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Publié par Bob Woodward

Comores: un ministre des finances qui sait financer ses propres comptes...

La section des comptes de la Cour suprême comorienne a publié, le 2 décembre dernier, le rapport annuel sur l’exécution de loi de finances 2014. L’instance présidé  par Ahmed Elarif Hamidi, a passé au peine fin les comptes des îles et de l’Union et  a observé que « la gestion du budget 2014 est contraire aux pratiques généralement admises en matière de gestion des finances publiques. Il y a un manque de lisibilité des objectifs assignés à la loi des finances dans la gestion du budget de l’Etat». Une pierre jetée dans le jardin de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou), Vice-président sortant en charges des finances et candidat du parti Updc, parti pouvoir, pour l’élection présidentielle. Cet « homme d’Etat expérimenté », tant vanté par ses partisans serait-il un piètre gestionnaire ?

Dans son rapport d’une trentaine de pages, la Cour des Comptes rappelle que le budget 2014 avait comme priorité de « créer les conditions d’une croissance économique forte et équilibrée susceptible de résorber les déficits existants au niveau économique et social » et de « poursuivre les réformes des finances publiques engagées dans le cadre de l’IPPTE ».

Au final, ce qui a été constaté c’est que « le déficit s’est fortement aggravé en passant de 1730 millions en 2013 à 3 020 millions francs comoriens en 2014 ». Les dépassements de crédits surtout dans la gestion de la masse salariale et l’acquisition des biens et services seraient à l’origine de  ce niveau du déficit budgétaire.

Pour ce qui concerne « les réformes des finances publiques engagées dans le cadre de l’IPPTE » la Cour des Comptes constate qu’elles « n’ont pas produits les résultats attendus » affirmant que « l’admission des Comores à l’ « initiative Pays Pauvre Très Endetté (IPPTE) » n’est pas valorisée et les retombés issus des résultats de l’annulation ou du rééchelonnement de la dette ne figurent pas de manière précise sur les chapitres de la loi des finances 2014 ».

Sur ce même volet, la Section des Comptes constate que « les données produites par le ministère des finances ne relatent pas les détails du montant des recettes réalisées au titre de l’IPPTE » ajoutant que « faute de n’avoir pas une vision globale sur l’exécution du programme IPPTE, les comptes et les situations comptables ne lui permettent pas de porter un jugement sur le respect de l’engagement du Gouvernement par rapport à l’exposé des motifs à savoir le financement des dépenses exclusivement à caractère social. Elle ne peut non plus, faute de non exhaustivité des pièces justificatives à l’exécution du budget 2014, établir un état complet des reformes publiques engagées dans le cadre de l’IPPTE 2014 ».

La Cour des Comptes s’est, en outre,  penché sur les traitements des salaires payés aux agents de l’Etat qui  représentent 50,1% des dépenses ordinaires.

A ce niveau, « la Cour constate un amalgame de chiffres sur le montant de salaires ordonnancée et payées. D’abord sur les salaires ordonnancés, le trésor sort un montant de 10 065 196 742 FC. Ce montant est supérieur des salaires ordonnancés du compte administratif de 926 163 766 FC. Ainsi, les salaires ordonnancés par le trésor de l’Union (10 065 196 742 FC), sont largement supérieurs aux prévisions budgétaires finales avec un dépassement total de 604 032 976 FC. Par ailleurs, nous constatons que la gestion des salaires dans toutes les entités est caractérisée par un dépassement de crédit ».

La Cour des Comptes s’est enfin intéressée à la gestion de l’aide extérieure. Sur ce point, elle relève que « les investissements financés sur ressources externes sont gérés par le Commissariat Général au Plan en dehors du circuit budgétaire (Trésor, Budget) ». Ainsi, la Cour déplore l’absence de traçabilité des opérations financières de ces ressources externes et ce, d’autant plus que le Trésor public et la direction générale du budget ne sont pas impliqués dans la gestion de ces ressources. La Section des Comptes prononce une réserve quant à l’exhaustivité et la fiabilité des données budgétaires à ce sujet. enfin, la Cour recommande au « Ministère des finances et au Commissariat Général au Plan de mettre fin à cette gestion opaque ». Sera-t-elle entendue?

Comores: un ministre des finances qui sait financer ses propres comptes...

Corruption et mauvaise gouvernance ont continué à prospérer sous les yeux de la « communauté internationale » : aux Comores, comme l’atteste la récente découverte de 40 millionsd’euros dans des comptes à l’ étranger, le colonel Azali a pillé le Trésor Public et distribué les contrats publics à la coterieformée par ses proches, comme le fai t actuellement Mohamed Ali Soihili Mamadou, ministre des finances des Comores.

La candidature de Mohamed Ali Soilihi Mamadou, Ministre comorien des finances, peut donc faire sourire. Qui est donc cet éléphant de la politique comorienne?

Mohamed Ali Soilihi Mamadou a été de tous les gouvernements et a occupé des postes ministériels. Aujourd'hui il est devenu le tout puissant Ministre de l'économie et des finances de l'union des Comores, Vice-Président, du gouvernement de Ikililou.

Les problèmes en suspens et non résolus par Mohamed Ali Soilihi Mamadou sont nombreux: énergie, les arriérés de salaires, les routes impraticables, l'état en démembrement des hôpitaux,la descolarisation importante qui sont de la responsabilité de ce ministre….sans compter les soupçons de pédophilie !

Le 8 janvier 2013, les parents d'une jeune fille âgée de 13 ans, se plaignent auprès des forces de l'ordre, concernant l'enlèvement et la sequestration dans une maison appartenant à un ami de Mohamed Ali Soilihi Mamadou. Et le suspect décrit par l'enfant est le vice président chargé du Ministère des finances, de l'Economie, du Budget, de l'investissement , du commerce extérieur et aussi de la privatisation Monsieur Mohamed Ali Soilihi Mamadou. L’affaire fait la une des sites web spécialisés sur l’actualité comorienne. Mamadou est banni, par toute une population. « Un tel homme ne peut pas diriger notre pays, si les faits sont avérés », nous confie un expatrié comorien en France, respectant tout de même la présomption d’innocence. La jeune fille âgée de 13 ans aurait retrouvé sa liberté après avoir été séquestré dans une maison d’un ami de Mamadou à Moroni, la capitale comorienne. Le Président de l’Union des Comores, en personne, aurait été informé de l’affaire, et aurait préféré garder le silence, ou plutôt essayer d’étouffer l’affaire. Mais c’était sans compter avec la volonté de la famille de la jeune fille, écœurée par l’histoire, prête à en découdre s’il le faut. Après avoir été interpellé par le père de la victime, le directeur de Cabinet chargé de la Défense, Hamada Madi Bolero, avec la complicité du présumé pédophile, aurait tout simplement voulu classer l’affaire sans suite, pour éviter de porter préjudice à l’Etat. Mais la rumeur s’est très vite propagée, et la famille de la victime aurait même été identifiée. Le père, un militaire à la retraite, qui a intégré la toute nouvelle brigade des Sapeurs pompiers, détiendrait une bande sonore prouvant la culpabilité de Mamadou. L’Etat qui voudrait à tout prix récupérer la bande, menacerait le père d’exclusion de la brigade des pompiers.

Un véritable scandale dans lequel la population comorienne soutient sans équivoque la famille, et demande à ce que la lumière soit faite sur cette affaire. Un peu de pression sur la police et sur la famille de cette jeune fille a permis au ministre d’éviter un procès. Sans compter les affaires de corruption qui ponctuent ses années à la tête du ministère: coupures d’électricité à répétition, problème d’alimentation en eau... Les habitants de Moroni, la capitale des Comores, subissent au quotidien ces difficultés. 

Comores: un ministre des finances qui sait financer ses propres comptes...

La corruption semble ponctuer ses années à la tête du ministère des finances. Mamadou, c’est l’homme de  l’Affaire Boule Mining qui a signé un contrat de dix ans d’exploration suivie d’une période de trente-cinq ans d’exploitation sans que le gouvernement comorien n’ait d’aucun droit juridique ou financier sur les données des explorations faites par cette société. Un contrat signé en catimini pour percevoir une commission de plus de 300.000 euros ! C’est aussi l’homme de l’Affaire Colas qui a chassé une société turque spécialisée à la réfection de routes dont le travail a été salué par toute la population pour imposer une autre société Colas. C’est aussi l’homme de l’Affaire Lafarge une société qui devait créer une usine de ciments, mais au lieu de ce fait, a contourné le contrat pour importer et vendre en concurrençant illégalement les grossistes comoriens. Mamadou c’est également l’homme de l’Affaire de Handouli qui a signé un contrat de fortage et d’exploitation des cailloux  exportés en Mozambique dont le droit de résilier est donné exclusivement à Colas. Même en cas de mauvaise exécution du contrat, l’État comorien ni la région de Handouli ne peuvent pas annuler le contrat. De l’affaire Boule-Mining à l’affaire COLAS (COLAS a obtenu l'exclusivité de la construction des routes comoriennes: un premier contrat a été signé pour 10 millions d'euros pour 41km de route dans les trois îles), en passant par l’affaire Handouli et l’affaire-Lafarge, à chaque fois, le procédé est identique : corruption organisée,  falsification de signatures, pot de vin, favoritisme, concurrence déloyale etc. Le mode opératoire est toujours le même : Mamadou  signe un contrat qu’il ne devrait pas signer ou sans  en avoir lu le contenu, et s’intéresse au pot de vin tout exposant les Comores dans un désastre économique et financier. Le fortune de Mamadou est estimée à plus de 5 millions d’euros sans compter les multiples villas qu’il posède en France et aux Comores ! Sans oublier les fonds saoudiens versés dernièrement afin que les Comores soient solidaires de l'Arabie saoudite et rompent ses relations avec l'Iran après l'attaque à Téhéran de l'ambassade saoudienne (suite à l'exécution d'un leader chiite à Riyad) !

La corruption est bien visible aux Comores comme dans beaucoup de pays africains. Elle est pratiquée tous les jours et partout dans les institutions publiques. Elle appauvrit le pays par les détournements de deniers publics.

Les présidents AZALI ASSOUMANI, AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI et IKILILLOU DHOININE  ont fait de la lutte contre la corruption leur cheval de bataille. Mais ils ont tous échoué. IKILILLOU a mis en place une structure contre la corruption. Une structure qui n’a encore proposé aucune feuille de route contre celle-ci.

Depuis maintenant trois ans, personne ne sait et ne peut dire le travail entrepris par la Commission anti-corruption pour éradiquer cette maladie grave qui gangrène aussi bien l’économie que la population comorienne. Beaucoup parmi nous, nous nous demandons comment fonctionne cette structure ?

Comment est-il possible d’éradiquer la corruption aux Comores ? Une Commission anti-corruption aux moyens humains et matériels réduit est-elle capable de mener un tel combat ? Quelles démarches l’Etat comorien doit-il entreprendre pour réduire cette pratique détestable et malsaine ?

Il serait urgent que le ministre des finances ne soit plus aux manettes de l'Etat comorien afin que ce système de corruption généralisée cesse. De nombreuses entreprises françaises commencent à se désolisariser de ce ministre des finances qui a joué sur un système de corruption très remarqué au point que les Nations Unies et Transparency International, principale organisation de la socité civile de lutte contre la corruption, ont ouvert un dossier d'enquête à New York. Mamadou pourra-t-il indéfiniment se jouer des enquêtes internationales et profiter de la manne de sociétés françaises dont la renommée peut être rapidement entachée?

Comores: un ministre des finances qui sait financer ses propres comptes...

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