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Publié par Bob Woodward

L’intérêt national a-t-il disparu ?

 

La place de la politique étrangère dans les institutions peut être centrale ou subordonnée : c’est ainsi que Couve de Murville écrit « C’est devenu presque un lieu commun de dire que la Ve République pendant onze ans, fut d’abord sinon essentiellement, une politique extérieure, la pensée du général de Gaulle ayant été tout entière dominée par la volonté de rendre à la France dans le monde, la place et le rôle qu’il estimait devoir lui revenir, et son action, dans tous les autres domaines, ne visait qu’à réunir les moyens d’atteindre cet objectif suprême. »

Cette ambition n’a pas survécu longtemps au général de Gaulle. Les choix opérés par les Présidents Giscard d’Estaing et Mitterrand en matière européenne ont abouti à des transferts massifs de souveraineté que leurs successeurs n’ont nullement remis en cause, bien au contraire ; Notre diplomatie a conduit la France à revenir dans le giron de l’Alliance atlantique, et cela bien après la fin de la guerre froide : le retour à l’organisation militaire intégrée de l’OTAN intervient en 2008, presque vingt ans après la chute du Mur de Berlin.

Pourtant l’indépendance nationale n’a rien perdu de son sens dans un monde « zéropolaire ». Reste à le démontrer, comme y incite le rapport Védrine sur la réintégration de l’organisation militaire de l’OTAN par la France. Si l’indépendance redevient le maître mot de notre politique étrangère, si la France continue à se définir comme pont entre les cultures et trait d’union entre les nations, alors la politique étrangère peut redevenir centrale dans notre politique car elle éclaire et donne sens à l’ensemble.

Reste le problème des moyens : La France se flatte encore de disposer de la gamme complète des instruments de la puissance. A l’horizon 2050, elle peut théoriquement demeurer dans le peloton de tête des dix ou douze premières nations (Le P5, l’Allemagne, le Japon, l’Inde, le Brésil et un petit nombre d’« émergents »). Mais si l’érosion de sa substance matérielle, principalement industrielle, se poursuit, la contradiction apparaîtra entre une économie déclinante et le maintien des outils de sa puissance. C’est la question des moyens qui, alors, devient centrale.

A quelles conditions soutenables la France peut-elle retrouver la croissance nécessaire à son maintien au rang des grandes nations indépendantes ? La dialectique de la fin et des moyens, dans le cadre des contraintes européennes que nous avons acceptées, pose le problème de la volonté politique. En d’autres termes, la France a-t-elle les ressources non seulement matérielles mais aussi morales qui lui permettent de rester une « grande nation » ?

Peu de décisions aujourd’hui se prennent encore explicitement à l’aune de l’intérêt national (quel est sur tel ou tel dossier l’intérêt du pays ?). Le concept même est devenu évanescent. On évoque plus volontiers les « valeurs » qui fonderaient la politique étrangère de la France que son « intérêt » qui serait, par définition, médiocre. La référence aux « Droits de l’Homme », abstraitement définis, a relégué à l’arrière-plan l’intérêt du pays et l’adage gaullien selon lequel « il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités ». On a oublié que le réalisme en politique étrangère était plus soucieux des moyens de la France et souvent plus conforme aux intérêts de l’Humanité : « aller à l’idéal et comprendre le réel », disait déjà Jaurès.

Le sentiment de la France s’est affaissé, particulièrement dans les élites, depuis le début des années 1970, renouant ainsi avec une évolution déjà sensible dans les années 1920-1940. Fin du gaullisme ? Ressac à retardement des années quarante ? Remords colonial ? Choix de l’Europe, « notre avenir », ou tout simplement effet de trois décennies de « globalisation », comme disent les Anglo-Saxons, où l’idée de la France se dissout, presque par définition, dans le « global » ?

Or, le vent a, semble-t-il, tourné. La crise de 2008 n’a pas été surmontée. La mécanique européenne s’est enlisée : avec la crise de la monnaie unique et celle des migrants dans l’espace Schengen, l’idéologie du « postnational » a fortement reculé dans l’opinion. Surtout, depuis les attentats de 2015, le peuple français se resserre autour de la Nation, de la République et de leurs symboles. Un regain de patriotisme se manifeste dans le peuple. La nation reprend des couleurs. Le besoin se fait sentir de « recaréner » la République pour affronter la zone de tempêtes dans laquelle nous sommes entrés, sans doute pour longtemps.

Pour relever la notion même d’intérêt national, il faut évidemment l’inscrire dans un « grand dessein ». Celui-ci peut-il être « l’Europe » ? Mais laquelle ? L’Union européenne à vingt-huit ? La zone euro à dix-neuf ? Ou la « Grande Europe », celle de la géographie, incluant la Russie ? Les contours de l’Europe sont flous. Le sentiment d’appartenance va d’abord à la nation. A la différence des Etats-Unis créés, au départ, autour de treize colonies britanniques, l’Europe est faite d’une trentaine de peuples dont l’identité s’enracine dans une Histoire séculaire, voire millénaire. L’impossibilité de faire émerger à vue d’homme une « nation européenne » rend illusoire aujourd’hui, et sans doute pour longtemps, l’idée d’un « grand saut fédéral ». On le voit avec la monnaie unique, coiffant une zone économique hétérogène où les écarts se creusent naturellement sans que des transferts financiers d’ampleur puissent les compenser, pour des raisons politiques plus encore que juridiques (clause de « no bail out » (2)). Beaucoup plus réaliste que l’idée d’une Fédération européenne, en l’absence d’un sentiment d’appartenance européenne assez puissant, apparaît l’idée d’une Confédération, tendant à bâtir pour le siècle qui vient, une « Europe européenne », renforçant dans les domaines essentiels les solidarités qui unissent, de fait, les grands pays européens. Une telle confédération, née du sentiment d’une solidarité de destin, reposerait sur des coopérations renforcées et peut impliquer des délégations de compétences pourvu qu’elles soient démocratiquement contrôlées. Cette voie est la seule qui permette de concilier l’idée européenne et le respect de la démocratie, à laquelle les peuples européens sont attachés.

On ne peut donc substituer « l’intérêt européen » à l’intérêt national. L’intérêt de l’Humanité, d’un point de vue éthique, est d’ailleurs au-dessus de l’intérêt européen. La République a le souci des valeurs universelles, mais dans le respect des principes du droit international (souveraineté, liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes). L’intérêt européen se confond trop souvent avec la promotion des standards et des normes de l’économie ou de la démocratie libérales, au risque, parfois, de l’ingérence. L’intérêt national consiste donc en priorité, selon moi, à défendre et à fortifier la République dans le cadre d’un grand dessein européen (« l’Europe européenne ») et mondial (le développement et la paix). 

L’intérêt national a-t-il disparu ?

 

La globalisation libérale modifie la hiérarchie des puissances. La montée de la Chine et des émergents entraîne un déclin relatif des pays anciennement industrialisés. Mais ces mutations ne doivent pas conduire à restaurer des « blocs » : l’Occident d’un côté, les émergents de l’autre. L’Occident est pluriel et les émergents le sont aussi. La globalisation, fondée sur la croyance en l’efficience des marchés, conduit en fait au chaos. Pour le prévenir, elle suscite des formes nouvelles d’allégeance. De nouveaux « blocs » apparaissent dans la vie internationale (l’OTAN, les BRICS, etc.). Mais ces blocs sont largement artificiels. Ils coagulent toujours des nations : ce sont les nations qui restent les briques de base de l’ordre international. Le rôle de la France est de contribuer au dialogue des nations et des cultures parce qu’elle n’est pas un pays « occidental » comme un autre. Parce qu’elle a une vocation universaliste, elle ne peut réduire sa politique étrangère à un simple « occidentalisme ». L’indépendance doit rester le maître-mot de notre politique extérieure. Toute politique étrangère est porteuse d’une vision du monde. C’est cette « Weltanschaung » républicaine, au sens classique du terme, qui doit inspirer la politique étrangère de la France dans les temps difficiles qui sont devant nous. La République n’est pas un concept dépassé. Face aux intégrismes religieux, il y a un recours : c’est le patriotisme républicain. La République est, depuis deux siècles, le nom moderne de la France. Celle-ci plonge ses racines dans un passé plus ancien dont la République est l’héritière. Il n’y a donc pas lieu d’opposer la France et la République. Ceux qui pensent que la France a commencé en 1789 se trompent, comme se trompent ceux qui pensent qu’elle s’est arrêtée en 1789. Le patriotisme républicain englobe tout notre passé. C’est cet enracinement dans notre plus vieille histoire qui nous permettra de faire reculer l’hydre du terrorisme et de donner son plein sens à la laïcité : non pas un simple « édit de tolérance », mais une croyance profonde en la capacité des citoyens à trouver ensemble, par l’exercice de la Raison naturelle et dans une fraternité en action, la définition du bien commun. Le patriotisme républicain fait corps avec toute notre Histoire, comme l’ont toujours compris les grands fondateurs ou refondateurs de la République, de Ferry à De Gaulle, sans oublier Marc Bloch. C’est ce patriotisme républicain qui nous permettra de « faire France » à nouveau et de continuer notre Histoire.

a) La France, c’est d’abord sa géographie particulière

« Tout pays, disait Napoléon, a la politique de sa géographie ». La France est à la fois un cap et un isthme.

- Elle est le cap du continent eurasiatique. Les migrations s’arrêtent à l’Océan. Son peuple est naturellement issu de mélanges. De cette situation de cap de l’Eurasie découlent deux tropismes : l’un continental, l’autre océanique et deux axes de politique étrangère : l’un tourné vers l’Europe, l’autre vers le grand large, c’est-à-dire vers le monde.

- Mais la France est aussi un isthme entre la Manche et la Méditerranée : Elle est donc naturellement un trait d’union entre le Sud et le Nord de l’Europe. Il lui incombe donc de rendre vivable cette coexistence de deux Europe(s) très différentes. De son ouverture méditerranéenne découlent également deux politiques étrangères : l’une tournée vers l’Afrique, l’autre vers le Proche et le Moyen-Orient.

- La géographie a également donné à la France une richesse agricole longtemps sans équivalent en Europe et par conséquent une démographie qui a été longtemps dominante et pourrait le redevenir au XXIe siècle, après un hiver démographique prolongé, de la fin du XVIIIe siècle à 1945.

 

b) Plus encore que de la géographie, la France est le fruit de l’Histoire : elle est une création suprêmement politique :

- La vocation à l’indépendance :

La France n’est ni l’Allemagne ni l’Angleterre. Dès le Moyen-Age, elle s’est distinguée des deux autres principales puissances européennes avec lesquelles elle aurait pu se confondre : l’Allemagne (« le roi de France est empereur en son Royaume ») et l’Angleterre (Jeanne d’Arc, à la fin de la guerre de Cent Ans entend « bouter l’Anglais hors de France »). La France est ainsi indépendante par vocation.

Elle a su, après Pavie (1525), desserrer l’étreinte de l’Empire de Charles Quint et établir pendant plus d’un siècle et demi (1648-1815) une hégémonie continentale. Mais elle a perdu à Trafalgar et Waterloo la guerre d’hégémonie maritime et mondiale qu’elle avait engagée avec l’Angleterre qui a su coaliser l’Europe contre la Révolution et l’Empire. Cette défaite manifeste le handicap qui résulte de notre double vocation maritime et continentale. Ce handicap est l’envers de nos atouts.

- Mais la défaite militaire et politique de la France en 1815 a eu pour contrepartie une victoire intellectuelle et morale, celle des principes posés par la Révolution française.

La Révolution française a dans l’Histoire de la France une centralité incontestable : proclamation des droits de l’Homme et du Citoyen, de la souveraineté nationale et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, affirmation de la laïcité dans l’espace public et du rôle de l’Ecole dans la formation du citoyen, construction d’un modèle républicain fondé sur le triptyque – liberté – égalité – fraternité – et doté d’une dynamique propre (la République, en 1945, s’est voulue « sociale ») recherche, en toutes circonstances, d’un intérêt général commun à tous les citoyens, idée du service public, définition de « biens communs ».

- Ce modèle républicain français qui a besoin d’être constamment refondé s’est répandu largement et a influencé l’Europe (traité de Versailles) et le reste du monde à commencer, dès le XIXe siècle, par l’Amérique Latine. Les anciens Empires coloniaux et l’Empire soviétique ont accouché ensuite de jeunes nations, il est vrai aujourd’hui souvent encore fragiles. Mais il n’y a pas de raison de penser que le modèle républicain soit périmé. Simplement il lui faut du temps pour s’inscrire peu à peu dans l’Histoire. Il est frappant de voir que le modèle issu de la Révolution française a survécu à celui né de la Révolution de 1917, qui prétendait le dépasser.

La France s’était créée, au XIXe siècle, en compensation de ses déboires continentaux (Waterloo et Sedan), un deuxième Empire colonial d’où procèdent aujourd’hui une vingtaine de nations indépendantes mais qui ont partagé un temps notre Histoire. Les deux guerres mondiales ont marqué la fin de l’hégémonie des nations européennes au profit des Etats-Unis mais aussi la victoire des idéaux démocratiques d’où ont découlé aussi la décolonisation et la généralisation au monde entier du modèle de l’Etat-nation. Dans ce bilan – provisoire – de l’Histoire, la France peut reconnaître la trace d’une influence dont elle n’a pas à rougir et dont les autres peuples n’ont pas perdu le souvenir. 

L’intérêt national a-t-il disparu ?

c) La France doit au général de Gaulle d’avoir, au XXe siècle, sauvegardé et modernisé le modèle républicain.

Il a, de 1940 à 1945, maintenu la France parmi les démocraties combattantes et ainsi remise au rang des vainqueurs à l’issue d’une longue guerre de trente ans (1914-45). Il a donné à la Libération un contenu économique et social avancé au modèle républicain, à travers le programme du CNR.

En 1958, les institutions de la Ve République ont fait du Président de la République « l’homme de la nation ». Le français, consacré comme langue de la République, est aussi aujourd’hui la langue de la francophonie (plus de 200 millions de locuteurs). La dissuasion nucléaire permet à la France d’assurer sa défense par elle-même, en dernier ressort. C’est le fondement ultime qui autorise l’exercice d’une politique étrangère indépendante. La France, enfin, est depuis 1945 l’un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies. A ce titre, elle se doit de respecter et de faire respecter la légalité internationale, à commencer par les principes qui fondent l’ordre international : souveraineté des Etats, autodétermination des peuples, non-ingérence, concept que vise à tempérer, depuis 2005, la notion de « responsabilité de protéger ».

Ces principes doivent être intégrés par nos décideurs, qui ont eu tendance à s’en écarter ces dernières années (Lybie, Syrie) au plus grand dommage non seulement des populations concernées et de la stabilité du monde mais aussi du rôle de médiation qui, dans un monde pluriel, devrait naturellement incomber à la France.

La montée des pays dits émergents et d’abord de la Chine restera la tendance de fond, par-delà les phases de ralentissement voire de crise. La démographie, l’effet de rattrapage, la mondialisation même, y contribueront. Par temps de crise, ces pays sauront, grâce à l’effet de taille, se doter mieux que d’autres de plans nationaux de développement.

 

Dans ces conditions, les Etats-Unis verront inéluctablement s’éroder leur poids relatif qui reste, aujourd’hui encore, dominant. Ils ont pu vérifier les limites du « hard power » et répugnent aux engagements au sol. Le Président Obama a entrepris une reconversion de leur politique extérieure, mais le « smart power » que les Etats-Unis exercent se fait autant au détriment de leurs alliés que de leurs adversaires : je veux notamment parler de l’extraterritorialité du droit américain qui pénalise gravement nos entreprises, non seulement par le fait des amendes colossales qui leur sont infligées que par l’effet de tétanisation exercé sur nos banques. Nous perdons ainsi des milliards de dollars dans notre commerce avec la Russie et avec l’Iran par l’effet d’une interprétation extensive des sanctions internationales et notamment américaines. Notre tradition d’indépendance nationale devrait nous conduire à suspendre la ratification du traité de libre-échange transatlantique tant qu’un accord ne sera pas intervenu pour mettre un terme à l’abus de position dominante manifeste que constitue l’extraterritorialité du droit américain.

Notre politique étrangère s’est coulée depuis une douzaine d’années dans un « occidentalisme » à courte vue, comme s’il fallait resserrer les rangs derrière les Etats-Unis face à la montée des émergents (Chine, Russie, Iran, etc.). Si les Etats-Unis restent nos alliés de toujours et si notre alliance reste structurante pour le monde de demain, ils doivent aussi respecter nos intérêts. Ce n’est pas le cas dans nos rapports avec la Russie et l’Iran par exemple. Il ne faut donc pas confondre alliance et alignement. Avant de faire partie de la famille des nations occidentales, la France fait partie de la famille des nations humaines. Tout en restant fidèle à ses engagements vis-à-vis de ses alliés européens et occidentaux, la France doit développer ses relations avec les émergents lointains que sont la Chine, l’Inde, le Brésil, mais aussi les émergents plus proches que sont la Turquie et surtout l’Iran avec lequel il est temps de rebâtir une relations de long terme, et bien sûr le monde arabe, notre voisin immédiat : le Maghreb, l’Egypte, le Machreck et les pays du Golfe.

L’indépendance de notre politique étrangère qui répond à la vocation de la France reste une posture adaptée au monde actuel. L’Occident est pluriel. La France y tient une place originale. Mais les émergents eux-mêmes sont pluriels. Nous ne sommes pas dans un match où des puissances anciennement colonisées ou dominées par l’Occident auraient résolu de concert de prendre une revanche historique sur une Europe qui les aurait jadis humiliées. Au contraire, beaucoup d’entre eux ont besoin que l’Europe s’affirme comme un acteur indépendant et non comme un « sous-ensemble » dominé par les Etats-Unis. Evitons les manichéismes. Nous ne sommes pas engagés dans une guerre de civilisations. Il appartient à la France de rompre les engrenages fatals dont se nourrissent l’islamisme radical d’un côté et le néoconservatisme occidentaliste de l’autre.

Notre posture au XXIe siècle.

- Il faut dépasser ces cycles de ressentiment et développer l’empathie à l’égard d’aires culturelles que nous devons connaître mieux. Le monde est pluriel et le maintien du rôle de la France implique que nous restions un passeur entre les cultures.

- L’empathie à l’égard des autres ne signifie pas le déni de soi-même. Notre modèle républicain, souvent critiqué, est plus probablement en avance sur beaucoup d’autres, car la laïcité est une garantie de paix civile entre les citoyens et de concorde entre les religions. Nous n’avons pas à nous excuser d’être ce que nous sommes. Simplement devons-nous faire comprendre le modèle républicain sans agressivité, à la lumière de l’Histoire et des valeurs qu’il porte de liberté et de paix civile.

- Notre politique étrangère doit rompre aussi bien avec un occidentalisme inféodé qu’avec une version pénitentielle de notre Histoire. Le récit national a ses ombres, mais il a aussi ses lumières : le pays qui a fait la Révolution française n’a pas à rougir de son Histoire et la France n’occupe pas la première place au podium des méfaits du colonialisme. Bref, dans nos rapports internationaux, nous devons assumer ce qui fait l’originalité et l’universalité de la France, dans l’esprit de ce que j’ai appelé, comme ministre de l’Education Nationale, « l’élitisme républicain », soucieux simultanément d’assurer l’égalité des chances entre les hommes et de reconnaître les mérites de chacun. La France, au XXIe siècle, doit continuer d’incarner à la fois la démocratie et l’excellence. Nous ne ferons pas, en effet, l’économie de l’effort et de l’innovation, dans une compétition mondiale exacerbée.

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