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Publié par Bob Woodward

Les enfants kamikazes: nouvelle arme terroriste

 

Ce sont des talibans pakistanais qui, les premiers, y ont recouru. Ils recrutaient des enfants, âgés de 7 ans et plus, dans les camps de réfugiés afghans, notamment dans la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa. Pauvres, peu éduqués, ces enfants étaient envoyés en Afghanistan pour se sacrifier. Ils le faisaient - c'est encore vrai - pour la gloire. Dans certaines villes pakistanaises, on voit, placardés sur les murs, des enfants photographiés avant leur sacrifice et présentés comme des "guerriers de l'islam contre les infidèles". Ceux qui sont recrutés en Afghanistan ont d'autres motivations. En général, ils veulent se venger des forces occidentales qui ont tué des membres de leur famille, armés ou simples civils, lors d'opérations militaires.  Environ 100 garçons âgés de 12 à 17 ans sont détenus par la Direction nationale de la Sécurité (DNS) afghane pour avoir tenté de commettre des attentats suicides pour le compte des talibans. Les insurgés nient toutefois avoir recruté des mineurs, affirmant que leur présence aurait pu encourager le « vice » dans les rangs des insurgés.

Le 20 mai dernier, dans la province du Nuristan, dans l’est du pays, le gilet bourré d’explosifs d’un garçon de 12 ans a explosé prématurément. Selon la DNS et les autorités provinciales, l’explosion a tué plusieurs insurgés présumés, y compris le jeune garçon.

« Environ 100 enfants kamikazes potentiels sont actuellement détenus par la DNS », a dit à IRIN Lutfullah Mashal, un porte-parole de la DNS, ajoutant que les enfants ont été entraînés par les talibans, le Hezbe Islami et le réseau Haqqani – les trois principaux groupes insurgés qui ont également utilisé des enfants à des fins militaires, et notamment pour des missions suicides. « Nous avons des preuves que les talibans ont recruté des enfants âgés de 11 à 17 ans pour mener diverses activités – du combat armé à la contrebande d’armes entre le Pakistan et l’Afghanistan, en passant par l’installation d’EEI [engins explosifs improvisés] », a dit Dee Brillenburg Wurth, conseillère en matière de droits de l’enfant auprès de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA). Les talibans rejettent les allégations concernant l’explosion qui a eu lieu dans la province du Nuristan : « Peuvent-ils vraiment déterminer l’âge d’un kamikaze immédiatement après l’incident en examinant son corps mutilé ? », a dit Zabihullah Mujahid, un prétendu porte-parole des talibans. Il a également nié que des enfants aient été utilisés comme kamikazes ou à d’autres fins militaires. « Nous n’avons pas besoin d’utiliser des enfants : il y a déjà trop de moudjahidin plus vieux qui souhaitent devenir des martyrs », a-t-il dit. Environ 140 attentats suicides ont été perpétrés en 2010 en Afghanistan et ont fait au moins 228 victimes parmi les civils.

Selon l’article premier de la Convention des Nations Unies, « tout être humain âgé de moins de 18 ans » est un enfant, et la loi afghane interdit le recrutement de mineurs dans les forces armées ou la police. Toutefois, le djihad – le terme utilisé par les talibans pour décrire leur insurrection armée en Afghanistan – n’exige pas que les participants aient un certain âge. Selon les érudits islamiques, ils doivent seulement avoir atteint l’âge de la puberté et être aptes mentalement. « C’est dans notre politique de ne pas recruter des enfants afin de prévenir le vice dans nos rangs. En effet, la plupart des moudjahidin sont des hommes seuls et ils passent beaucoup de temps loin de chez eux. Notre objectif est donc d’éviter l’exploitation sexuelle des enfants au sein de nos troupes », a dit le porte-parole des talibans. L’exploitation sexuelle des enfants, qu’on appelle ’bacha bazi’, est une pratique illégale mais très répandue dans certaines régions de l’Afghanistan. Les Nations Unies ont appelé le gouvernement à y mettre fin. Les autorités afghanes croient que la plupart des enfants kamikazes sont formés au Pakistan. Selon M. Mashal, le porte-parole de la DNS, « quatre-vingt-dix-neuf pour cent des enfants qui ont été arrêtés pour tentative d’attentat suicide viennent du Pakistan, où ils ont été endoctrinés, entraînés et équipés dans des écoles religieuses ou d’autres camps d’entraînement pour insurgés », mais les autorités pakistanaises ont toujours rejeté ces accusations. D’autres rapports suggèrent également que des groupes extrémistes religieux prêchent le djihad contre les forces étrangères en Afghanistan. La MANUA a indiqué qu’elle menait actuellement des recherches afin de recueillir des données sur le recrutement transfrontalier d’enfants par des acteurs militaires étatiques et non-étatiques. 

Les enfants kamikazes: nouvelle arme terroriste

Les Nations Unies reconnaissent toutefois qu’il est très difficile de surveiller et de signaler le recrutement d’enfants par des groupes armés non-étatique à cause du manque d’accès. « Par ailleurs, une partie du recrutement se fait de l’autre côté de la frontière. Ce sont là les difficultés auxquelles nous sommes confrontés », a dit Radhika Coomaraswamy, représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Kaboul le 24 février 2010.
800 adolescents auraient été recrutés par Daech en Syrie et en Irak. Une fois embrigadés, nombre d’entre eux sont transformés en bombes vivantes. Selon le quotidien saoudien «Asharq al-Awsat», c’est une véritable hécatombe.
Les parents syriens retirent leurs enfants des écoles dans les régions contrôlées par Daech. La raison ? C’est le lieu privilégié des recruteurs de l’organisation de l’Etat islamique. Ils seraient 800 adolescents à rejoindre les djihadistes. Et selon le quotidien saoudien basé à Londres Asharq al-Awsat (lien en arabe), la majorité des auteurs des attentats-suicides de Daech seraient des adolescents âgés entre 14 et 16 ans. Le journal panarabe, qui cite plusieurs sources (Syria Direct, Business Insider, l’ONU et ses propres contacts), affirme que plusieurs enfants soldats sont en première ligne lors des combats.  Dans une vidéo diffusée par la chaîne al-Arabiya, on voit un garçon d’une dizaine d’années prêter allégeance au calife, Abou Baker al-Baghdadi. Le militant de Daech lui demande s’il a bien compris le sens de son acte. Et d’insister : «Es-tu prêt à mourir ?»  «Oui», répond l’enfant, très ému. Business Insider, cité par Asharq al-Awsat, affirme que trente enfants qui se battaient aux côtés des jihadistes de Daech lors de la bataille de Kobané, ville kurde syrienne, avaient trouvé la mort en janvier 2015. Selon un rapport publié par l’ONU en novembre 2014, Daech utilise les établissements scolaires pour embrigader les enfants. Dans plusieurs régions de Syrie, l’organisation islamiste a d’abord imposé un projet pédagogique spécifique. Au programme : des cours théoriques obligatoires sur l’idéologie du groupe et un entraînement aux armes qui remplace les cours d’éducation physique. Le lavage de cerveau continue avec le visionnage de vidéos violentes pour les préparer à devenir de bons soldats. Dans la ville de Raqqa, au nord de la Syrie, des enfants de moins de 18 ans ont été regroupés dans une école pour visionner en boucle des images d’exécutions de soldats de l’armée syrienne. Selon cette même étude, 153 enfants syriens kurdes, enlevés le 29 mai 2014, ont été placés dans une école de Manbij dans le gouvernorat d’Alep où ils ont été soumis à un véritable lavage de cerveau pendant cinq mois avant de les envoyer au combat. Ils recevaient des poupées qu'ils apprenaient à décapiter.


Dix fois plus. C'est la tragique augmentation du nombre d'enfants impliqués dans des attaques-suicides entre 2014 et 2015, dans la région du lac Tchad, où sévit le groupe islamiste nigérian Boko Haram.
Selon des estimations de l'Unicef publiées mardi, quatre enfants avaient été utilisés dans des attaques kamikazes en 2014. Ils étaient 44 l'année dernière, tant au Nigeria, au Cameroun, au Tchad et au Niger, la zone où sévit le groupe qui a rallié l'organisation de l’État islamique (EI).
Depuis janvier 2014, l'extrême-nord du Cameroun, régulièrement frappé par Boko Haram, a enregistré le plus grand nombre d'attentats suicides impliquant des enfants (21) suivi par le Nigeria (17) et le Tchad (2).
« Ces enfants sont les victimes, et non pas les auteurs », rappelle Manuel Fontaine, directeur régional de l'Unicef pour l'Afrique de l'ouest et du centre. « Tromper les enfants et les forcer à commettre des actes mortels a été l'un des aspects les plus horribles de la violence au Nigeria et dans les pays voisins », déplore-t-il. Plus de 75% d'entre eux sont des filles, note l'Unicef dans son rapport « Beyond Chibok » (« Au-delà de Chibok »), en référence à l'enlèvement le 14 avril 2014, de 276 lycéennes à Chibok (nord-est du Nigeria) par Boko Haram. Deux ans plus tard, 219 des lycéennes restent prisonnières des djihadistes. Ces enlèvements massifs avaient provoqué une vague d'indignation et de mobilisation dans le monde entier, sous la bannière « Bring back our girls ».  Cette terrible inflation des enfants-kamikazes « crée une atmosphère de peur et de suspicion qui a des conséquences dévastatrices » pour les enfants, notamment ceux qui ont été libérés après avoir vécu en captivité au sein de groupes armés, désormais considérés comme une menace potentielle pour leurs communautés, souligne l'Unicef. De même, les enfants nés de mariages forcés ou à la suite de violences sexuelles – le viol étant considéré par Boko Haram comme un moyen d'expansion de l'islam, au même titre que le mariage- « se heurtent aussi à la stigmatisation et la discrimination » dans leurs villages et dans les camps de déplacés. Le groupe islamiste nigérian, qui a subi d'importants revers ces derniers mois face aux offensives menées par les armées de la région, a multiplié les attentats-suicide. Fin décembre 2015, l'Unicef affirmait qu'entre le Nigéria, le Cameroun, le Tchad et le Niger, plus de 2 000 écoles restaient  fermées à cause des exactions de la secte djihadiste. Au Nord du Cameroun, seule une école sur les 135 fermées en 2014 avait pu rouvrir en 2015.Le nombre d’enfants impliqués dans des attaques-suicides dans la région du lac Tchad, où sévit le groupe islamiste nigérian Boko Haram, a décuplé en 2015, selon l’Unicef, le fonds des Nations unies pour l’enfance. Après quatre enfants utilisés dans des attaques-suicides en 2014, 44 auraient été envoyés à la mort l’année suivante dans des actions menées au Nigeria, au Cameroun, au Niger et au Tchad.
Plus de 75 % étaient des filles, note l’Unicef dans un rapport intitulé « Beyond Chibok » (« Au-delà de Chibok »), publié près de deux ans jour pour jour après l’enlèvement par Boko Haram de 276 lycéennes dans le nord-est du Nigeria, un rapt qui avait créé une vague d’indignation à travers le monde avec le hashtag #BringBackOurGirls (« rendez-nous nos filles »).
Ce rapport pointe la situation dramatique de milliers d’enfants, victimes d’enlèvements, d’abus sexuels et de mariages forcés devenus une arme de guerre aux mains de Boko Haram.
Le groupe islamiste a subi d’importants revers ces derniers mois face aux offensives des armées de la région qui l’ont chassé de la quasi-totalité des localités dont il s’était emparé au Nigeria. Depuis lors, il multiplie les attentats-suicides, qui demandent peu de moyens, pour terroriser la population. Les profils des enfants « kamikazes », souvent très jeunes, parfois âgés d’à peine 8 ans, sont divers. Il y a ceux qui, comme les filles de Chibok, ont été enlevés. Durant les attaques de villages, dans le chaos et la fuite, il y a aussi ces innombrables enfants séparés de leurs parents qui se retrouvent livrés à eux-mêmes, en brousse ou dans des camps de déplacés.
« Ce sont des proies faciles pour les recrutements, tant ils sont vulnérables », explique Laurent Duvillier, chargé de communication régionale pour l’Unicef, rappelant qu’environ 1,3 million d’enfants ont été déplacés par le conflit, alors qu’ils étaient 800 000 il y a encore un an.
Mosquées, marchés bondés, restaurants… Boko Haram frappe au cœur de la communauté pour faire le plus mal possible. « Qui va se méfier d’un enfant ? C’est le visage de la pureté », souligne M. Duvillier. Qu’ils appuient eux-mêmes sur le détonateur ou qu’on les fasse exploser à distance, ces enfants « ne peuvent prendre de décision consciente : ils sont embrigadés ou agissent sous la pression », poursuit-il.
Ce phénomène « crée une atmosphère de peur et de suspicion qui a des conséquences dévastatrices » pour les enfants, notamment ceux qui ont été libérés après avoir vécu en captivité au sein de groupes armés, désormais considérés comme une menace potentielle pour leurs communautés, selon l’Unicef.
L’Unicef cite le cas de Khadidja, 17 ans, qui a passé près d’un an en captivité, mariée de force à un combattant de Boko Haram, dont elle a eu un garçon. Lorsqu’elle est arrivée dans un camp de déplacés après avoir enfin réussi à s’échapper, elle s’est heurtée à l’hostilité des autres femmes qui refusaient de partager avec elle l’eau de la pompe...double peine pour ces enfants prisonniers puis rejetés par leur communauté.

Les enfants kamikazes: nouvelle arme terroriste

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