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Publié par Bob Woodward

4 régions FN en décembre ?

Le Front national obtiendrait 28% des voix aux prochaines élections régionales, si elles avaient lieu dimanche. Ce nouveau sondage TNS Sofres-OnePoint pour Le Figaro, RTL et LCI, est le premier à donner le FN en tête, au niveau national, lors du premier tour de ce scrutin, qui se tiendra en décembre.

Le parti d'extrême-droite se place ainsi devant Les Républicains et les centristes (27%), le Parti socialiste (21%), les listes EELV et leurs alliés (8%), FG-PCF (6%), LO (1%) et DVG (1%). Toutefois, la gauche réunie arriverait nettement en tête des intentions de vote au premier tour des régionales, en totalisant 37% des voix.

Le FN retrouve la quasi-totalité de ses électeurs de la présidentielle de 2012, à la différence des autres partis. Le parti de Marine Le Pen récupérerait ainsi les électeurs de ses concurrents à la présidentielle : parmi les 28% des intentions de vote données au FN lors du premier tour des régionales, 9% avaient voté François Hollande en 2012, 10% donnaient leur voix à François Bayrou et 19% votaient pour Nicolas Sarkozy.

Toutefois, ce sondage fait davantage état d'un tassement des principales listes de droite et de gauche que d'une percée de la formation d'extrême droite, dont les scores lors des précédentes études de ce type étaient comparables, sinon identiques. Ce sondage fait par ailleurs état d'un intérêt mitigé pour les élections régionales : 41% des personnes interrogées se déclarent en effet "pas intéressées" par ce scrutin.

Le Front national peut-il remporter une ou plusieurs région(s) lors des prochaines élections du mois de décembre ? C'est ce que veut croire Marine Le Pen, qui, lors de l'officialisation de sa candidature dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie le 30 juin, a clamé haut et fort son ambition d'"empocher la région" nouvellement redécoupée. Objectif réaliste, à en croire un sondage OpinionWay et LCI : la présidente du FN serait en tête du second tour avec 37% des intentions de vote.

4 régions FN en décembre ?

Sa nièce Marion Maréchal le Pen, tête de liste dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, est bien placée elle aussi. Elle est créditée de 33% au second tour, selon une enquête Ifop-Fiducial, deux petits points derrière la liste de droite conduite par Christian Estrosi (35%).

Le FN est donné en tête du premier tour des élections régionales en Alsace-Lorraine Champagne-Ardenne. Selon un sondage Odoxa et BFM TV, la tête de liste, Florian Philippot devancerait Philippe Richert (Les Républicains-UDI-MoDem). Le FN serait devancé de peu au second tour par le candidat de la droite.

Au premier tour, la liste conduite par Florian Philippot arriverait en tête avec 32 % des voix, contre 30 % pour celle de Philippe Richert, 19 % pour la liste Parti socialiste/Parti radical de gauche de Jean-Pierre Masseret, 6,5 % pour la liste Front de gauche de Patrick Peron, 6 % pour la liste Europe Écologie-Les Verts de Sandrine Bélier, 2,5 % pour Laurent Jacobelli (Debout la France), 2 % pour Jean-George Trouillet (Unser Land), 1 % pour Julien Wostyn (Lutte ouvrière) et 1 % pour David Wentzel (L'Union populaire républicaine).

Au second tour, M. Richert, président sortant de la région Alsace, est crédité de 37 % des intentions de vote, contre 35 % pour M. Philippot et 28 % pour M. Masseret. "Les scores dont le vice-président du Front national Florian Philippot est crédité dans ce sondage sont supérieurs à ceux réalisés par le FN dans la grande région aux dernières élections européennes (33 %) et départementales (32 %)", souligne dans l'article Gaël Sliman, directeur de l'institut Odoxa. Les lignes semblent floues et M. Philippot est capable de conquérir la région Alsace-Lorraine Champagne-Ardenne.

Ce n'est pas la première fois que les sondages sont flatteurs pour le Front national. Et pourtant, ses espoirs de conquête se sont toujours brisés sur la réalité électorale. Lors du scrutin départemental du printemps dernier, le parti d'extrême droite n'a finalement décroché qu'une poignée de cantons, alors qu'on le disait sur le point de s'emparer du Vaucluse ou de l'Aisne. Malgré des scores élevés, le FN a perdu la plupart de ses duels de second tour.

La raison ? "On a constaté lors des élections départementales un front républicain qui a plutôt bien fonctionné", explique Jérôme Fourquet, directeur opinion de l'Ifop. "Et ceci, particulièrement à gauche, dont l'électorat s'est fortement mobilisé pour faire barrage au candidat du FN."

4 régions FN en décembre ?

Mais cette mécanique ne fonctionnera pas aux élections régionales. Et pour cause : le mode de scrutin est différent :

  • Au premier tour, une liste doit recueillir au moins 10% des suffrages exprimés pour pouvoir se maintenir au second tour. Le Front national y parviendra facilement dans l'ensemble des 13 nouvelles régions de métropole (en Corse, le seuil est à 5%).
  • Au second tour, la liste arrivée en tête reçoit une prime d'un quart des sièges, ce qui lui assure la majorité absolue dans la nouvelle assemblée régionale (sauf en Corse, où le mode de scrutin est particulier).

Ce mode de scrutin a deux conséquences :

  • Il faut s'attendre à un grand nombre de triangulaires au second tour, avec des listes de gauche, de droite et d'extrême droite.
  • S'il y a trois listes, il suffit d'arriver en tête avec un gros tiers des voix pour s'assurer la majorité absolue des sièges. Si les trois listes sont à des niveaux comparables, 35% peuvent suffire. "C'est mathématique, la triangulaire rend le seuil de victoire plus bas", souligne Jérôme Fourquet.

Ce seuil d'un tiers des voix, le Front national l'a déjà atteint à plusieurs reprises par le passé. Nous avons fait le calcul en collectant les résultats électoraux à l'échelle des nouvelles régions. La comparaison avec les régionales de 2010 n'est par pertinente, car le FN était en convalescence et Marine Le Pen n'en avait pas encore pris la présidence. En revanche, les scrutins de 2012 (présidentielle), 2014 (européennes) et 2015 (départementales) permettent de situer le niveau atteint par le Front national. "C'est un indice qu'il ne faut pas prendre pour argent comptant, car chaque élection a sa logique propre, mais qui permet une évaluation du rapport de force", précise Jérôme Fourquet.

Lors de ces scrutins, le FN a dépassé le tiers des voix dans deux régions :

  • Nord-Pas-de-Calais-Picardie (36,2% aux européennes, 34,2% aux départementales).
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur (33,2% aux européennes, 33,6% aux départementales).

Le FN est particulièrement haut dans deux autres régions :

  • Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine (29,6% des voix aux européennes, 30,7% aux départementales)
  • Bourgogne-Franche-Comté (27,8% aux européennes, 27,6% aux départementales)

La route est maintenant courte jusqu'au scrutin de décembre, et la campagne qui commence ne manquera pas de renforcer ces rapports de force. Plusieurs facteurs vont peser. Notamment l'implantation des élus sortants, l'attractivité des têtes de liste et l'offre politique – c'est-à-dire la capacité de chaque camp à se diviser ou au contraire à se rassembler.

Les sortants sont pour la plupart socialistes et se trouvent pénalisés par l'impopularité du gouvernement. Des figures comme Valérie Pécresse (LR), Emmanuelle Cosse (EELV) et Claude Bartolone en Ile-de-France ; Marine Le Pen (FN) et Xavier Bertrand (LR) dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie ; Christian Estrosi (LR) et Marion Maréchal-Le-Pen en Paca ; Laurent Wauquiez (LR) en Auvergne-Rhône-Alpes ; Hervé Morin en Normandie, apportent une dimension personnelle forte au scrutin.

Mais ce sont surtout les divisions au sein de la gauche qui peuvent peser. "La grande question", selon Jérôme Fourquet, "est de savoir quel sera le comportement des électeurs de la liste arrivée en troisième position. Si Marine Le Pen risque de l'emporter et que le PS est très loin derrière, est-ce que l'on verra une partie de l'électorat de gauche se détourner du PS pour se reporter sur Xavier Bertrand ? Cela peut se produire, mais dans quelle ampleur ?"

Des électeurs de gauche pourraient vouloir voter au second tour contre le candidat FN, surtout s'il s'appelle Le Pen. Et il n'est pas certain que la fusion dans l'entre deux tours de listes PS, EELV et Front de gauche, parties désunies au premier tour, les convaincra que la gauche est la mieux placée pour cela.

Le politologue résume d'une formule :

Dans une triangulaire, il ne faut pas être le troisième. D'où l'importance pour chaque camp de partir uni dès le premier tour."

Pour ce qui concerne l'Ile-de-France et les régions de l'arc atlantique, c'est le FN qui devrait logiquement figurer en troisième position. Mais pour tout l'Est de la France, les précédents résultats électoraux du FN montrent que c'est le PS qui devrait arriver troisième.

Les socialistes ont bien compris le risque. Ils tentent d'obtenir une union dès le premier tour avec les écologistes dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Paca. Sans succès jusqu'à présent.

Plus que jamais, le Front national peut donc espérer une victoire, et ce n'est pas pour rien que Marine Le Pen a pris le risque politique de monter elle-même en première ligne, un peu plus d'un an avant la présidentielle de 2017. "Pour une victoire du FN, il faut un alignement des planètes : FN en tête, PS très nettement distancé", indique Jérôme Fourquet. On y est ?

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liloune 09/11/2015 10:28

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