Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Bob Woodward

2016: mort clinique de l'Europe

2016 sera une année à marquer d’une pierre blanche dans les livres d’histoire. Les clercs de nos temps annonçaient l’histoire finie depuis la chute du mur de Berlin ; ils se trompaient.
Notre époque assimile des régressions à des progrès. La perte de la souveraineté nationale, la suppression des frontières, le mépris de la loi ne sont pas des progrès humains et sociaux mais signifient, tout au contraire, un retour à la barbarie, à l’anarchie. Les frontières, les cultures, les lois, l’ordre, la distinction entre les citoyens et les non-citoyens sont des éléments constitutifs de la civilisation et des progrès historiques de l’humanité. Quand des immigrés illégaux entrent en toute impunité sur notre territoire, avec la complicité passive ou active du gouvernement, nous devrions avoir peur, car notre pays sombre dans la décadence. Les lois sont faites pour être appliquées, elles sont conçues pour assurer le « bien vivre ensemble ».
Depuis janvier, de nombreux tabous contemporains ont été transgressés : le dieu euro a vacillé sous les coups de la crise grecque, les accords de Schengen ont été fragilisés par la crise migratoire, la vision irénique d’une France multiculturelle a été frappée en plein cœur par la série en cours d’attentats islamistes.
Après chaque événement, les responsables politiques, nationaux et européens sont restés sourds face aux opinions publiques. La voix du peuple grec a été trahie. Comme en 2005, les caciques européens ont décidé qu’un peuple souverain n’avait pas droit à déterminer librement son avenir. Un non à l’« eurostérité » s’est transformé en un oui à la colonisation financière. L’Allemagne, suivie par son laquais François Hollande, était à la manœuvre. La Grèce est restée dans la zone euro, alors que tout indiquait qu’elle devait en sortir. Nos dirigeants sacrifient l’emploi et la croissance à une monnaie « veau d’or » qui nous empêche de sortir de la crise. Ils n’ont fait que reculer pour mieux sauter un jour prochain. L’euro est une fiction.
Aujourd’hui, nous sommes préoccupés par l’afflux colossal d’immigrés clandestins en Europe. Une nouvelle fois, l’Allemagne a joué son rôle ontologique de « grande perturbatrice de l’Europe ». Nation égoïste, l’Allemagne se flagelle en demandant à l’Europe d’accueillir des centaines de milliers de réfugiés. Sigmar Gabriel, ministre de l’Économie allemand, a déclaré que son pays pouvait accueillir un million de « migrants » cette année, puis 500.000 par an au cours des dix ans à venir ! Hier, en pleine crise de schizophrénie, ou de roublardise assassine, l’Allemagne a rétabli les contrôles à sa frontière avec l’Autriche, en conformité avec la convention d’application des accords de Schengen, mais au mépris de l’esprit du texte. En réalité, Schengen ne sera bientôt plus, et c’est heureux. La France doit en sortir au plus vite, car cet espace de libre-échange intra-européen met en péril notre avenir en tant que nation. Rappelons-nous que Viktor Orbán a été traîné dans la boue pour avoir appliqué à la lettre les accords de Schengen en protégeant sa frontière extérieure ! L’Union européenne est un bibendum incapable et hypocrite.
En conclusion, nous pouvons affirmer que les crises migratoires et économiques ont prouvé que l’Europe n’est pas, et ne sera jamais, une entité politique. Des États-nations libres et souverains peuvent coopérer sur des projets précis, à la façon d’Airbus ; mais il est strictement impossible de gouverner à 27 pays, a fortiori lorsque leurs intérêts sont si éloignés les uns des autres. L’Union européenne a montré son incapacité à s’occuper des crises qui la secouent, il est temps de laisser revenir le fait politique en Europe. La France doit donc retrouver sa souveraineté et la maîtrise de ses frontières.
D’autres pays ont d’ores et déjà décidé de ne pas rejoindre l’Union Européenne. Adieu l'UE. Comme la Suisse et la Norvège en 1994, l'Islande devrait refuser officiellement son adhésion à l'Union européenne. Vendredi, les deux partis de centre-droit de la coalition au pouvoir, le parti du Progrès et le parti de l'Indépendance se sont mis d'accord sur une proposition de loi qui sera soumise à l'Althing, la chambre unique du parlement islandais. Ce texte prévoit de retirer la candidature du pays à l'UE sans passer par la voie du référendum comme l'avait promis le gouvernement lors de son entrée en fonction en avril dernier.
En réalité, les négociations avec l'UE entamée en juillet 2009 sont au point mort depuis un vote de l'Althing de janvier 2013, précédant donc les dernières élections parlementaires, qui demandait le gel des discussions. En avril, le centre-droit au pouvoir avait confirmé la suspension de toutes les négociations en attendant un référendum. C'est le gouvernement de centre-gauche issu de la crise violente qu'a connu le pays en 2009 qui avait décidé de lancer l'Islande dans une procédure d'adhésion. Cette adhésion devait être suivie d'une adoption rapide de l'euro afin de donner au pays une « stabilité » dont elle rêvait alors. Mais ces négociations qui ne devaient être qu'une formalité ont achoppé sur trois sujets principaux.
Le premier, le plus essentiel, est le problème de la pêche. Avec l'effondrement de son système financier, la pêche est redevenue un secteur essentiel de l'économie islandaise. Son poids dans le PIB est passé de 4,7 % en 2008 à 7,1 % en 2012 et 42 % des exportations islandaises sont des produits de la pêche. Or, l'entrée dans l'UE signifierait l'adoption de quotas de pêche plus restreints. Or, compte tenu du poids économique de ce secteur, Reykjavik veut continuer à disposer de cette liberté. L'embargo imposé par l'UE aux harengs et maquereaux des îles Féroé en août dernier a inquiété beaucoup en Islande. Et puis, il y a cette épineuse question de la chasse à la baleine, toujours pratiquée en Islande à la grande indignation de Bruxelles et qui est un sujet fort sensible dans l'île nordique.

2016: mort clinique de l'Europe

Le deuxième écueil est celui de l'euro. Sans doute pouvait-on voir la zone euro en juillet 2009 comme un « havre de stabilité. » Ce n'est plus guère le cas après quatre ans de crise profonde de l'UEM. Sans compter que, parallèlement, l'Islande a beaucoup profité (au prix d'une très forte inflation) de la dépréciation de la couronne qui a atteint jusqu'à un quart de sa valeur. Beaucoup d'Islandais doutent donc qu'il soit utile de perdre la maîtrise de sa politique monétaire. L'Islande, avec un PIB d'une dizaine de milliards d'euros et 380.000 habitants, sera certaine de voir ses intérêts ignorés par la BCE. Or, les avantages de l'euro sont assez limités puisque les importations en provenance de la zone euro ne représentent que 27 % du total (32 % avec le Danemark dont la monnaie est ancrée sur l'euro). Le jeu pourrait ne pas en valoir la chandelle. Mais enfin, l'Islande pourrait entrer dans l'UE en conservant la couronne.
Troisième raison de l'échec des négociations, c'est la gestion de l'UE. L'Islande est sortie de la crise en tentant de préserver les intérêts de ses nationaux, notamment en pratiquant un défaut sur les investisseurs étrangers et en renonçant de facto à l'indépendance de sa banque centrale. C'eût été évidemment impossible en cas d'adhésion à l'UE. Les partis opposés à l'UE soulignent aussi combien la technocratie bruxelloise serait négative pour la démocratie islandaise. D'autant que, ajoute-t-il, l'Islande, membre de l'accord de libre-échange avec l'UE et de l'espace Schengen, bénéficie déjà d'une bonne intégration dans l'espace européen. Une adhésion à l'UE n'apporterait rien de plus à un pays qui compterait bien peu à Bruxelles.
Les derniers sondages laissaient peu de chances à l'adhésion à Bruxelles. Celui paru dans le quotidien Frettabladid du 3 février indiquait que 49 % des Islandais refusaient l'adhésion, 26 % l'acceptaient.
Néanmoins, ce chiffre semblait en recul par rapport à l'an dernier. Le gouvernement a donc préférer clore le débat plutôt que de faire campagne et prendre un risque. C'est sans doute un oubli des promesses. Et la question est de savoir si les électeurs en tiendront rigueur au gouvernement. Car selon le même sujet, trois quarts des Islandais voulaient un référendum sur la question.
Dans un éditorial dramatique, le grand journal français du soir annonce «la mort clinique de l’Europe, incapable de faire face collectivement à la crise des réfugiés. Les historiens dateront certainement de cette affaire le début de la décomposition de l’Europe.»  Hélas, il n’est pas besoin d’attendre le jugement des historiens. Le fait est déjà là. Et les conséquences en seront désastreuses. Pas seulement pour le «projet européen», ou pour l’Union européenne comme institution, mais pour les peuples qui la composent, et chacun d’entre nous comme individus et comme citoyens. Non parce que cette Union, dont on nous dit aussi que le seul domaine où elle agisse encore est «la gestion du marché unique», serait un havre de solidarité et de démocratie, il s’en faut de beaucoup. Mais parce que sa désintégration signifiera à court terme encore moins de démocratie, au sens de la souveraineté partagée des peuples, encore moins de possibilités d’affronter les défis économiques et écologiques mondiaux, et moins d’espoir de surmonter un jour les nationalismes meurtriers, dont en théorie au moins elle devait nous préserver.
Dans ce tableau sinistre, il semble pourtant qu’un élément fait terriblement défaut, comme c’est le cas dans d’autres commentaires : la contribution spécifique de la France à ce résultat. Il ne faut pas l’isoler, sans doute. Mais la passer sous silence est une imposture et une démission de nos responsabilités. Citoyen européen et français moi-même, je ne peux pas et ne veux pas l’accepter.
Quand, à la fin de l’été dernier, la chancelière Merkel a pris la décision unilatérale de relâcher les règles de Dublin [sur l'asile, ndlr] pour pouvoir accueillir en Allemagne les réfugiés qui, par centaines de milliers maintenant, fuient les massacres de Syrie (dont on commence à dire qu’ils s’apparentent à un génocide, perpétré par plusieurs belligérants à la fois) et d’autres théâtres de guerre au Moyen-Orient, il y avait deux attitudes possibles : venir renforcer son initiative et soutenir l’effort de la population allemande, ou organiser la contre-offensive. Après quelques tergiversations, le gouvernement français a fait mine d’adopter la première pour pratiquer, en fait, la seconde. Ayant finalement accepté le plan Juncker de répartition des réfugiés en Europe, dont l’insuffisance était visible, mais qui constituait un début de prise en compte du problème, la France a tout fait pour que cet accord demeure lettre morte. A ce jour, sur 24 000 réfugiés qu’elle aurait dû accueillir, quelques dizaines l’ont été. La France n'a pas suivi l'Allemagne afin de défendre son intérêt national. Que ce lâchage de l’autre grande nation européenne soit de nature à persuader les Allemands qu’ils seront les seuls à porter le problème, c’est leur affaire, n’est-ce pas ? Ils n’avaient qu’à ne pas se croire meilleurs que les autres…
C’est leur affaire, sauf que nous essayons aussi de nous en mêler. Et de quelle façon ! Le mois dernier, prenant prétexte de la nécessité de coordonner les politiques de sécurité après les attentats terroristes (dont moins que quiconque je suis tenté de sous-estimer le sérieux des mesures de protection qu’ils imposent), le Premier ministre, Manuel Valls, est allé à Munich stigmatiser la politique engagée par Angela Merkel : deuxième en date parmi les chefs de gouvernement européens, après Viktor Orbán, à se rendre sur place pour apporter son soutien à la droite allemande, dont l’objectif avoué est d’obtenir que la chancelière se soumette ou se démette.
Oui, l’Europe se décompose chaque jour davantage. Nous en subirons donc les conséquences sur tous les plans : l’honneur, qui commande une part moins négligeable qu’on ne croit de la légitimité historique des constructions politiques, mais aussi la sécurité collective ou la protection des individus, qui sont les conditions de la vie civile. Sauf si, au bord de l’irrémédiable, la conjonction d’un mouvement d’opinion éclairé et d’un réflexe de courage de nos gouvernants (ou de certains d’entre eux), amorçait un redressement.
"La France ne peut accueillir toute la misère du monde", comme l'avait dit un ancien Premier Ministre.

2016: mort clinique de l'Europe

La première, c’est de dire enfin haut et fort que Merkel a eu tort, et que son initiative (à laquelle, même placée sur la défensive, elle n’a toujours pas officiellement renoncé) doit échouer.
La seconde, c’est de refuser immédiatement et activement l’isolement de la Grèce où se déverse la grande masse des réfugiés – c’est-à-dire son exclusion du système des nations européennes, que les diktats politico-financiers de la troïka n’avaient pas réussi à obtenir, et que le bouclage des frontières, descendant depuis la Hongrie et l’Autriche jusqu’à la Macédoine et l’Albanie, est en train de réaliser dans les faits, transformant de jour en jour le pays tout entier en un camp de rétention à ciel ouvert, dans lequel se développeront pour notre compte et sous notre responsabilité des violences de toute nature qu’il ne sera plus temps de déplorer quand elles seront devenues incontrôlables. Il ne suffit pas, à cet égard, de faire hypocritement la leçon aux voisins balkaniques et aux Grecs eux-mêmes, ou d’aller supplier les Turcs engagés de plus en plus activement dans la guerre du Moyen-Orient, en leur promettant un peu plus d’argent, ou de charger l’Otan d’une guérilla maritime contre les «passeurs». Il faut des mesures d’urgence et de grande envergure, comme en d’autres temps de catastrophe collective.

Avec une certaine marque de patriotisme britannique, face à l'intransigeance de l'union européenne (UE) vis à vis de David Cameron et de son référendum, le journal britannique, Leo Mc Kinstry évoque dans The Telegraph, comment l'UE face à des difficultés insurmontables pourrait s'effondrer en 2016.

"L'édifice du fédéralisme est en ruine, brisé par ses propres contradictions et des échecs ruineux spectaculaires. Les créateurs de l'Union européenne ont promis d'apporter la paix et la prospérité. Mais à cause de leur folie grandiose, ils ont alimenté seulement la dette, le désespoir et la désintégration.

L'UE manque de tout type de légitimité démocratique, ce qui signifie que la fin pourrait venir plus rapidement que les Politiques l'imaginent. Après tout, le régime d'apartheid en Afrique du Sud s'est effondré avec une soudaineté dramatique dans les années 1990, comme l'ont fait les gouvernements communistes de la Russie et d'Europe de l'Est dans les années 1980.
2016 pourrait être l'année où l'UE pourrait se désintégrer, rendant le référendum britannique inadéquat. L'économie va certainement jouer un rôle central dans le processus d'effondrement. Malgré la propagande optimiste de Bruxelles, les difficultés de l'euro n'ont pas disparu. La croissance reste anémique avec seulement 0,3 pour cent au troisième trimestre de l'année 2015, tandis que les files d'attente dans les agences pour l'emploi sont plus longues que jamais. Le taux de chômage en Espagne,... se situe à 23%. En Grèce, le chiffre est supérieur à 25%.

Mais l'UE ne peut pas résoudre cette crise économique implacable parce qu'elle constitue une partie du problème. La monnaie unique n'a jamais été une initiative vraiment économique. Au contraire, elle a été un instrument politique pour faire avancer un agenda fédéraliste. Harmoniser des économies aussi disparates que celles de l'Allemagne et de la Grèce a toujours été voué à l'entraîner dans la dette et la paralysie...".
L'Europe à vingt-cinq repose sur quatre ensembles de pays aux intérêts politiques et stratégiques profondément divergents. La Grande-Bretagne en est le premier. Elle est, avant tout, atlantiste. Tournée vers le grand large, elle est américaine de langue, d'histoire, de culture, de coeur et d'esprit. Nous aimons tous la Grande-Bretagne. Mais elle est assise sur un strapontin dans l'UE, ne participe pas à l'euro et bloque toutes les tentatives ¬ modestes ¬ d'harmonisation fiscale et sociale.
La guerre des Etats-Unis contre l'Irak était le test qui aurait permis d'affirmer l'identité et la puissance de l'Union, lui donnant l'occasion de montrer la cohérence de son orientation politique, de rappeler son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis, d'oeuvrer pour la paix, de jouer un rôle décisif sur la scène internationale. Ce fut, à l'initiative britannique, l'impuissance politique, la division, l'alignement sur George W. Bush, la guerre, le vide sur le plan international.
Les trois anciennes dictatures fascistes (Espagne, Portugal et Grèce) sont le deuxième ensemble. Elles doivent énormément à l'Union, ont beaucoup reçu, et l'UE a puissamment contribué à réencastrer ces pays dans la démocratie. Sous perfusion permanente de fonds européens, ils acceptent toutes les directives qui passent dans la crainte de perdre leurs financements. Ils sont désormais en concurrence avec les nouveaux pays entrants qui, eux aussi ¬ à juste titre ¬, veulent des fonds pour se développer. Leur ambition européenne, pour l'instant, est faible.
Lors de la crise irakienne, ils se sont placés sous la coupe des Etats-Unis (la Grèce n'a pas envoyé de troupes). Ils conçoivent l'UE comme un guichet utile à leurs propres besoins de développement et non comme une communauté de destin et l'aile marchante de l'Union vers la Méditerranée.
Troisième ensemble : les nouveaux adhérents, particulièrement ceux de l'ancien pacte de Varsovie. Leur rupture avec l'URSS, nécessaire, devait être nette : il fallait purger soixante ans de socialisme de caserne. Ils n'ont pourtant pas spontanément choisi l'Union européenne, mais se sont tournés vers l'Amérique.
Elle leur offrait son bouclier militaire : ils ont adhéré à l'OTAN avant d'adhérer à l'UE. Elle leur promettait le marché libre : ils ont appliqué une "thérapie de choc" ultralibérale. Avec la guerre contre l'Irak, ils disposaient d'une opportunité pour affirmer leur attachement à l'Europe : ils ont choisi le mauvais camp. Où est la perspective politique ?
Reste le couple franco-allemand et le Benelux. Là se trouve le moteur de l'Union, désormais noyé dans ce magma. Or il semble que la construction institutionnelle monstrueuse que nous promet la Constitution vise à étouffer la dynamique franco-allemande.
Ainsi convient-il d'interpréter le recul considérable de la Constitution, par rapport au traité de Nice, quant à la composition de la Commission après 2014. Celle-ci, dite "réduite", privera Paris et Berlin d'un commissaire à droit de vote pendant cinq années sur quinze !
Un dessein politique ambitionnant la puissance nécessite d'en avoir les attributs. Ceux de l'Union sont inexistants. Sur le plan monétaire, la Banque centrale européenne est livrée à elle-même, hors de portée de la moindre impulsion politique. Sur le plan budgétaire, les Etats sont entravés par le traité de Maastricht, alors que l'UE refuse d'emprunter et que son budget est ridiculement petit, lui interdisant toute intervention significative.
Sur les plans fiscal et social, la règle de l'unanimité au Conseil prive l'Union de tout moyen d'action. Quant à la politique étrangère et de défense, l'article I-41.7 règle le problème : "Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l'OTAN." C'est pourquoi, selon l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union, M. Bush vote "oui" à la Constitution européenne au motif "qu'elle règle la question de la politique étrangère" .
Que reste-t-il ? Rien. L'Union est ligotée et bâillonnée.

2016: mort clinique de l'Europe

Commenter cet article