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Publié par Bob Woodward

Le drapeau noir de l’Etat islamique flottera-t-il bientôt sur l’Elysée ?

Sa spécialité, c’est le pistolet. Un sandwich de pain rond. Jamais de jambon, seulement de la dinde. Le boulanger de ce quartier populaire d’Anvers est flamand, a les yeux bleus et porte la barbe. Avant, il s’appelait Michael ; aujourd’hui, Younès. Depuis sa conversion à ¬l’islam, en 2007, il a choisi un prénom arabe qui signifie « intimité entre Dieu et l’homme ». Younès sert ses clients en jean et baskets, conscient que le port du qamis, le vêtement tradi¬tionnel, ne serait pas un bon argument de vente. S’il a voulu devenir son propre patron, c’est pour pouvoir prier aux heures fixes, cinq fois par jour.
Son épouse, Fatima, âgée de 17 ans, traverse le magasin couverte d’un foulard et d’une longue robe noire. Ses yeux restent baissés. « Elle ne travaille pas dans la boulangerie. Elle doit ¬passer son bac et je ne veux pas qu’elle soit en contact avec les clients », explique Younès qui, lui, ne serre pas la main aux femmes. Le couple vit au-¬dessus de la boutique. Canapé, table basse, écran plat, ordinateur… Seule entorse à la décoration banale, le drapeau noir de l’Etat islamique au-dessus du lit. (…)
Derrière le comptoir de sa boulangerie, les propos de Y¬ounès restent intolérants :
« L’idéologie islamique et la religion musulmane domineront un jour le monde. » Mais il dit avoir renoncé au ¬djihad armé. (…)
Un point ne fait aucun doute : il reste un idéologue de la haine, pour qui la mort prime sur la vie. Il ne condamne aucun des attentats perpétrés en Occident et excuse même le meurtre d’enfants par Mohamed Merah. Les destructions des temples de Palmyre ? « La juridiction islamique nous y oblige. Ces lieux étaient des endroits de mécréance. »
Les femmes yézidies vendues et violées ? « Esclave, c’est toujours mieux que de mourir. »
Grâce à sa rhétorique insupportable à entendre, il se prépare à un avenir de prédicateur. « Je vais utiliser ma parole et mon esprit. Ceux que je ne convaincs pas n’ont qu’à passer leur chemin. »
L’Etat islamique étend son emprise sur toute l’Europe et les attentats du 13 novembre à Paris ne font que refléter leur implantation de plus en plus prégnante…

Le drapeau noir de l’Etat islamique flottera-t-il bientôt sur l’Elysée ?

Selon le Daily Mirror, des membres de l’État islamique achèteraient même secrètement des terres dans un petit village de Bosnie-et-Herzégovine situé sur les bords de l’Adriatique. Ces derniers mois, une douzaine de combattants de l’organisation se seraient entraînés dans le village d’Ošve, entouré de forêts, avant de partir en Syrie. Mais d’autres villes comme Gornja Maoča ou Dubnica abritent des institutions et mosquées salafistes régulièrement fréquentées par des Bosniaques candidats au djihad. D’après un récent rapport de l’ONG Atlantic Initiative, la Bosnie-et-Herzégovine fournirait le plus gros des effectifs de l’Europe du Sud-Est partant combattre dans les rangs de l’État islamique.


Comment en est-on arrivé là ?
Artificiellement créée par les accords de Dayton-Paris du 14 décembre 1995, la Bosnie-et-Herzégovine est scindée en trois entités, dotées d’un statut d’autonomie sans qu’aucune ne puisse véritablement revendiquer le statut d’État indépendant, seule la Bosnie-et-Herzégovine pouvant prétendre à ce rang, au sens du droit international : la République serbe de Bosnie (composée de Bosniens non musulmans), la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine (en majorité croato-bosniaque) et le petit District de Brčko sous mandat de l’ONU.
Il faut bien comprendre que cette région a toujours été une poudrière ethnico-religieuse où cohabitaient des Slaves de confession catholique (Croates), orthodoxe (Serbes) et mahométane (Bosniaques). Dès lors ont dominé, tour à tour, l’Empire ottoman soutenant les musulmans, l’Empire austro-hongrois catholique et le jeune royaume de Yougoslavie, favorable aux orthodoxes. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la République fédérative populaire (socialiste en 1963) de Yougoslavie est proclamée, tandis que la République populaire de Bosnie-Herzégovine (nation musulmane en 1964) en devint une entité fédérée. À la mort de Tito, en 1980, la Yougoslavie autoritaire et autogestionnaire vacille sur ses bases fragilisées par des irrédentismes politiques, ethniques et territoriaux. À l’orée de la décennie 1990, la Yougoslavie se disloque en multiples États indépendants en même temps que ses peuples s’abîment dans une guerre fratricide, certaines puissances occidentales (États-Unis, Allemagne, France) ainsi que la Russie d’Eltsine ayant, alors, fait le choix de ne pas soutenir la Serbie (la France contribua pour beaucoup à la sécession de celle-ci d’avec ses provinces historiques que furent le Kosovo-et-Métochie – foyer originel de la nation serbe – et la Voïvodine).

Le drapeau noir de l’Etat islamique flottera-t-il bientôt sur l’Elysée ?

Les Balkans sont la tête de pont des États-Unis entre l’Europe et le « grand Moyen-Orient ». Aussi ne doit-on pas s’étonner que l’islam (sunnite et wahhabite) y gagne en influence, celui-ci n’ayant cessé d’être instrumentalisé par les USA pour, précisément, contrer la Russie (la plus grande base militaire américaine d’Europe, baptisée Bondsteel, est implantée au Kosovo). Le drapeau noir de l’EI va-t-il bientôt flotter sur l’Europe ?


Elle frappe l'œil comme un logo et l'esprit tel un drapeau pirate: à la faveur de la guerre civile en Syrie, la bannière noire de l'Etat islamique, marquée du sceau du prophète, s'est imposée comme le symbole du jihad mondial.
Avec les vidéos ultra-violentes et les lancinants nasheeds (chants islamiques), le drapeau noir, aussi appelé "le drapeau de l'aigle", est l'une des marques de fabrique du groupe EI, qui a sans doute contribué à supplanter Al-Qaïda dans l'imaginaire djihadiste.
Il joue aujourd'hui un rôle majeur dans la propagande médiatique du groupe, comme sur le champ de bataille, et se pose (au même titre que la monnaie et le contrôle d'un territoire) comme l'un des attributs du califat que l'EI entend instaurer.
Le drapeau noir de l'EI aurait fait son apparition en janvier 2007 en Irak, avec sa diffusion sur internet par al-Fajr (organe de propagande d'Al-Qaïda), au nom de l'"Etat islamique d'Irak". Selon le communiqué de l'époque, l'objectif était "de rassembler les croyants sous une unique bannière pour les unifier".
Parmi d'autres bannières islamistes, celle-ci a peu à peu essaimé sur différents théâtres où ont prospéré les jihadistes: Libye, Somalie, Yemen, Syrie...

Le drapeau noir de l’Etat islamique flottera-t-il bientôt sur l’Elysée ?

Seuls les hadiths (qui relatent paroles, faits et gestes attribués au prophète), et non le Coran, font mention d'un étendard du prophète, de couleur blanche, noire ou jaune. La bannière noire est citée dans plusieurs prophéties évoquant la fin des temps et le retour du Mahdi (envoyé d'Allah). Un hadith est plus souvent rappelé: "Du Khorassan (Afghanistan) émergeront les bannières noires que nul ne pourra refouler...".
D'autres mentionnent "le raya noir du prophète" et son "liwa blanc", explique un archéologue syrien réfugié en France. Le raya était un étendard utilisé en temps de guerre pour rallier les
soldats. Le liwa était un tissu attaché au bout de la lance du chef de l'armée.
Selon les hadiths, le prophète a ainsi combattu à différents moments en brandissant des étoffes noires ou blanches. Ce qui explique pourquoi salafistes et djihadistes utilisent aujourd'hui ces deux couleurs (les Talibans afghans arborent une bannière blanche).
La bannière noire "était l’étendard du Prophète sur le champ de bataille et il était également arboré par nombre de ses compagnons, dont son neveu, Ali ibn Abu Talib", précise Asiem El Difraoui, auteur du livre "Al-Qaïda par l'image".
"Ce drapeau a retrouvé un rôle prééminent durant le VIIIe siècle, alors qu’il était employé par le chef de la révolution des Abbassides Abou Muslim qui dirigea une révolte contre le clan et le califat des Omeyyades", selon M. Difraoui.
"Depuis cette époque, l’image du drapeau noir a été utilisée en tant que symbole de la révolte religieuse et du combat, c'est-à-dire le jihad".
L’étendard noir est "porteur d’une dimension presque mythique", comme "signe de guerre", "annonciateur de la fin des temps, de l’apocalypse", "du combat final entre les croyants et les forc
es du Mal", toujours selon ce même spécialiste.
"La couleur noire est évidemment l'emblème de la révolte (...), le symbolisme est assez clair", confirme Constant Hames, islamologue français. "Il y a aussi une référence aux premiers temps de l'islam, époque à laquelle s'identifient particulièrement djihadistes et salafistes", remarque cet expert.

Le texte en blanc sur fond noir en haut du drapeau est le début de la shahada ("Il n'y a de dieu que Dieu"), premier pilier de l'Islam et profession de foi des musulmans, détaille-t-il. Au centre, le sceau du prophète, - ou prétendu tel - en forme de cercle. Trois mots y sont inscrits, dans une calligraphie rudimentaire: Allah (Dieu), Rasoul (prophète), Mohammed, qui doivent être lus de bas en haut.
Le sceau est celui que l'on retrouve au bas de missives adressées "aux rois de la Terre" et attribuées à Mahomet - dont l'authenticité est d'ailleurs discutée -, qui appellent les souverains d'Ethiopie, de Perse, de Byzance, du Bahrein et d'Egypte à embrasser l'islam.
La "bannière de l'aigle" fait parfois débat sur sa conformité aux canons islamiques. Certains dénoncent une juxtaposition peu orthodoxe, qui atteindrait à l'unicité du Divin, les plus virulents fustigent une bannière "torchon" brandie par des "faussaires" et des "ânes".
Au-delà de ce débat religieux, c'est la force de cet étendard, vraie réussite marketing, qui frappe désormais.
"L'Etat islamique a réussi à kidnapper, à s'approprier une symbolique qui appartient à l'islam en général", constate M. Difraoui.
"C'est un détournement total. Et c'est ça le plus grave", déplore-t-il. "Ils ont créé un logo d'une force dingue, et l'ont complètement banalisé", ceci au détriment de l'immense majorité des musulmans de la planète.

 

Le drapeau noir de l’Etat islamique flottera-t-il bientôt sur l’Elysée ?

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