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Publié par Bob Woodward

Le Sénégal, nouvelle cible de l'EI ?

Le Sahel est un territoire de 5 millions de kilomètres carrés (neuf fois la France). Une forte fécondité prévoit un triplement démographique d'ici 35 ans : 194 millions d'habitants en 2050. Le Sahel a connu des guerres tribales, des conflits. Mais désormais les djihadistes pullulent et multiplient les actes terroristes. Bamako en novembre, Ouagadougou en janvier. L'intervention française menée au Mali, à la demande de son président, perdure. L'opération Barkhane mobilise 2 500 hommes. Le djihad au Sahel remonte au XIXe siècle. Une vieille tradition sahélienne, le djihad des Peuls par exemple. Le phénomène s'est interrompu des années 1940 aux années 70. L'accession à l'indépendance a stoppé ce mouvement. Le retour du salafisme commence dans les années 70, pour prendre son essor dans les années 90. Dans les années 80-90, les États africains acceptent la venue des prédicateurs wahhabites. L'Union européenne proposait de l'aide, mais le conditionnait à des changements démocratiques. Le Qatar et surtout l'Arabie saoudite n'exigeaient rien de tel. Ils fournissaient alors un wahhabisme minimaliste en finançant des mosquées, du personnel… Cela a préparé les esprits. L'islam africain qui est cultivé a alors commencé à perdre en nuances. Les traditions africaines se sont brisées. Le processus fut d'une efficacité redoutable. Les pouvoirs en place jouent la carte politique de l'islam. On a pu voir récemment le président de la Gambie déclarer « un État islamique ». Dans les faits, ce n'est pas aussi simple. Mais le signal envoyé est détestable. Au Niger, on voit des jeunes filles prépubères voilées. Le Qatar envoie des infirmiers du Croissant-Rouge pour soigner les djihadistes. Le Sénégal et le Cameroun sont les prochaines cibles (le Cameroun a déjà été attaqué par Boko Haram). On craint des attentats d'envergure à Dakar et Yaoundé. Sous les coups de l'opération Barkhane, les djihadistes ont été obligés de descendre de mille kilomètres au sud. Burkina Faso, Gambie, Guinée… Il y a un mois, les grands contrebandiers se sont réunis. Ils en ont assez. La présence militaire est incompatible avec leur business. Sans l'accord des contrebandiers, les djihadistes ne pourront se maintenir. L'affaiblissement de la zone nord a provoqué leur course vers le sud. Ce qui écartèle Barkhane, 2 500 militaires pour couvrir une étendue qui fait neuf fois la superficie de la France. Après Bamako et Ouagadougou, Dakar sera-t-elle la prochaine capitale africaine frappée par une attaque terroriste ? C’est ce que craignent les autorités sénégalaises qui multiplient, depuis plusieurs semaines, contrôles et arrestations, et ont publié les noms de plusieurs djihadistes sénégalais ayant rejoint l’Etat islamique (EI) en Libye et les rangs de Boko Haram au Nigeria.
La situation est « plus que jamais préoccupante », a insisté mardi 2 février le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique sénégalais Abdoulaye Daouda Diallo, pointant « la porosité des frontières, la circulation des armes, la faiblesse des institutions, le déficit démocratique ». Il a annoncé le lancement d’« une cellule interministérielle de coordination des opérations (CICO) pour lutter contre les actes terroristes ». Selon le journal en ligne Pressafrik, « cette structure permanente et fonctionnelle vingt-quatre heures sur vingt-quatre » regroupera, notamment, « le ministère de l’intérieur, les forces armées, les services de santé ainsi que ceux de la présidence ». Le 21 janvier déjà, devant l’Assemblée nationale sénégalaise, Abdoulaye Daouda Diallo indiquait avoir ordonné aux gérants d’hôtels de sécuriser leurs établissements, sous peine de fermeture. « Le dispositif a été renforcé au niveau des points névralgiques, comme les monuments publics et autres. Les individus, mais aussi les véhicules, sont davantage arrêtés. Nous faisons de la présence dissuasive », a précisé au Monde Afrique le porte-parole de la police sénégalaise, Henri Ciss.
Des opérations de sécurisation ont été menées conjointement à Dakar et à Thiès durant le week-end du 22 au 24 janvier. D’après le communiqué de la police, plus de 900 personnes ont été contrôlées. L’opération, élargie à l’ensemble du territoire sénégalais, a été renouvelée durant la nuit du 30 au 31 janvier, au cours de laquelle 800 individus ont été interpellés. Mais « parmi eux, aucun n’a été ni de près ni de loin associé au terrorisme », affirme le directeur général de la police, Oumar Maal. « Il s’agissait uniquement de contrôles plus poussés parce que notre stratégie est de surprendre les potentiels terroristes. Aujourd’hui, il n’y a pas de cellule terroriste au Sénégal, mais nous prenons nos dispositions pour ne pas être pris au dépourvu. Nous sommes en alerte de façon continue. »
Cette surveillance vise directement les milieux musulmans radicaux. La construction de la mosquée de l’aéroport de Dakar a ainsi été stoppée, en raison de soupçons sur des liens avec des ramifications de réseaux djihadistes. Kolda, dans le sud du Sénégal, un imam a été arrêté pour la première fois le 9 octobre 2015 pour apologie du terrorisme. Trois autres responsables musulmans ont connu le même sort le 6 novembre à Kaolack, Rufisque et dans la banlieue dakaroise pour leur proximité avec des milieux djihadistes et des propos incitant au terrorisme. Quelques jours plus tard, les autorités sénégalaises prohibaient le port de la burqa sur le territoire.

Le Sénégal, nouvelle cible de l'EI ?

Mais « la lutte contre le terrorisme ne peut être l’apanage d’un seul pays. On travaille également avec nos voisins et au-delà, les voisins de nos voisins », argue le directeur de la police. La présence des forces de sécurité sénégalaises a été renforcée au niveau des frontières. Le 26 janvier, un nouveau commissariat a été inauguré à Richard Toll, dans le nord du Sénégal, non loin de la Mauritanie.
Depuis novembre 2013, un Plan triennal d’action de lutte contre le terrorisme (PACT) a été mis en place entre la France et le Sénégal. Le projet de 460 millions de francs CFA (700 000 euros) est financé par le Fonds de solidarité prioritaire du ministère des affaires étrangères français. « Des séminaires, des formations et des ateliers sont organisés dans ce cadre, explique Oumar Maal. Il y a aussi des transmissions de renseignements dans la collaboration avec la France. D’autre part, nous avons d’autres partenaires de l’Union européenne comme l’Espagne et l’Italie et nous travaillons également avec les Etats-Unis. »
En attendant le numéro vert que le comité interministériel devrait mettre en place sous peu deux numéros sont disponibles pour alerter les autorités sénégalaises : le 17 et le 800 820 820.
L’opposition juge ces dispositions du gouvernement excessives. « L’Etat devrait davantage informer les populations sur le comportement à adopter face à la menace terroriste. Il pourrait organiser des réunions dans les quartiers pour conscientiser les Sénégalais plutôt que ce déploiement excessif des forces de l’ordre. J’estime que l’Etat communique mal. (…) Il aurait dû consulter la classe politique et la société civile avant de dicter des mesures qui restreignent les libertés individuelles », dit Babacar Gaye, porte-parole du Parti démocratique sénégalais (PDS). « On n’a pas le droit de fouiller les coffres des véhicules sans l’accord d’un juge ! », insiste-t-il.
Le Sénégal a un destin particulier en Afrique de l'Ouest pour être l'un des rares pays dans la sous-région à  ne jamais connaitre un coup d'Etat un ou d'une quelconque instabilité majeure depuis son accession à  l'indépendance en 1960. Le Sénégal est composé à 90 % de musulmans qui pratiquent un islam modéré porté par plusieurs confréries. Les plus en vue sont la Tidjania, dont le fondateur est Cheikh Ahmed Tidiane Chérif, érudit de l’islam (1150-1230 de l’Hégire), et le Mouridisme fondé par le Sénégalais Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), théologien, juriste musulman et soufi.
Contrairement à  de nombreux pays de la sous-région comme le Nigeria et la Côte d'Ivoire qui ont connu des affrontements interreligieux entre musulmans et chrétiens. Le Sénégal par-delà , a réussi à  renforcer sa cohésion sociale. Les musulmans qui représentent 94% et les chrétiens 5% de la population vivent dans une parfaite symbiose et harmonie. Et cette cohabitation pacifique fait souvent référence à  l'échelle sous régionale voire internationale.

En outre, le Sénégal a réussi à  maintenir sa souveraineté au moment où de nombreux pays de la région sombraient dans le chaos suite à  l'embrasement du conflit dans le Mano River dans les années 90.

Pourtant cette trajectoire exceptionnelle du Sénégal dans une région éternellement instable a de nombreuses explications. Cette prouesse s'explique tout d'abord par le fait que le Sénégal bénéficie d'une armée bien formée. En dépit de ses moyens limités, l'armée a toujours cherché à  assurer la souveraineté sénégalaise. De plus, cette grande muette sénégalaise est connue pour être républicaine. Ses dirigeants se sont toujours abstenus à  s'immiscer dans les affaires politiques du pays. Cette longue période de stabilité s'explique également en raison de l'Islam soufi, régulé par les confréries, pratiqué par la majorité de la population. Contrairement au wahhabisme qui favorise le fondamentalisme et l'intolérance envers les autres religions, le soufisme encourage la coexistence pacifique, le respect mutuel et le dialogue interreligieux.

Le Sénégal est connu comme un des pays de soufisme dans lequel de nombreux bastions religieux tels que le Mouridisme, la Tidianiyya (qu'elle soit orthodoxe ou représentée par la Fayda Ibrahimiyya), la Qadiriya, le Layenne cohabitent dans l'harmonie. Les dirigeants de ces forteresses religieuses respectives accordent une grande importance à  la paix et la stabilité du pays. Ils enseignent et prodiguent des conseils à  leurs disciples qui leur vouent un amour incommensurable.

Le Sénégal, nouvelle cible de l'EI ?

Malgré cette apparente stabilité, le Sénégal n'est pas à  l'abri du terrorisme. Si pendant longtemps certaines autorités sénégalaises ont toujours nié la vulnérabilité du pays, aujourd'hui, il est plus permis de douter que Dakar est dans le collimateur des djihadiste. Les récents événements dans le pays donnent du crédit à  cette hypothèse. Le nombre de sénégalais officiellement recrutés dans les rangs de l'Etat islamique en Syrie ou en Libye est estimé à  5. Jamais dans l'histoire du Sénégal l'on a enregistré un aussi grand nombre de combattants sénégalais dans les rangs des groupes terroristes.

La dernière de la vague de départ des jeunes djihadistes sénégalais remontait au 17 novembre 2015 quand Sadio Gassama, un jeune étudiant à  l'Université de Dakar, a annoncé sur sa page Facebook qu'il avait rejoint l'Etat islamique en Libye afin d'y 'accomplir le «djihadisme médicale". Ces départs indiquent clairement que les relais de certains groupes djihadistes sont bien implantés au Sénégal et que le processus d'endoctrinement de nombreux jeunes sénégalais semble avoir commencé il y'a longtemps.

En outre, dans sa logique d'expansion de ses activités à  travers le monde, l'Etat islamique encourage ses combattants à  retourner dans leurs pays respectifs après avoir reçu une bonne formation de guerre asymétrique et de maniement des engins d'explosifs, afin de poursuivre le Jihad. Le retour de ces jeunes sénégalais au bercail pourrait constituer une réelle menace pour la sécurité nationale.

Le 27 octobre 2015, l’imam Alioune Ndao de Kaolack, également secrétaire exécutif régional de la Ligue des imams et prêcheurs du Sénégal, est lui aussi arrêté. Il s’en est suivi l’interpellation de six de ses proches dont l’imam Mamadou Ndiaye de Rufisque et l’imam Youssou Ndiaye, ainsi que Coumba Niang et Marième Sow, deux religieuses au discours jugé radical.
Tout serait parti de l’arrestation de Diokhané un présumé terroriste interpellé au Nigeria. L’enquête menée par la police nigériane a révélé que M. Diokhané, arrêté le 3 novembre à la frontière du Nigeria, entretenait des relations étroites avec des djihadistes de Boko Haram et assurait la coordination avec certains imams au Sénégal. Une perquisition effectuée par les gendarmes sénégalais chez les imams concernés a permis aussi de découvrir des documents qui font l’apologie du terrorisme. Suite à ces arrestations, la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal a très vite souligné que « l’Etat peut agir pour prévenir et éradiquer le terrorisme autrement que par la répression ».
L'arrestation de l'imam Alioune Badara Ndao de Kaolack et de Makhtar Diokhané au Niger n'a pas fini de révéler tous ses secrets. Selon les premières investigations, Makhtar Diokhané est un représentant de la secte Boko Haram au Sénégal. Le raid sur sa maison à  Kaolack et la mise sous écoute de ses conversations téléphoniques ont en outre révélé que Makhtar Diokhane qui était un ancien disciple de l'Imam Alioune Ndao était en contact avec certains membres du groupe terroriste Boko Hara appelé aujourd'hui l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest. Ces enquêtes ont également révélé que certains Sénégalais ont déjà  rejoint cette nébuleuse dans le septentrion Nigérian.

Le Sénégal est devenu une destination populaire pour de nombreux Occidentaux qui apprécient sa stabilité légendaire. Beaucoup d'étrangers, en particulier Français se sont installés au Sénégal notamment dans les villes côtières comme Dakar, Saly, Mbour ou Saint Louis. De même, de nombreuses entreprises étrangères et les organisations internationales sont basées au Sénégal, le pays de la «Téranga», qui signifie hospitalité en wolof.

Dans leur mission de s'en prendre aux Occidentaux ou de s'attaquer à  leurs intérêts, il est clair que le Sénégal reste une cible privilégiée et que toute faille pourrait être exploitée par les terroristes en représailles de l'intervention Serval dirigée par les Français au Mali et dans laquelle le Sénégal est activement impliqué. En outre, avec le contexte de sécurité régionale actuel caractérisé par la résurgence des attaques terroristes au Mali, une situation sécuritaire précaire en Guinée-Bissau et l'expansion croissante de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest, il est évident que le Sénégal ne peut pas être un îlot de paix dans un océan d'instabilité.

Le terrorisme est un fléau mondial qui n'épargne aucun pays. Le Sénégal vient de connaitre sa première alerte réelle. Il est donc important d'encadrer cette étape cruciale, car elle marque une transition d'un pays "apparemment oublié" par des terroristes pour celui qui est sous la menace. Certes, le gouvernement sénégalais a fait des efforts allant dans ce sens. Le budget de la défense a été augmenté de façon significative. Aussi, le Sénégal a été engagé dans des coopérations multilatérales et bilatérales afin d'enrayer la menace terroriste. C'est d'ailleurs dans cette optique que le Sénégal, avec l'aide financière de la France, a lancé l'opération « Karangé » qui signifie protection en wolof, dans le cadre du plan d'action contre le terrorisme.

Cependant, il est important de garder à  l'esprit que l'histoire contemporaine a montré que de nombreux pays sont devenus aujourd'hui la cible privilégiée de djihadistes parce que n'ayant pas pu apporter une réponse adéquate aux premières heures de la lutte contre le terrorisme.

La résurgence de Boko Haram en 2009 est le résultat d'une approche excessivement centrée sur l'ennemi, dont son leader charismatique Muhamed Yusuf a été tué de manière extrajudiciaire. La lutte contre le terrorisme dans un pays ne doit pas être calquée sur la lutte contre le terrorisme d'un autre pays. Chaque pays a sa propre situation socio-économique, donc la réponse devrait être faite en conséquence. Au Sénégal, les mesures les plus urgentes à  prendre ne devraient pas être l'interdiction de la burqa. La mauvaise communication qui a accompagné ces mesures a créé un sentiment de "burqaphobie" dans le pays. Il a été relayé par de nombreux médias locaux que deux femmes portant la burqa étaient déjà  été tabassée dans les rues de Dakar. Le gouvernement sénégalais devrait aborder cette question spécifique afin d'éviter que justice populaire ne dégénère. Une indécision ne ferait que créer l'anarchie, ce qui pourrait en outre conduire à  des affrontements inter communautaires.

Pourtant, la vraie potentielle menace au Sénégal n'est pas les femmes avec la burqa mais plutôt les enfants mendiants aussi appelés talibés au Sénégal. Ces enfants défavorisés, sans protection parentale et gouvernemental constituent aujourd'hui une véritable menace pour la sécurité. Leur nombre ne cesse d'accroitre chaque année. Ils ont été estimés à  environ 300, 000 dispersés tout autour du territoire sénégalais. Pour la seule région de Dakar, ils sont estimés autour de 54 837. En situation de crise, les enfants sont les plus vulnérables. Ils sont souvent instrumentalisés. Dans certains cas, ils sont utilisés comme esclaves sexuels et d'autres comme enfants soldats. Comme au Nigeria, où les jeunes filles sont inconsciemment utilisées par Boko Haram pour mener des attaques à  la bombe avec leurs ceintures d'explosifs, les djihadistes pourraient facilement instrumentaliser ces pauvres enfants pour mener des attentats à  Dakar ou dans toute la région du Sénégal pour mieux avoir un impact comme ils aiment le faire dans toutes les attaques.

La mendicité de ces enfants a été interdite à  plusieurs reprises, mais après chaque pression de chefs religieux, le gouvernement fait marche arrière de peur d'être sanctionné pendant les élections. Au Sénégal, les chefs religieux sont connus pour être puissants, respectés et très influents. Cependant lorsque la sécurité nationale est menacée, les questions politiques devraient être reléguées au second plan. Le gouvernement devrait également s'assurer de la bonne réglementation et un contrôle strict des services de transferts d'argent qui n'ont cessé de proliférer ces trois dernières années dans le pays. Les services de transfert d'argent locaux pourraient être utilisés comme un canal important pour financer le terrorisme ou pour blanchiment d'argent.
Pour prévenir efficacement le terrorisme, le gouvernement sénégalais devrait opter pour une approche centrée sur la population, c'est à  dire en impliquant à  plus grande échelle la population et la société civile dans la collecte d'informations. Une bonne prévention du terrorisme au Sénégal nécessite un équilibre entre les mesures politiques, sociales et sécuritaires. Et le Sénégal ne réussira cette phase critique que si l'énorme somme d'argent dépensée dans l'achat d'armement soit également allouée pour éliminer la pauvreté. Le Sénégal a également besoin de mettre en œuvre une justice pénale efficace
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Le Sénégal, nouvelle cible de l'EI ?

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