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Publié par Bob Woodward

La Grèce, nouvel eldorado européen du sexe ?

Les femmes d'Europe Centrale et de l'Est dominaient il y a peu l'industrie de la prostitution en Grèce, mais 6 ans d'austérité financière ont forcé de plus en plus de jeunes Grecques à exercer le plus vieux métier du monde. Elles représentent désormais 80% du marché, rapporte The Times (€600 millions/an).
Le taux de chômage des jeunes de 60% a contraint les jeunes femmes désargentées et les étudiantes à se prostituer pour des prix parfois dérisoires, voire même de la nourriture, signale le professeur Lazo de l'Université Panteion d'Athènes, qui a réalisé durant 3 ans une étude auprès de 17.000 filles de joie de tout le pays.
Certaines se prostituent pour payer leurs factures, leurs impôts, des dépenses imprévues ou de la drogue. Le prix moyen d'une passe avant la crise était de €50 (€180/h actuellement en Europe) mais compte tenu de la concurrence féroce, il est parfois tombé à €2 pour 30 minutes, précise Lazo, qui ajoute que bien qu'il ne s'agisse que de 400 cas isolés, ce phénomène n'avait jamais existé avant la crise financière.
Le nombre de femmes désespérées et de passes bon marché est en constante augmentation. La plupart des prostituées occasionnelles sont âgées de 17 à 20 ans, reflétant pour partie l'attrait grandissant pour des femmes plus jeunes. L'insupportable histoire d'une mère grecque sans-emploi vendant les faveurs de sa fillette de 12 ans est une des tragiques conséquences de cette crise, mais elle reflète aussi l'inaction des autorités.
Bien que la prostitution soit légale en Grèce, on estime à 18.500 le nombre de prostituées hors circuits légaux. Avec la crise, les prostituées ont envahi Athènes.

La Grèce, nouvel eldorado européen du sexe ?

La prostitution, en Grèce, est légale, pour peu qu’elle se pratique dans un cadre très réglementé, c’est-à-dire au sein de maisons closes répertoriées et contrôlées tant au niveau sanitaire que policier.
Certaines rues, bien connues à Athènes, regroupent des dizaines d’appartements discrets. Seule une lampe allumée au-dessus de la porte signale aux initiés qu’il s’agit d’un lieu de plaisirs. Les passes s’y effectuent à la chaîne, pour des tarifs dérisoires. Avec la crise, le phénomène semble échapper à tout contrôle. Les prostituées grecques, roumaines, bulgares ou russes sont toujours plus nombreuses et commencent à apparaître sur les trottoirs, notamment dans le quartier central d’Omonia.
Pour tenter de juguler cette explosion du sexe tarifé, les autorités mènent des opérations de contrôle de la sérologie des prostituées. Celles qui sont dépistées séropositives sont inculpées pour « tentatives de lésions corporelles graves » et emprisonnées. Les 4 et 5 mai derniers, la police a ainsi arrêté 22 prostituées de différentes nationalités, porteuses du virus du sida. Elles ont été placées en garde à vue, inculpées et écrouées.
La police diffuse les photos des suspectes !
Des militants de plusieurs associations ont manifesté et dénoncé ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave aux droits de l’homme. Ils protestent non seulement contre ces arrestations opérées sur des critères de santé, alors même que les autorités font preuve d’une totale incurie dans le contrôle de la toxicomanie et de la prostitution, mais aussi parce que la police a diffusé les photos des suspectes !
Le ministère de la Santé a répliqué en ouvrant une ligne d’appel directe de conseils aux clients, prétextant que nombreux sont ceux qui refusent d’utiliser des préservatifs. Près de 2 000 se seraient déjà manifestés pour demander des conseils !

La Grèce, nouvel eldorado européen du sexe ?

L’organisation humanitaire Amnesty International a recensé 31 prostituées poursuivies en raison de leur séropositivité et émis des réserves sur cette nouvelle méthode de lutte contre la prostitution.
En tout cas, cette stigmatisation des prostituées athéniennes est loin de porter ses fruits. Il suffit, pour le constater, d’aller se promener rue Filis, en plein centre d’Athènes, pour constater que la traite des êtres humains y atteint des proportions pour ainsi dire industrielles. Des gros bras à la mine patibulaire surveillent les allers et venues. Ils sont visiblement chargés de faire régner l’ordre dans le quartier d’où la police est totalement absente. Le service d’ordre revient à la mafia. Les maisons closes se comptent par dizaines, toutes signalées par une petite lanterne. Les clients vont et viennent d’une porte à l’autre, à la recherche de la prostituée qui leur conviendra, certains en troupes et bien éméchés.
L’affluence est aussi impressionnante que permanente, de jour comme de nuit. Visiblement, le marché du sexe est l’un des derniers, à Athènes, épargné par la crise.
Une passe pour le prix d’une simple tirópita, le feuilleté traditionnel au fromage : voilà bien l’une des conséquences les plus glauques de la crise économique que traverse la Grèce depuis près de six ans. Car au cours de la même période, les tarifs des prostituées se sont effondrés, passant de 50 euros la demi-heure à 2 euros. Un record en Europe. Et l’image de la tirópita (1,20 euro en moyenne), qui laisse en principe la somme dérisoire de 80 cents pour toutes les autres dépenses, n’est pas fortuite : «En Grèce, désormais, beaucoup de jeunes femmes se prostituent parce qu’elles ont faim. Et elles le font effectivement pour se payer au moins une tirópita ou un sandwich», souligne ainsi Grigoris Lazios, professeur de sociologie à l’université Panteion, à Athènes. C’est son département qui a publié vendredi les résultats d’une recherche de trois ans sur la prostitution dans le pays. Un état des lieux qui dresse les contours d’un monde encore peu étudié en Grèce et surtout en pleine mutation.
Oubliez les images de prostituées heureuses véhiculées par le cinéma grec hédoniste des années 60 et notamment le rôle interprété par Melina Mercouri dans Jamais le dimanche !
En réalité, le marché de la prostitution a longtemps été dominé en Grèce par les femmes étrangères. Ces dernières années essentiellement venues d’Europe de l’Est. Mais ça, c’était avant la crise. Désormais, après six ans d’austérité, les 18 500 prostituées recensées par l’étude de l’université Panteion sont «à 80 % grecques». Et de plus en plus jeunes, «entre 17 et 20 ans».
Un changement significatif dans un pays où la prostitution est légale, et même strictement réglementée : les prostituées sont ainsi censées se faire enregistrer à la préfecture et doivent porter sur elles une carte de santé, renouvelée après examen médical toutes les deux semaines. Voilà pour les principes.
Mais en réalité, l’explosion d’une prostitution de survie chez les jeunes Grecques s’est faite hors de tout contrôle : moins de 1 000 d’entre elles seraient enregistrées, alors que leur nombre aurait bondi de 150 % rien qu’au cours des deux dernières années. Une hausse encore souvent invisible car on les voit peu dans les rues. Ces femmes restent discrètes, cantonnées à certains quartiers quand elles ne se prostituent pas à domicile.

La Grèce, nouvel eldorado européen du sexe ?

Le nombre de morts du sida a doublé entre 2011 et 2012.
En Grèce, il existe aussi des bordels, souvent installés dans les «quartiers rouges» des villes (ils doivent se trouver à distance respectables des églises et des écoles). A Athènes, on les trouve ainsi près de la place Omonia ou de l’avenue Syngrou.
Depuis 1999, une loi impose aux bordels d’obtenir un permis assorti de règles strictes. Mais selon l’étude publiée vendredi, seule une dizaine fonctionne légalement alors qu’on estime leur nombre à 525 à travers le pays.
Or cette «dérégulation» n’est pas sans danger. Pour la sécurité des femmes qui se prostituent, comme pour leur santé. Selon l’Institut grec de la santé publique (Keelpno), rien qu’entre 2011 et 2012, le nombre de morts du sida a doublé en Grèce. Toutes ces victimes ne sont pas des prostituées, bien sûr, mais le gouvernement grec avait fait lui-même le lien en 2012 en imposant des dépistages forcés aux prostituées. Celles qui étaient séropositives étaient alors inculpées et emprisonnées. L’amendement qui rendait possibles ces arrestations, régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits de l’homme, a depuis été abrogé par le gouvernement d’Aléxis Tsípras élu en janvier.
Plus récemment, une mère grecque au chômage a été condamnée à 33 ans de prison et à 100 000 euros d’amende en octobre pour avoir «vendu» sa fille de 12 ans à un pope et à un retraité. La presse l’avait surnommée «la mère monstrueuse».
Dans un pays encore dominé par le culte de «l’enfant roi», où la prostitution des mineurs comme la pédophilie restent des cas exceptionnels, ce genre de crime comme le désespoir des «passes pour une tirópita» reflètent surtout l’horreur économique d’une société en plein naufrage. Et rien n’indique une embellie : dans quelques jours, le Parlement grec devra adopter de nouvelles mesures d’austérité imposées par les créanciers du pays.
Quand la crise économique a débuté en Grèce, le prix d'une passe était environ de 50€. Aujourd'hui, il serait aux alentours de….2€. La prostitution est légale en Grèce, mais très peu d'établissements possèdent une licence. Le pays compterait environ 18500 prostitués. Des milliers de très jeunes femmes (entre 17 et 20 ans) se lanceraient actuellement dans cette activité. Et l'optimisme ne serait pas de mise. La tendance ne semble pas être à la baisse. On observe plutôt tune hausse constante et stable.
Une prostituée rapporte en moyenne 150.000 euros par an à son proxénète.

La Grèce, nouvel eldorado européen du sexe ?

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