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Publié par Bob Woodward

Comores: une marionnette de plus à la merci de Riyad ?

 

A la suite de l'Arabie saoudite, les Comores auraient rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran. L'archipel des Comores condamnait l'attaque de l'ambassade saoudienne à Téhéran dans la nuit de samedi à dimanche par des partisans radicaux du régime, qui protestaient contre l'exécution en Arabie saoudite de l'opposant et clerc chiite Nimr Baqer Al-Nimr. Les Comores s'affichent ainsi parmi les alliés les plus réactifs de l'Arabie saoudite, avec Bahreïn, les Emirats arabes unis (EAU) et le Koweït dans le conflit qui oppose la monarchie arabe sunnite à son rival régional chiite.

L'Iran risque de perdre ainsi officiellement sa principale stratégie sur l'archipel , porte d'entrée du chiisme sur l'océan indien qui a été instaurée par la politique de l'ancien Président Ahmed Abdallah Sambi . Il est important de rappeler que l'Arabie saoudite a accordé, il y a moins de 2 mois, 20 milliards de francs à l'Union des Comores sous forme d'aide budgétaire .

Conjuguée à une solidarité religieuse sunnite avec la monarchie saoudienne , aurait poussé Ikililou Dhoinine à abandonner son alliance avec Téhéran née pour créer de conflits entre sunnite et chiite aux Comores , une situation que l'ex-président Sambi voulait à tout prix semer le chaos aux Comores .

A titre de rappel , c'est un simple geste de consolidation des relations avec l'Arabie saoudite, les liens entre les Comores et l'Iran ont été largement amplifiés par le régime de Sambi pour implanter le chiisme aux Comores et le propager dans l'océan indien , mais le partenaire privilégié est bel et bien l'Arabie saoudite. Les Comores ont décidé de rappeler leur ambassadeur en Iran pour témoigner de leur "solidarité" envers l’Arabie saoudite, au moment où les tensions sont extrêmement vives entre Téhéran et Ryad, a rapporté jeudi le quotidien gouvernemental comorien Al-Watwan.

Dans un communiqué cité par le journal, le ministère comorien des Relations extérieures souligne la "solidarité et l’amitié" entre les Comores et l’Arabie saoudite, et "condamne avec la plus grande fermeté toute ingérence dans les affaires intérieures saoudiennes".

Moroni impute à la République islamique d’Iran le "climat d’escalade et d’agressions gratuites" contre l’Arabie saoudite.

Déjà tendues, les relations entre l’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite ont dégénéré en crise ouverte début janvier. Ryad a rompu dimanche ses relations avec l’Iran à la suite de l’attaque de ses missions diplomatiques la veille à Téhéran et à Machhad (nord-est de l’Iran) par des manifestants en colère qui protestaient contre l’exécution du dignitaire religieux chiite saoudien, cheikh Nimr al-Baqer al-Nimr.

La décision des Comores intervient au lendemain de la visite à Moroni d’une délégation saoudienne, composée de civils et de militaires et venue s’enquérir des besoins des Comores dans plusieurs domaines, dont l’énergie.

En décembre 2015, à l’issue d’une visite du président comorien Ikililou Dhoinine à Ryad, l’Arabie saoudite avait accordé à Moroni une aide financière de 40 millions de dollars qui a permis au gouvernement comorien d’éponger trois mois d’impayés de salaires des fonctionnaires. Une partie de la somme a permis, selon les dires de milieu autorisés, de financer la campagne de Mamadou, ministre des finances. Chaque électeur potentiel reçoit 50 euros de l’équipe de Mamadou…le ministre  semble être très attaché aux règles de la démocratie !

Comores: une marionnette de plus à la merci de Riyad ?

 

Petit archipel pauvre de l’océan Indien islamisé depuis le XIIe siècle, ancienne "République fédérale islamique", les Comores comptent 99% de musulmans.

Une mission saoudienne conduite par le conseiller au cabinet royal Ahmed Al-Hatub et le chef de la coalition militaire arabe au Yémen, le général Ahmed Al-Ansir, a en outre séjourné à Moroni, mardi 5 janvier.

Selon le ministre comorien des Relations extérieures, Abdoulkarim Mohamed, cette mission est dépêchée aux Comores par le vice-prince héritier du roi saoudien suite à la dernière visite effectuée par le chef de l’Etat Ikililou Dhoinine à Riyad.

Composée de personnalités civiles et militaires, la délégation est chargée de suivre l’état d’évolution des projets financés par le royaume d'Arabie Saoudite au profit des Comores, notamment l’aide budgétaire de vingt milliards accordée tout récemment au gouvernement.

Selon le patron de la diplomatie comorienne, plusieurs projets d’investissement sont soumis à la mission afin qu’elle puisse, à son tour, les présenter aux autorités saoudiennes pour examiner la manière dont elles peuvent soutenir le développement socio-économique et culturel de l’archipel. Pour le chef de la délégation saoudienne, Ahmed Al-Hatub, l’objectif de ce séjour est de ‘‘venir auprès du peuple frère comorien pour identifier les besoins les plus urgents et les secteurs dans lesquels le gouvernement saoudien peut intervenir’’. Il a déclaré être porteur d’un message spécial du roi Salman Ben Abdelanziz au président Ikililou Dhoinine.

Arrivée aux environs d’une heure du matin, la délégation a rencontré tôt dans la matinée le 5 janvier le ministre des Relations extérieures, le vice-président chargé des Finances, le directeur de cabinet du chef de l’Etat chargé de la Défense, ainsi que le chef de l’Etat, IkililouDhoinine, au palais de Beit-salam.

Les autorités ont loué au cours d’une conférence de presse, les relations exemplaires avec le Royaume de l’Arabie Saoudite. Cela une semaine après l’annonce par le chef de l’Etat, de 40 millions de dollars d’aide budgétaire offerts par le Royaume.

Il a fallu que les autorités saoudiennes se fâchent pour que le gouvernement comorien sorte enfin de son silence et daigne remercier publiquement les autorités saoudiennes de l’importante aide budgétaire qu’elles ont apporté au pays.

Ces sont les deux vice-présidents et le ministre de l’intérieur, également porte-parole du gouvernement, qui s’en sont chargés cela afin de désamorcer la colère des autorités saoudiennes. Une mission accomplie au vu de la pluie d’éloges qui tombait à chacune de leurs interventions.

Avant d’évoquer les 40 millions de dollars généreusement offerts par le Royaume, objet de la conférence, le vice-président Mohamed Ali Soilih s’est laissé aller dans une explication élogieuse de la place de l’Arabie Saoudite dans le monde arabe et de son influence dans le monde.

D’après l’argentier du pays, le Royaume saoudien est parmi les premiers pays ayant soutenu et accompagné les Comores indépendantes. Il a loué les efforts du Fonds Saoudien qui auraient financé plusieurs projets, surtout d’infrastructures, qu’il s’est appliqué à énumérer un a un.

« Si aujourd’hui les Comores sont éligibles sur d’autres projets, c’est parce que ce fonds a effacé entièrement nos dettes », a déclaré Mohamed Ali Soilih. D’après lui, ce Fonds aurait déjà promis 50 à 55 millions de dollars pour financer des projets d’infrastructure de base...et aurait, selon les dires de responsables proches du ministre, rempli les poches du ministre en vue de l'élection présidentielle...les électeurs (et la presse) semblent s'acheter pour Mamadou qui, curieusement, défend depuis décembre 2015 les valeurs de rigueur musulmane ! La vertu semble être son nouveau cheval de bataille, alors que lui-même est accusé dans de nombreuses affaires de moeurs et de corruption.

Houmedi Msaidié, porte-parole du gouvernement et ministre de l'intérieur, apprécie le rôle de coulisse que joue le Royaume Saoudien en faveur des Comores dans les institutions de Breton Woods dont il est un membre influant.

« Si nous en sommes arrivés là, c’est grâce aux réformes que le gouvernement ont entamé », a-t-il dit. « Notre coopération avec ce grand ami a beaucoup accéléré ces derniers temps avec la nomination d’un ambassadeur plénipotentiaire dans le pays », a déclaré Mohamed Ali Soilih. En achetant le silence de la presse par des billets de banques, Mamadou contrôle pratiquement la presse comorienne. Vous allez comprendre tout de suite que cela n’a rien d’un fantasme mais allons par étape.

Comores: une marionnette de plus à la merci de Riyad ?

Dans les médias privés, Mohamed Ali Soilihi a développé des publireportages «La lettre économique» qui rapportent beaucoup de sous, une aubaine, pour une presse qui peine à boucler ses fins de mois. Dans un pays où s’acheter un journal est un luxe, la presse n’a pas les moyens de refuser l’argent du puissant ministre des Finances. La Gazette, Albilad ou encore Le nouvel Observateur se pourlèchent les babines en attendant la fameuse lettre économique, elle vaut 200 000 francs par publication.

Prenons un exemple éloquent : Dans l’affaire des détournements présumés de la redevance des bateaux battants pavillons comoriens, plusieurs noms ont été cités dont celui qui revenait souvent ZOUBEIR AHMED SOUFIANE. Il aurait perçu dans son compte personnel quelques 100 millions de francs venant d’Akram Sheikh alors gestionnaire des pavillons comoriens. Un média privé avait dénoncé ce crime économique et avait poussé à la démission le ministre des Transports Rastami Mouhidine. Pourtant, le ministre des Finances de 2008, qui n’est autre que Mamadou, qui avait ordonné à Akram de verser ces fonds dans le compte de Zoubeir a été curieusement épargné. En d’autres termes, les complices ont été dénoncés et dénigrés mais pas l’auteur. Le quotidien privé « indépendant » a choisi de se taire pour préserver sa principale source d’argent, estimé à 800 000 francs par mois, l’équivalent de la masse salariale. Les exemples sont légions et Mamadou marche dans la presse comme dans un tapis rouge.

A l’Office de la radio et de la télévision des Comores (ORTC), Mamadou n’a pas besoin de donner des consignes. Son ancien Directeur de cabinet, Soilih Mohamed Soilih (Sms) veille à ce qu’on ne touche pas un cheveu de «l’artiste» comme il le surnomme.

En outre Mamadou verse à tout électeur une somme d’environ 50 euros afin de gagner l’élection présidentielle. Cet argent vient directement d’Arabie Saoudite par caisses entières via le port de Moroni. Les investisseurs étrangers au courant de ces manauvres grossières se detachment progresseivement de ce candidat si sulfureux. Bolloré Africa Logistics, qui gère le port de Moroni depuis 2012, ne souhaite plus “subventionner” de telles methodes, selon les dires d’un responsable de la compagnie. Même le Quai d'Orsay s'inquiète des dérives du ministre Mamadou.

Montrant sa volonté de rester un partenaire crédible dans la lutte contre le terrorisme, l'Arabie Saoudite a formé une coalition islamique antiterroriste de 34 pays, a annoncé mardi l'agence officielle Spa. En font partie l’Égypte et le Sénégal parmi de nombreux autres États africains.

Cette coalition, placée sous la conduite de l’Arabie saoudite, sera dotée d’un centre de commandement basé à Ryad pour soutenir les opérations militaires dans la lutte contre le terrorisme, a ajouté l’agence Spa, mardi 14 décembre. Sans surprise, l’Iran est exclu de la liste.

En revanche, l’Afrique y est très représentée. Selon le communiqué de l'agence saoudienne, une vingtaine d’États africains ont rejoint la coalition : le Bénin, le Tchad, la Tunisie, le Togo, le Sénégal, Djibouti, le Soudan, la Sierra Leone, la Somalie, le Gabon, la Guinée, les Comores, la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali, l’Égypte, le Maroc, la Mauritanie, le Niger et le Nigeria.

Dix autres pays musulmans, dont l’Indonésie, soutiennent la nouvelle coalition et pourraient se joindre à elle ultérieurement, précise encore l’agence Spa.

« Cette coalition témoigne du souci du monde islamique à combattre le terrorisme et à être un partenaire dans la lutte mondiale contre ce fléau », a déclaré devant la presse le futur prince héritier et ministre saoudien de la Défense, Mohamed Ben Salmane.

L’Arabie saoudite, déjà à l'initiative au Yémen, fait partie aussi de la coalition internationale qui, sous la conduite des Etats-Unis, combat le groupe jihadiste État islamique en Syrie et en Irak. Pour l’heure, aucune précision n’a été fournie sur les opérations que mènera la coalition. Seul objectif affiché : « combattre toute organisation terroriste », a déclaré le prince Mohamed, fils du souverain saoudien…et financer Mamadou, le bon apôtre du régime saoudien et du wahhabisme le plus radical.

Les Comores deviendraient-elles un nouvelle terre du djihad salafiste sous le regard bienveillant de Mamadou ?

Comores: une marionnette de plus à la merci de Riyad ?

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