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Publié par Bob Woodward

OIF: le Canada dans la tourmente

 

La secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, ferait passer des dépenses personnelles élevées, notamment l'achat d'un piano à queue de 14 000 euros (environ 20 000 $ CAN), sur les comptes de son organisation, estime un cadre de l'OIF qui juge cette pratique non conforme.

À la lumière des factures présentées aux services comptables de l'OIF, «les dépenses pour l'aménagement et l'équipement de la nouvelle résidence de la secrétaire générale ont été faites sans une allocation budgétaire préalable [...] et certaines grosses dépenses ont été réglées directement par des membres de la famille de la secrétaire générale, puis soumises à régularisation - remboursement sur factures», a expliqué au journal français L'Opinon un des cadres de l'OIF qui désire garder l'anonymat. Cette source précise que certains équipements, dont le piano, ont été achetés «manifestement pour un usage privé alors que les textes de l'Organisation n'autorisent pas de tels engagements».

De plus, souligne le cadre, les textes interdisent le recrutement d'un chauffeur et l'utilisation d'un véhicule de l'OIF pour un usage familial, ce qui a été fait, toujours selon cette source, qui dénonce aussi les dépenses de voyage exorbitantes de Mme Jean. Ainsi, pour un voyage du 24 au 28 septembre dernier à New York, la facture pour le séjour de Mme Jean et ses collaborateurs au prestigieux hôtel Waldorf Astoria s'est élevée à près de 50 000 $ US.

Ces révélations surviennent alors même que Michaëlle Jean procède à une grande réorganisation interne de l'OIF, et qu'il «est exigé du personnel de l'Organisation de continuer à serrer la ceinture et, d'une façon générale, à l'Organisation de réduire ses charges de fonctionnement», a précisé la source au journal L'Opinion. Michaëlle Jean fait-elle passer des factures personnelles sur les comptes de l’Agence de la francophonie (OIF) ? C’est ce que suppute un cadre de l’organisation à la lumière des factures présentées aux services comptables. « Les dépenses pour l’aménagement et l’équipement de la nouvelle résidence de la secrétaire générale ont été faites sans une allocation budgétaire préalable et sans suivi des procédures de passation de marché [ainsi certaines grosses dépenses ont été réglées directement par des membres de la famille de la secrétaire générale, puis soumises à régularisation – remboursement sur factures], explique l’un d’eux qui souhaite garder l’anonymat. Certains types d’équipements [par exemple un piano de marque d’occasion à 14 000 €] ont été achetés manifestement pour un usage privé alors que les textes de l’Organisation n’autorisent pas de tels engagements. De même, les textes en vigueur ne permettent pas le recrutement, comme cela a été fait, d’un chauffeur ainsi que la dotation d’un véhicule de l’Organisation pour un usage privé (familial) du Secrétaire général. » Ce responsable dénonce aussi l’explosion des dépenses de voyage de la patronne de la francophonie. En déplacement à New York du 24 au 28 septembre, Michaëlle Jean a dépensé près de 50 000 dollars, avec ses collaborateurs, au Waldorf Astoria, l’hôtel prestigieux qui a vu défiler tant de célébrités, de Marilyn Monroe à Ella Fitzgerald en passant par John Fitzgerald Kennedy, qui y prononçait certains de ses discours. « Si l’on y ajoute le montant des billets d’avion et d’autres charges (location de voitures…), la facture globale tourne autour de 100 000 dollars, c’est-à-dire plus que le coût d’un CLAC (Centre de lecture et d’animation culturelle), dont la demande extrêmement forte provenant des pays-membres du Sud reste, malheureusement, encore difficile à satisfaire », ajoute notre source. Jointe à deux reprises par téléphone et par mail, l’OIF n’a pas souhaité répondre aux allégations professées à l’encontre de Michaëlle Jean avant de réagir après la publication de cet article. « Je ne peux me prononcer sur l’achat du piano, mais je ne vois rien de choquant au montant de la facture de la mission new-yorkaise, explique toutefois, off the record, un cadre historique de l’OIF. Cela correspond parfaitement aux dépenses liées à un déplacement d’un Secrétaire général de l’organisation. » Pour rappel, Michaëlle Jean était au siège des Nations Unies à New York, en septembre dernier, pour notamment faire le point sur les crises régionales avec Ban Ki-moon, participer à une concertation des ministres des Affaires étrangères francophones sur le suivi des Objectifs de développement du millénaire, et présider une manifestation de haut niveau sur le thème : « Objectif 2030 : Une dynamique francophone pour le succès du nouveau Programme de développement durable. »

OIF: le Canada dans la tourmente

Ces révélations interviennent au moment où la secrétaire générale procède à une réorganisation interne, après avoir ouvert presque tous les postes de directeurs à la concurrence internationale. Les dossiers de candidatures ont été sélectionnés par un cabinet privé et examinés par un comité des sages. Nombre de titulaires ont mal vécu cette situation, même s’ils ont pu repostuler à leur fonction. Ce qui pourrait expliquer les fuites récentes dans la presse. « Chargée d’auditer les comptes de l’OIF, la Cour des comptes du Royaume du Maroc ne manquera certainement pas de constater et de demander des justifications à ces graves manquements, qui se déroulent au moment où il est exigé du personnel de l’Organisation de continuer à serrer la ceinture et, d’une façon générale, à l’Organisation de réduire ses charges de fonctionnement », conclut notre source. La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) Michaëlle Jean fait les manchettes pour des dépenses jugées non conformes. Son porte-parole juge quant à lui qu’elle est victime d’une campagne de diffamation par des cadres mécontents.

Selon une source interne citée dans le journal L’Opinion, Michaëlle Jean aurait dépensé plus de 50 000$ US dans le cadre d’un déplacement officiel à New York, une facture qui s’élève à 100 000$, toutes dépenses comprises. Un piano à queue de 14 000 euros a aussi été ajouté dans sa résidence officielle. La source laisse entendre également que la secrétaire générale de la Francophonie, nommée l’an dernier, a tenté de faire passer des factures personnelles – comme son chauffeur personnel – sur le compte de l’Organisation.

Rien n’est plus faux, martèle son porte-parole Louis Hamann, en direct de Paris. Il explique que Michaëlle Jean est la première secrétaire générale de l’OIF à faire de sa résidence officielle un lieu de travail et qu’il est normal qu’elle l’équipe afin de recevoir des dignitaires. « Ce n’est pas comme si Mme Jean était partie s’acheter une fusée. C’est un piano dans le cadre d’une résidence officielle où il y a, à l’occasion, des réceptions qui vont mettre en valeur des musiciens et des talents de la Francophonie, c’est tout. » Il a expliqué que Michaëlle Jean a insisté pour que le piano ne soit pas neuf, mais bien soit de seconde main pour éviter des coûts trop élevés. L’instrument appartiendra à l’OIF, qui en a fait l’acquisition, et sera transféré aux prochains secrétaires généraux de la Francophonie.

« Ce n’est rien d’inhabituel, encore une fois », répète Louis Hamann. Son déplacement au Sommet des Nations unies, en septembre dernier, n’avait lui non plus rien d’inhabituel. Son porte-parole concède que le montant de 130 000$ pour un voyage de cinq jours « peut sembler onéreux et beaucoup ». En effet, les frais des luxueux hôtels sont quadruplés quand les dignitaires du monde entier sont réunis pour les rendez-vous annuels des Nations unies. « Mais c’est ça que ça coûte. C’est une réalité pour tout le monde. C’est comme ça que ça fonctionne », dit-il. « Tout autre haut dignitaire qui assiste à l’Assemblée générale des Nations unies – je regrette, mais ils ne peuvent pas loger au motel à 50 kilomètres de Manhattan. Et à Manhattan, pendant l’Assemblée générale, les prix des hôtels sont très, très élevés. » Quant à son chauffeur personnel, l’actuelle secrétaire dispose des mêmes conditions que ces prédécesseurs, Abdou Diouf et Boutros Boutros-Ghali, explique Louis Hamann.

Depuis qu’elle est à la tête de l’OIF, Michaëlle Jean a procédé à une restructuration qui a causé du mécontentement au sein des cadres dirigeants de l’organisation, selon plusieurs médias. L’âge de retraite aurait été augmenté de 60 à 62 ans et les salaires auraient été gelés. Les postes de directeur auraient aussi été ouverts aux candidatures internationales, sans avertissement. « Ces gens-là sont mécontents, puis ils courent un peu sur la place parisienne à raconter des histoires comme vous en avez vu dans L’Opinion, à raconter des histoires aux journalistes à gauche et à droite », estime Louis Hamann. « Il y a des gens qui sont habitués d’avoir leur petit bout de gâteau, qui ne l’ont plus et qui sont très mécontents. » Même si elles sont justifiées selon son porte-parole, les dépenses de Michaëlle Jean ne sont pas sans rappeler ses controverses du temps où elle était gouverneure générale et les déboires vécues en France par Agnès Saal (condamnée pour ses frais de taxi exorbitants).

« On dirait qu’elle s’ennuie de son rôle de GG », a commenté un expert québécois bien au fait de l’organisation qui préfère rester anonyme. « À moyen ou à long terme, ça pourrait devenir gênant pour le gouvernement du Québec. » Rappelons que Québec et Ottawa ont dépensé des dizaines de milliers de dollars pour que Michaëlle Jean décroche le poste de secrétaire générale de l’OIF. Alors que le Québec avait fait campagne pour la candidature «plus moderne» de l’ex-gouverneure générale Michaëlle Jean à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le premier ministre de l'époque Philippe Couillard avait assuré que son gouvernement maintiendra son financement malgré ses difficultés budgétaires. M. Couillard a expliqué cette position par le fait que l’OIF est la seule instance internationale dont le Québec est membre à part entière, sur un pied d’égalité avec des États indépendants.

«On a étudié ça et il n’y aura pas de compressions, a-t-il dit. Pourquoi? Parce que l’Organisation internationale de la Francophonie, c’est l’instance internationale dans laquelle le Québec parle de sa propre voix.» Des représentants québécois ont affirmé que le gouvernement québécois assume un peu plus de six pour cent du budget de fonctionnement de l’OIF, avec une contribution de 4,3 millions d’euros. Au total, le gouvernement québécois estime à 10 millions $ ses dépenses reliées à la Francophonie et ses programmes.

Ces problèmes de gouvernance à l’OIF ne sont pas nouveaux…L'ancienne gouverneure générale Michaëlle Jean a fréquemment utilisé la flotte d'avions gouvernementaux pour se rendre en vacances. Les carnets de vol des appareils, obtenus par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, révèlent qu'elle a effectué huit voyages personnels durant son mandat de cinq ans, pour une facture dépassant le demi-million de dollars. En janvier 2007, plusieurs avaient souligné l'absence de Michaëlle Jean, pour cause de vacances, lors du tout premier remaniement de cabinet du gouvernement de Stephen Harper. Ce qu'on ignorait jusqu'à présent, c'est que l'ancienne journaliste s'était rendue en Jamaïque à bord d'un avion gouvernemental pour y passer trois semaines. Or, les lignes directrices du service de vols d'affaires géré par l'armée de l'air sont claires: «Les avions d'affaires du gouvernement ne peuvent être utilisés que pour des missions officielles.» Celles-ci stipulent également que les vols commerciaux doivent être privilégiés, à moins que l'on puisse «économiser un temps précieux en utilisant un avion d'affaires au lieu d'un avion commercial». Dans un courriel à La Presse, le bureau du gouverneur général affirme que «la pratique est que le gouverneur général voyage à bord d'avions du gouvernement lors de déplacements officiels. En ce qui a trait aux déplacements personnels, une évaluation est faite au cas par cas», a écrit une porte-parole, Marie-Ève Létourneau. Pourtant, selon les carnets de vol, le voyage en Jamaïque est loin d'être le seul événement du genre. Sept mois après avoir raté le premier remaniement ministériel, Michaëlle Jean est passée bien près de manquer le deuxième alors qu'elle se trouvait depuis trois semaines en vacances avec son conjoint et sa fille dans la région du Poitou-Charentes, en France. Comme l'avion gouvernemental qui les y avait conduits était rentré à Ottawa, un autre appareil est venu chercher l'ex-gouverneure générale pour la ramener au pays. Une fois le remaniement terminé, Michaëlle Jean est retournée en France, où était restée sa famille. Les trois sont rentrés quelques jours plus tard, toujours grâce au Service de vols d'affaires du gouvernement. Ce seul voyage, qui a forcé trois allers-retours au-dessus de l'Atlantique, soit 44 heures de vol, a coûté 106 000 $.

De janvier 2006 à la fin de son mandat, en septembre 2010, Michaëlle Jean s'est rendue en vacances à bord d'avions gouvernementaux à cinq reprises en France, principalement dans la région du Poitou-Charentes, où son conjoint, Jean-Daniel Lafond, possède une maison, à Chauvigny. Elle s'est également rendue avec sa famille en Jamaïque, à la Barbade et au Mexique. Chaque fois, elle était accompagnée de son conjoint et de leur fille. Vérifications faites, aucun de ces voyages ne figure à la liste des missions officielles de l'ex-gouverneure générale, à l'époque représentante spéciale de l'UNESCO pour Haïti. Interrogé sur ces huit voyages, le Bureau du gouverneur général a indiqué que Michaëlle Jean «s'est rendue à ces destinations en avion gouvernemental pour des raisons de sécurité», a indiqué Marie-Ève Létourneau après avoir vérifié chacun des déplacements identifiés par La Presse. Les carnets de vol démontrent que l'ex-gouverneure générale voyageait autant que le premier ministre, Stephen Harper. De janvier 2006 à la fin de son mandat, en septembre 2010, Michaëlle Jean a effectué 251 voyages, accumulant plus de 1048 heures de vol. La facture pour ses frais de déplacement a totalisé 2,7 millions de dollars. Michaëlle Jean a ainsi accumulé en moyenne 18,4 heures de vol par mois, pour une facture de 47 188 $.

Son successeur, David Johnston, s'est montré moins prompt à monter à bord des avions du gouvernement. Dans les huit premiers mois de son mandat, il a effectué 24 voyages, pour une facture de 299 170 $. Il a ainsi accumulé en moyenne 12,9 heures de vol par mois, pour une facture mensuelle de 37 396 $. Il faut souligner que le prix moyen des heures de vol a nettement augmenté depuis son arrivée. Les heures de vol facturées à l'époque de Michaëlle Jean étaient en moyenne de 2566 $ l'heure, tandis que les frais s'élèvent maintenant à 3285 $. La principale différence entre les deux gouverneurs généraux se manifeste dans leurs déplacements internationaux. Dans les huit premiers mois de son mandat, David Johnston a effectué un seul voyage à l'étranger sur les ailes au Service de vols d'affaires, en avril 2011, lorsqu'il s'est rendu trois jours au Royaume-Uni pour assister au mariage du prince William et de Kate Middleton. Le Bloc québécois trouve «inadmissible» que Michaëlle Jean ait utilisé les avions gouvernementaux pour se déplacer lors de ses vacances. «Qu'on ne nous fasse pas le coup de la sécurité. Il n'y a pas grand danger quand Mme Jean va en vacances. Le gouverneur général devrait utiliser un avion commercial avec un garde du corps, ça coûterait moins cher», estime le chef intérimaire de la formation, Louis Plamondon. À l'heure où Stephen Harper cherchait à réduire les dépenses gouvernementales, celui-ci estimait qu'Ottawa aurait dû sabrer les frais de déplacement du gouverneur général. «Ce serait une belle place pour couper, mais je n'ai pas l'impression qu'il va le faire avec ses récentes décisions monarchiques de changer les peintures de Pellan par un portrait de la reine et d'ajouter le mot "royal" aux Forces armées.»

Mme Jean va-t-elle pouvoir continuer ses dépenses somptuaires ?

OIF: le Canada dans la tourmente

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