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Publié par Bob Woodward

Des milices anti-immigrés en Europe ?

 

Samedi 13 février, un groupe de 14 hommes en manteaux noirs avec le symbole des «Soldats d’Odin» a patrouillé pendant trois heures dans des rues de la ville de Tonsberg, dans le sud de la Norvège, a annoncé The Local. Selon le journal local Tønsberg Blad, certaines éminentes figures de l’extrême droite norvégienne, qui ont auparavant été emprisonnées, étaient parmi les activistes.

 «Nous voulons tout simplement que la ville soit sûre» face à l’immigration «incontrôlée», a expliqué Ronny Alte, le porte-parole de l’organisation, au quotidien norvégien VG. «Nous ne nous soucions pas de la religion ou de la couleur de peau», a-t-il ajouté. Il s’agit de la première fois que ce groupe, «patriote» autoproclamé et né en Finlande, fait son apparition en Norvège. Une présence renforcée des forces de l’ordre a été ordonnée par les autorités locales pour éviter tout débordement.

Cependant, le patrouille a rencontré une certaine résistance de la part des habitants de la ville qu’il devait protéger, souligne le journal. Environ soixante personnes se sont rassemblées samedi soir sur la principale place de la ville pour protester contre cette patrouille affirmant combattre un problème qui «n’est pas si grand dans la ville de Tonsberg», selon l’un des manifestants. Des enthousiastes de la culture scandinave étaient également présents pour protester contre l’utilisation des symboles nordiques dans le cadre d’une campagne anti-migrants. Le journal finlandais Aamulehti a publié une histoire jeudi sur un groupe qui a commencé à patrouiller dans les rues de la ville septentrionale de Kemi. Le journal écrit que cela a commencé il y a quelques jours avec un groupe d’hommes vêtus en noir qui se font appeler les soldats d’Odin (…)

Aamulehti a interviewé l’organisateur de la patrouille, Mika Ranta, qui a dit que la raison derrière les patrouilles était «d’augmenter le sentiment de sécurité des individus. » Le document demande a Ranta pourquoi il a créé le groupe. « Nous nous sommes réveillés face à une situation où de nombreuses et différentes cultures se sont rencontrées. Cela a provoqué la peur et l’inquiétude dans la communauté. Nous avons commencé à rassembler un tas de gens (…) Le plus gros problème était quand nous avons appris sur Facebook que les nouveaux demandeurs d’asile regardaient à travers les portes de l’école primaire en regardant les jeunes filles  » (…) Il y a un centre d’accueil des demandeurs d’asile fondée dans la ville septentrionale de Kemi, une ville à un peu moins de 30 km de la ville frontière de Tornio, où la majorité des demandeurs d’asile sont arrivés dans le pays récemment. Par -15 degrés Celsius un soir de février, un escadron de gros bras en bombers lancé sur les traces des « envahisseurs islamiques » arpente les artères enneigées de Kemi, austère citée industrielle de Laponie dominée par les cheminées des usines de pâte à papier.

Les Soldats d’Odin, Dieu nordique et germanique de la fureur et de la guerre, paradent à visage découvert dans leur uniforme noir floqué de l’acronyme « S.O.O. » (Soldiers of Odin).

Si ces groupes d’auto-défense n’ont pas encore trouvé de gibier, c’est qu’il fait trop froid, affirme leur leader, un chauffeur routier de 29 ans. Mais aux beaux jours, assure-t-il à une journaliste de l’AFP, quand les baigneurs se presseront sur les bords des lacs, les « viols commenceront ».

Mika Ranta a créé sa milice, dans cette bourgade à une heure de route au sud du cercle Arctique, lorsque des milliers de réfugiés irakiens ont franchi la frontière suédoise en cherchant à gagner le sud du pays. Ayant essaimé depuis dans une vingtaine de communes, elles compteraient pas moins de 600 membres actifs.

En 2015, la Finlande, pays de 5,4 millions d’habitants, a accueilli plus de 32.000 demandeurs d’asile, l’une des proportions les plus élevées d’Europe.

Un cauchemar pour M. Ranta, néo-nazi revendiqué, condamné pour des violences à caractère raciste en 2005. À l’en croire, son idéologie n’est pourtant pas celle des milices d’Odin.

Des milices anti-immigrés en Europe ?

Ranta a affirmé qu’il y a des centaines de soldats d’Odin à travers le pays. Bien qu’il se décrit comme un national-socialiste sur sa page Facebook, il affirme que ses «opinions sont les siennes » et qu’il y a toutes sortes de gens dans ce groupe « familial ». Aamulehti a également publié une photo de certains membres du groupe, qui semble essentiellement constitué d’hommes vêtus de sombre blousons en nylon, dont beaucoup semblent être brodé avec un acronyme du groupe. La plupart des membres n’a pas consenti à être photographié, et tourné le dos pour le cliché. Mais les cinq membres du premier plan qui ont accepté la photo ont tous été répertoriés comme ayant des noms finlandais (…) La police finlandaise a déclaré au journal qu’elle ne recommande pas ces patrouilles ou des actions comme celles-ci « en toutes circonstances. » (…)

Baptisé en l'honneur d’un dieu du bastion nordique, le groupe a été fondé fin 2015 dans la ville de Kemi (nord de la Finlande), située non loin de Tornio, l’un des plus importants points de passage des migrants en Finlande. Les «Soldats d’Odin» se disent être «une organisation patriotique luttant pour toute la Finlande» et dont les patrouilles sont censées «faire fuir les intrus islamistes» qui «engendrent insécurité et hausse de la criminalité».Arborant vestes noires, symboles vikings et drapeaux finlandais, les autoproclamés "soldats d'Odin" circulent dans les rues pour "protéger les Finlandais de naissance des immigrés". Comme les autres États d'Europe, le pays est confronté à un afflux masif de réfugiés. Il en a accueilli 32 000 en 2015, contre seulement 3 600 l'année précédente. Mais contrairement à la Suède, la Finlande n'est pas habituée à recevoir des demandeurs d'asile. 

La milice des soldats d'Odin, baptisés ainsi en référence à un dieu scandinave, a été fondée à la fin de l'année dernière par un groupe de jeunes hommes à Kemi, dans le nord du pays, non loin d'une frontière devenue un point d'entrée pour les migrants provenant de Suède.

Depuis, le mouvement s'est étendu à d'autres endroits, ses membres se revendiquant "les yeux et les oreilles de la police". Ils reprochent aux "envahisseurs islamistes" une prétendue hausse de la criminalité, et organisent des manifestations anti-immigration. La page Facebook du groupe comptabilise 7 600 "likes". Comme à Cologne et dans d’autres villes allemandes, ou encore comme en Suède, la population finlandaise n’est pas épargnée par les agressions commises par des « hommes d’origine étrangère ». Ce fut le cas à Helsinki à l’occasion du Nouvel An, mais également lors de la tenue d’événements publics à l’automne dernier. Les cas de harcèlement sexuel ont doublé au cours des 4 derniers mois de 2015 pour atteindre le chiffre de 147 plaintes déposées, contre 75 au cours de la même période, un an plus tôt.

Pour autant, le gouvernement finlandais a fait savoir qu’il ne voulait pas de ces groupes d’autodéfense dans la mesure où « seule la police est dépositaire de la loi et apte à maintenir l’ordre », selon les propos du Premier Ministre, Juha Sipila.

Les membres du groupe d’autodéfense se définissent comme « organisation patriotique combattant pour une Finlande blanche ». Alors que des manifestants masqués ont défilé dans les rues de Leipzig, en Allemagne, scandant des slogans à la tonalité raciste et qu’un homme armé s’en est pris à deux immigrants en octobre dernier en Suède, la police finlandaise observe de près ces « Soldats d’Odin » dont « certains ont un lien avec des mouvements extrémistes » selon les services de renseignement locaux.

"Des patrouilles civiles ne peuvent pas revendiquer l'autorité de la police", a déclaré récemment le Premier Ministre finlandais sur une chaîne de télévision publique. De fait, la majorité des Finlandais désapprouve cette milice, mais son expansion traduit le malaise social qui frappe le pays depuis qu'une récession de trois ans est venue imposer d'importantes coupes budgétaires, réduisant l'État-providence. Sans faire grand zèle, les policiers finlandais désapprouvent l’initiative des Soldats d’Odin, et le ministre de l’Intérieur Petteri Orpo a dénoncé un mouvement aux tendances « extrémistes ».

D’autres ont réagi avec humour. Les Soeurs de Kyllikki empruntent leur nom à une figure féminine, joviale et pacifiste de la mythologie nationale. Ces « soeurs », ce sont des femmes, des mères et des filles de Kemi, retraitées ou en activité, qui se sont trouvées sur Facebook.

Dès qu’elles en ont le loisir, elles se réunissent dans le centre-ville pour dispenser leur bonne humeur et distribuer des « bons » pour « un câlin ».

Leur initiative suscite parfois la méfiance dans ce pays de pudeur partagée, où parler à un étranger et manifester son affection ne vont pas de soi.

« Nous sommes ici pour montrer que Kemi est sûre et tranquille, que les gens devraient faire attention les uns aux autres », explique la « grande soeur » Katja Hietala. « Cela fait au moins huit ans que nous avons un centre d’accueil (pour demandeurs d’asile) et il n’y a jamais eu de problème », plaide-t-elle.

« Je crains plus les Soldats d’Odin parce qu’ils sont beaucoup plus effrayants que quiconque ici », approuve une passante d’une vingtaine d’années.

Mervi Sotisaari, 56 ans, n’est pas de cet avis. Elle dit avoir déjà été suivie par un réfugié qui voulait une relation avec elle.

« Cela ne me dérangerait pas qu’ils (les Soldats d’Odin) patrouillent plus souvent le soir (…). Du moment qu’ils se comportent bien. Ce n’est pas agréable de vivre dans la peur », confie cette mère de trois enfants.

Ailleurs en Finlande, comme dans la grande ville méridionale de Tampere, des anonymes se griment en clowns et défilent bruyamment en guise de bienvenue aux migrants. Ils se sont baptisés « Loldiers of Odin ».

 

Des milices anti-immigrés en Europe ?

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