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Publié par Bob Woodward

Depuis 55 ans de l'indépendance de la République centrafricaine ne cesse de connaître des séries de crises perpétrées par les acteurs politiques qui ont ébranlé et bouleversé le tissu économique, politique, santé, éducatif, environnemental et l'autorité de l'Etat. Les élections présidentielles en Centrafrique seront vraiment cruciales donnant l’espoir d’une meilleur avenir et enfin de la paix. L’information n’avait ces derniers jours que la forme d’une rumeur comme Bangui en produit chaque jour des dizaines ; elle a été confirmée jeudi 24 décembre après-midi. Le premier tour des élections présidentielle et législatives prévu dimanche a été décalé au mercredi 30. Cette décision, qui doit encore être validée par la Cour constitutionnelle, a été annoncée par le premier ministre, Mahamat Kamoun, à l’issue d’une réunion à la présidence avec l’Autorité nationale des élections, l’institution chargée d’organiser les différents scrutins, des candidats, la Mission des Nations unies et des représentants du corps diplomatique.

Presidentielle RCA : un " Lula africain " ?

 

Ce nouveau report n’est pas lié à la situation sécuritaire, meilleure ces derniers jours, mais à « des raisons techniques », soulignent plusieurs sources impliquées dans l’organisation de ces scrutins, jugés capitaux pour permettre à la République centrafricaine de sortir de trois années de crise aiguë. « Ce report a été décidé suite aux difficultés de dernière minute afin de permettre une organisation réussie de ces élections », affirme M. Kamoun. En effet, si les urnes et les isoloirs sont restés en province après le référendum constitutionnel du 13 décembre, les bulletins, les formulaires servant à l’établissement des procès-verbaux de décompte des suffrages, n’ont pas encore été acheminés dans les quelque 2 600 centres de vote. Autre raison invoquée pour décaler le vote : le niveau déplorable des agents électoraux constaté lors du référendum. Environ la moitié des procès-verbaux redescendus à Bangui étaient invalides ou inutilisables. Pour un référendum qui avait valeur de répétition générale et dont l’enjeu n’était pas forcément compris par la population, cela n’a pas eu de conséquences considérables mais pour une élection présidentielle qui s’annonce indécise, un fiasco de cette ampleur aurait été l’assurance de contestations immédiates de la part des candidats déclarés vaincus. Sur le plan logistique l'organisation des élections est un défi, vu l'état des moyens de communication, particulièrement des routes et de la téléphonie. La présence de groupes armés issus de l'ex-Séléka ou des milices majoritairement chrétiennes et animistes anti-balaka, qui tendent des embuscades le long des axes routiers, compliquent les modalités de tenue du scrutin.

Quelque10 000 casques bleus de la force Minusca sont mobilisés pour assurer la sécurité du vote et aider à l'acheminement du matériel électoral (urnes, bulletins) tandis que les forces de sécurité nationales restent embryonnaires. "La Minusca, en partenariat avec les forces de sécurité intérieure centrafricaines et [la force française] Sangaris, veilleront à ce que chaque Centrafricain puisse voter en toute sécurité", a indiqué mercredi la force onusienne, précisant que des mesures avaient également été prises pour "protéger les candidats" en campagne.

Malgré les obstacles, dans ce pays de 4,8 millions d'habitants parmi les plus pauvres au monde, les électeurs se sont massivement inscrits sur les listes électorales, témoignage d'une forte volonté d'en finir avec la loi des armes.

De nombreux candidats se presentment aux électeurs…mais qu’en est-il de leur probité après tant d’années de corruption et de népotisme dans cette république au coeur de l’Afrique.

Presidentielle RCA : un " Lula africain " ?

 

Un candidat cependant semble se dégager pour sa droiture : Théophile Sonny Colé, connu son intégrité dans les fonctions qu’il a occupées en RCA notamment à l’Assemblée nationale et surtout dans la plus grande centrale syndicale du pays, l’Union Syndicale des Travailleurs de Centrafrique (l’USTC) qui s’engageait dans la bataille de la présidentielle est une personnalité politique atypique.

Considéré par certaine comme le « Lula africain » reste humble quand on évoque cette ressemblance et parle avec admiration de l’ancien Président brésilien. « Le Camarade et Président Lula est un grand homme d’Etat de ce monde, qui a transformé le Brésil, un grand pays. Je ne prétends pas que l’on me compare à ce grand homme, qui a marqué son pays et le tiers monde. Mais j’avoue que je m’inspire de ce qu’il a fait pour son pays, tout en ayant à l’esprit que la Centrafrique a ses spécificités. »

A l’image de Lula, il veut donner une image de dialogue sociale, de relations et d’échanges avec la population. La Centrafrique aurait-elle l’ambition de suivre le chemin du Brésil ?

« Mon pays est dans une situation de chaos, ce chaos a aggravé la situation de précarité dans laquelle se trouve aujourd’hui le peuple centrafricain, situation  que personne en commençant par moi ne peut accepter. C’est donc par devoir que je me suis engagé dans cette bataille » explique faisant constat de la situation désastreuse de RCA et de ses compatriotes.

Le candidat Théophile Sonny Colé répète qu’il ne peut pas croiser les bras face à cette situation dramatique. En tant que centrafricain responsable et syndicaliste, il préfère s’engager à fond pour sortir son pays du gouffre. TSC, comme l’appellent ces amis et supporters, promet beaucoup, mais parviendra-t-il à mener à bien les réformes nécessaires ?

Presidentielle RCA : un " Lula africain " ?

Il estime que son premier soutien est le soutien du peuple centrafricain. Ensuite le syndicat qui fait partie de la société civile centrafricaine. Comme il attend que la société civile centrafricaine se mobilise autour de son programme de société. « Et comme nous attendons fonder une nation, le concours des bonnes volontés sera appréciable » affirme-t-il.

 

Il souligne l’importance de son expérience à la tête du mouvement syndicaliste. Car le syndicat lui a permis d’unir les travailleurs de toutes les religions, de toutes les obédiences et il lui a permis d’unir les travailleurs adhérents des différents partis politiques. Et cette une expérience est unique parce que dans les turbulences qui ont secoués ce pays, les centrales syndicats ont toujours fait preuve d’unité.

 

Cependant la relance économique est une illusion tant que la sécurité dans le pays ne sera pas rétablie. Comme le dit TSC, la relance se fera « si nous inspirons confiance à nous même et aux autres. Personne ne peut investir si la confiance n’est pas là ». Mais après tant d’années de chaos, la confiance sera difficile à rétablir… avec plus de 30 candidats à l’élection présidentielle, comment les électeurs chrétiens, musulmans ou animistes peuvent-ils s’y retrouver ?

Vu le nombre de candidats, les opérations de dépouillement et de centralisation des résultats par l'Autorité nationale des élections (ANE) s'annoncent d'ores et déjà longues. La probité préconisée par TSC sera-t-elle au rendez-vous?

Presidentielle RCA : un " Lula africain " ?
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