènement, y voyant une forme d’arriérisme. Avec l’instauration de la République, M. Kemal avait en effet modifié les dates des fêtes nationales pour en instaurer de nouvelles plus en adéquation avec son projet politique. Cependant de nombreux historiens ont tenté de montrer que les stanbouliotes ont continué à conserver une affection particulière pour les célébrations du 29 mai d’où des rassemblements massifs ces dernières années.
Chaque célébration fait désormais l’objet d’une mise en scène appuyée. Ainsi, le 30 mai dernier, les costumes d’époque ottomane et les répliques géantes de navires utilisés pour le siège de Constantinople de 1453 sont venus amplifier la portée symbolique de l’événement. Le goût du président pour les reconstitutions ne s’arrête pas aux simples commémorations et touche désormais au protocole diplomatique. La visite de M. Abbas, le leader de l’Autorité Palestinienne, dans le nouveau palais présidentiel d’Ankara a été rapidement éclipsée par la présence sur la photo officielle de seize soldats accoutrés en costume d’époque. Les militaires ainsi vêtus viennent représenter les seize empires turcs ou turcophones ayant existé, du royaume des nomades Xiongnu en Asie Centrale jusqu’à l’époque ottomane. Cependant là encore, ce choix partial effectué par le Président trahit sa vision biaisée de l’histoire. Ainsi pour l’historien turc A. Kuyas, nombre de ces empires mis en valeur n’ont rien de fondamentalement turc : “C’est du grand n’importe quoi, car parmi ces seize guerriers, certains ne sont pas considérés comme des Turcs, tandis que d’autres Etats qu’on peut en revanche définir comme turcs ne sont pas sur la photo !” 
Erdoğan défend ainsi une vision panturque en rupture avec l’idéologie kémaliste. Atatürk avait en effet recentré la Turquie sur l’Anatolie avec une population ethniquement homogène en délaissant les autres populations turcophones voisines.
Par ailleurs, le “roman national” défini par Erdoğan se base sur une vision mythifiée de l’histoire ottomane. Comme le résume parfaitement le journaliste M. Semo, « dans ces mises en scène, le passé est réduit à une suite de clichés ». D’ailleurs sur les réseaux sociaux, la présence de ces militaires en costume a été largement raillée. Le nouveau palais présidentiel d’Ankara confirme aussi ce goût pour la démesure et la fascination d’ Erdoğan pour l’époque impériale. En effet, Aksaray est ainsi présenté comme un nouveau centre majeur de pouvoir à l’image du palais de Dolmabahçe pour les derniers souverains ottomans. Le style architectural choisi emprunte aux dynasties seldjoukides (XIème – XIIIème siècle) et ottomanes. Pour le politologue Edhem Eldem,  » Erdoğan n’a ni formation artistique ni vraiment de goût. Ses choix architecturaux sont avant tout idéologiques, pour intégrer la totalité de l’histoire turque, la mémoire ottomane, l’islam mais aussi la République ». Ainsi, Erdoğan avait choisi d’installer le palais sur le site où Atatürk avait fait installer sa ferme forestière. La construction de cet immense palais a là aussi engendré de nombreuses critiques des opposants politiques d’ Erdoğan tant par sa démesure que pour le style ottoman utilisé, la controverse autour des toilettes en or résumant à elle seule les oppositions. Kılıçdaroğlu, le leader du CHP a souligné à plusieurs reprises la déconnection progressive du nouveau président avec le peuple turc : « Erdoğan ne tient plus compte des valeurs du peuple (…). Il s’est mis à habiter dans un palais luxueux de 1000 chambres, dans un pays où 17 millions de personnes vivent dans la pauvreté. Le premier ministre britannique habite au 10 Downing Street, un domicile qui donne sur la rue. La Turquie est-elle donc un pays plus riche que le Royaume Uni ? ». Et d’ Erdoğan de lui répliquer : « voir les choses en grand est impossible pour les nains, sans vouloir offenser les nains que j’aime aussi beaucoup ».
Tout cela laisse ainsi dire à M. Semo qu’ Erdoğan met peu à peu en place une « mémoire ottomane réinventée à la sauce kitsch ». Le nouveau président rompt ainsi définitivement avec la figure d’Atatürk qui avait fait le choix de renoncer partiellement à cet héritage ottoman lors de la création de la République. Depuis son arrivée au pouvoir, l’AKP a mis en place une véritable « ottomania » officielle concentrant sa mémoire sur quelques personnalités historiques majeures comme les sultans Mehmet II ou encore Soliman le Magnifique. Enfin, Erdoğan a récemment réintroduit des cours facultatifs d’ottoman à l’école, décision qui interroge largement la communauté enseignante la jugeant avant tout politique.
A chaque nouvelle élection majeure, le sort de Sainte-Sophie cristallise les tensions entre les kémalistes et les nationalistes/islamistes. Ces derniers réclament en effet la transformation de Sainte-Sophie en mosquée comme elle le fut du XVIème siècle jusqu’au début du XXème siècle. Atatürk avait en effet décidé d’offrir Sainte-Sophie « au monde » en la transformant en musée en 1935. Pour E. Eldem, historien à l’université Bogaziçi d’Istanbul, réinstaurer la mosquée de Sainte-Sophie, « c’est vouloir une double reconquête, à la fois face au monde chrétien et face à la République fondée par Mustafa Kemal ». L’acutel musée de Sainte-Sophie apparaît donc comme un monument chargé d’une symbolique double à laquelle les mouvements islamistes entendent s’attaquer. .
Erdoğan apparaît quand à lui comme plus réservé sur cette question. Même s’il affiche désormais clairement son souhait de « réislamiser » la Turquie, en politicien aguerri, il sait le sujet politiquement sensible. En effet, à chaque nouveau discours sur la resacralisation de Sainte-Sophie, la presse internationale s’empare du sujet et la communauté diplomatique ne tarde généralement pas à réagir à l’image d’ A. Merkel en 2014. Au sein de l’AKP, les déclarations provocatrices se sont multipliées à l’approche des élections, signes d’un intérêt politique croissant pour la question. En effet, la prise en considération de cette revendication portée par les partis ultranationalistes et islamistes depuis les années 1950 permettrait à l’AKP de consolider la frange radicale de son électorat tout en grappillant des voix au MHP. Ainsi, fin novembre 2014, B. Arinç, vice-Premier ministre avait déclaré « Nous regardons cette triste Sainte-Sophie mais nous prions Dieu pour qu’elle puisse se réjouir bientôt ». Fin 2014, Yusuf Halaçoglu, député MHP, avait déposé un projet de loi demandant l’abrogation du décret de 1934 de Mustafa Kemal, dernier rempart légal contre la resacralisation de Sainte-Sophie. Régulièrement, l’Organisation de la jeunesse anatolienne mêlant nationalisme et islamisme appelle à des prières massives à l’extérieur de l’édifice pour tenter d’influencer la décision des autorités. Le débat semble aujourd’hui relancé après la transformation en mosquées de deux églises byzantines également connues sous le nom de « Sainte-Sophie » à Iznik et à Trabzon. La réinstauration de Sainte-Sophie d’Istanbul apparait aussi comme une dénonciation importante de l’héritage kémaliste laïc. Malgré les déclarations de membres éminents de son parti, Erdoğan a tenté ces derniers jours de calmer le jeu en rappelant que ce projet bien qu’étudié n’était pas encore à l’ordre du jour :  » A côté de Ayasofya, il y a la Mosquée bleue. Quand il n’y aura là plus assez de place pour la prière, nous y réfléchirons ».
Par ailleurs, Sainte-Sophie jouit d’une image particulière dans les mentalités stanbouliotes. En effet, les chroniques ottomanes racontent que le jeune sultan Mehmet II vint y prier pour célébrer sa victoire contre les Byzantins. Elle devient ainsi de fait la première mosquée de la Constantinople ottomane. Son plan a inspiré la construction des mosquées suivantes, Sinan, le grand architecte de la Mosquée Bleue s’y référant largement par la suite. Sainte-Sophie servirait également de modèle pour le projet d’Erdoğan de construire une immense mosquée sur la rive asiatique. Enfin Sainte-Sophie apparait en Occident comme le symbole de la culture byzantine passée. Ainsi, la préservation du monument et de ses mosaïques chrétiennes continue de représenter un enjeu culturel majeur pour les chancelleries occidentales. La décision des autorités turques d’interdire de nouvelles fouilles au sein du monument a ainsi été très mal accueillie par les institutions culturelles européennes et par le monde académique.
Loin d’être anecdotique, le sort de Sainte-Sophie semble donc aujourd’hui révélateur des tensions identitaires et mémorielles en Turquie. Une victoire plus large qu’annoncée de l’AKP pourrait faire rejaillir la question de sa resacralisation très rapidement.
Le « roman national » peu à peu mis au point par Erdoğan semble séduire un électorat nationaliste et conservateur rejetant la laïcité défendue par les héritiers d’Atatürk. Une telle mobilisation du passé laisse à croire que l’AKP semble à court d’arguments pour mobiliser un électorat de plus en plus large. Comme le résume très bien l’historien F. Georgeon, « après avoir usé de démagogie sur l’islam, versé dans l’antisémitisme, agité la fibre néo-ottomaniste, critiqué l’occidentalisation (discours sur l’alcool et sur les femmes) Recep Tayyip Erdoğan joue une nouvelle –et dernière?– carte: essayer avec ces simagrées pan-turquistes d’attirer les électeurs du MHP ».

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